2015-10-31

Allons aux archives…

Même si on est loin d’épuiser la richesse des archives en ligne, il faut se rendre aux archives lorsque l'on a la possibilité de se déplacer.
Mon arbre marseillais, je vous l’ai présenté tel que je le connaissais au printemps 2015 (Where in Marseille). Ce mois-ci, ayant le projet de passer une semaine à Marseille, j’ai préparé à l’aide des données en ligne la liste des points à chercher. En quelques jours, mon arbre s’est agrandi de plusieurs branches. Cette forêt-là comportait 425 personnes en juin, 510 début octobre et 557 au retour des archives.
Voilà le travail :
  • Une découverte époustouflante sur les Deleurye que je raconterai plus tard. C’était une branche qui bloquait sérieusement. Je suis encore toute éberluée de ce que j’ai trouvé.
  • Un cousinage avec … Sacrés Ancêtres qui me plait beaucoup.
  • Des forêts d’arbres qui s’étendent dans les Bouches-du-Rhône autour de Marseille.


Mes recherches ont porté sur des contrats de mariage recueillis aux Archives Départementales_ AD13. 

Je vais maintenant prendre le temps de lire les documents des XVIII et XVIIe siècles que j’ai collectés.






Aux Archives Municipales de Marseille, il est facile de consulter l’état-civil du XXe. J'ai ainsi pu comprendre les relations dans la famille de mes arrières grands-parents en lisant des actes concernant des oncles dont la trace avait été effacée. J’ai  aussi retrouvé des cousins qui ont consolidé des réseaux de solidarité puisqu’ils se retrouvent émigrés à Marseille, témoins d’actes à la fin du XIXe.


Cette semaine là, pour un peu,  il ne me restait plus le temps d’aller sur le Vieux Port pour voir la mer.


2015-10-26

Jean Baptiste Rebufel et Jean Baptiste Marquet étaient amis, on peut le supposer

Saint-Tropez en 1815


La scène se passe dans le cimetière (ancien) derrière l’église, sur la place de l’ormeau.

Appolonie Marquet se trouve avec ses filles jumelles, Victoire et Marianne. Les fillettes, âgées de dix ans, pressent leur mère de questions sur ses ancêtres.

  •        C’est vrai que tes grand-pères avaient les mêmes prénoms ?
 Je n’ai pas connu Jean Baptiste Marquet qui est mort très longtemps avant ma naissance.
Les Marquet sont de Saint-Tropez où les parents de Jean Baptiste se sont mariés en 1676.

Mon grand-père maternel, on l’appelait Jean Rebufel, mais il portait les deux prénoms Jean Baptiste. Il venait de Séranon. 

 Dans les montagnes des Alpes-Maritimes, entre Grasse et Castellane, sur la route que notre empereur Napoléon a suivi au mois de mars de cette année.

La famille Rebuffel est une ancienne famille implantée à Séranon, depuis le Moyen-Age. Le vieux village était perché sur la crête au sommet du Baou Roux puis les habitants se sont installés dans la plaine où ils ont fondé des hameaux.
La famille David, habite Val de Roure « la vallée des chênes » depuis plusieurs siècles. Nos ancêtres étaient laboureurs, ils cultivaient le blé qui poussait bien sur les terrains de l’adret. L’hiver est rude dans la montagne qui se blanchit de neige. Mon aïeul Jean Baptiste a préféré tenter sa chance et s’installer à Saint-Tropez.

Jeanne Davite et Philippe Rebufel sont mes arrières-grand-parents, précise Appolonie.
En arrivant à Saint-Tropez, Rebuffel a perdu un f, Davide s’est transformée en Davite sur les registres d’état civil.
Jean Rebufel a épousé Thérèse Féraud (fille de Jacques Féraud dit La Liberté) en 1722. Regarde leur contrat de mariage. Personne ne savait écrire et l’erreur n’a pas été rectifiée.

La mère de Thérèse, Louise Meifrette, a donné en dot une partie de maison située au quartier de Cavaillon. Il y  avait encore une vigne que Jean a cultivée, elle est sise au quartier Saint-Joseph.


Mes deux grand-pères, Jean Baptiste Rebufel et Jean Baptiste Marquet étaient amis et voisins.




        
  •   Étaient-ils marins comme notre père et tous nos oncles ? 
 Mes ancêtres n’avaient pas une vie de marins comme ceux de ton père, ils étaient des hommes de la terre, travailleur, laboureur, voilà leur métier au début.
  • Comment sais-tu qu’ils étaient amis, nos deux Jean Baptiste ?
 En 1717, Marquet qui était veuf depuis dix ans, se remarie avec Marguerite Paule, de Vergons. Neuf mois et un jour après la noce, nait leur premier fils, Jean Baptiste. Marquet avait dit à Rebuffel qu’il souhaitait un garçon et que ce serait bien que celui-ci porte leur prénom. Rebuffel accepta d’être le parrain de ce bébé fragile.
« L’an mil sept cent dix sept et le dix du mois de novembre à deux heures après-midi, dans l’église parroissiale de Saint-Torpez, a été suplée les cérémonies du baptême par moi, prêtre soussigné, à Jean Baptiste Marquet, fils de Jean Baptiste travailleur, et de Marguerite Paule du lieu de Vergons, mariés, né le neuvième du courant à deux heures du matin, le parrain a été Jean Baptiste Rebufel de Séranon et la marraine Élisabeth Dalere qui n’ont sceu signer v  baptisé à la maison, à cause qu'il s'est trouvé en danger de mort, par Élisabeth sage-femme »
Saint-Tropez BMS, 1711-1727, registre 2 MI EC2924R1, p.120/290

Huit semaines plus tard, l’enfant mourait.
« L’an mil sept cent dix huit et le neuf du mois de janvier a été enterré dans le cimetière de cette paroisse Jean Baptiste Marquez fils de Jean Baptiste Marquez matelot et de Marguerite Paule baptisé dans cette église le dix du mois de novembre dernier, le père et les parents ont assisté à l’enterrement avec les prêtres de la paroisse… »
Saint-Tropez BMS, 1711-1727, registre 2 MI EC2924R1, p.122/290

 A cette époque là, mon grand-père Marquet était matelot depuis moins de deux mois. Il était content d’avoir obtenu ce travail. Il pensait que plutôt que de rester travailleur, ce qui est certes honorable, il aimait mieux partir en mer sur ces tartanes qui font rêver tout le monde à Saint-Tropez. Le salaire serait meilleur si le patron était prospère.

Deux ans après est née ma tante Marguerite Rose, puis Jean Joseph mon père. Il n’a guère eu le temps de connaitre sa maman qui est morte de maladie en 1723, alors qu’il avait un peu plus de 19 mois.
Jean Baptiste Marquet se trouva veuf pour la deuxième fois.

Mon père n’avait pas neuf ans lorsque son père est mort.

 Les deux amis, Jean Baptiste, ont dû se faire la promesse de marier leurs enfants, on pourrait le supposer. Qu'en pensez-vous ?

2015-10-08

Jacques Féraud dit la Liberté

Jacques Féraud était « travailleur de la terre ». Je ne sais presque rien de lui, seulement qu’il est mort le 29 avril 1708, à Saint-Tropez où il vivait avec Louise Meifrede. 
Mon sosa 286 me plait beaucoup à cause de son surnom : Jacques dit la Liberté, découvert dans cet acte.



Il a eu au moins quatre enfants : Jacques, né en 1697. Thérèse , née en 1701. Honoré, vivant en 1721. André, mort à l’âge de vingt mois, six mois après son père. Il semble que Jacques n’était pas vieux.


Libre, insoumis, travailleur, paysan, voici Jacques !

(en 100 mots)

2015-10-01

Faire briller les feuilles

Soignez un arbre, remontez une branche.
Prenez une feuille, ôtez la poussière, faites briller.

Regardez ce trésor sous toutes ses faces, variez les éclairages, 
laissez passer les saisons.

terra dei limoni


Des feuilles qui brillent, des ancêtres qui nous plaisent particulièrement, il s’en trouve dans toutes les forêts. Il suffit de s’intéresser à leur histoire.
Même le plus humble travailleur de la terre devient le héros d’un conte qui, sous la poussière, laisse deviner le vernis merveilleux de l’ancien temps.

Dans mes forêts, les arbres bruissent de toutes leurs feuilles. Certaines branches, (encore ne sont–elles apparues qu’au bout de plusieurs années de recherches), apparaissent vivement exposées à la lumière.
Le soleil, et même le roi-soleil, Louis XIV en personne, les frôle de ses rayons. Une branche fut à son service à Versailles et lors des batailles.
J’écrirai sur l’éventail des couleurs des familles qui montrent des profils variés lors de la Révolution française[1].

Beaucoup de feuilles plus humbles (du lat. humilis "bas près de la terre") révèlent leurs histoires lorsqu’on les sort de l’ombre. Même lorsque je ne sais que très peu de choses à leur sujet, il suffit que je me penche sur un acte, sur une date et un lieu, pour que n’importe laquelle de ces feuilles reprenne vie.

Il est important de se rapprocher de la région où notre arbre a poussé. Mes premiers repérages ont lieu sur un atlas ou sur les cartes Google Earth. Et aussitôt j'espère m'y rendre. Plusieurs voyages restent en projet ; mais sans attendre, je me promène, avec les ressources de mon imagination, dans l’espace et dans le temps de mes aïeux.

Même si c’est un pays pauvre sans attraits, une terre ingrate, que mes ancêtres ont quittée pour se nourrir mieux ailleurs, c’est un moment de grâce lorsque nous pouvons marcher sur leurs pas, voir les pierres de leurs demeures ou de celles que l’on suppose être des maisons voisines. L’histoire prend corps, nous pouvons entrer dans le paysage et respirer les parfums.

Le secret, c’est celui d’Aladin, frotter les feuilles pour le faire briller et parfois un génie nous apparaît. C’est la magie de la généalogie. On trouve des fruits dans nos arbres, des fruits merveilleux dont la saveur ne cesse de nous nourrir et de nous réjouir.


Vos feuilles brillent-elles ?


[1] voir les billets de mon ChallengeAZ en 2017 : Nos ancêtres pendant la révolution

2015-09-23

Sur les chemins de Toscane

Pienza (suite)


Un jour mes ancêtres sont partis sur les chemins de Toscane. On les a incités à quitter Pienza pour s’installer dans l’île du Giglio. La vie n’était-elle pas plaisante dans ce bourg de Pienza dont j’ai raconté, dans l’article précédent, l’histoire hors du commun  ?


Entre 1500 et 1600, cinq familles des miens ont vécu ce déplacement; et leurs descendants ont pris racine dans l’île.

Nous étions à Pienza, de nombreuses questions me venaient à l’esprit. Je me demandais comment les hommes voyageaient. Les villageois se rendaient-ils facilement dans la belle ville de Sienne ? La via Francigena traverse le Val d’Orcia, ils ont pu emprunter le chemin des pèlerins pour se rapprocher de la côte. 
Mais tout compte fait, la côte méditerranéenne n’était pas éloignée de plus de cent kilomètres, on parcourait cette route en quelques jours, pour ensuite s’embarquer pour Giglio. Nos ancêtres pouvaient probablement rendre visite à la famille restée à Pienza et donner envie à d’autres personnes d'émigrer.


Ambrogio Lorenzetti, Effets du bon gouvernement, Sienne

M. Aymard parle de l’attirance de la Méditerranée pour les habitants des montagnes. La main-d’œuvre nécessaire aux travaux des champs dans la Maremme Toscane est envoyée par des chefs qui passent contrat avec les propriétaires pour certains émigrants. « D’autres se mettent au service des États et des villes aux premiers, ils servent de soldats […] Aux seconds, ils fournissent toute une population de boutiquiers, d’artisans, de petits commerçants. » 
Je ne sais quels étaient les métiers de ces hommes qui ont repeuplé l’île du Giglio, je sais qu’avec leurs épouses ils ont élevé leurs enfants dont la descendance est innombrable. C'est une de mes forêts !

Bibliographie
Maurice Aymard, Migrations in La Méditerranée, Les hommes et l’héritage.  sous la direction de Fernand Braudel, Flammarion
Patrick Boucheron, Conjurer la peur, Sienne 1338-Essai sur la force politique des images, Seuil 2013 


Voir aussi :

2015-09-18

Pienza en Toscane


Une envie de suivre la route des crêtes siennoises (crete senesi), cette voie qui serpente à travers les collines d’argile où l’on s’arrête à tout bout de champ pour photographier les paysages de Toscane : les lignes de cyprès conduisant aux maisons, les champs de tournesols, les champs de blé, les champs moissonnés puis labourés dévoilant leurs entrailles, mottes de terre grise. Un émerveillement !

Nous étions passés dans le Val d’Orcia, San Olivetto… il y a six ans. Je ne me doutais pas, alors, que mes ancêtres vivaient dans cette belle Toscane. 

Je connais leurs noms de famille :

Aldi, Biondi, Cipriani, Miliani, Preziani. 

Nous avons fait un jour le voyage à Pienza pour nous imprégner de l’ambiance de leur lieu d’origine.


Et cette année, un détour pour revoir Pienza s’est imposé. 


Ce bourg perché sur une colline est le berceau de cinq familles de mes ancêtres qui habitaient là au Moyen-Age.


Fresques de la librairie Piccolomini 
à Sienne, par Pinturicchio,1505
Le départ pour le concile de Bâle.
C’est justement l’île de Giglio 
que l’on aperçoit au large.







Pienza doit son nom au pape Pie II. 
Cet homme,  un des  plus grands lettrés de son époque, poète, diplomate, voyagea beaucoup; il s’appelait  lui-même : « varia videndi cupidus »   « désireux de voir une quantité de choses. »
Il a réalisé son rêve de construire la cité idéale à Pienza où il est né en 1405. 

A cette époque, mes ancêtres vivaient dans ce bourg dont une grande partie appartenait à la famille Piccolomini; ils ont dû le connaître, le fréquenter.
 
« Un village peu connu, mais doté d’un air salubre, d’un excellent vin et de tout ce qu’il faut pour se nourrir.» écrit-il dans ses comentarii.

Lorsqu’Enea Silvio Piccolomini est devenu pape en 1458, il revient dans son village natal, qui se nommait alors Corsignano, pour construire sa résidence d’été. Touché par la misère des habitants ce brillant humaniste du Quattrocento crée une citée idéale « née d’une pensée d’amour et d’un rêve de beauté » (selon le poète Giovanni Pascoli). 
La construction Pienza par les artistes de la Renaissance commence en 1459. Pie II peut admirer le chef d’œuvre architectural : la place de la cathédrale et les palais sont édifiés en trois ans.

Pour une visite de Pienza, je vous propose ce lien : /http://www.borghiditoscana.net/fr/pienza-sienne/

Enea Piccolomini meurt en 1464. 
Il dote généreusement sa famille dont il veut renforcer
Pienza, via del Giglio

le pouvoir.
Un de ses neveux est Pie III, un autre, Andrea est le seigneur de l’île del Giglio. Ce qui explique que nos familles soient parties s’installer à Giglio au XVIe siècle.

Cette via del Giglio qui, lors de ma précédente visite, me paraissait une coïncidence, (ou peut-être la rue du lys) confirme ce lien entre ces lieux chers à mon histoire.



Sources :
La Libreria Piccolomini à Sienne in La Route des Fresques
Blog qui présente de nombreuses scènes qui témoignent de la vie en Toscane :

Le patronage architectural du pape Pie II Piccolomini :

Voir aussi :

2015-09-06

Giovanni Angelo MAI (di Napoli)

Nous roulons vers le nord. A droite, le Vésuve domine longtemps, il est endormi, mais il en impose.
Cette année, nous ne nous attarderons pas sur la côte amalfitaine, nous n’irons pas dans l’île de Procida ; c’est frustrant, pourtant il faut rouler pour rentrer chez nous.



Au XVIe siècle l’Italie n’existait pas encore.
Mon ancêtre à la XIII génération,   Giovanni Angelo MAI est né dans le royaume de Naples en 1541.
Il a quitté son pays pour s’installer à Giglio
On lui connait trois fils : Giuliano (sosa 2084) né en 1566, Raffaello, et Girolamo recensé en 1570 à Giglio.
C’est mon ancêtre le plus méridional, dont je connais l’existence avec certitude. Il a certainement d’autres descendants dans le monde. Entre lui et moi : 1000 km, chacun de nous se tenant aux extrêmes de la géographie et du temps.




Je suppose que la famille MAI devait habiter dans un port du golfe de Naples. Quelle rencontre l’a décidé à partir pour l’île du Giglio ?
Les hommes étaient peut-être matelots, pêcheurs, pêcheurs de corail ; Giovanni Angelo avait envie d’un métier moins périlleux.
Quelle fut sa vie sous le Vésuve ? Ce volcan faisait-il partie de son paysage familier, lui a-t-il manqué ?

GioAngelo est une feuille de mon arbre qui a poussé sur les cendres du Vésuve.
Je suis heureuse de penser à cet ancêtre.

2015-09-03

"Etre le descendant de greffes multiples"

Le 31 mai 2015, aux Assises Internationales du Roman, (AIR à Lyon) nous avons assisté à la rencontre suivie de lecture avec Erri De Luca  .

Je viens de lire ce livre. 
Un nuage comme  tapis
Erri De Luca, 2015, Folio, n°5910

J'ai envie de citer un paragraphe du dernier chapitre qui parlera aux généalogistes.


« Pour un citoyen de la Méditerranée dont la généalogie se perd au détour de la courbe d’un arrière-grand-père, la conjectures est vraisemblable. Qui d’entre nous peut exclure le Phénicien, l’Arabe, le Normand, et surtout l’Hébreu, de l’enchevêtrement de ses ancêtres ? Un jour on trouvera le moyen de remonter les générations et de reconstituer le buisson des croisements qui nous ont précédés et, en grande partie déterminés. Être le descendant de greffes multiples sera alors un titre et la noblesse tiendra au fait d’avoir trouvé dans son propre cadastre ancestral le plus de souches, le plus de peaux, le plus de religions. »

Je suis la descendante de Méditerranéens, j’en prends conscience de plus en plus. Au cours des siècles, mes ancêtres sont remontés vers le nord. Pour ma part j’ai toujours vécu loin de la mer, ce n’est pas mon élément, mais cette Mare nostrum devient un espace où voyage mon imagination et dont je visite l'histoire. Le mythe familial d’un ancêtre marin en Méditerranée a fait son chemin, de surcroit en explorant cette branche, j’ai trouvé des centaines de traces méridionales.
Cette année l'actualité raconte l'arrivée de migrants qui fuient des pays devenus invivables pour eux ; beaucoup perdent leur vie dans notre mer Méditerranée. Faisons le vœu que la dernière phrase citée inspire les générations futures.

2015-08-15

Voyager dans le temps (5)

L'arbre phylogénétique du vivant (musée des Confluences)

Si vous avez parcouru les articles précédents, vous me direz qu’elle apparait vertigineuse cette remontée dans le temps.
L’homme est sur terre depuis des siècles, des millénaires.
Je reprends : nos ancêtres habitent notre planète depuis …
Nos ancêtres ? Cela nous interpelle, amis généalogistes, car notre travail c’est justement de les pister et de les trouver un à un.
Savez-vous que 230 générations nous séparent de l'Homme de Néanderthal ?



Il y a quelques jours nous avons visité nouveau musée des Confluences de Lyon.


 Le parcours muséographique dans la salle des origines nous invite à remonter le temps
depuis les hominidés de la Préhistoire jusqu’au Big Bang.



Les mythes de la création sont une réponse symbolique aux questions angoissantes sur l’origine du monde.
Il y a du vrai dans ces récits de déluge, de poissons, d'oiseaux, et de Terre-mère.

Oeufs de dinosaure - musée des Confluences

Les sciences de la terre nous apprennent que nous sommes de la poussière d’étoiles. Voilà le mot de la fin, ou plutôt du début de notre histoire.

fossile-musée des Confluences

Sources:

Je vous recommande de cliquer sur ce permalien suivant pour voir des représentations des "arbres du vivant" ; au delà de l'arbre généalogique.

2015-08-13

Voyager dans le temps (4)

La Préhistoire 

A l’époque de la Préhistoire, ce n’est plus la posture du généalogiste qui est de rigueur.

Néanmoins, le musée de la Préhistoire de Quinson (Alpes–de-Haute-Provence) a fait vivre mes ancêtres.

Que de découvertes lors de ma visite du mois dernier !

 
J’ai enfin réalisé que ces personnages présentés en situation pourraient être mes arrières … grands parents. De quoi considérer avec émotion les dents, les os, les silex présentés dans les vitrines.



Les hommes vivaient au bord du Verdon dans les abris naturels ; ils créaient des outils. Ils marchaient pendant des kilomètres pour se procurer les meilleurs silex. lls pêchaient des poissons, ils chassaient du gibier. Chasseurs cueilleurs, ils sont devenus bergers puis cultivateurs.

Dans la grotte de la Baume Bonne à Quinson, on a retrouvé des traces d’habitats successifs, laissées par l’homme il y a 400 000 ans. 
Dans notre commune, la grotte de Malavalasse abritait des vestiges.

Les familles se sont déplacées et ne sont pas sédentarisées forcément dans ce lieu, mais d'où venaient ceux qui se sont installés dans notre village ?

2015-08-11

Voyager dans le temps (3)

L'Antiquité


Je n’ai pu limiter mon imagination à mes arbres. Mes forêts sont plus anciennes et plus vastes, elles contiennent davantage d’ancêtres que je n’en ai placés dans les feuilles.

Les historiens de l’Antiquité m’invitent à considérer que mes ancêtres étaient Romains, Étrusques, Grecs … pour la branche méditerranéenne ; ce que j’ai esquissé dans quelques billets précédents ( E_ Étrusques, F_Foca,  Y_ grec)


Des Gallo-Romains vécurent dans la vallée du Rhône, et à Lyon où je voisine avec les ruines et vestiges de leur époque.

http://www.musees-gallo-romains.com/lyon_fourviere/sites_archeologiques
https://lugdunum.grandlyon.com/fr/Decouvrir



Nous avons habité sur le terrain d’une nécropole où les archéologues ont retrouvé des trésors datant de l’époque gallo-romaine. 



Quelle branche pourrait être enracinée à Lyon pour descendre de ces populations métissées de Gaulois et de Romains ? 

L'époque antique suscite beaucoup de questions et ceci n'est qu'un exemple.

Source des images:


Voyager dans le temps (2)

Au Moyen–Age


Avant le XVe siècle, la période du Moyen-âge fait atteindre les limites de la généalogie familiale pour la plupart des branches. Dans mes forêts, au sommet de quelques arbres où j’ai pu inscrire le nom d’ancêtres, le plus ancien, je crois que c’est celui-ci :
Antoine Pérouse naquit au XIVe siècle et mourut avant 1449 au Péage-de Roussillon. Cet ancêtre de mon époux, je le connais grâce au livre d’un cousin archiviste au début du XXe siècle qui a su mener de belles recherches.



Car, c’est bien vers les professionnels archivistes ou historiens qu’il faut se tourner pour renseigner l’histoire. Même s'ils ne parlent pas exactement de nos aïeux, ils nous permettent de comprendre leur vie.
Il faut aussi avoir la chance de trouver de monographies sur les bourgs.

Ainsi le village de Séranon, pour lequel j'ai pu me procurer le livre de R.J. Aubenas (op cité, dans l’article). Il étudie les affouagements, utilisés selon la coutume en Provence pour dénombrer les foyers en vue de l’impôt. Dans ces listes de 1471 ou de 1295, plusieurs personnes portent le nom Rebuffel. Lesquels sont mes ancêtres ? Je ne pourrais pas le savoir, car mes certitudes s’arrêtent quatre siècles plus tard, mais cela leur donne une réelle consistance.

En remontant dans le temps, on possède peu de traces. Restent les paysages où l'imagination peut se nourrir.

N-D de  Gratemoine de Séranon


Une chapelle sauvée de la ruine d’une abbaye. 


Des montagnes immémoriales, au-delà du Plateau de Valensole.

La rivière qui creuse le calcaire depuis des siècles.

2015-08-09

Voyage dans le temps (1)

 Lorsqu’on essaye de raconter notre généalogie, on doit souvent répondre à la question :
"Jusqu'où remontez-vous ?"

Nous disposons des registres BMS jusqu’au XVIIème siècle; c’est assez facile car beaucoup d’archives départementales et municipales sont en ligne.
Heureux ceux qui peuvent consulter intégralement ces registres sans constater de lacunes.
C’est un bonheur de tourner délicatement les pages de ces livres poussiéreux et fragiles et de reconnaître les noms familiers.


Les archives des notaires, en série E aux AD, nous donnent accès à beaucoup d’informations pour reconstituer les familles en découvrir les actes passés tout au long de leur vie. Ces documents permettent d’aborder le XVIème siècle lorsqu’on a une certaine pratique de la paléographie. 


J’ai trouvé le registre ci-dessous aux AD du Var, sous la cote 3 E 14 502, dans l’étude de Maître Pourcelly, qui exerçait comme notaire à Saint-Julien, un bourg provençal, en 1771.


 Le notaire a pensé bien faire en le couvrant avec une partition de plain-chant. C’était une grosse bêtise d’utiliser un parchemin ancien ! On peut se demander depuis quelle année cette page, n’étant plus utilisée à l’église, se trouvait dans l’étude du notaire. Avait-il d’autres pages aussi précieuses à sa disposition ? Quel sacrilège ! Néanmoins, on peut considérer ce document comme fort rare, même si son usage a été détourné, c’est le seul qui ait ainsi traversé les siècles.  Il témoigne que l’on chantait des chants grégoriens dans notre église romane, il serait intéressant de le dater. 



2015-07-19

Hit de mes articles préférés

Les 26 articles du ChallengeAZ 2015 se suivent de A à Z. J’ai des préférences, des coups de cœur, certains me touchent de près et ce ne sont pas toujours ceux que mes lecteurs ont beaucoup lu.




 Voici mes choix personnels :

Mon grand-père était sur le front d’Orient en 1915. Dans son carnet de guerre, il décrit ce que vivaient les soldats, juste avant de mourir, pour la plupart d’entre eux.
Deux frères sont embarqués pendant dix mois sur un grand vaisseau, ils participent à la bataille de Trafalgar.  Ils sont retenus prisonniers dans les prisons anglaises. Mon aïeul reviendra huit ans plus tard et recevra la médaille de Sainte-Hélène.
Saint-Tropez a vraiment perdu la tête.
Une lettre adressée à mon arrière grand-mère
  • Le plus court : U_Ursule Talon, en 100 mots
  • Le plus lu : Le bilan de mon challengeAZ

 Les pages que je préfère :



2015-07-09

Le bilan de mon challengeAZ 2015

Quelle satisfaction d’avoir relevé le défi ! Je me suis sentie entourée par tous les challengistes, nous étions nombreux à partager cette belle expérience.
Avec ce blog, j’ai voulu écrire les pages que j’aurais aimé lire, si l’on m’avait raconté mes ancêtres.


Source gallica.bnf.fr / Bibliothèques de Marseille 

En se promenant dans la forêt de Briqueloup, on rencontre plusieurs arbres de tailles et d'espèces variées car depuis des siècles, les essences forestières sont abondantes.
Dans les arbres de mes ancêtres, marins en Méditerranée, bruissent des récits de vies (à découvrir en cliquant sur le lien des lettres en gras).
Écoutez les histoires de Raïs des madragues, de Capitaines, de pirates Barbaresques. Nos arbres frémissent du bruit des batailles à Trafalgar et aux Dardanelles. Les voiles des bateaux vibrent au souffle du vent qui pousse les caravanes maritimes vers le Levant, sur les routes de la soie (K), et peut-être même jusqu’ à Zanzibar…


Ces arbres murmurent l’attente des femmes de marins : Marie, Ursule, et les Jumelles de Saint-Tropez. Les feuilles tremblent lorsqu’il est question de mariages, de veuvages. Les jeunes pousses bourgeonnent (X et N). Ignazio et ses Ignace me sont devenus familiers (H). 
Depuis le Golfe du Lion jusqu’à Foça en la mer Égée, en traversant la mer Tyrrhénienne, tout au long de ce mois de juin, j’ai voyagé en Méditerranée. J’ai marché dans les rues de Saint-Tropez, j’ai grimpé du port jusqu’à la citadelle de Saint-Tropez, jusqu’au castello de Giglio et celui de Procida.
Where in Marseille : cet article publié un peu après minuit m’a illico apporté un commentaire et l’acte de mariage qui me permet de remonter une génération de la famille Nicolas.
J’ai remonté le temps avec une vitesse vertigineuse, sans craindre que l’on se moque de mon imagination, je me suis sentie proche de mes racines méditerranéennes, Étrusques et Y Grecques …

Giglio

J’étais le roi de l’île