2016-03-25

Zélia

Une femme épistolière qui m’accompagne dans mes découvertes 



Zélia m’accompagne depuis que l’un de ses arrière-arrière-… petits neveux m’a proposé de consulter un tiroir d’archives intitulé « Cousins de Paris ».
Zélia est notre grand-tante par alliance, à la génération 6.
En ce mois de mars, j’aimerais rendre hommage à cette femme qui m’est devenue proche au fil des soirées que j’ai passées à lire, numériser, classer et annoter sa correspondance.
Zélia Morin avait 18 ans lorsqu’elle a épousé, le 22 avril 1845, à Livron-sur–Drôme, Augustin Pérouse qui avait le double de son âge. Je n’ai pas trouvé d’indice sur leur rencontre, mais je peux vous confier ce qu’elle écrit lors du décès d’Augustin, après 26 ans de vie commune : « rien ne pourra jamais combler le vide immense que cet ami bien aimé fait dans mon existence. » Lettre de Zélia à Virginie, 1871.



Augustin
Zélia, jeune mariée, s’est habituée à la vie lyonnaise. Elle a apprécié sa belle-famille à laquelle elle est restée attachée, ce qu'elle ne manquait jamais de rappeler dans sa correspondance.
Augustin et Zélia ont eu deux fils : Denis né en 1846 et Gabriel né en 1848.
Augustin, médecin à Lyon, a été l’élève de Claude Bernard, il exerçait notamment à l’Hôtel-Dieu.
En 1865, Denis, l’aîné de leurs fils, a commencé des études supérieures. La famille s’est alors installée à Paris avec les garçons.
« Les succès ou les déceptions de nos fils sont pour nous les grands événements de notre vie qui tant que nous serons à Paris sera entièrement consacrée à nos enfants. » lettre du 21 janvier 1866 de Zélia à Virginie.
Zélia regrettait de vivre si loin de Lyon.
« notre esprit et notre cœur sont si bien à Lyon, qu’ici nous n’avons la tête à rien… »…18 octobre 1869 de Zélia à Virginie.
Augustin essaya de trouver un emploi, ce n’était pas urgent puisqu’il passait la saison d’été à travailler à Allevard. Il a publié une étude sur les eaux thermales de Challes-les -Eaux.
La guerre de 1870 bouscula la paix de cette famille.
Gabriel devait être incorporé pour le service militaire, sa mère se désolait « de si cruelles inquiétudes » Denis, étudiant à l’école des Mines, était occupé par l’organisation de la défense de Paris. En août 1870, alors que la Prusse menaçait, les parents auraient pu ne pas rentrer à Paris, mais comment laisser leurs fils dans cette guerre qui se précisait ?
L’hiver fut terrible et les privations durant le siège de Paris ont affaibli Augustin qui souffrait de bronchite. Ils eurent à peine le temps de se réjouir de la paix revenue en février 1871. Augustin ne se rétablit pas et mourut en avril.
Zélia avait 43 ans, ses fils 23 et 25 ans.
Devenue veuve, elle regretta encore plus vivement de ne plus habiter près de sa famille à Lyon. Par l’échange régulier de longues lettres, elle se rapprocha de sa belle-sœur, Virginie. Cette correspondance continua avec ses neveux et ses nièces, filles de Virginie.
La Tante Zélia invitait chacun de ses cousins à venir chez elle à Paris. Elle s’est particulièrement occupée des études de ses neveux.

Au XIXe siècle, l’existence d’une veuve devait être terne, elle se plaignait de l’éloignement de ses amis, de solitude et de la charge de sa maison. Heureusement pour elle, Gabriel resté célibataire a toujours vécu avec sa mère. Ensemble ils ont voyagé autant qu’ils pouvaient et la correspondance envoyée lors de ces voyages mériterait une étude particulière que j’ai le projet de faire.
 Dans ses nombreuses lettres, Zélia décrivait sa vie quotidienne :
« Je suis bien occupée dans ma maison ces jours-ci ; je renouvelle toutes mes provisions de confiture, je fais réparer toutes les petites choses détraquées dans l’appartement, je veux encore faire ramoner mes cheminées, et faire mettre le gaz à ma salle à manger et il me faut compter sur Gabriel pour rien. » 1 juillet 1893. Lettre suivante 7 juillet, : « J’ai sur le feu des confitures d’abricot que je veux un peu surveiller »  lettres de Zélia à Marie

Zélia confiait ses soucis et ses joies, ayant l'inquiétude, banale à cette époque, de la santé de chacun, elle donnait des nouvelles de sa famille, enfants et petits-enfants,. Avec la distance des années, ses confidences nous apparaissent irrésistibles et suscitent étonnement ou sourires complices ; j’ai appris beaucoup de secrets plus ou moins légers permettant de comprendre notre famille.
Cette épistolière sympathique racontait les événements d’une manière qui m’a touchée personnellement. C’est avec elle que j’ai eu l’occasion découvrir l’Exposition Universelle, en compagnie de son invitée Joséphine, notre aïeule dont j’ai aussi quelques lettres de cette visite en 1900. J’ai accompagné notre « Tante de Paris » dans ses courses en ville, dans ses visites aux amies, dans les spectacles qu’elle appréciait. J’ai assisté avec elle aux mariages, et même à leurs arrangements avant que les futurs époux en soient avertis, j’ai été émue par les naissances de ses petits enfants. J’ai pleuré lorsqu’elle s’attristait de ses amies malades et encore plus lorsqu’elle annonçait les décès.
Par ses fils, Zélia se tenait au courant de l’actualité politique qu’elle commentait. Vérifier ces informations m’a instruit sur l’histoire de ces années que l’on désigne comme la Belle Époque.
« Voila notre vieille Europe dans une situation bien critique avec cette guerre du Japon et de la Russie… » lettre du 11 février 1904 de Zélia à Marie

Son style agréable à lire est soigné, comme le préconisait l’art de vivre de ce temps où les femmes s’appliquaient à une correspondance qui les occupait beaucoup. Cette correspondance est précieuse, elle a eu pour fonction de maintenir et surtout de créer, avec la famille, des liens d'amitié et de solidarité qui ont perduré jusqu’au milieu du siècle dernier.

Zélia écrivait encore à la veille de sa mort en avril 1913. Elle avait 86 ans.

2016-03-15

Les femmes, le deuil au XIXe siècle

Correspondance de condoléances.



Je viens de présenter (au groupe PFL de la SGLB) la deuxième partie de l’étude du fonds d'archives du XIXe siècle qui m'a été confié.  
Je me suis penchée sur le thème du deuil à travers la correspondance de condoléances et les gestes des socialités qui entouraient la mort autrefois.

1909,Jacques Barcat 

La lecture de ce fonds illustre dans quelle mesure il est indispensable, au XIXe siècle, de tenir une correspondance afin de faire vivre le lien social et d’entretenir des relations familiales, lorsque selon les circonstances où l’éloignement, on ne peut pas faire des visites aux cousins.
Les femmes ont pour mission de préserver l’espace familial, d’assurer sa survie. Un espace où l’on peut se réjouir lorsque la famille s’agrandit : Zélia (dont je vous parlerai dans le billet qui va suivre) écrit des lettres pour annoncer les naissances, pour faire part des mariages (ce sera mon prochain sujet d’étude). Un espace aussi pour consoler les peines et les deuils et témoigner de la solidarité familiale.


Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892 https://www.centrepompidou.fr


Le décès d’une personne provoque un déséquilibre dans le tissu relationnel de la famille et de la société. En ce qui concerne les proches du défunt, la mort produit un changement de statut : l’épouse devient veuve, le fils devient chef de famille … Il faut réajuster la place de chacun dans la configuration familiale.

Les différents rituels et pratiques permettent la réaffirmation de la cohésion du groupe. Les funérailles sont l’occasion de montrer la vie de la famille. En témoignent les faire-part qui s’allongent, rassemblant tous les membres en précisant le lien de parenté dans le réseau familial. 

En province, en 1873 à Lyon, les veuves portaient le deuil pendant deux ans. Les veufs pendant un an. 
Comment prendre le deuil, c’était une question importante à laquelle répondaient les traités de savoir-vivre.

Le savoir-vivre..., 
Clarisse Juranville
Une recherche dans Gallica ...

et voilà le livre :

JURANVILLE, Clarisse,
Le savoir-faire et le savoir-vivre, 
guide pratique de la vie usuelle 
à l’usage des jeunes filles,
Paris, Veuve P. Larousse, 9e éd. 1886, p. 228-233 




Pour voir ma bibliographie 
aller sur la page suivante :

2016-03-06

Viva la muerte

J'aime visiter les cimetières

Les nécropoles renferment beaucoup d’histoires où l’on peut lire la vie des gens. C’est passionnant de découvrir les noms sur les tombes, de méditer sur les épitaphes et d’admirer l’art funéraire, les sculptures…
En voyage, nous ne manquons pas de visiter quelques cimetières.Voici trois lieux très différents photographiés en Argentine :

La Recoleta à Buenos Aires
Maimara, dans les Andes
Mission, San Ignacio Mini

  •  La Recoleta BA

C’est le plus chic des ultimes lieux de Buenos Aires où résident les défunts renommés qui ont participé à la construction de l’Argentine. 



Les tombeaux passent pour des maisons de marbre, les plus remarquées sont construites avec de grands blocs de marbre gris, anthracite, blanc ou en béton. Certains édifices sont ostentatoires par la préciosité du marbre, ornés de sculptures. Les portes sont closes comme celle d’un blockhaus, le nom de la famille en lettres géantes affirme leur noblesse.
Pour certains les murs sont aveugles et le mystère demeure, pour d’autres leurs portes vitrées laissent voir sur des étagères les cercueils en bois cirés recouverts de nappes en dentelles finement brodées.
Certaines tombes furent splendides, mais faute de descendants qui les entretiennent, leur abandon est désolant. La poussière s’est accumulée, les portes sont cassées, les couvercles des cercueils se délitent et laissent voir le délabrement des morts. Achetées à perpétuité, elles ne peuvent faire l’objet de reprise et sont condamnées à rester les témoins du temps qui passe.
Le tombeau le plus célèbre est celui d’Evita Perón, le seul qui soit fleuri et devant lequel se trouve toujours un visiteur ému.

  • San Ignacio Mini, dans la province Mission


Cette mission fut habitée au XVIIe siècle par une communauté d’Indiens Guaranis, sous l’organisation de missionnaires jésuites.
L’utopie a vécu quelques années avant d’être détruite. Tombées dans l’oubli et enfouies dans la végétation tropicale, les ruines de pierre rouge sont spectaculaires.


Le cimetière était divisé en quatre parties égales, les hommes enterrés dans un carré, les femmes de l’autre coté; pour les enfants : les garçons étaient séparés des filles. Sur les cotés poussaient des plantations d’orangers.


  • Maimara


Dans la langue omaguaca, maimara signifie « l’étoile qui tombe ».
Nous sommes dans les hauts plateaux des Andes, altitude 3500 m. Sur la route de Tilcara, le Rio Grande de Jujuy coule dans la grandiose quebrada de Humahuaca.  Le tropique du Capricorne passe tout près. La situation permettrait une meilleure connexion avec Inti, le dieu du soleil.


Ce cimetière est le lieu idéal pour le dernier repos. Il est simple, gai, coloré, devant les tumulus de terre sont posées des offrandes et des fleurs qui ne meurent jamais, confectionnées en papier coloré.


 Au fond du paysage veille « la Paleta del Pintor», la montagne polychrome aux reflets ocres, roses, rouges et verts où poussent des cactus géants.


2016-02-22

Buenos Aires, La Boca

Où vivent les descendants de nos ancêtres…(suite)



Les passagers des transatlantiques venant d’Europe débarquaient dans le port de Buenos Aires
On peut lire leurs noms sur les registres qui ont été numérisés par Centro de Estudios Migratorios Latinoamericanos http://cemla.com 
Les patronymes sont accessibles à cette adresse : /http://cemla.com/buscador/




Je n’ai pas répertorié tous ceux qui portent des patronymes figurant dans mon arbre méditerranéen. Il serait d'ailleurs impossible de prouver la parenté exacte. 
Ici à Buenos Aires, je pense à ces hommes, à ces familles, qui ont choisi l’aventure de l’émigration.





Entre 1880 et 1910, plus de quatre millions d'individus entrèrent en Argentine. Ils s’installaient dans ce quartier de la Boca, près du port. Ils retrouvaient des connaissances. Les Italiens se regroupaient par quartiers : les Génois, ceux des Pouilles, les Piémontais... Les hommes cherchaient du travail et construisaient des maisons de bois et de tôle ondulée qu’ils peignaient de couleurs vives avec la peinture des bateaux. Un « conventillo » se composait de plusieurs pièces, une par famille, la cuisine était commune. Peu à peu, le confort arrivait, à mesure que la famille s’enrichissait en travaillant.




Les Argentins nous confient spontanément que leurs ancêtres étaient Italiens, Espagnols... Ils affirment qu’actuellement leur pays ignore le racisme. Ce serait rassurant de les croire, mais pensons au peuple des Indiens natifs dont il reste si peu de descendants.


2016-02-07

Voyager au XXIe siècle

Certains de mes ancêtres ont fait de beaux voyages : de longues traversées en mer pour les marins tropéziens ; pour d’autres, des trajets par les routes de terre qui restent à situer dans leurs histoires.
Que penseraient-ils si je leur racontais mes voyages au XXIe siècle ? 
Laissez-moi les étonner à mon tour, puisque leurs vies ne cessent de susciter mon imagination, d’occuper mes recherches et d’aller de surprises en découvertes.

Chers ancêtres,
Vous allez penser que vos descendants de l’an 2016 sont atteint de folie. Je vous l’accorde, il m’arrive de le penser moi aussi.
Ce matin, votre petit-fils s’est envolé pour Londres. Oui, envolé au-dessus des nuages, vous m’entendez bien ? Le vent soufflait en tempête, il pleuvait des trombes d’eau, la météo se détraque ces temps-ci. J’ai un peu honte de vous avouer que nous avons négligé la planète qui se détériore de plus en plus inexorablement. Mais nous avons des avantages, le pétrole permet aux avions d’aller si vite, si loin. Pourquoi ce jeune homme est-il allé à Londres ? Pour rien, pour changer d’avion ; à peine une visite de quelques heures dans la City. Ensuite il est monté dans un Boeing qui traverse l’Atlantique en quelques heures. Direction l’hémisphère sud, escale à Sao Paulo, pas le temps de voir la ville.  Supersonique je vous explique. Atterrissage en Argentine où il va séjourner.

Antoine, l’aviateur, si tu n’étais pas mort en 1917, tu aurais vu comme il était fréquent pour tes petits enfants de prendre des avions qui t’auraient bien intéressé.

Pendant ce temps, nous partons nous aussi de Lyon, l’avion s’élève au-dessus des Alpes ; cet hiver il a enfin neigé, les sommets deviennent roses. Quatre heures plus tard, l’avion perd de la vitesse, il plonge dans un scintillement de lumières, dans un conte des mille et une nuits. Nous arrivons à Istanbul. C’est le nom actuel de Constantinople où tu mourus, Jean François Simon, le 14 novembre 1767, tu étais parti en caravane au Levant.


Le lendemain, nous embarquons pour un long vol transatlantique de 12254 km qui ne durera que quinze heures. Combien de semaines, combien de tempêtes ont affronté vos bateaux? Aujourd’hui, quelques turbulences, on attache nos ceintures, même pas peur.

Sur l‘ordinateur de bord, nous situons les Dardanelles ; un terrible souvenir pour toi Marius, c’était la guerre sur le Front d’Orient, tu fus blessé plusieurs fois.
Nous passons la Méditerranée où vous avez navigué vaillamment, tout au long des siècles.
A la vitesse de 900 km / heure, vous me croyez si vous voulez, nous serons ce soir à Buenos Aires.


Vos fils marins ont connu ces terres d’Amérique du Sud. Antoine Ricard, je sais que ton fils a déserté pour rester à Montevideo. 

Quant à toi, belle Nina, il faudra que tu nous racontes tes aventures, toi qui partis pour vivre en Argentine. Je suis impatiente de les écrire.

J'espère, mes chers Ancêtres, que vous pourrez comprendre cette missive que je vous adresse familièrement, avec le style du XXIe siècle qui risque de vous paraître peu formel.
Bien à vous,
Votre arrière ... arrière .... petite-fille

2016-02-04

Où vivent-ils les descendants de nos ancêtres ?


Ils sont innombrables les rameaux provenant de notre arbre patronymique.
Nos racines puisent leurs origines dans l’île du Giglio. Le tronc de l'arbre paternel, c’est mon vieil ancêtre Mateo Bancala. Il vivait au début du XVIe siècle. Ses fils ont donné naissance à d'anciennes familles, bien répertoriées sur l'île au fil des siècles[1] , dont les descendants demeurent encore pour certains, en Italie et précisément en Toscane.

Actuellement en France, mes cousins se comptent sur les doigts d’une main.

On sait que les Italiens ont beaucoup émigré; ceux-là habitaient dans une île, ils savaient voyager en mer et ils espéraient une vie meilleure sous d’autres cieux. 
Une simple recherche fait apparaître des foyers vivant actuellement en Amérique, aux États-Unis et en Amérique du Sud.(Chers GeneaBloggers si vous partagez mes racines vous pouvez me contacter !) Quelques familles se trouvent en Europe. On se perd déjà dans cette enquête.

Ce patronyme est rare. L’origine la plus ancienne est tout à fait localisée dans notre île. En Italie, il s’écrit Bancalà, il perd souvent cet accent en voyageant.

Aujourd'hui je m'intéresse aux Argentins dont le nom est Bancala. Surprise ! ils sont nombreux. Ils vivent à Buenos-Aires où les premiers immigrants ont débarqué et se sont répandus vers la Pampa.
Nous allons voyager dans ce pays ; si en France j’ai peu de chance de croiser la route d’une feuille inconnue qui pourrait porter le nom de mon arbre, sans le chercher cela pourrait être plus probable en Argentine.
(à suivre dans le billet qui vient)




[1] E. de Fabrizio, Isola del Giglio, il territorio, gli abitanti e la storia  COEG 2006
Bruno Begnotti, Cronache Gigliesi 1558-1799, Circolo Culturale Gigliese 1999
  

2016-01-16

Mon blog a un an

Il était une fois un bébé blog, né il y a un an, il s’appelle « La forêt de Briqueloup ». Il raconte mes arbres généalogiques qui poussent dans cette forêt.


Je publie environ un article par semaine, aujourd’hui on peut lire 77 articles.
Nombre de pages vues : 11100. J’ai bien désactivé le suivi de mes propres consultations de pages sur tous mes appareils. Ce compteur est-il digne de confiance ? Je ne crois pas. Si j’étudie Google Analytics, je vois que mes lecteurs habitent dans des lieux improbables, seraient-ils des robots ou des humains ? Certains ne passent que quelques secondes sur une page : de quoi revenir à plus de modestie quant à ces statistiques !
Découvrir vos commentaires est encourageant, j'adresse un grand merci à mes lecteurs !

Voici une sélection des articles :
Lors du challenge AZ. J’ai voulu retracer la vie des mes ancêtres marins, je n’ai pas épuisé le sujet, je me rends compte que plus j’écris, plus j’ai de choses à explorer.
Les billets sur le sujet de la Grande Guerre : ce thème est populaire grâce au défi 1 jour 1 poilu relayée par le groupe Facebook, par Twitter #1J1P. En indexant, j’ai découvert des cousins qui ont participé à la Guerre. Le libellé 1914/18 comporte, hélas, davantage d’articles que prévu.
Ne manquez pas le billet Dardanelles sur le journal de Marius parce que mon GP n’est pas mort sur le Front d’Orient et son témoignage est terrible.

Ce blog vous invite à divers voyages, en Méditerranée vers le Levant, à la pêche au thon dans la madrague de Saint-Tropez, à demeurer à Pienza une cité idéale en Toscane. Il y a aussi des pirates et des batailles tragiques à Trafalgar
La série : Voyager dans le temps incite à parcourir plusieurs musées qui me parlent de mes ancêtres, depuis l’Antiquité jusqu’à la préhistoire. 
Oui, je sais que je vais trop loin… justement dans mon blog, je peux laisser dériver les hypothèses sur l’origine de mes forêts, sans que l’on me demande de me limiter à ce qui est raisonnable.
Briqueloup a commencé à donner vie à ses arbres méridionaux ; d’autres branches agitent leurs feuilles. Nos ancêtres nous lèguent tant d’histoires à reconstituer, à écrire afin de les transmettre. 
Le vent souffle dans la forêt, écoutons leurs histoires…
 «… It’s just a wisper through the trees. My ears can hardly make it out but I can hear it in my heart. Vibrating.  »
Asaf Avidan,  Labyrinth, album Gold shadow,  


2016-01-10

Un fonds de correspondance du XIXe siècle


J’étudie un important fonds de correspondance que m’a prêté un cousin.
Je fais l’inventaire, je classe, je scanne et j'étudie les documents pour les relier à nos généalogies.
J’ai présenté, en mars 2015, la première partie de mon travail au groupe Patrimoine et Familles du Lyonnais de la SGLB (Société Généalogique du Lyonnais et du Beaujolais). 

         I.            Une correspondance au XIXe siècle

Correspondance familiale
Correspondance féminine

  
     Correspondance avec les cousins de Paris : c’est l’intitulé du premier tiroir d’archives qui m’a été confié et qui a orienté mon travail. A la suite de la numérisation de ce fonds, j'ai accès à d’autres correspondances et je suis en mesure de tirer des liens, ce qui ouvre un grand nombre de perspectives de recherches sur de nouveaux thèmes.
     Des pistes multiples se croisent et la difficulté est de focaliser sur le choix d’un corpus de lettres, alors que d’autres séries de lettres s’avèrent complémentaires et passionnantes.
       D'ores et déjà, se profilent d'autres projets.

Je prépare la deuxième partie pour mars 2016.

         II.            Les femmes le deuil au XIXesiècle

Correspondance de condoléances

Le deuil sera considéré selon un double aspect celui de l’écrit et celui de la gestion de la mort, plus particulièrement dans la part qui revient aux femmes.


Bibliographie de la première partie

à lire ici

2016-01-03

Bilan de l'année 2015

Cela fait juste une année que je fréquente les réseaux sociaux où se promènent les généalogistes, et cela me plait énormément.
Séduite par le défi du Challenge AZ, j’ai ouvert mon blog « La forêt de Briqueloup »  : http://briqueloup.blogspot.fr/
Je me suis inscrite sur Twitter, sur Facebook, j’ai créé une page : https://www.facebook.com/LaforetdeBriqueloup

Et voilà où passe une grande partie de mon temps à présent.
Bien informée donc, j’étais présente le 13 juin aux MatinsMalins de la Généalogie qui avaient lieu aux AD du Rhône.
La rencontre des généablogueurs bien vivants et fort sympathiques est une des belles surprises de ce jour-là : @dAedH_blog  @Scribavita @genebecle Nous sommes les généagones.

Mes découvertes devenaient importantes à communiquer au groupe PFL (Patrimoine et familles du Lyonnais) dont je fais partie qui est affilié à la SGLB (Société Généalogique du Lyonnais). Lors de la première rencontre de septembre, je leur ai dévoilé tout ce qui se passe dans le monde des généalogistes branchés (comme dirait « Sacrés Ancêtres » qui est un cousin génial dont je viens de faire la connaissance).
Mes arguments et le diaporama pp se sont étoffés; j’en ai fait une présentation, lors de la semaine de généalogie aux AM de Lyon, le 14/11/15.
La présence des généanautes sur les réseaux sociaux :
Bloguez, twittez, partagez votre généalogie ...


2015-12-08

Autour de Constance

Constance et Urbain au temps de la Grande Guerre


Constance est ma grand-mère, (sœur de Lucie).
Elle a épousé Urbain Fauriat, elle habite  dans la maison de la famille Fauriat à Gambonnet.

Urbain Fauriat
Le 5 août 1914,
c’est leur troisième anniversaire de mariage. Gaston a deux ans et Régis est né le jour d'hier. 

Ce devrait être le bonheur mais voilà que la guerre vient d’être déclarée, les hommes sont mobilisés. La plupart des frères, des cousins, des voisins commencent à rejoindre Le Puy ou Privas.

Urbain est mobilisé en août 1914, mais il semble qu’il jouisse d’un sursis, il est affecté au 101e Régiment d’infanterie à compter du 29 janvier 1915.
Le 8 juin 1917, il passe au 129e RI. Il se trouve alors en Lorraine dans le secteur d’Azerailles, sur la Meurthe. 

Gazé, il rentre chez lui souffrant d’emphysème pulmonaire. Le faire-part, écrit par sa famille, précise « après trois ans de terribles souffrances contractées en luttant pendant cinq ans pour la sauvegarde de la Patrie. »
Urbain meurt le 27 décembre 1921. Ses trois enfants seront pupilles de la nation.


Mariette Fauriat, la sœur aînée d'Urbain, est mariée depuis vingt mois avec François Brolles qui a dix ans de moins qu’elle. Ce jeune homme, blond aux yeux bleus vient d’avoir trente ans.
Il a fait son service militaire dans la cavalerie, il était maréchal-ferrand.

En août 1914, il rejoint le 86e régiment d'infanterie au Puy.
Le 23 décembre, François meurt de maladie, à l’hôpital militaire de Nancy.
Marie que l’on appelle la veuve Brolles, reçoit une pension de 375 frs.

Jean Fauriat, le frère cadet d’Urbain, est arrivé le 4 août 1914 au 28e bataillon de chasseurs à pieds.
Tué à l’ennemi le 9 avril 1916 au Vieux Thann, à la cote 425, en Haute-Alsace. Il est inhumé dans la nécropole de Steinbach. Mort pour la France, Jean avait 31 ans.

Urbain et ses frères ne sont pas revenus habiter leur maison qui est une ruine telle que vous la voyez ici.




Une série au temps de la Grande Guerre en Vivarais Velay :

2015-11-30

Autour de Lucie

 A Rochepaule, 

Régis Duchamp et ses frères au temps de la Grande Guerre



archives familiales
Régis Duchamp
Archives familiales
Lucie Mounier












  • Régis Léon Saturnin Duchamp, né en 1883

Régis avait 23 ans lorsqu'il épousa Lucie, la sœur cadette de ma grand-mère. 
Ce jour là, le 10 avril 1907, son père, qui était le maire de Rochepaule, a marié deux des ses enfants, Maria et Régis.

Lucie Mounier avait 25 ans. Comme on le voit sur ce médaillon double-face, elle était réputée très jolie, malgré des marques de petite vérole.




Lors de son service militaire, Régis fut chasseur à pied, il passa caporal. Et grâce à la présence de son frère aîné sous le drapeau, il fut renvoyé chez lui.
La Grande Guerre l’a rappelé, le 5 août 1914, au 24e bataillon de chasseurs. Il fut blessé, le 20 avril 1917, aux tranchées face au plateau de Craonne, par une pointe de hernie droite causée par un éboulement dû a un éclatement d’obus.
Le 23 octobre 1917, lors de la bataille de la Malmaison, à l'ouest du Chemin des Dames, dans le secteur du Panthéon, sa troupe a mérité cette citation : « Se sont jetés à l’assaut de la position ennemie avec un entrain admirable et ont été blessés au moment où ils abordaient la tranchée allemande. »

Régis gardera des séquelles d’une plaie cervicale, depuis ce jour-là, Il souffrait d'une raideur du cou avec immobilisation de la tête par arthrite cervicale et contracture musculaire. Ce qui lui vaudra une pension de 608 frs, en compensation d'une invalidité de 20%.

Les frères de Régis Duchamp


  • Jean Joseph Pierre Duchamp, né en 1881
L’aîné de la famille était étudiant ecclésiastique lorsqu’il fut exempté du service militaire en 1902 en raison de bronchite chronique, mais il fut bon pour partir en 1914 à la campagne d’Allemagne. Il a été infirmier. Aux armées d’Orient depuis le 4 juillet 1916, il fut évacué pour anémie, paludisme et troubles digestifs, le 2 septembre 1917. Il est passé dans plusieurs régiments d’artillerie lourde en 1918. 
La pension d’invalidité lui a été refusée, malgré des séquelles de paludisme.
Il a été curé à Rochepaule et à Boucieu-le-Roi, en Ardèche.

  • Jean Henri Alphonse Duchamp, né en 1893, est MPLF (Mort pour la France).
Il était étudiant notaire. Lors du service militaire, en 1913, il fut classé dans le service auxiliaire car son acuité visuelle était  insuffisante.
En 1914, il partit avec le 112e RI, il est incorporé au 3e RI le 25 mars 1915. Il participa à la bataille de Vauquois, il est mort des suites de blessures le 27 mars à la Thubrie, Rarécourt dans la Meuse. Alphonse avait 21 ans.

  • François Flouret, l’époux de Maria Duchamp.
Comme ses beaux-frères, il est lui aussi « parti aux armes » en août 1914. Il a servi au 15e escadron du train.


Dans la série au temps de la Grande Guerre en Vivarais Velay :

2015-11-29

Ils étaient 5 frères partis à la Grande Guerre

Ils étaient cinq frères dans la famille Mounier, cousins germains de ma grand-mère Constance
Leurs parents, Félicien et Victoire, ont eu dix enfants qui sont nés à Rochepaule en Ardèche, dans ces maisons du hameau de Reynaud.




Deux d'entre eux sont Morts pour la France :

Régis Sylvain Mounier, 1m 66. Cheveux, yeux et sourcils, châtains, visage ovale. 
En octobre 1900, il a tiré le n°58 et il a fait son service militaire du 19 novembre 1900 au 21 octobre 1903, dans la section des commis et ouvriers militaires. Il est allé en Campagne en Tunisie au 4e colonial. On lui a accordé un certificat de bonne conduite. Ensuite en 1906 et en 1908, il a effectué deux périodes d‘exercices au 4eRI.


En 1912, il travaillait comme domestique au château de la forêt de Saou, près de Montélimar. La villa Tibur est cette grande maison aux murs roses. 

Le 3 août1914, Régis partit à la Grande Guerre avec le matricule 1398, pour servir comme soldat au 119 RI. Il passa au 109 RI le 25 septembre 1914; puis au 142 RI, le 6 octobre 1914. 
Il faut dire que les hommes tombaient sur le front, il fallait les remplacer et restructurer les régiments.


Régis est tué à l’ennemi le 23 août 1916. Mort pour la France
au secteur de Fleury Thiaumont dans la Meuse. Il participait à la bataille de Verdun avec le 342e régiment d’infanterie. Voici sa tombe, numéro 10116, dans la nécropole nationale de Douaumont.



Joseph Henri Mounier,  1m 59. Cheveux, yeux châtains, nez rectiligne, visage large. 
Il est déclaré bon pour le service, malgré une faiblesse sans tare organique. 
C’est le benjamin de la famille, il a été appelé le 1 février 1916, avec le matricule 345, pour servir comme soldat au 11e régiment d’infanterie.
Le 18 mars 1816, il est proposé pour réforme à cause d’une maladie contractée en service, une bronchite suspecte. Il est renvoyé dans ses foyers en congé illimité.  
Joseph est mort le 24 février 1917 dans la ferme où habitaient ses parents à Rochepaule. Il n’avait pas 22 ans. (Mort pour la France)


Les autres fils de la famille Mounier

Jean Saturnin Mounier, né en 1882.
C’est celui des gars qui est allé à l’école primaire le plus longtemps, Degré d’instruction 3. Il avait les yeux bleus, il fut ajourné à cause de sa myopie en 1903. Mais ce n’était pas une raison pour ne pas participer à la Grande Guerre, il fut maintenu au service du 15e escadron du train à Lyon du 16/05/1915 au 21/08/1918. 

Gustave Jérémie Mounier, né en 1889.
Soldat 2ème classe, parti le 3 août 1914, avec le 61e RI, jusqu'en janvier 1917.
Il est allé sur le Front d' Orient le 28 janvier, il fut  rapatrié le 27 mars 1917. Classé inapte et détaché.

Xavier Frédéric Rémi Mounier, né en 1891. 
Soldat de 1ère classe au 61e RI, puis au 75 RI., puis au 55 RI, puis au 43 BC, et 12e tirailleurs sénégalais infanterie coloniale
Il fut blessé plusieurs fois : au dos par éclat d’obus le 12 août 1914, blessé à la main gauche le 16 mars 1916 à Thiaumont.  Parmi ses permissions, trois jours de congé accordés pour le décès de son frère en mars 1917 ont dû être fort tristes. Finalement il fut évacué, malade en 1918. Le compte-rendu médical précise : Invalidité à 10% pour ankylose 1ère et 2ème phalange de l’index gauche. 2e cicatrice verticale sur les cotes. 
« Agent de liaison d’un grand courage au cours des combats du 17 août au 14 mars 1917 a réussi à plusieurs reprises à assurer la liaison avec des tranchée d’avant-garde, isolées sous un violent tir de barrage. »
Il a été récompensé par la Croix de guerre.

Et les beaux-frères, les cousins…

2015-11-19

#1J1P _ On n’en finit pas de les ajouter à nos arbres, tous ces cousins morts lors de la Grande Guerre

Suite de l'article précédent qui se passe aux AM de Marseille.

A Marseille, je répertoriais des vivants, enfin je m'occupais de ceux qui ont vécu au siècle dernier et qui sont morts maintenant. Ce n’est pas des jeunes gens tombés à la guerre, que je cherchais. Je pensais avoir fini de recenser nos proches cousins parmi les soldats, j’imaginais que les autres avaient été épargnés.
Mais on n’en finit pas de les ajouter à nos arbres, tous ces cousins morts lors de la Grande Guerre de 1914-18.

Voici mes poilus de Marseille que j'ai indexés sur le site Mémoire des Hommes, pour #1J1PUn Jour Un Poilu :

François Angelvin est né à Marseille le 3 août 1880.  Il était célibataire, il allait avoir 36 ans lorsqu’il est mort le 4 juillet 1916, tué à l’ennemi lors de la bataille de Verdun, dans le bois d’Avocourt à Esnes-sur-Argonne. Il était sergent au 373e Régiment d’ Infanterie.
Son grand-père, Louis, est le frère de Pierre Théodore (sosa 52).
Mais François n’est pas la seul « Mort pour la France », en lisant mieux les actes que j’ai trouvés aux AM de Marseille, j’ai la triste surprise d’en découvrir d’autres.
Martial, le cousin de François, a épousé la veuve d’Albert Bathélemy Payan, mort pour la France sur le Front d’Orient, à Salonique, le 29 août1916.
Il y a encore Mayeul Angelvin de Valensole qui n’est pas (encore) rattaché à notre arbre.

Ces hommes jeunes, tombés entre 1914 et 1918, s’inscrivent parmi les feuilles inconnues de mes arbres. Qui s’en souvient aujourd’hui ?

Aux Archives municipales de Marseille

Aux Archives municipales de Marseille, le personnel est très accueillant et la recherche est vraiment facile, sur le serveur interne il suffit d’écrire le patronyme et la liste des actes d’état-civil s’affiche. Cela concerne les actes postérieurs à 1904 qui ne sont pas en ligne sur le site des AD13.

Angelvin, est un nom répandu parmi les familles de Valensole qui sont allés travailler à Marseille à la fin du XIXe.

Lorsqu’il s’est installé comme boulanger à Marseille, Albert, mon arrière grand-père (sosa 26) a retrouvé et peut-être fait la connaissance de ses cousins de Valensole. Je pensais que les distances avaient été prises avec la famille car cela faisait 33 ans que son père avait épousé Eléonore et ne vivait plus à Valensole.

J’avais vu que les témoins de son mariage en 1888 s’appelaient Angelvin, mais n’ayant pas connaissance des descendants je ne savais pas s’ils étaient parents. J’aurais dû m’en douter mais je n’avais pas les moyens de vérifier.

Et voilà qu’apparaissent les descendants de Louis frère de Pierre, de beaux prénoms familiaux à ajouter à cet arbre : Marius, Anselme Clément, et leurs enfants : Marie, Martial et François.