2015-08-13

Voyager dans le temps (4)

La Préhistoire 

A l’époque de la Préhistoire, ce n’est plus la posture du généalogiste qui est de rigueur.

Néanmoins, le musée de la Préhistoire de Quinson (Alpes–de-Haute-Provence) a fait vivre mes ancêtres.

Que de découvertes lors de ma visite du mois dernier !

 
J’ai enfin réalisé que ces personnages présentés en situation pourraient être mes arrières … grands parents. De quoi considérer avec émotion les dents, les os, les silex présentés dans les vitrines.



Les hommes vivaient au bord du Verdon dans les abris naturels ; ils créaient des outils. Ils marchaient pendant des kilomètres pour se procurer les meilleurs silex. lls pêchaient des poissons, ils chassaient du gibier. Chasseurs cueilleurs, ils sont devenus bergers puis cultivateurs.

Dans la grotte de la Baume Bonne à Quinson, on a retrouvé des traces d’habitats successifs, laissées par l’homme il y a 400 000 ans. 
Dans notre commune, la grotte de Malavalasse abritait des vestiges.

Les familles se sont déplacées et ne sont pas sédentarisées forcément dans ce lieu, mais d'où venaient ceux qui se sont installés dans notre village ?

2015-08-11

Voyager dans le temps (3)

L'Antiquité


Je n’ai pu limiter mon imagination à mes arbres. Mes forêts sont plus anciennes et plus vastes, elles contiennent davantage d’ancêtres que je n’en ai placés dans les feuilles.

Les historiens de l’Antiquité m’invitent à considérer que mes ancêtres étaient Romains, Étrusques, Grecs … pour la branche méditerranéenne ; ce que j’ai esquissé dans quelques billets précédents ( E_ Étrusques, F_Foca,  Y_ grec)


Des Gallo-Romains vécurent dans la vallée du Rhône, et à Lyon où je voisine avec les ruines et vestiges de leur époque.

http://www.musees-gallo-romains.com/lyon_fourviere/sites_archeologiques
https://lugdunum.grandlyon.com/fr/Decouvrir



Nous avons habité sur le terrain d’une nécropole où les archéologues ont retrouvé des trésors datant de l’époque gallo-romaine. 



Quelle branche pourrait être enracinée à Lyon pour descendre de ces populations métissées de Gaulois et de Romains ? 

L'époque antique suscite beaucoup de questions et ceci n'est qu'un exemple.

Source des images:


Voyager dans le temps (2)

Au Moyen–Age


Avant le XVe siècle, la période du Moyen-âge fait atteindre les limites de la généalogie familiale pour la plupart des branches. Dans mes forêts, au sommet de quelques arbres où j’ai pu inscrire le nom d’ancêtres, le plus ancien, je crois que c’est celui-ci :
Antoine Pérouse naquit au XIVe siècle et mourut avant 1449 au Péage-de Roussillon. Cet ancêtre de mon époux, je le connais grâce au livre d’un cousin archiviste au début du XXe siècle qui a su mener de belles recherches.



Car, c’est bien vers les professionnels archivistes ou historiens qu’il faut se tourner pour renseigner l’histoire. Même s'ils ne parlent pas exactement de nos aïeux, ils nous permettent de comprendre leur vie.
Il faut aussi avoir la chance de trouver de monographies sur les bourgs.

Ainsi le village de Séranon, pour lequel j'ai pu me procurer le livre de R.J. Aubenas (op cité, dans l’article). Il étudie les affouagements, utilisés selon la coutume en Provence pour dénombrer les foyers en vue de l’impôt. Dans ces listes de 1471 ou de 1295, plusieurs personnes portent le nom Rebuffel. Lesquels sont mes ancêtres ? Je ne pourrais pas le savoir, car mes certitudes s’arrêtent quatre siècles plus tard, mais cela leur donne une réelle consistance.

En remontant dans le temps, on possède peu de traces. Restent les paysages où l'imagination peut se nourrir.

N-D de  Gratemoine de Séranon


Une chapelle sauvée de la ruine d’une abbaye. 


Des montagnes immémoriales, au-delà du Plateau de Valensole.

La rivière qui creuse le calcaire depuis des siècles.

2015-08-09

Voyage dans le temps (1)

 Lorsqu’on essaye de raconter notre généalogie, on doit souvent répondre à la question :
"Jusqu'où remontez-vous ?"

Nous disposons des registres BMS jusqu’au XVIIème siècle; c’est assez facile car beaucoup d’archives départementales et municipales sont en ligne.
Heureux ceux qui peuvent consulter intégralement ces registres sans constater de lacunes.
C’est un bonheur de tourner délicatement les pages de ces livres poussiéreux et fragiles et de reconnaître les noms familiers.


Les archives des notaires, en série E aux AD, nous donnent accès à beaucoup d’informations pour reconstituer les familles en découvrir les actes passés tout au long de leur vie. Ces documents permettent d’aborder le XVIème siècle lorsqu’on a une certaine pratique de la paléographie. 


J’ai trouvé le registre ci-dessous aux AD du Var, sous la cote 3 E 14 502, dans l’étude de Maître Pourcelly, qui exerçait comme notaire à Saint-Julien, un bourg provençal, en 1771.


 Le notaire a pensé bien faire en le couvrant avec une partition de plain-chant. C’était une grosse bêtise d’utiliser un parchemin ancien ! On peut se demander depuis quelle année cette page, n’étant plus utilisée à l’église, se trouvait dans l’étude du notaire. Avait-il d’autres pages aussi précieuses à sa disposition ? Quel sacrilège ! Néanmoins, on peut considérer ce document comme fort rare, même si son usage a été détourné, c’est le seul qui ait ainsi traversé les siècles.  Il témoigne que l’on chantait des chants grégoriens dans notre église romane, il serait intéressant de le dater. 



2015-07-19

Hit de mes articles préférés

Les 26 articles du ChallengeAZ 2015 se suivent de A à Z. J’ai des préférences, des coups de cœur, certains me touchent de près et ce ne sont pas toujours ceux que mes lecteurs ont beaucoup lu.




 Voici mes choix personnels :

Mon grand-père était sur le front d’Orient en 1915. Dans son carnet de guerre, il décrit ce que vivaient les soldats, juste avant de mourir, pour la plupart d’entre eux.
Deux frères sont embarqués pendant dix mois sur un grand vaisseau, ils participent à la bataille de Trafalgar.  Ils sont retenus prisonniers dans les prisons anglaises. Mon aïeul reviendra huit ans plus tard et recevra la médaille de Sainte-Hélène.
Saint-Tropez a vraiment perdu la tête.
Une lettre adressée à mon arrière grand-mère
  • Le plus court : U_Ursule Talon, en 100 mots
  • Le plus lu : Le bilan de mon challengeAZ

 Les pages que je préfère :



2015-07-09

Le bilan de mon challengeAZ 2015

Quelle satisfaction d’avoir relevé le défi ! Je me suis sentie entourée par tous les challengistes, nous étions nombreux à partager cette belle expérience.
Avec ce blog, j’ai voulu écrire les pages que j’aurais aimé lire, si l’on m’avait raconté mes ancêtres.


Source gallica.bnf.fr / Bibliothèques de Marseille 

En se promenant dans la forêt de Briqueloup, on rencontre plusieurs arbres de tailles et d'espèces variées car depuis des siècles, les essences forestières sont abondantes.
Dans les arbres de mes ancêtres, marins en Méditerranée, bruissent des récits de vies (à découvrir en cliquant sur le lien des lettres en gras).
Écoutez les histoires de Raïs des madragues, de Capitaines, de pirates Barbaresques. Nos arbres frémissent du bruit des batailles à Trafalgar et aux Dardanelles. Les voiles des bateaux vibrent au souffle du vent qui pousse les caravanes maritimes vers le Levant, sur les routes de la soie (K), et peut-être même jusqu’ à Zanzibar…


Ces arbres murmurent l’attente des femmes de marins : Marie, Ursule, et les Jumelles de Saint-Tropez. Les feuilles tremblent lorsqu’il est question de mariages, de veuvages. Les jeunes pousses bourgeonnent (X et N). Ignazio et ses Ignace me sont devenus familiers (H). 
Depuis le Golfe du Lion jusqu’à Foça en la mer Égée, en traversant la mer Tyrrhénienne, tout au long de ce mois de juin, j’ai voyagé en Méditerranée. J’ai marché dans les rues de Saint-Tropez, j’ai grimpé du port jusqu’à la citadelle de Saint-Tropez, jusqu’au castello de Giglio et celui de Procida.
Where in Marseille : cet article publié un peu après minuit m’a illico apporté un commentaire et l’acte de mariage qui me permet de remonter une génération de la famille Nicolas.
J’ai remonté le temps avec une vitesse vertigineuse, sans craindre que l’on se moque de mon imagination, je me suis sentie proche de mes racines méditerranéennes, Étrusques et Y Grecques …

Giglio

J’étais le roi de l’île

2015-06-30

Z _ Zanzibar

La porte en bois sculpté d’une maison de Saint-Tropez éveille l’imaginaire des passants. Le capitaine Cerisola l’a rapportée de Zanzibar au XIXè siècle.

C’est la porte de l’école d’hydrographie, fréquentée par les matelots depuis 1802. 
Sûrement, Bruno et Ignace ont étudié dans cette école avec d'autres jeunes tropéziens, avant qu'ils ne partent en mer comme capitaines au long cours.

Zanzibar me fait rêver et me turlupine. 
J’ai trouvé plusieurs liens que j’essaye de tirer, mais je n’ai pas résolu l’énigme à ce jour.


Le cimetière marin est idéalement situé dans la baie de Saint-Tropez.

Parmi les tombes blanches, celle de la famille Cerisola attire mon attention. Dans le marbre est gravée cette inscription :  
«  Famille Bancala – Cerisola Paul »
J’aimerais identifier ceux qui reposent là. Le nom Bancala s’est perdu car, à ma connaissance, l’oncle Ignace n’a pas eu de descendants.  Lui-même s’est marié avec Rosa Morello dont la mère est Marie Marguerite Cerisola . C’est un indice mais je n’ai pu aller plus loin.

Voilà pourquoi ce nom,  Zanzibar, associé aux marins tropéziens, me fait rêver de grands voyages qui ouvrent des portes à l’imagination.


2015-06-29

Y Grec


Penser très loin dans le temps.
Penser que nos ancêtres étaient Grecs dans l’Antiquité.

Mes aïeux étaient Étrusques, Romains, Gaulois, Gallo-romains ...
Ils ont fait la guerre, ils ont fait l’amour.

Via della Fortuna - Via dell'Amore à Pienza -Toscane

L’histoire de l’Antiquité prend beaucoup plus d’intérêt depuis que j’ai compris la réalité de nos racines que nous partageons avec les populations méditerranéennes.
Bien sûr, mes arbres ne remonteront jamais jusqu’à ces époques lointaines. (voir Foça)

Les ancêtres dont je porte le nom vivaient dans une île de la mer Tyrrhénienne. Sur le registre de 1634 à Giglio Castello, le nom Bancala est écrit : Bancherà (ce qui fait que les anciens lui attribuent une origine grecque) et succesivemente Bancarà puis Bancalà.
Parmi nos ancêtres il y avait des marins, ils fréquentaient les rivages qui avaient été grecs.

J’aime à penser que ces hommes se racontaient les récits de l’Odyssée d’Ulysse qui naviguait, comme eux, dans cette mer Méditerranée.

Ulysse et les Sirènes
permalien

Comment ne pas se sentir proche de ces migrants qui, de nos jours, traversent la Méditerranée, au risque de leur vie, dans l’espoir d’un avenir meilleur dans nos pays.


Bibliographie
La Méditerranée, Les hommes et l‘héritage, sous la direction de Fernand Braudel. Ed. Flammarion 1986.
Odyssée, Homère, -  gallica.bnf.fr

The Odyssey map :
A map of location in Homer's Odyssey _ carte interactive :
http://esripm.maps.arcgis.com/apps/MapTour/index.html?appid=4fc9153f4d9248b9bab7011e3950b552&webmap=962ca9da38bf4c5e9439a6acf3dd1b3e



2015-06-28

X _ remonter 10 générations à Saint-Tropez



Mon père savait que son grand-père venait de Saint-Tropez. Au-delà,  pfuitttt … une vague légende.
Aujourd’hui, si je reprends notre arbre à partir des ancêtres de Victoire Simon (sosa 17) voilà le tableau :


Au XIXe siècle, les ancêtres de mon AGP paternels étaient tous des marins tropéziens. Leurs fils, leurs gendres et leurs cousins naviguaient comme eux.
Au XVIIIe siècle, la population de Saint-Tropez a fortement augmenté, car le port très dynamique était attractif.
Ursule Talon et son frère sont venus des ports voisins : Fréjus et Saint-Raphaël .
Au XVIIe siècle, il faut chercher les origines qui se diversifient .
Les registres BMS ne sont conservés à  Saint-Tropez que depuis 1692.

Jean Baptiste Marquet a épousé, en 1717, Marguerite Paule, fille de Jacques Paul, née à Vergons dans les Alpes de Haute-Provence.

Plusieurs familles Rebufel (et Rebuffel) quittent Valderoure et Séranon dans les Alpes-Maritimes au dessus de Grasse.
"Jean" Baptiste Rebufel se marie en 1722 à Saint-Tropez.

Le père de sa femme Marie Thérèse est Jacques Féraud dit La Liberté. Il vient de Collobrière (Var). Son acte de décès  indique en 1708 qu’il est « travailleur de terre ».

On voit que, pour certaines branches, les premières générations étaient des laboureurs descendus de leurs villages de Provence intérieure, mais ensuite leurs fils seront matelots et leurs petits-fils des capitaines marins.


Provinciae, regionis galliae
source Gallica. bnf.fr 
Bibliographie
R.J.Aubenas, Les vallées de Séranon et de Valderoure des origines à 1815, Ed. Mémoires et travaux de l’Association Méditerranéenne d’Histoire et d’Ethnologie, 1976
Maurice Aymard, Migrations, in La Méditerranée, sous la direction de Fernand Braudel, Flammarion, 1986
Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010



2015-06-26

W _ Where in Marseille



Where




Marseille



Entre le XVIII et le XIX siècle, les ancêtres de Marie Nicolas ont vécu à Marseille. Mais avant cette époque, lesquels sont d’authentiques Marseillais ?
Je n'ai exploré que les registres de La Major, mais il y a beaucoup de quartiers que je connais pas encore  
D’où viennent ceux dont je ne retrouve pas les ascendants dans les registres de la ville ? Probablement des contrées aux alentours, mais il est malaisé de remonter le temps lorsque ce sont d’humbles personnes qui ne proviennent pas de lignées répertoriées dans d’autres généalogies.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69491945
Vue de l'Hôtel de Ville de Marseille du côté du Port
Gallica.bnf.fr

En 1720, la population de Marseille est décimée par la grande peste.
A la suite de cette calamité, de nombreuses populations sont arrivées pour repeupler la cité, je n'ai encore aucune piste pour savoir d'où venaient les miens. 

Voici les ancêtres de Marie Nicolas, mon AGM marseillaise





Sur la plupart des branches, je ne grimpe pas très haut :
Pour les ascendants de Rose Deleurye, née en 1818, je n'ai pas de traces. ->(Voyez toutes mes découvertes à présent, le ChallengeAZ 2023 est consacré à ces "Ancêtres inattendus".)
Claire Olive (sosa 579) est originaire du comté de Nice. Voici son très vieil ancêtre Simon Olive qui a donné son nom à un quartier de Marseille. 

Pour les autres, tout reste à découvrir et cela me réjouit.

A suivre dans ce ChallengeAZ : " Ancêtres à Marseille"

https://www.briqueloup.fr/2020/11/zbilan-de-a-z.html




Post scriptum
Quelques minutes après avoir publié cette page juste avant minuit, j'ai eu une belle surprise. Selma m'envoie l'acte de mariage de Rose Deleurye qui me permet d'ajouter une génération.
Merci #ChallengeAZ !


2015-06-25

V _ comme Veuf ou Veufve

De l’importance de tout noter pour ne rien perdre 
(même pas une première épouse !)




Dans cette branche de ma généalogie méditerranéenne, j’ai constaté qu’un schéma se reproduisait six fois. Celui d’un veuf qui se remarie. C’est très banal, me direz-vous ! Pourtant ce cas de figure advient rarement dans mes autres généalogies et ne fait pas de sens particulier.

Ici ce qui m’intéresse, c’était un secret de famille
Mon père a appris lors du décès de sa mère qu’elle avait épousé un veuf. Personne n’a compris la raison de ce silence sur son père.
Or, si l’on regarde les ancêtres de Marius : comme lui, son père, son oncle, ses arrières-grands-pères paternels et maternels, sa tante maternelle, se sont remariés après un premier veuvage.
On constate donc une multiplication symétrique de veufs et un secret sur la dernière génération.
 J’ai bien pensé enquêter sur la dénommée François Massat, première épouse comme le révèle le livret de famille de Marius. Mais les actes la concernant ne sont pas en ligne. On peut échafauder des hypothèses sur ce silence…
Il y a quelques mois, j’ai retrouvé le carnet de guerre de mon grand-père qui écrit des pensées fort émouvantes sur cette chère jeune épouse. Elle était malade, elle est morte entre mai 1914 et le début de la guerre.




Voici ma recette que j’ai testée sur d’autres histoires :

Noter tout ce que l’on peut et laisser reposer. Aérer de temps en temps les carnets qui sont restés confinés, les secrets peuvent s’éventer et se dissiper au grand air.


2015-06-24

U _ Ursule Talon

 (en 100 mots)

U
rsule Talon est mon sosa 69.
Ursule est née en 1732. Son père, Honoré, est maître charpentier à Saint-Raphaël.
Ursule a vingt-huit ans lorsqu’elle épouse François Simon, à Saint-Tropez. François est matelot. Le couple a deux enfants Bruno et Marie.


Ursule est veuve lorsqu’elle rédige son testament le 26 décembre 1780. A l’âge de soixante ans, en 1797, elle décède « en sa maison qu'elle habite quartier de Cavaillon ». Son fils Bruno hérite d’une propriété de vigne à Saint-Tropez.
Voici sa signature : (ni ses filles, ni aucun des ancêtres de son petit-fils ne savent signer) 


T _ Trafalgar

L’énigme de Félix Ignace B. et de Tropez Ignace B. est éclaircie.
Les deux frères se sont embarqués sur de grands vaisseaux, lors les guerres napoléoniennes. L’un d'eux, mon aïeul (sosa 16), est revenu à Saint-Tropez, après 8 ans et 6 mois et 28 jours de captivité dans les sordides prisons d’Angleterre.

 Pour Félix Ignace Bancala, le registre  matricule indique son état de service pour l'empereur :

Du 1 nivôse (22 décembre 1804) sur le vaisseau Le Berwick
au 29 brumaire jour de la prise dudit vaisseau par les Anglais ; 
 ensuite, il est considéré comme prisonnier de guerre.

Le Berwick, un beau vaisseau de 74 canons a été pris aux Anglais en 1795, il servit sous le drapeau français jusqu’à la bataille de Trafalgar où les Anglais le reprirent. Le lendemain de cette terrible bataille, il fit naufrage lors d’une terrible tempête à Sanlucar.
Le capitaine de ce vaisseau, Jean Gilles Filhol de Camas fut tué par un boulet. Son second Charles Tropès Guichard, un tropézien capitaine de frégate, mourut dans cette bataille le 21 octobre 1805. Le Berwick a perdu 250 hommes. N’ayant plus de grand mât, plus de mât d’artimon, plus de gouvernail, il se rendit. Le lendemain dans la tempête, il coula après que les prisonniers français aient coupé les câbles, car il était remorqué par un navire anglais ; le Donegal se porta vite à son secours, envoya des bateaux, mais 200 personnes se noyèrent.

Ignace Félix Bancala a échappé à la mort, néanmoins il a été fait prisonnier pendant huit ans.  Plus tard son frère assura qu’il était mort en 1814.

The Battle of Trafalgar, 21 october 1805: End of the action
by Nicholas Pocock , National  Maritime Museum 


Maintenant que vous connaissez la fin de cette tragique bataille navale, il est temps de raconter les péripéties du Berwick depuis le moment où partit Ignace Félix, accompagné de son frère Ignace (je ne sais pas encore s'ils étaient sur le même navire). 

Le début de l'aventure 

Ignace Félix a été réquisitionné depuis le 22 décembre 1804.
Le 11 janvier 1805, onze vaisseaux, dont Le Berwick, et sept frégates appareillent de Toulon, sous le commandement de l’amiral Villeneuve.
Un mistral terrible se met à souffler dans le golfe du Lion et cause des dégâts qui obligent à rebrousser chemin, l’escadre rentre à Toulon.
29 mars 1805, onze vaisseaux, six frégates et deux bricks prennent un nouveau départ. L'armée navale de Villeneuve réussit à déjouer la surveillance de la flotte anglaise commandée par l’amiral Nelson. L’escadre franchit le détroit de Gibraltar le 8 avril. Elle cueille des vaisseaux espagnols et français à Cadix.  
Un ordre cacheté, à n’ouvrir qu’en pleine mer, enjoint Villeneuve de mettre le cap sur la Martinique.

Le 12 mai, la flotte arrive aux Antilles où s’ajoutent six vaisseaux espagnols.
Le 2 juin, dans la mer des Caraïbes, 
Le Berwick participe courageusement à l’attaque de Diamond Rock qui est repris aux Anglais.

Original à la mairie de Châteaulin
Diamon Rock  _ A. Mayer

Le 11 juin, après de longs jours d’attente pendant lesquels les vivres s’avarient et s’épuisent, Villeneuve donne l’ordre d’appareiller vers l’Europe. S’ensuit un chassé-croisé avec Nelson qui ne se trouve jamais là où l’on pense.

Le 23 juillet, c’est au cap Finisterre qu’a lieu le combat des « Quinze-vingts ». Au milieu d’un épais brouillard qui se lève puis retombe, les ennemis s’affrontent à l’aveugle. Malgré les pertes et les blessés, chacun peut se prétendre vainqueur. 

Villeneuve revient mouiller dans la rade de Cadix, dans l’espoir de remédier à l’état déplorable de sa flotte; en effet, ses hommes paraissent épuisés. Napoléon lui donne l’ordre de regagner Naples.



Collections of the National Maritime Museum
William Anderson, Bataille du Cap Finisterre

Les 27 navires de l’escadre de Nelson bloquent les 33 vaisseaux français et espagnols. Ils tronçonnent sa flotte en attaquant successivement ses bâtiments. Nelson est tué. Environ 4400 Français et Espagnols et 449 Anglais ont péri.


La bataille de Trafalgar est un désastre irréparable qui anéantit la force navale de Napoléon.

http://www.bbc.co.uk/arts/yourpaintings/artists/nicholas-pocock/paintings/slideshow#/34
The Battle of Trafalgar, 21 october 1805: Beginning of the action
by Nicholas Pocock , National  Maritime Museum 

Iconographie
Les tableaux se trouvent dans les collections des Royal Museums Greenwich
Voici le lien pour The Battle of Trafalgar, 21 october 1805: End of the action, by Nicholas Pocock https://collections.rmg.co.uk/collections/objects/12041.html


Pour comprendre l'histoire d'Ignace et de 
la médaille de Sainte Hélène
http://briqueloup.blogspot.fr/2015/06/h-la-medaille-de-sainte-helene.html

Pour suivre le voyage des marins engagés dans cette bataille de Trafalgar, j'ai retracé une carte Storymap

https://briqueloup.blogspot.com/2019/11/sstory-map-trafalgar.html