2016-05-02

Pour une recherche : Hypothèques (I)

Lorsqu’un bien change de propriétaire par vente, par donation, les hypothèques gardent la trace de cette translation. Cela sert de garantie pour le créancier. Le Trésor Public reçoit la perception de la taxe pour chaque acte.

Les Archives Départementales du Rhône proposaient un atelier que j’ai suivi avec intérêt.

Les archives foncières : hypothèques

Pour pratiquer sans attendre, je vais consulter les tables alphabétiques des patronymes, sur l’ordinateur en salle de lecture aux AD 69 ; ce n’est pas disponible en ligne.
Déjà, je suis ravie de trouver les noms de la famille et de découvrir que plusieurs personnes ont fait des transactions.


Mais ensuite, tout se complique et je me résous à demander de l’aide, comme le proposait l’archiviste lors de l’atelier.
Il me semble que je comprends bien, mais je constate que seules les cotes notées avec la professionnelle me conduisent aux dossiers que je cherche. Les miennes débouchent sur des documents sans intérêt. 
À refaire !
Deuxième jour aux AD, je suis complètement perdue. Je tente de faire des fiches par individu. Je ne suis plus du tout certaine de comprendre la démarche à suivre.
J’appelle une archiviste sympa qui me porte secours. À ma décharge, je me rends compte que le serveur fonctionne mal ce jour-là. Elle m’explique comment passer à l’étape suivante. Chic ! le document du classeur papier est numérisé. Je pourrais le consulter depuis chez moi. Et même le télécharger en pdf.
Sur le site AD 69, il faut trouver la porte d’entrée qui est bien cachée dans la page d’accueil :
Cliquer sur le bandeau noir, en bas de la page.


Plan des recherches _ Toutes les archives _
Archives numérisées _ Sujet : hypothèques_ valider pour faire apparaître la liste.
J’ai sélectionné :
4 Q 5 - Hypothèques, Conservation de Lyon, bureau unique. - Registres de formalités,...
Tables alphabétiques, répertoires des formalités, registres de dépôts, registres d'inscriptions, registres de transcriptions,...
Date 1799-1900
Autre Instrument de recherche

Démarche à suivre :

Consulter le registre de la table alphabétique par nom des propriétaires.
Dans la table 4Q5/35 (voir photo ci-dessus)
 Falcouz Antoine _     vol 167_ case 444
     Ce registre donne accès au répertoire de formalités

Dans le classeur du répertoire de formalités ou le document pdf
            vol 167  _____ 262       
Commander le registre  4Q5 / 262
Dans ce registre, chercher la page où se trouve la case 444

   
Transcriptions (page à gauche)   = l’acte du notaire

 Inscriptions (page à droite) = résumé bref


Transcriptions

Dans le classeur du répertoire de formalités ou dans le pdf
Chercher les transcriptions hypothécaires.
Voir dans la 1ère série, et ensuite dans les autres, jusqu’à ce qu’on trouve. Il est important de bien vérifier que les dates correspondent.

3985* ___________ 28 août-4 octobre 1850___volume 506 (article n°8)
Date : 30 août 1850

4044* ___________ 16 juin-7 juillet 1855 ____volume 622 (article n°124)
Date : 4 juillet 1855

4061* ___________ 5-17 mai 1856 _________volume 656 (article n°10)
Date : 7 mai 1856

Commander les cotes suivantes :
4Q5/3985
4Q5/4044
4Q5/4061
Registres de transcriptions hypothécaires




Ce n’est pas facile de trouver l'article, c’est encore la date de l’acte qui sera utile pour atteindre la bonne page.

Voilà ce que je découvre des transactions d’Antoine Falcouz, marchand fabricant de chapeaux (sosa 92 des mes enfants).  Il est le beau-frère de Zélia et l’oncle de Jeanne.
4Q5/3985 _ acquisition d’une maison, rue de l’arbre sec à Lyon
4Q5/4044 _ donation de cette maison à son fils, contient le contrat de mariage.
4Q5/4061 _ acquisition maison place des Célestins

Il ne reste plus qu’à poursuivre les recherches concernant d’autres personnes.
Ce sont de nouvelles pistes que je ne vais pas manquer d’exploiter.


Je suis allée aux Archives du Var 
pour une recherche : hypothèques II. Je la décris ici :

2016-04-17

Le plus ancien des ancêtres


Le plus vieil ancêtre de l’époux de Jeanne, de celui de Zélia, (et du mien aussi), s’appelle Antoine Perouse. Il porte le numéro sosa 383488 pour mes enfants à la XIXème génération.
Il vivait au XVe siècle au Péage-de-Roussillon.
Son fils s’appelle Pierre, le fils de Pierre s’appelle Antoine (3), le fils d’Antoine s’appelle Pierre(3), le fils de Pierre s’appelle Antoine (4) 

Gabriel Pérouse est remonté le plus haut possible dans notre arbre. C’est à cet archiviste  que l’on doit la numérotation originale des Jean, des Pierre, des Antoine …



Nous descendons d’André, sosa 11904, petit-fils d’Antoine(4) mais aussi de Claude, sosa 5992, petit–fils de Jean (6) le frère d’Antoine (4).

A ce stade là, tous ceux qui ont commencé à lire ce billet doivent avoir décroché de cet arbre.

Mais Gabriel P. est à son aise en cette fin du moyen-âge, il joue l’équilibriste tout en haut de l’arbre Il établit la liste complète des branches de l'arbre, in "Les Pérouse du quinzième au vingtieme siècle". 
Il dit qu’il ne sait presque rien de cet Antoine Pérouse, sinon qu’il naquit au XIVe siècle, qu’il mourut avant 1449 et qu’il vécut au Péage, seul en son temps de son nom.

Pour mes lecteurs qui ont la tête en bas, je suis allé dans Gallica et j’ai choisi cet Arbre de Jessé.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8427975m/f1.item.r=%22arbre%20de%20Jess%C3%A9%22

L’Arbre de Jessé apparaît comme prototype de l’arbre généalogique dans l’iconographie médiévale. 
Cette légende biblique se trouve dans le livre d’Isaïe 11.1 
 « Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines … » 
Ce qui me plait bien dans ces représentations, c’est l’ancêtre endormi au pied de son arbre. Il rêve à sa descendance. Mais celle-ci ne peut que le dépasser, au-delà de ce qu’il est capable d’imaginer. 


L'arbre de Jessé, Orvieto Duomo 



J'ai contribué à améliorer l'article Gabriel Pérouse sur Wikipédia :



2016-04-01

Jeanne

Une femme à qui l’on doit un important fonds d’archives familiales 



Jeanne est l’épouse d’Honoré, neveu de Zélia et d’Augustin Pérouse

Lorsque Honoré est décédé le 3 janvier 1886, Jeanne avait 44 ans, elle se retrouva en charge d’une famille de huit enfants, le plus jeune n’avait que cinq ans et demi.  C’est bien elle qui les a élevés, même si dès lors Jean, son fils, aîné fut déclaré « chef de famille » comme il était d’usage au XIXe où les veuves n’étaient pas officiellement responsables. Jean, âgé de 21ans, était alors étudiant à Paris, il vivait proche de la grand-tante Zélia.



Honoré
Jeanne avait une santé fragile lorsqu’elle était une jeune femme et qu’elle donnait naissance à tous ses enfants. Elle a eu huit enfants en seize années, entre 1864 et 1880, on s’inquiétait souvent pour elle qui a passé de longs mois de convalescence avant de pouvoir marcher (lettre d’Honoré à Marie, novembre1881).




« C’est une vaillante petite femme que j’ai là … » le 3 décembre 1866, lettre d’Honoré à sa mère, pour annoncer la naissance de Pierre.


Mariée à l’âge de 21 ans, cette jeune belle-fille a eu à marquer sa place sans se laisser envahir par sa belle-mère qui voulait tant s’occuper de son fils dont elle était proche. En 1870, alors que les Prussiens risquaient d’arriver à Lyon, Virginie s’inquiétait pour Jeanne, enceinte de son cinquième enfant, elle lui conseilla vivement de la rejoindre à Genève. Jeanne répondit fermement à Virginie :


Honoré avait deux sœurs, Marie et Angèle, restées célibataires, elles demeuraient proches et se consacraient au soin de la famille. Elles se sont bien occupées de leurs neveux qui leur étaient attachés.
Jeanne s’est parfaitement acquittée de ses devoirs maternels, ses six fils ont fait des études, chacun dans un domaine :  professeur, ingénieur, militaire, prêtre missionnaire…
L’un d’eux, Gabriel Pérouse est devenu un archiviste renommé, directeur des archives de la Savoie, il a publié de nombreux ouvrages.
Jeanne a constitué le fonds d’archives familiales qu’elle a rassemblées dans la maison que lui a donnée sa grand-mère.
Cette femme intelligente et instruite a consacré plusieurs années à élever ses enfants. Lorsqu’elle en a eu le temps, elle s’est mise à étudier les sujets qui la passionnaient : l’histoire de France, la numismatique, les blasons, l’histoire de la religion, la généalogie de ses enfants.
Elle a transmis le soin des archives à sa descendance. C’est ainsi que l’on peut lire les correspondances de Virginie, de Zélia, de Marie et d’Angèle, de Jeanne… Ces femmes du XIXe siècle livrent les témoignages pleins de vie sur la famille et leur époque.

Jeanne est décédée le 23 avril 1917, elle avait 75 ans.
Heureusement elle est morte avant ses fils. Quinquagénaires, ils ne lui ont guère survécu, Pierre est mort à l’âge de 50 ans le 18 août de cette même année, Augustin le 9/9/1919, Jean, le 6 août 1920 …

Devinette : 
Monsieur et madame Pérouse ont un huitième enfant, comment s’appelle-t-il ?
Réponse :

2016-03-25

Zélia

Une femme épistolière qui m’accompagne dans mes découvertes 



Zélia m’accompagne depuis que l’un de ses arrière-arrière-… petits neveux m’a proposé de consulter un tiroir d’archives intitulé « Cousins de Paris ».
Zélia est notre grand-tante par alliance, à la génération 6.
En ce mois de mars, j’aimerais rendre hommage à cette femme qui m’est devenue proche au fil des soirées que j’ai passées à lire, numériser, classer et annoter sa correspondance.
Zélia Morin avait 18 ans lorsqu’elle a épousé, le 22 avril 1845, à Livron-sur–Drôme, Augustin Pérouse qui avait le double de son âge. Je n’ai pas trouvé d’indice sur leur rencontre, mais je peux vous confier ce qu’elle écrit lors du décès d’Augustin, après 26 ans de vie commune : « rien ne pourra jamais combler le vide immense que cet ami bien aimé fait dans mon existence. » Lettre de Zélia à Virginie, 1871.



Augustin
Zélia, jeune mariée, s’est habituée à la vie lyonnaise. Elle a apprécié sa belle-famille à laquelle elle est restée attachée, ce qu'elle ne manquait jamais de rappeler dans sa correspondance.
Augustin et Zélia ont eu deux fils : Denis né en 1846 et Gabriel né en 1848.
Augustin, médecin à Lyon, a été l’élève de Claude Bernard, il exerçait notamment à l’Hôtel-Dieu.
En 1865, Denis, l’aîné de leurs fils, a commencé des études supérieures. La famille s’est alors installée à Paris avec les garçons.
« Les succès ou les déceptions de nos fils sont pour nous les grands événements de notre vie qui tant que nous serons à Paris sera entièrement consacrée à nos enfants. » lettre du 21 janvier 1866 de Zélia à Virginie.
Zélia regrettait de vivre si loin de Lyon.
« notre esprit et notre cœur sont si bien à Lyon, qu’ici nous n’avons la tête à rien… »…18 octobre 1869 de Zélia à Virginie.
Augustin essaya de trouver un emploi, ce n’était pas urgent puisqu’il passait la saison d’été à travailler à Allevard. Il a publié une étude sur les eaux thermales de Challes-les -Eaux.
La guerre de 1870 bouscula la paix de cette famille.
Gabriel devait être incorporé pour le service militaire, sa mère se désolait « de si cruelles inquiétudes » Denis, étudiant à l’école des Mines, était occupé par l’organisation de la défense de Paris. En août 1870, alors que la Prusse menaçait, les parents auraient pu ne pas rentrer à Paris, mais comment laisser leurs fils dans cette guerre qui se précisait ?
L’hiver fut terrible et les privations durant le siège de Paris ont affaibli Augustin qui souffrait de bronchite. Ils eurent à peine le temps de se réjouir de la paix revenue en février 1871. Augustin ne se rétablit pas et mourut en avril.
Zélia avait 43 ans, ses fils 23 et 25 ans.
Devenue veuve, elle regretta encore plus vivement de ne plus habiter près de sa famille à Lyon. Par l’échange régulier de longues lettres, elle se rapprocha de sa belle-sœur, Virginie. Cette correspondance continua avec ses neveux et ses nièces, filles de Virginie.
La Tante Zélia invitait chacun de ses cousins à venir chez elle à Paris. Elle s’est particulièrement occupée des études de ses neveux.

Au XIXe siècle, l’existence d’une veuve devait être terne, elle se plaignait de l’éloignement de ses amis, de solitude et de la charge de sa maison. Heureusement pour elle, Gabriel resté célibataire a toujours vécu avec sa mère. Ensemble ils ont voyagé autant qu’ils pouvaient et la correspondance envoyée lors de ces voyages mériterait une étude particulière que j’ai le projet de faire.
 Dans ses nombreuses lettres, Zélia décrivait sa vie quotidienne :
« Je suis bien occupée dans ma maison ces jours-ci ; je renouvelle toutes mes provisions de confiture, je fais réparer toutes les petites choses détraquées dans l’appartement, je veux encore faire ramoner mes cheminées, et faire mettre le gaz à ma salle à manger et il me faut compter sur Gabriel pour rien. » 1 juillet 1893. Lettre suivante 7 juillet, : « J’ai sur le feu des confitures d’abricot que je veux un peu surveiller »  lettres de Zélia à Marie

Zélia confiait ses soucis et ses joies, ayant l'inquiétude, banale à cette époque, de la santé de chacun, elle donnait des nouvelles de sa famille, enfants et petits-enfants,. Avec la distance des années, ses confidences nous apparaissent irrésistibles et suscitent étonnement ou sourires complices ; j’ai appris beaucoup de secrets plus ou moins légers permettant de comprendre notre famille.
Cette épistolière sympathique racontait les événements d’une manière qui m’a touchée personnellement. C’est avec elle que j’ai eu l’occasion découvrir l’Exposition Universelle, en compagnie de son invitée Joséphine, notre aïeule dont j’ai aussi quelques lettres de cette visite en 1900. J’ai accompagné notre « Tante de Paris » dans ses courses en ville, dans ses visites aux amies, dans les spectacles qu’elle appréciait. J’ai assisté avec elle aux mariages, et même à leurs arrangements avant que les futurs époux en soient avertis, j’ai été émue par les naissances de ses petits enfants. J’ai pleuré lorsqu’elle s’attristait de ses amies malades et encore plus lorsqu’elle annonçait les décès.
Par ses fils, Zélia se tenait au courant de l’actualité politique qu’elle commentait. Vérifier ces informations m’a instruit sur l’histoire de ces années que l’on désigne comme la Belle Époque.
« Voila notre vieille Europe dans une situation bien critique avec cette guerre du Japon et de la Russie… » lettre du 11 février 1904 de Zélia à Marie

Son style agréable à lire est soigné, comme le préconisait l’art de vivre de ce temps où les femmes s’appliquaient à une correspondance qui les occupait beaucoup. Cette correspondance est précieuse, elle a eu pour fonction de maintenir et surtout de créer, avec la famille, des liens d'amitié et de solidarité qui ont perduré jusqu’au milieu du siècle dernier.

Zélia écrivait encore à la veille de sa mort en avril 1913. Elle avait 86 ans.

2016-03-15

Les femmes, le deuil au XIXe siècle

Correspondance de condoléances.



Je viens de présenter (au groupe PFL de la SGLB) la deuxième partie de l’étude du fonds d'archives du XIXe siècle qui m'a été confié.  
Je me suis penchée sur le thème du deuil à travers la correspondance de condoléances et les gestes des socialités qui entouraient la mort autrefois.

1909,Jacques Barcat 

La lecture de ce fonds illustre dans quelle mesure il est indispensable, au XIXe siècle, de tenir une correspondance afin de faire vivre le lien social et d’entretenir des relations familiales, lorsque selon les circonstances où l’éloignement, on ne peut pas faire des visites aux cousins.
Les femmes ont pour mission de préserver l’espace familial, d’assurer sa survie. Un espace où l’on peut se réjouir lorsque la famille s’agrandit : Zélia (dont je vous parlerai dans le billet qui va suivre) écrit des lettres pour annoncer les naissances, pour faire part des mariages (ce sera mon prochain sujet d’étude). Un espace aussi pour consoler les peines et les deuils et témoigner de la solidarité familiale.


Édouard Vuillard, Deux femmes sous la lampe, 1892 https://www.centrepompidou.fr


Le décès d’une personne provoque un déséquilibre dans le tissu relationnel de la famille et de la société. En ce qui concerne les proches du défunt, la mort produit un changement de statut : l’épouse devient veuve, le fils devient chef de famille … Il faut réajuster la place de chacun dans la configuration familiale.

Les différents rituels et pratiques permettent la réaffirmation de la cohésion du groupe. Les funérailles sont l’occasion de montrer la vie de la famille. En témoignent les faire-part qui s’allongent, rassemblant tous les membres en précisant le lien de parenté dans le réseau familial. 

En province, en 1873 à Lyon, les veuves portaient le deuil pendant deux ans. Les veufs pendant un an. 
Comment prendre le deuil, c’était une question importante à laquelle répondaient les traités de savoir-vivre.

Le savoir-vivre..., 
Clarisse Juranville
Une recherche dans Gallica ...

et voilà le livre :

JURANVILLE, Clarisse,
Le savoir-faire et le savoir-vivre, 
guide pratique de la vie usuelle 
à l’usage des jeunes filles,
Paris, Veuve P. Larousse, 9e éd. 1886, p. 228-233 




Pour voir ma bibliographie 
aller sur la page suivante :

2016-03-06

Viva la muerte

J'aime visiter les cimetières

Les nécropoles renferment beaucoup d’histoires où l’on peut lire la vie des gens. C’est passionnant de découvrir les noms sur les tombes, de méditer sur les épitaphes et d’admirer l’art funéraire, les sculptures…
En voyage, nous ne manquons pas de visiter quelques cimetières.Voici trois lieux très différents photographiés en Argentine :

La Recoleta à Buenos Aires
Maimara, dans les Andes
Mission, San Ignacio Mini

  •  La Recoleta BA

C’est le plus chic des ultimes lieux de Buenos Aires où résident les défunts renommés qui ont participé à la construction de l’Argentine. 



Les tombeaux passent pour des maisons de marbre, les plus remarquées sont construites avec de grands blocs de marbre gris, anthracite, blanc ou en béton. Certains édifices sont ostentatoires par la préciosité du marbre, ornés de sculptures. Les portes sont closes comme celle d’un blockhaus, le nom de la famille en lettres géantes affirme leur noblesse.
Pour certains les murs sont aveugles et le mystère demeure, pour d’autres leurs portes vitrées laissent voir sur des étagères les cercueils en bois cirés recouverts de nappes en dentelles finement brodées.
Certaines tombes furent splendides, mais faute de descendants qui les entretiennent, leur abandon est désolant. La poussière s’est accumulée, les portes sont cassées, les couvercles des cercueils se délitent et laissent voir le délabrement des morts. Achetées à perpétuité, elles ne peuvent faire l’objet de reprise et sont condamnées à rester les témoins du temps qui passe.
Le tombeau le plus célèbre est celui d’Evita Perón, le seul qui soit fleuri et devant lequel se trouve toujours un visiteur ému.

  • San Ignacio Mini, dans la province Mission


Cette mission fut habitée au XVIIe siècle par une communauté d’Indiens Guaranis, sous l’organisation de missionnaires jésuites.
L’utopie a vécu quelques années avant d’être détruite. Tombées dans l’oubli et enfouies dans la végétation tropicale, les ruines de pierre rouge sont spectaculaires.


Le cimetière était divisé en quatre parties égales, les hommes enterrés dans un carré, les femmes de l’autre coté; pour les enfants : les garçons étaient séparés des filles. Sur les cotés poussaient des plantations d’orangers.


  • Maimara


Dans la langue omaguaca, maimara signifie « l’étoile qui tombe ».
Nous sommes dans les hauts plateaux des Andes, altitude 3500 m. Sur la route de Tilcara, le Rio Grande de Jujuy coule dans la grandiose quebrada de Humahuaca.  Le tropique du Capricorne passe tout près. La situation permettrait une meilleure connexion avec Inti, le dieu du soleil.


Ce cimetière est le lieu idéal pour le dernier repos. Il est simple, gai, coloré, devant les tumulus de terre sont posées des offrandes et des fleurs qui ne meurent jamais, confectionnées en papier coloré.


 Au fond du paysage veille « la Paleta del Pintor», la montagne polychrome aux reflets ocres, roses, rouges et verts où poussent des cactus géants.


2016-02-22

Buenos Aires, La Boca

Où vivent les descendants de nos ancêtres…(suite)



Les passagers des transatlantiques venant d’Europe débarquaient dans le port de Buenos Aires
On peut lire leurs noms sur les registres qui ont été numérisés par Centro de Estudios Migratorios Latinoamericanos http://cemla.com 
Les patronymes sont accessibles à cette adresse : /http://cemla.com/buscador/




Je n’ai pas répertorié tous ceux qui portent des patronymes figurant dans mon arbre méditerranéen. Il serait d'ailleurs impossible de prouver la parenté exacte. 
Ici à Buenos Aires, je pense à ces hommes, à ces familles, qui ont choisi l’aventure de l’émigration.





Entre 1880 et 1910, plus de quatre millions d'individus entrèrent en Argentine. Ils s’installaient dans ce quartier de la Boca, près du port. Ils retrouvaient des connaissances. Les Italiens se regroupaient par quartiers : les Génois, ceux des Pouilles, les Piémontais... Les hommes cherchaient du travail et construisaient des maisons de bois et de tôle ondulée qu’ils peignaient de couleurs vives avec la peinture des bateaux. Un « conventillo » se composait de plusieurs pièces, une par famille, la cuisine était commune. Peu à peu, le confort arrivait, à mesure que la famille s’enrichissait en travaillant.




Les Argentins nous confient spontanément que leurs ancêtres étaient Italiens, Espagnols... Ils affirment qu’actuellement leur pays ignore le racisme. Ce serait rassurant de les croire, mais pensons au peuple des Indiens natifs dont il reste si peu de descendants.


2016-02-07

Voyager au XXIe siècle

Certains de mes ancêtres ont fait de beaux voyages : de longues traversées en mer pour les marins tropéziens ; pour d’autres, des trajets par les routes de terre qui restent à situer dans leurs histoires.
Que penseraient-ils si je leur racontais mes voyages au XXIe siècle ? 
Laissez-moi les étonner à mon tour, puisque leurs vies ne cessent de susciter mon imagination, d’occuper mes recherches et d’aller de surprises en découvertes.

Chers ancêtres,
Vous allez penser que vos descendants de l’an 2016 sont atteint de folie. Je vous l’accorde, il m’arrive de le penser moi aussi.
Ce matin, votre petit-fils s’est envolé pour Londres. Oui, envolé au-dessus des nuages, vous m’entendez bien ? Le vent soufflait en tempête, il pleuvait des trombes d’eau, la météo se détraque ces temps-ci. J’ai un peu honte de vous avouer que nous avons négligé la planète qui se détériore de plus en plus inexorablement. Mais nous avons des avantages, le pétrole permet aux avions d’aller si vite, si loin. Pourquoi ce jeune homme est-il allé à Londres ? Pour rien, pour changer d’avion ; à peine une visite de quelques heures dans la City. Ensuite il est monté dans un Boeing qui traverse l’Atlantique en quelques heures. Direction l’hémisphère sud, escale à Sao Paulo, pas le temps de voir la ville.  Supersonique je vous explique. Atterrissage en Argentine où il va séjourner.

Antoine, l’aviateur, si tu n’étais pas mort en 1917, tu aurais vu comme il était fréquent pour tes petits enfants de prendre des avions qui t’auraient bien intéressé.

Pendant ce temps, nous partons nous aussi de Lyon, l’avion s’élève au-dessus des Alpes ; cet hiver il a enfin neigé, les sommets deviennent roses. Quatre heures plus tard, l’avion perd de la vitesse, il plonge dans un scintillement de lumières, dans un conte des mille et une nuits. Nous arrivons à Istanbul. C’est le nom actuel de Constantinople où tu mourus, Jean François Simon, le 14 novembre 1767, tu étais parti en caravane au Levant.


Le lendemain, nous embarquons pour un long vol transatlantique de 12254 km qui ne durera que quinze heures. Combien de semaines, combien de tempêtes ont affronté vos bateaux? Aujourd’hui, quelques turbulences, on attache nos ceintures, même pas peur.

Sur l‘ordinateur de bord, nous situons les Dardanelles ; un terrible souvenir pour toi Marius, c’était la guerre sur le Front d’Orient, tu fus blessé plusieurs fois.
Nous passons la Méditerranée où vous avez navigué vaillamment, tout au long des siècles.
A la vitesse de 900 km / heure, vous me croyez si vous voulez, nous serons ce soir à Buenos Aires.


Vos fils marins ont connu ces terres d’Amérique du Sud. Antoine Ricard, je sais que ton fils a déserté pour rester à Montevideo. 

Quant à toi, belle Nina, il faudra que tu nous racontes tes aventures, toi qui partis pour vivre en Argentine. Je suis impatiente de les écrire.

J'espère, mes chers Ancêtres, que vous pourrez comprendre cette missive que je vous adresse familièrement, avec le style du XXIe siècle qui risque de vous paraître peu formel.
Bien à vous,
Votre arrière ... arrière .... petite-fille

2016-02-04

Où vivent-ils les descendants de nos ancêtres ?


Ils sont innombrables les rameaux provenant de notre arbre patronymique.
Nos racines puisent leurs origines dans l’île du Giglio. Le tronc de l'arbre paternel, c’est mon vieil ancêtre Mateo Bancala. Il vivait au début du XVIe siècle. Ses fils ont donné naissance à d'anciennes familles, bien répertoriées sur l'île au fil des siècles[1] , dont les descendants demeurent encore pour certains, en Italie et précisément en Toscane.

Actuellement en France, mes cousins se comptent sur les doigts d’une main.

On sait que les Italiens ont beaucoup émigré; ceux-là habitaient dans une île, ils savaient voyager en mer et ils espéraient une vie meilleure sous d’autres cieux. 
Une simple recherche fait apparaître des foyers vivant actuellement en Amérique, aux États-Unis et en Amérique du Sud.(Chers GeneaBloggers si vous partagez mes racines vous pouvez me contacter !) Quelques familles se trouvent en Europe. On se perd déjà dans cette enquête.

Ce patronyme est rare. L’origine la plus ancienne est tout à fait localisée dans notre île. En Italie, il s’écrit Bancalà, il perd souvent cet accent en voyageant.

Aujourd'hui je m'intéresse aux Argentins dont le nom est Bancala. Surprise ! ils sont nombreux. Ils vivent à Buenos-Aires où les premiers immigrants ont débarqué et se sont répandus vers la Pampa.
Nous allons voyager dans ce pays ; si en France j’ai peu de chance de croiser la route d’une feuille inconnue qui pourrait porter le nom de mon arbre, sans le chercher cela pourrait être plus probable en Argentine.
(à suivre dans le billet qui vient)




[1] E. de Fabrizio, Isola del Giglio, il territorio, gli abitanti e la storia  COEG 2006
Bruno Begnotti, Cronache Gigliesi 1558-1799, Circolo Culturale Gigliese 1999
  

2016-01-16

Mon blog a un an

Il était une fois un bébé blog, né il y a un an, il s’appelle « La forêt de Briqueloup ». Il raconte mes arbres généalogiques qui poussent dans cette forêt.


Je publie environ un article par semaine, aujourd’hui on peut lire 77 articles.
Nombre de pages vues : 11100. J’ai bien désactivé le suivi de mes propres consultations de pages sur tous mes appareils. Ce compteur est-il digne de confiance ? Je ne crois pas. Si j’étudie Google Analytics, je vois que mes lecteurs habitent dans des lieux improbables, seraient-ils des robots ou des humains ? Certains ne passent que quelques secondes sur une page : de quoi revenir à plus de modestie quant à ces statistiques !
Découvrir vos commentaires est encourageant, j'adresse un grand merci à mes lecteurs !

Voici une sélection des articles :
Lors du challenge AZ. J’ai voulu retracer la vie des mes ancêtres marins, je n’ai pas épuisé le sujet, je me rends compte que plus j’écris, plus j’ai de choses à explorer.
Les billets sur le sujet de la Grande Guerre : ce thème est populaire grâce au défi 1 jour 1 poilu relayée par le groupe Facebook, par Twitter #1J1P. En indexant, j’ai découvert des cousins qui ont participé à la Guerre. Le libellé 1914/18 comporte, hélas, davantage d’articles que prévu.
Ne manquez pas le billet Dardanelles sur le journal de Marius parce que mon GP n’est pas mort sur le Front d’Orient et son témoignage est terrible.

Ce blog vous invite à divers voyages, en Méditerranée vers le Levant, à la pêche au thon dans la madrague de Saint-Tropez, à demeurer à Pienza une cité idéale en Toscane. Il y a aussi des pirates et des batailles tragiques à Trafalgar
La série : Voyager dans le temps incite à parcourir plusieurs musées qui me parlent de mes ancêtres, depuis l’Antiquité jusqu’à la préhistoire. 
Oui, je sais que je vais trop loin… justement dans mon blog, je peux laisser dériver les hypothèses sur l’origine de mes forêts, sans que l’on me demande de me limiter à ce qui est raisonnable.
Briqueloup a commencé à donner vie à ses arbres méridionaux ; d’autres branches agitent leurs feuilles. Nos ancêtres nous lèguent tant d’histoires à reconstituer, à écrire afin de les transmettre. 
Le vent souffle dans la forêt, écoutons leurs histoires…
 «… It’s just a wisper through the trees. My ears can hardly make it out but I can hear it in my heart. Vibrating.  »
Asaf Avidan,  Labyrinth, album Gold shadow,  


2016-01-10

Un fonds de correspondance du XIXe siècle


J’étudie un important fonds de correspondance que m’a prêté un cousin.
Je fais l’inventaire, je classe, je scanne et j'étudie les documents pour les relier à nos généalogies.
J’ai présenté, en mars 2015, la première partie de mon travail au groupe Patrimoine et Familles du Lyonnais de la SGLB (Société Généalogique du Lyonnais et du Beaujolais). 

         I.            Une correspondance au XIXe siècle

Correspondance familiale
Correspondance féminine

  
     Correspondance avec les cousins de Paris : c’est l’intitulé du premier tiroir d’archives qui m’a été confié et qui a orienté mon travail. A la suite de la numérisation de ce fonds, j'ai accès à d’autres correspondances et je suis en mesure de tirer des liens, ce qui ouvre un grand nombre de perspectives de recherches sur de nouveaux thèmes.
     Des pistes multiples se croisent et la difficulté est de focaliser sur le choix d’un corpus de lettres, alors que d’autres séries de lettres s’avèrent complémentaires et passionnantes.
       D'ores et déjà, se profilent d'autres projets.

Je prépare la deuxième partie pour mars 2016.

         II.            Les femmes le deuil au XIXesiècle

Correspondance de condoléances

Le deuil sera considéré selon un double aspect celui de l’écrit et celui de la gestion de la mort, plus particulièrement dans la part qui revient aux femmes.


Bibliographie de la première partie

à lire ici

2016-01-03

Bilan de l'année 2015

Cela fait juste une année que je fréquente les réseaux sociaux où se promènent les généalogistes, et cela me plait énormément.
Séduite par le défi du Challenge AZ, j’ai ouvert mon blog « La forêt de Briqueloup »  : http://briqueloup.blogspot.fr/
Je me suis inscrite sur Twitter, sur Facebook, j’ai créé une page : https://www.facebook.com/LaforetdeBriqueloup

Et voilà où passe une grande partie de mon temps à présent.
Bien informée donc, j’étais présente le 13 juin aux MatinsMalins de la Généalogie qui avaient lieu aux AD du Rhône.
La rencontre des généablogueurs bien vivants et fort sympathiques est une des belles surprises de ce jour-là : @dAedH_blog  @Scribavita @genebecle Nous sommes les généagones.

Mes découvertes devenaient importantes à communiquer au groupe PFL (Patrimoine et familles du Lyonnais) dont je fais partie qui est affilié à la SGLB (Société Généalogique du Lyonnais). Lors de la première rencontre de septembre, je leur ai dévoilé tout ce qui se passe dans le monde des généalogistes branchés (comme dirait « Sacrés Ancêtres » qui est un cousin génial dont je viens de faire la connaissance).
Mes arguments et le diaporama pp se sont étoffés; j’en ai fait une présentation, lors de la semaine de généalogie aux AM de Lyon, le 14/11/15.
La présence des généanautes sur les réseaux sociaux :
Bloguez, twittez, partagez votre généalogie ...