2020-11-16

N_Nd des Accoules

 

Le clocher de Notre-Dame des Accoules veille sur la noce célébrée le 20 janvier 1588, à Marseille.



La mariée ne pouvait être que jolie comme l’est son prénom, original mais pas si rare en Provence. Louis Codonel devait être bien fier d’épouser Marquise, la fille du capitaine André Martin et d’honnête Alyone Fournier(e).

1588, ND des Accoules

L’acte de mariage a traversé cinq siècles. Rongé par les vers, il reste difficile à lire, mais l’essentiel est noté ; par chance il n’était pas inscrit en bas de la page de ce registre ! Le curé honore le jeune époux de l'appelation : Ludovicum Codonellum filium quomdan Jacobii et honestam muliere Jaumete

Merci à François Barby qui, rassemblant les familles marseillaises sur son site[1], m’a permis de le trouver.

Ces jeunes mariés sont mes sosas 2328 et 2329.

Ce billet aurait pu être terminé, c’est déjà bien beau de pouvoir connaitre les prénoms de mes ancêtres à la génération XII, mariés aux Accoules à la fin du XVIesiècle.

Mais ce mariage m’a donné l’occasion de connaitre le capitaine André Martin, de voir sa signature et de lire d’autres documents le concernant. J’ai découvert une histoire extraordinaire que je vous raconterai bientôt…

 

Ce billet était prêt depuis longtemps, il me reste quelques vérifications avant de le publier le jour-dit du challengeAZ. Comme cela arrive souvent, il y a des surprises imprévues. Une petite recherche sur l’église des Accoules[2] remet en question un détail important. J’ai illustré avec la photographie du clocher prise lors d’une promenade dans le quartier du Panier, alors que je pensais à mes aïeux qui vivaient là.

La paroisse Notre-Dame des Accoules est fort ancienne, elle existait au XIe siècle. L’église a été démolie en 1794, seul le clocher est resté préservé, il était apprécié car son horloge donnait l’heure aux habitants.  J’ai pensé qu’il avait veillé sur le mariage de mes ancêtres en 1588. 

Je dois corriger cette affirmation, car celui-ci fut construit en 1685. Il y avait auparavant une tour contenant la cloche qui a dû sonner pour annoncer la noce de Louis et de Marquise.

 

Pour rencontrer André Codonel, leur petit-fils, 

Rendez-vous Ancestral dans l’arsenal des galères à Marseille :

https://www.briqueloup.fr/2018/10/dans-larsenal-des-galeres-marseille.html


[1]  https://gw.geneanet.org/fammar

[2] Les rues de Marseille, Augustin Fabre (lire en ligne) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1172334s/f11.item.zoom#

 

2020-11-14

M_Madrague de Montredon


L’oncle Baptistin et la tante Marie habitaient à la Madrague de Montredon. Allons-y ensemble !


Nous prenons le bateau depuis le Vieux-Port de Marseille, jusqu’à la Pointe Rouge, vous pouvez admirer le paysage mouvant qui rythmait le quotidien de Baptistin.

Raconte-nous cet arrière-grand-oncle !

Descendant d’une longue lignée de marins, il a navigué en Méditerranée depuis sa jeunesse, d’abord sur le bateau de son père.

Ah oui, ce terrible capitaine Bruno Bancala

Prénommé « Jean-Baptiste » Bruno, il est son fils aîné, né en 1861, à Marseille, rue Saint-Victor. C'est devant cette rue que nous avons embarqué. (billet en cours d'écriture)

C’était un naviguant ?

Il a servi dans la marine marchande comme son père. Au bout de quelques années, il a préféré s’établir comme patron pêcheur. Il a reçu une médaille d’honneur pour récompenser ses années de service.

On ne s’attend pas à trouver de tels documents !


Pourtant, regardez encore : celui-ci paru dans Le Petit Marseillais le 22 mars 1899. Bancala Jean Baptiste a donné 2 frs pour les victimes de la catastrophe de Toulon[1], suite à l’explosion d’une poudrière dans l’arsenal.



Jean Baptiste apparait un peu plus généreux que la moyenne de ses collègues pêcheurs de Mazargues-Montredon[2]... Il n’avait pas de famille à charge.

N’a-t-il pas eu d’enfant ?

Hélas non, il s’est marié tard, à l’âge de 57 ans avec Marie Esprite Buisson qui avait 59 ans.

Oncle Baptistin et tante Marie


Ce couple était apprécié de leurs neveux. J’ai entendu vanter leur accueil lorsqu’ils venaient en visite chez eux, même leur petit chien attirait la sympathie.



Nous voilà arrivés dans la rue des Arapèdes.

Mais laquelle était leur maison ? Ce pourrait être une de celles-ci, où l’on peut imaginer le couple ayant sorti une chaise pour prendre le frais, devant le coucher du soleil sur la mer.


Le nom de ce quartier évoque la Madrague. Le trisaïeul de Baptistin était raïs de la madrague à Saint-Tropez. J’ai décrit son fonctionnement dans cet article dont je vous conseille la lecture.

https://www.briqueloup.fr/2015/06/r-rais-des-madragues.html


[1] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6479348r.image.r=BANCALA.f12.hl

[2] https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/22-mars-1899/437/1604765/1

2020-11-13

L_Saint-Laurent

Saint-Laurent est la paroisse des pêcheurs. Je me suis laissé dire qu’autrefois, les habitants tournés vers la mer Méditerranée étaient attachés à leur quartier et ne se déplaçaient pas à l’intérieur de la ville de Marseille.

Bococo, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0> Wikimedia Commons


Plusieurs familles de mes ancêtres sont des patrons pêcheurs, ils possédaient une barque qu’ils se transmettaient de père en fils.


Le 12 octobre 1732, dans l’église Saint-Laurent, François Bouis a épousé Élisabeth la fille de Pierre Estienne, patron pêcheur comme lui.

Jean Bouis, le père de François, ainsi que ses frères Louis et Pierre, sont patrons pêcheurs et prud’hommes. On retrouve leurs signatures sur beaucoup de documents.


La corporation des pêcheurs est très ancienne et fort puissante. Leurs chefs, les prud’hommes sont élus parmi les hommes d’expérience, réputés les plus sages de la communauté. Ils jouissent alors de l’autorité morale et de prestige.  Ils représentent les pêcheurs, ils administrent  un territoire de pêche, ils veillent au respect des usages et gèrent les différents et les délits. La prud’homie est une cour de justice locale, omnipotente. [1] C’est une société de secours mutuel qui apporte son aide aux veuves et aux orphelins, aux pêcheurs malades.


La Pêche miraculeuse 

Ce tableau a été peint pour la corporation des pêcheurs, dont saint Pierre était le patron. Mes ancêtres à la génération 10 ont sans doute vu son accrochage dans l’église Saint-Laurent.

La Pêche miraculeuse Barthélemy Chasse (Naples, 1659- Marseille 1720)
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/dossier/tableau-la-peche-miraculeuse/f6207f67-e866-42f8-becf-a5757ef724ba#presentation


A la même génération 10 que Jean Bouis, mon sosa 308, se trouvent d'autres ancêtres dans le même quartier. 

Jean Jouve, mon sosa 634, était lui aussi pêcheur prud’homme. Il vivait à la même époque dans cette paroisse Saint-Laurent où le 11 juin 1724, sa fille Élisabeth Jouve (sosa 317) a épousé un pêcheur, Joseph Martin (sosa 316).

 

Quant à mon aïeul François Bouis, j’ai la tristesse de vous annoncer qu’il est "décédé sur mer, faisant la pêche aux Saintes"Maries de la Mer.


Entrons dans la maison de ses parents 

Jean Bouis et Madeleine Arnoux, en 1738

Rue Figuière




[1] Annie-Hélène Dufour, Pêcheurs et prud’hommes,1988

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01814872/document

 

2020-11-12

K-rue Kléber


Le 27 août 1880, voilà une femme heureuse qui sort du numéro 7 de la rue Kléber, à Marseille

Sa mère, Rose Deleurye, veuve de Toussaint Nicolas, habite à cette adresse avec sept enfants. L’aînée est Marie Nicolas, c’est mon arrière-grand-mère. (Sosa 9)

Marie Nicolas


Elle marche d’un pas léger, pour acheter peut-être du fil à coudre, car elle devrait terminer quelque ouvrage. Je possède des marques qu’elle a brodées sur le linge de Marius, mon grand-père. Sur des draps et des nappes rangées dans ma maison, je lis le monogramme MN ; mais puisque mes deux arrières-grands-mères ont les mêmes initiales, je ne sais lequel fait partie de son trousseau.

Aujourd’hui, elle fête son 37e anniversaire. Toujours pas mariée… une femme avec autant de qualités ? disent les commères qui la voient passer. Remarquez, ajoute une autre, aucun de ses frères et sœurs n’ont encore quitté leur mère pour s’établir en couple.

Marie relève la tête, un sourire illumine son visage, c’est encore trop tôt pour l’annoncer, mais elle a commencé les préparatifs.

Le capitaine Bruno Bancala l’a demandée en mariage, elle a accepté et la date est fixée au 28 janvier prochain, dans cinq mois exactement.

Elle va habiter chez lui au 43 rue Hoche, c’est vraiment tout près. Ils ont pu se croiser souvent dans le quartier du 3e arrondissement à Marseille. Bruno est veuf depuis deux ans. Elle sait qu’elle va bien s’entendre avec Baptistin, un jeune marin de 19 ans. La petite Marie a onze ans, elle a encore besoin d’une présence aimante, lorsque son père part en voyage au long cours.

Elle espère avoir sans tarder des enfants à elle, pour agrandir la famille de Bruno qui est déjà âgé de 55 ans. Il a été triste de perdre ses jumeaux à la naissance. Elle serait fière, si elle pouvait lui donner deux garçons… *

Voici la signature de Marie Augustine Rose Nicolas, le jour de son mariage.

Il est étonnant de la voir nommée soit Marie soit Irma sur les recensements. Marie en 1856, rue Desaix. En 1872 et 1881, rue Kléber. (Irma en 1876, rue Kleber).

Et sur son faire-part de décès, dans Le Petit Marseillais du 21 avril 1917, elle est nommée Irma.

Remarques :

J’ai imaginé cette balade dans la rue Kléber le 27 août. J’ai aimé mettre en scène mon arrière-grand-mère. Ce qui est certain, c’est qu’elle a épousé mon arrière-grand-père le 28 janvier 1881. Le temps des fiançailles ne durait pas longtemps, il est possible que rien n’ait encore été décidé au mois d’août, alors que je prends la liberté de l’annoncer.

* Marie et Bruno auront deux fils : Marius en 1882 et Joseph en 1883.

Les recherches pour rédiger ce billet m’ont appris que Marie se faisait appeler Irma. Je ne m’attendais pas à cela.


J’ai rédigé une lettre que j'aurais aimé recevoir de Marie : 

https://www.briqueloup.fr/2015/06/m-marie.html



2020-11-11

J_Saint-Jérôme

Je vous invite à continuer notre route de ce #ChallengeAZ à Marseille, en allant vers le quartier Saint-Jérôme, voisin de Château-Gombert.

Luc Boyer, le grand-père maternel de Magdeleine Boyer, habitait à Saint-Jérôme. C’est mon sosa 598, génération 10.

Nous avons vu que Magdeleine la fille d’André Boyer et de Jeanne Boyer est née vers 1716, à Château-Gombert.

Nous allons ici nous intéresser à Luc Boyer qui était fournier.



Nombre de mes ancêtres provençaux, de la branche de ma grand-mère sont boulangers ou fourniers. Nous aimons le bon pain !

Luc est le premier fournier que je rencontre à Marseille du côté de mon grand-père. Il est aussi le seul qui porte ce prénom dans toute la forêt de nos ancêtres. C’est mon sosa 598 à la génération 10.

Il est inhumé le 15 janvier 1724 dans l'église Saint-Jérôme. À la différence d’actes semblables dans le même registre, pour ce paroissien, le curé se montre précis : âgé de 65 ans. Il mentionne sa profession, alors que sur aucun des autres décès, elle n'est écrite. Peut-on en déduire que son rôle est important dans le village ?


Il s’est marié le 3 février 1682 à La Major, avec Jeanne Bourre. 

Observons attentivement l’acte, avant d’accuser le célébrant d’écrire n’importe quoi. ;-)

Boyer X Bourre , 1682

La mariée est bien Jeanne Bourre, on connaît son nom par l’acte de mariage de sa fille Jeanne Boyer, trente ans plus tard. 

Comment se fait-il qu’elle soit appelée Bremond, et que soit écrit seulement le prénom de son père, Esprit Bourre ?

Une petite recherche dans la liste des contrats de mariage dressée par l’indispensable François Barby, http://fbarby.lagenealogie.org/releves/cm_canebiere.php

et je trouve celui de ses parents en 1652 : Catherine Allier avec  Esprit Bourre dit Bremond.

Voilà le patronyme que je vais noter dans mon arbre : Jeanne Bourre dit Brémond est la femme du boulanger Luc Boyer.



Voyez comme il faut être prudent dans ce quartier où les patronymes Boyer, Bourre et Bremond tissent des alliances à chaque génération.

Et voilà qu’apparaît ma sosa 2387, elle répond  au joli nom de Contesse Boyer. Elle s’est mariée le 30 novembre 1624.

J’aimerais trouver des implexes …


2020-11-10

I _ If

 Si Marseille m’était contée


Si Marseille m’était contée par mes aïeux

nous irions voir leurs maisons

nous les suivrions dans les rues de la ville, dans leurs quartiers,

dans leurs trajets, dans leurs travaux.

Ils sont berger, boulanger, cannonier, capitaine, cordier, couturière, forgeron, fournier, jardinier, horticulteur, marin, pêcheur … (suivez les liens  à venir!)

Leurs fils et leurs filles ne m'ont pas livré tous leurs secrets !

If

Si j’explore Marseille 

je vais rencontrer des armettos qui peuplent la forêt de Briqueloup 

ce sont nos fantômes sympathiques dont je dois raconter les mérites en ce mois de novembre. 


If 

l’arbre funéraire au fut si noir

Ifs à la longévité légendaire,  quels ancêtres avez-vous connu ? 


Ifs du cimetière Saint-Pierre où j’ai cherché en vain la tombe Nicolas.

Cimetière Saint-Pierre à Marseille


If comme si l'on abordait dans l’île d’If.



If imaginer un château de légendes.

If qui permet tous les rêves, toutes les histoires, tous les récits. 




Dans chacun de mes #ChallengesAZ, j’ose un billet un peu fou, plein de poésie.

Avec des si… je pourrais me rendre dans cette ville d’un coup d’ailes

Et faire fi de la pesanteur du confinement, de la distance et du temps.

2020-11-09

H_rue Hoche


Bruno, mon arrière-grand-père a habité pendant six ans au numéro 43 de la rue Hoche, à Marseille.


C’était un choix judicieux, il appréciait de marcher pendant un quart d’heure, portant son sac de marin pour rejoindre le port, et embarquer direction mer de Chine. Le voyage était depuis peu raccourci de plusieurs semaines par l’ouverture du canal de Suez.

Bruno Bancala était capitaine au long cours. Je l’ai rencontré dans ces billets dont je vous conseille la lecture, ils rendent cet homme plus vivant.

Le canal de Suez

En mer des Caraïbes, lorsqu’il avait 20 ans.

 L'Hôtel de Direction (Place de la Joliette à Marseille)

Au retour de ses longs périples, il s’arrêtait pour les formalités sur les docks, récemment construits. Il rentrait impatient de retrouver sa famille et de leur offrir des cadeaux ramenés de Chine. Élisabeth s’occupait de Baptistin et de Marie. Originaire de Saint-Tropez, comme son mari, elle connaissait la vie des femmes de marin.

Le 4 mai 1878, Élisabeth meurt à cette adresse, elle n’avait que 41 ans. Bruno prenait Baptistin (Madrague de Montredon) bien avant ses 17 ans dans l’équipage de son bateau ; il subissait ce père autoritaire qui lui imposait un apprentissage rigoureux, pas question de s’attendrir sur ce jeune mousse parce que c’est son fils. J’aimerais lui demander à qui il a confié Marie, elle avait neuf ans lorsque sa mère est décédée.


Bruno s’est remarié deux ans plus tard avec Marie Nicolas (sosa 9) qui habitait juste à côté, dans la rue Kleber. Mon arrière-grand-mère a donné deux frères à la petite Marie.

Si vous trouvez des traces de la fille de Bruno, Marie Émilie Bancala qui a épousé le 17 juin 1892 Bruno Orazio, (je n’ai pas vu l’acte) ou de la fille de ce couple,  Marinette née vers 1920, faites-moi signe !


2020-11-07

G_Château-Gombert

Il arrive que les activités de la vie nous emmènent dans un lieu inconnu. Et puis, quelques semaines plus tard, nos ancêtres oubliés qui vivaient là se réveillent pour nous chatouiller les pieds, comme les armettos du souper de la Toussaint, rencontrés dans le billet du 1er novembre ! 

Nous avons découvert ce quartier du 13e arrondissement de Marseille, lorsque mon fils étudiait sur le technopôle de Château-Gombert. Nous ne connaissions guère Marseille ; or, au fil de nos visites, cette ville a su nous séduire. Les circonstances m'ont ainsi donné la chance de me promener sur les pas de mes grands-parents et des générations qui les ont précédés durant plus de cinq siècles et de surcroit, le bonheur de retrouver leurs traces aux archives.

Quelque temps après, quelle ne fut pas ma surprise de pouvoir lui annoncer qu’il possède des ancêtres qui vivaient juste dans cet ancien village, au pied de la chaîne de l’Étoile. Ils devaient l’appeler Mountagno de l’Estello, puisqu’elle indique l’étoile Polaire.


J-A.Constantin, Orage sur Château-Gombert, MBA Marseille, Inv. BA491A


Les habitants devaient parcourir une dizaine de kilomètres pour se rendre à la cathédrale la Major
C’est là qu’en 1734, le 3 août, Lazare Cauvin épouse la jeune Magdeleine Boyer, âgée de dix-huit ans.

mariage Cauvin X Boyer  le 3/8/1734


Leurs deux familles sont de Château-Gombert. Le couple vit dans ce village, où le 12 mars 1747 naît leur fils, Toussaint (sosa 74). Ils y habitent jusqu’en 1760, comme l'indique précisément l'acte de mariage de leur fille Jeanne.

 


Boyer x Boyer

Magdeleine Boyer est la fille d’André Boyer et de Jeanne Boyer. Je n’ai pas encore trouvé d’implexe.

Le métier de son père, André Boyer, reste inédit dans ma généalogie. Son acte de mariage, le 25 avril 1712, m'apprend qu'il est valet

Le château des Gombert qui a laissé son nom au village semble oublié depuis des temps immémoriaux. À la fin du XVIIe siècle, on comptait vingt-cinq bastides dans ce terroir. 

J’aimerais bien savoir dans quelle maison André était employé.


À suivre ...

Le grand-père de Magdeleine Boyer est à Saint-Jérôme

https://www.briqueloup.fr/2020/11/jsaint-jerome.html


Voici un site que je vais continuer à explorer : http://www.gombertois.fr/


2020-11-06

F-Figuiero

A Marseille, dans la rue Figuière, se trouvait un figuier qui lui a donné son nom.

Marseille, quartier Saint-Laurent

C’est ce que nous raconte Magdeleine Arnoux, mon aïeule, à la génération IX. Elle nous guide dans les ruelles bordées d’immeubles s’élevant sur trois étages.

 

Nous voici arrivés en sa maison quartier Saint-Jean, rue de la Figuière à Marseille. Au premier estage de cet appartement, prenant jour sur ladite rue, nous attendent ses fils François (sosa154), Pierre, Louis et Laurent. Ils entourent leur mère qui se pose sur une des six chaises en bois de saule, disposées autour de la table carrée aux pieds tournoyés. Un miroir au cadre noir à filure doré reflète sa silhouette fatiguée.

L’année 1738 a été funeste pour cette famille, elle a emporté leur frère Estienne, âgé de dix-sept ans, le 24 janvier, puis leur père, Jean Bouis (sosa 308), le 2 août.

Tous sont patrons pêcheurs, ils travaillaient avec leur père qui exerçait comme prud’homme.

Madeleine confie, en essuyant une larme : « Nous nous sommes mariés dans la cathédrale La Major, le 8 septembre 1702, c'était un jour de fête, celui la Nativité de Marie. Nous étions bien jeunes, j’avais seize ans et Jean dix-neuf ans. » 

Les mains de Magdeleine caressent le tapis de levant demi usé qui recouvre la table. Remarquant que j’admire les tableaux peints à l’huile accrochés au mur, elle précise au cas où je l’aurais ignoré qu'ils représentent la Madeleine, sa patronne et saint François

Son fils François, mon aïeul, est l’heureux papa d’un petit Barthélémy qui va avoir un an. Il dort dans un berceau bois de noyer avec son matelas de laine, son coussin de plume couvert d’indienne. Elle ouvre le tiroir d’une autre table pour prendre la couverture d’indienne dite de saint-Joseph qu’elle pose sur son petit-fils endormi.

François me montre les corbeilles à mettre le poissonIl me propose de monter au plus haut estage de laditte maison tournant sur le derrière d'icelle, le troizième estage estant arranté à la dame Beuve. Nous y avons trouvé des rez servant à la pêche, savoir quarante this, partie en bon estat et partie mauvais avec ses dépendances. Un autre filet encore, nommé bourgin, avec ses dépendences. Une eissaugue aussi avec ses dépendences, à demy usés. Et plus rien nous n'avons trouvé à descrire dans la présente maison, cy ce n'est que dix huit cordes desparts apellées libans.  

La Pêche miraculeuse 

Mon ancêtre m’explique comment son père et ses frères pratiquent la pêche à l’eissaugue.

Leur grande barque à fond plat tire le filet lesté de plombs, en profondeur les poissons encerclés sont ainsi capturés. L’équipage se compose d’une dizaine d’hommes qui tirent des très longues cordes, appellées libans. Si les pêcheurs sont adroits, et savent manœuvrer, le filet gigantesque n’abîme pas le fond. Les poissons stockés dans la grande poche restent frais. Sardines, maquereaux, anchois sont appréciés sur le marché du port. 

Eissaugue


Magdeleine nous déclare qu'il y a en ce port un batteau apellé Eissaugue avec tous ses agrats. 

Alors, François propose de m’emmener le voir.

Allons dans le quartier Saint Laurent

pour suivre cette famille de patrons pêcheurs



*En italique sont les mots tirés de l’inventaire après décès de Jean Bouis (Grand merci à mon génial cousin Tom !)


Bibliographie et Iconographie

Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches:

https://books.google.fr/books?id=YZgCAAAAYAAJ&dq=cordes+de+p%C3%AAche+liban&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

  • La Pêche miraculeuse Barthélemy Chasse (Naples, 1659- Marseille 1720) 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/dossier/tableau-la-peche-miraculeuse/f6207f67-e866-42f8-becf-a5757ef724ba#presentation

  • Eissaugue  cité par G. Buti in "Les Chemins de la mer" p.440


2020-11-05

E_En la bastide …


Les bastides se trouvent aux portes de la ville, ce sont des maisons de campagne des Marseillais aisés, négociants, bourgeois ou nobles. Ils emploient des jardiniers qui demeurent chez eux et ils sont heureux de profiter des légumes et des fruits qu’ils cultivent sur le domaine.

On pouvait compter plus de 6500 bastides où la vie devait être agréable (en 1773).

Beaucoup de mes ancêtres travaillent comme jardiniers de père en fils, sur plusieurs générations.

Esprit NICOLAS (sosa 288), âgé de 65 ans, le 14 avril 1760 est mort dans la bastide d'un des jardins de Mr Billon, sous-délégué de Mr l'Intendant, enseveli dans l'église du quartier du Canet.


On rencontre d’autres actes de décès similaires.  

Son frère, Louis NICOLAS âgé de 60 ans, le 17 janvier 1765, a été enseveli dans l’église des Petites Crottes ayant été pris à la bastide de la Mazarade.

 

J-M. Marchand, l’allée de la Mazerade aux Petites-Crottes (AD13, 50Fi56) 


Son fils, Guillaume NICOLAS vivait "En la maison de campagne du citoyen Barbarin prise hors la porte Bernard du bois". En 1793, c’est là que naît sa fille Suzanne Marguerite. 

Voilà une adresse étonnante ! En observant attentivement ce plan, on voit la rue Bernard des Bois, elle s’arrête à la porte du même nom et débouche sur des jardins qui s’étendent à l’extérieur de la ville. On peut admirer les arbres si bien plantés.



Dans le quartier du Canetnous avons d'autres branches où se trouvent des familles de jardiniers.  

Voir la double noce Arnaud - Guérin en 1715 https://www.briqueloup.fr/2020/11/c-le-canet.html


Une exposition sur le site des AM de Marseille montre les bastides :

http://archivesexpos.marseille.fr/r/99/a-l-ombre-des-bastides/

 

2020-11-04

D_rue Désirée


En 1841, André Nicolas et Marie Magdeleine Cauvin habitent au n° 1 de la rue Désirée, à Marseille avec Toussaint (sosa 18) et Louis. Voilà le point de départ de l'enquête.

Nous avons cherché cette ruelle au nom séduisant qui s’est laissé désirer, elle n’existe plus actuellement.

Grâce à mon groupe FB, Généalogie en Provence qui s’est mobilisé pour apporter son aide, nous avons réussi à la situer dans le quartier Saint-Lazare.

L’indicateur marseillais de 1864 précise les extrémités de ces voies où vivaient alors mes ancêtres.

Sur le plan du Guide Joanne, Marseille, en 1902, on voit cette rue, mais les noms alentour ont bien changé, seul reste le Boulevard de Paris. Actuellement, l’Autoroute Nord entre dans la ville à cet endroit-là.


Qui habite dans la rue Désirée ?

André NICOLAS (sosa 36] est horticulteur, ses ancêtres sont jardiniers depuis neuf générations.

En 1803, il a 26 ans. Il désire épouser rapidement Marie Magdeleine Cauvin. Marie Magdeleine est l’arrière-petite-fille du couple qui dans le billet précédent se mariait au Canet 

La noce est célébrée le 30 novembre 1803, leur fils Toussaint (sosa 18) va naître le 24 mars 1804. 

Ils habitent au Canet où arrivent encore quatre petits : Marguerite Anne, ensuite Antoine Christophe, puis Marie Marguerite et André Joseph.


Arbre de vie réalisé avec Généatique 2021

Ensuite, la famille va déménager cinq fois, mais toujours dans cette rue Désirée.

Le 3 mai 1812, leur sixième enfant, Catherine Virginie, pousse son premier cri, au numéro 4, rue Désirée.

Le 28 avril 1815, c’est au numéro 2 que Louis vient au monde

En juin 1821, André Toussaint, le dernier né, voit le jour au numéro 24. Hélas ! âgé de onze mois, celui-ci meurt au numéro 30.

Le 26 juillet 1841, André décède dans leur appartement au n° 1. Marie Magdeleine y habite encore en 1851.

1824, Marseille, rue Désirée, plan CartoMundi

Il me semblait que ce billet serait rapidement écrit. Ayant noté l’adresse : Désirée n° 1, cela me plaisait bien de pouvoir la situer au sud sur le plan ci-dessus. Ensuite, j’ai voulu confirmer la période pendant laquelle André et Marie Magdeleine y ont vécu. N’ayant pas accès au recensement, j’ai vérifié la date de naissance de leurs enfants. À l’aide des tables décennales, j’ai eu la surprise d’en ajouter cinq dans leur famille (je connaissais seulement deux frères de mon aïeul) qui m’ont permis de suivre leur parcours.

C’est étonnant de constater que cette famille a déménagé autant de fois dans la même rue au nom plaisant.