2019-11-02

B_Blog


Voilà une excellente idée pour présenter sa généalogie de façon attractive : 
tenir un blog


Je suis sûre que c’est un  projet magique qui peut produire plusieurs effets : 
intéressant pour vos lecteurs, passionnant pour le blogueur et enrichissant pour votre généalogie.

Selon l'inspiration, vous pouvez écrire un billet court (en 100 mots) ou une longue série.

Personne n’est obligé de vous écouter, ou plutôt de lire vos articles. Le lecteur va choisir le moment où il est disponible, il va savourer, zapper, survoler, ou apprécier et s’attarder pour suivre les liens. Il va admirer les photos qu’il peut même capturer et utiliser pour enrichir ses albums, s'il est de la famille. D'ailleurs, parmi les bonnes surprises ✨: mon blog a permis de prendre contact avec des descendants de nos lointains ancêtres et d'avoir des rencontres géniales avec des cousins qui se reconnaîtront ici. 👪
Les commentaires  sont bienvenus, on peut apporter des réponses, et même découvrir de nouveaux amis. (Merci aux lecteurs fidèles qui commentent régulièrement mes billets, vos encouragements sont précieux !)

Écrire un billet de blog, nécessite d’être bien documenté et de s’appuyer sur des sources fiables, qu’il est préférable de citer. Il n’est pas rare que ce travail préparatoire débouche sur de nouvelles pistes à explorer, des découvertes qui boostent nos recherches. Il faut alors recadrer le récit pour qu’il reste cohérent. Ensuite, lire, relire, développer certains points, sans oublier de couper les hors sujets.
La partie la plus importante me semble être celle de la rédaction à laquelle j’accorde beaucoup de soin. Je constate que les tout premiers articles n’étaient pas aussi aboutis que les textes actuels. Plus on écrit, plus la plume glisse facilement.

Je vous incite donc à créer un blog, si vous ne l’avez déjà fait. C’est le sujet de l’atelier que je présente aux Archives de Lyon, ce mois-ci, à l’occasion de la semaine de la généalogie.

Bloguez, Twittez, partagez votre généalogie


Je suis fière d’avoir pu décider plusieurs généablogueuses à publier leur blog. Bravo Fanny-Nésida, Christiane et Stessy  auxquelles s'ajoute ce mois-ci : Marie-Laure !

La communauté des généablogueurs est particulièrement dynamique. J’apprécie de communiquer avec vous tous. Tous vos blogs me stimulent et j’en conseille la fréquentation.

2019-11-01

A_de A à Z


26 façons de présenter sa généalogie, sans ennuyer.




Il y a 1001 manières de produire de la généalogie, vous le savez tous.


Nous les expérimentons, nous les partageons, et je vous les ai empruntées plus souvent qu’à mon tour. Chers amis généablogueurs, vous allez certainement reconnaître les idées que vous avez montrées dans vos blogs que j’apprécie. Je vous remercie de permettre à mes ancêtres de se glisser dans ces présentations.

Tout au long de ce ChallengeAZ, 
les 26 lettres de A à Z 
vont mettre en scène 26 façons de présenter sa généalogie sans ennuyer.

Sans ennuyer, bien sûr, car qu’y a-t-il de plus assommant qu’un chercheur qui parle de ses ancêtres. Nous en avons rencontré, et nous savons combien il est difficile de nous arrêter nous-mêmes, lorsque nous commençons à raconter notre passion. Même, si j’ai conscience que ces histoires sont dignes d'être consignées, il importe de les vêtir de costumes originaux pour que les héros évoluent dans un petit théâtre que l'on a du plaisir à fréquenter.

Voilà, je sens que je ne vais pas m’ennuyer à dérouler ce challenge de A à Z.


2019-10-13

Jeter les vieux papiers


Si je ne l’avais pas jeté, comme vous auriez été contents de trouver ce vieux diplôme, froissé, déchiré, roulé au fond de la malle où je range les archives de mes parents.


Je vous entends d’ici, oh ! vous mes chers descendants, présents et futurs :
« Mamie a donc suivi une formation de dactylographe ! Nous ne le savions pas, elle ne s'est jamais vantée de cette récompense :
"dactylographie très correctement à la vitesse de 12 mots à la minute."
 Attends, c’est un diplôme de débutante. Regarde les autres qu'elle a reçus lorsqu’elle était plus avancée, elle a progressé : 26 mots/minute. »


Observons ce document, à l’en-tête de l’Académie Dactylographique de France. L’illustration, très riche, met en valeur la parité, déjà. Sous les lauriers, une femme élégante tape sur une machine à écrire; lui fait face un jeune homme à l’air benêt d’un futur rond-de-cuir. La devise, inscrite dans le logo, "Vite mais bien" fait écho aux moyens de transport le train et le navire, à vapeur. Les dessins superbes montrent une allégorie du progrès. L’homme, coiffé d’un casque gaulois, tient une corne d’abondance.

Cliquer pour agrandir

Je l’ai jetée dans la poubelle à papier, cette archive grinçante qui ne témoigne pas d’une réalité heureuse pour ma mère.

« Alors, pourrais-tu nous raconter les raisons pour lesquelles cela ne vaut pas la peine de le conserver ? »  demande ma fille.

Il ne faudrait pas que vous vous mépreniez sur la valeur de ce papier. Vos enfants, s'ils s'intéressent à ces archives, pourraient facilement imaginer que votre grand-mère apparaissait comme une secrétaire tranquille et heureuse, telles les jeunes femmes déjà démodées sur le dessin. En fait, ce scénario souffrirait d'une erreur de casting. 


Mamie Marie était habile de ses doigts, c’est pourquoi ses cahiers de couture je les conserve précieusement. Elle aurait pu enseigner les travaux de confection de vêtements. En revanche, elle détestait écrire, rédiger. Le début de sa scolarisation avait été raté et elle souffrait de ce handicap. Et voilà qu’elle est orientée sur une formation de dactylo qui l’a conduite à exercer un emploi dans l’administration, pour lequel elle n’avait aucun goût. Heureusement, de belles amitiés se sont liées dans ces bureaux.
Ce diplôme a été roulé et longtemps oublié au fond d’une malle, dans le grenier parmi des vieilles choses que j’ai entrepris de ranger. 
***

Allez, je vous rassure sur le sort de ce papier qui n'a pas disparu complètement puisque ma fille m’a suggéré d’écrire ce billet, pour justifier la mise au rebut de ce document.
En effet, pour conserver les archives, il est nécessaire d'avoir l'espace d'une grande maison, sinon nous devons réduire le volume des souvenirs. 

2019-09-05

À Bargemon


A mi-pente, Bargemon s’accroche sur l’adret d’une colline varoise et regarde au loin vers la Méditerranée.

Là-haut, le plateau de Canjuers s’élève jusqu’à 1000 m, au col du Bel Homme. L'on imagine, par temps clair, voir la mer où iront naviguer les descendants de Nicolas et Jehannette. (sosas 558 et 559)

Nos aïeux ont construit des terrasses avec les pierres du terrain, pour retenir leurs vergers d’oliviers et d’amandiers.
Les sources jaillissent en résurgence des calcaires. Sept fontaines, appréciées pour l’exceptionnelle pureté de leur eau, désaltèrent le bourg.



Les maisons se serrent à l’abri des remparts. Adossée à l’extérieur des barris, l’église du XVe siècle accueille les cérémonies qui rythmèrent  la vie mes ancêtres.

En mars 1659, fut célébré le mariage de Nicolas Raynaud et Jehannette Giranne.
Trois ans plus tard, le clocher s’écroula pendant la messe, il a été reconstruit en 1652.

Attention aux transcriptions :
Les registres de l’état civil ne sont pas en ligne à cette date, on déplore des lacunes. Cependant, les associations ont relevé des listes de patronymes. Une lecture attentive m’incite à rectifier le nom de la jeune fille que les répertoires nomment Giraud(e), mais qui s’avère être Giran(ne). Les noms portent la marque du féminin en Provence. Merci à l'association des Aïeux Varois de partager leurs relevés de qualité. Et de me donner les cotes du contrat de mariage que je suis allée photographier à Draguignan, aux AD 83. 



Mariage entre Nicollas Rainaud fils de Sperit et de Jehannette Bouyonne
&
Jehannette Giranne filhe de Jehan et de Marguerite Troine


Nicolas (dit Marin, pourquoi ce surnom ?) meurt à l’âge de 45 ans, en 1663.
Jeannette meurt à 55 ans, treize jours après son père, et un mois après son fils, en 1670. Ils pourraient bien être victimes d’une épidémie. 
Leur fille, mon aïeule porte sans surprise le prénom familial de Jeanne. Jeanne Rainaud(e), (sosa 279) s’est mariée en 1681 à Fréjus, avec Louys Daumas. (Elle est la grand mère d'Ursule Talon).

Le père de Nicolas s’appelle Spérit.  Esprit, ce joli prénom provençal apparaît quatre fois parmi mes ancêtres. 
Le père de Jeanne Giran(ne), Jehan Giran est bastier, il fabrique et vend des bâts.

Lisez-vous comme moi, sur ce même contrat de mariage, le patronyme de la mère de Nicolas : Jehannette Bouyonne ? ou Baujouine (comme publié sur Généanet) ? 

Il apparaît plutôt sous la forme Boisson(ne), ou Bouisson(ne) chez les habitants de Bargemon.
Je vais noter les variantes et poursuivre mes recherches pour vérifier les noms exacts.



 Il me plait bien, cet homme, rencontré dans l'église de Bargemon !

Ses descendants sont des marins à Saint-Tropez, vous pouvez lire leurs aventures ici :

2019-08-30

À Vergons

Pourquoi les filles de Vergons vont-elles s’établir sur la côte ?

C’est la question que j’ai posée à un Vergonais, celui-ci m’a raconté qu'en effet les filles du village préféraient, comme sa mère, se marier sur la côte d'Azur plutôt que d’épouser un compagnon de leurs jeux d’enfants. Il n’allait pas jusqu’à affirmer que cela répondait à l’histoire de mon ancêtre. Mais la coïncidence me plait !  


Vergons est un bourg dans les Alpes de Haute Provence, près du col de Toutes Aures; à l’altitude de 1000 m, les pâturages sont verts, fleuris et agréables aux abeilles et aux moutons.
A la fin du XVIIe siècle, dépendant de la viguerie de Castellane, le village comptait soixante feux.
Une branche de mes ancêtres vivait là à cette époque.
Marguerite Paule est la fille de Jacques Paul et de Jeanne Mouresse
Dans le sud, les patronymes s’écrivent au féminin. A Vergons, il y a encore des familles Paul et  Mourre…

La petite Marguerite est née le 12 février 1688.
J’ai trouvé, pour l’heure, quatre enfants dans les registres (AD 04).
Jean PAUL né le 19/12/1681 –
Catherine ou Catarine PAULE née le 12/12/1684 –
Honoré PAUL né le 9/09/1690.

Marguerite a six ans lorsque sa mère meurt le 4/12/1694. Je ne sais pas si l’on fêtait les anniversaire des aînés Jean (le 19) et Catherine (le 12), mais ce mois de décembre a dû être bien triste. Qui a élevé les jeunes enfants ?

En 1717, Marguerite s'installe à Saint-Tropez, le 1er février, elle épouse Jean Baptiste Marquet, il est veuf à 37 ans, avec un petit Joseph âgé de sept ans.
Marguerite, la nouvelle épousée a 28 ans, mais le curé écrit qu’elle en a 25. Ce qui va me donner l'occasion, pour vérifier cela, de tourner les pages des registres BMS de Vergons et ainsi d'étoffer les arbres.

Trois enfants vont naître dans le couple Marquet à Saint-Tropez (source AD83) :
  •  Jean Baptiste qui porte le nom de son père est un bébé chétif, ondoyé en urgence.
« l'an mil sept cent dix sept et le dix du mois de novembre à deux heures après-midi dans l'église paroissiale de Saint-Torpez a été suplée les cérémonies du baptême par moi prêtre soussigné à Jean Baptiste Marquet fils de Jean Baptiste travailleur et de Marguerite Paule du lieu de Vergons mariés né le neuvième du courant à deux heures du matin le parrain a été Jean Baptiste Rebufel de Séranon et la marraine Élisabeth Dalere qui n'ont scu signer v+  baptisé à la maison à cause qu'il s'est trouvé en danger de mort par Élisabeth sage-femme " 
 Ce premier-né meurt à l’âge de 8 semaines.
« l'an mil sept cent dix huit et le neuf du mois de janvier a été enterré dans le cimetière de cette paroisse Jean Baptiste Marquez fils de Jean Baptiste Marquez matelot et de Marguerite Paule baptisé dans cette église le dix du mois de novembre dernier le père et les parents ont assisté à l'enterrement avec les prêtres de la paroisse… »
  • Un an plus tard, arrive Marguerite Rose qui porte le prénom de sa mère, elle vivra 68 ans.
  • Mon aïeul, Jean Joseph naît en 1721, il meurt en 1795, à l'âge respectable de 74 ans. C'est un matelot , comme son père. 

Au bout de six années de vie commune, Marguerite PAULE décède à l’âge de 35 ans, elle est inhumée le 8 du mois de mai 1723, "décédée hier de maladie".

La clue de Vergon

Nous sommes allés découvrir Vergons.
Le village actuel est moins ancien que celui habité par mes ancêtres, j'aurais aimé voir les pierres de leurs maisons...

La chapelle romane Notre-Dame-de-Valvert,  entourée du cimetière, a été construite au  XIIe siècle. Nos ancêtres seraient-ils là ? 


Il sera intéressant de déchiffrer encore les pages des registres BMS de Vergons, (malgré les lacunes) pour comprendre la famille. Déjà, quelques indices sont à explorer du côté des parrains et marraines.


2019-08-24

Séranon et Valderoure

Séranon est le berceau de la famille Rebuffel.
C'est le patronyme le plus répandu entre Séranon, Caille et Vaderoure (06).

Mon sosa 142, "Jean" Baptiste Rebufel (Rebuffel) est né à Séranon, il s’est marié à Saint-Tropez le 5 octobre 1722.
Son contrat de mariage nous apprend qu’il est le fils de Philip Rebuffel et de feue Jeanne David. Le notaire et le curé ont inscrit Davite au féminin, le notaire écrivant qu’il est né à Séranon, le curé qu’il est originaire de la paroisse de La Val de Roure.
On ne peut consulter l’état civil de Séranon qu’à partir de 1692 et les homonymes ne me permettent pas d’établir leur arbre ascendant.
Voilà quelques imprécisions qui ne m’avaient pas embarrassée au début de mes recherches, trop heureuse d'avoir situé Séranon sur la route Napoléon, entre Grasse et Castellane, où j’étais passée peu de temps avant de découvrir ces ancêtres.  

En juillet 2015, j’ai voulu visiter Séranon, ce qui m'a apporte beaucoup d'éléments géographiques, de ressenti pour comprendre cette famille, mais aussi plusieurs questions sur leur lieu de vie.


Séranon est un village des Alpes-Maritimes à 1100 m d’altitude. Il se niche
aux confins du Var et des Alpes-de-Haute-Provence.

Dans ce toponyme : serre montagne en occitan. C'est un éperon rocheux calcaire, où s’accrochent le « vieux Séranon » et le château médiéval, mentionné en 1252.


Au Moyen-Age, la route entre Grasse et Castellane était un lieu de passage important, les voyageurs devaient s’arrêter à Séranon, pour acquitter un péage, lorsqu’ils se rendaient aux foires.

Il ne subsiste qu’une partie de la chapelle de Gratemoine (XIe siècle), possession de l’Abbaye de Lérins.



Grimpons ensemble sur le chemin qui menait au château. Il ne reste que des ruines. Le vieux village proche du château a été déserté par les habitants qui se sont installés dans les vallées, entre 1748 et 1774.

Le col de Séranon à 1300 m est le passage entre les deux vallées.
Valderoure : "la vallée des chênes", était à l’époque de mes ancêtres un hameau de Séranon ; c’est devenu une commune indépendante en 1790. 

En rédigeant cet article, je viens de trouver un frère de Jean, grâce à un arbre mis en ligne avec Geneanet. Pierre Rebuffel s’est marié, en 1708, à Valderoure où sont nés ses enfants. Sa descendance s’est établie à Saint-Tropez.
Quelle belle surprise de pouvoir correspondre avec les descendants de nos ancêtres, deux siècles plus tard ! Voilà comment partir en voyage ou écrire un blog contribuent à agrandir les expériences généalogiques.

En août 2019,

Nous avons eu envie de retourner à Séranon pour que mes enfants apprécient ce lieu superbe. 
Une crête rocheuse sépare les deux vallées qui ont abrité nos ancêtres jusqu’au début du XVIIIe siècle. La lumière est provençale, cependant la fraîcheur de l’air alpin est appréciable après la traversée du plateau de Canjuers. Lorsque nous arrivons à Séranon, le vent s’est levé, il amène d’inquiétants nuages gris acier, de plus en plus noirs, ils ont remonté au galop les gorges du Verdon et débouchent avec fracas sur le village.

L’aubergiste qui nous accueille avec le sourire, explique que tous les jours un orage éclate, un déluge lave le ciel et tout redevient calme. Un jeune homme, chasseur d’orages, confirme que Séranon est habitué à recevoir cette pluie qui verdit les prés. Caille qui est aussi un hameau de nos ancêtres a la particularité d’avoir des nuits très fraîches, il n’est pas rare de relever 6° au mois d’août.
Philip Rebufel (sosa 284) et Jeanne David (sosa 285) se sont mariés à Caille. Je ne pourrai en savoir davantage sur leur famille. Mais aujourd'hui, je connais un peu mieux leur  belle région. 

Leur fils, Jean Baptiste Rebufel, travaillait la terre dans la montagne. Le dépaysement a dû être important lorsqu’il est devenu laboureur, à Saint-Tropez, vers 1722. 

Bibliographie
R.J.Aubenas, Les vallées de Séranon et de Valderoure des origines à 1815, Ed. Mémoires et travaux de l’Association Méditerranéenne d’Histoire et d’Ethnologie, 1976

2019-08-15

Dix ans pour écrire 100 mots


Le billet précédent, si bref, a nécessité quelques heures d’écriture, mais il résume plus d’une dizaine d’années d'exploration. Chaque fait relaté n’a pu être découvert que lorsque j’étais capable de le lire.

J’ai longtemps bloqué, avant de trouver la famille Simon, installée à Saint-Tropez en 1733. Je ne savais où localiser ce patronyme, tellement banal qu’il se retrouve dans quatre branches de ma généalogie. Une variante orthographique inattendue ajouta une embûche supplémentaire : l’aïeul de François Simon est marqué Pierre Samoun, à Fréjus.

C’est en feuilletant attentivement toutes les pages de ces énormes registres de l’inscription maritime, conservés aux archives de la marine à Toulon, que j’ai compris la raison de ces difficultés. 


Au SHD de Toulon, le registre 4P 56 n’est pas consultable, car il est trop abîmé ; il m’aurait renseigné sur les voyages effectués entre 1748 et 1763.  Dommage !
Lorsque je commande la cote 4P 57, je ne sais pas exactement quels marins sont répertoriés, j’espère y trouver François Simon (et d’autres).


C’est avec tristesse, mais avec grand intérêt que je découvre que mon aïeul est décédé à Constantinople, en 1765. 
La plupart des actes concernant mes ancêtres indiquent qu’ils sont morts chez eux à Saint-Tropez. Voilà qui paraît étonnant et rassurant pour des marins. Jusque là, pas de noyade, pas de naufrage, pas de maladie en terre étrangère, malgré leurs périples en mer. Alors, je ne m’attendais pas à cette surprise qui confirme leurs voyages lointains vers les échelles du Levant. 


La naissance de Bruno Simon, le fils de François

AD 83, Saint-Tropez, BMS, 1762

Après l'avoir longtemps cherchée, je l’ai enfin trouvée, il y a quelques jours en rédigeant le billet précédent. Avec l’âge approximatif donné par différentes sources, (27 ans en 1792 ; 70 ans en 1836 au recensement de 1836 ; 79 ans à son décès en 1840) comment ne pas se perdre dans les registres entre 1766 et 1761 !
De plus, l’acte apparaît presque illisible et s'est dérobé à mes premières lectures.

Par déduction, en retraçant la ligne de vie de ses parents, j’ai pu supposer qu’il était né en 1761/62, l’année suivant leur mariage. Dans notre arbre, les enfants naissent dans l’ordre préféré par la société d’alors, ils ne sont pas conçus hors mariage, ce qui jusqu’à présent facilite les recherches. 
Cependant, la naissance de sa sœur Marie Anne Ursule vient poser un problème inattendu que j’essaie d’éclaircir …

2019-08-08

Un marin, de Saint-Tropez à Constantinople


Raconter en 100 mots, la vie d’un ancêtre.

François Simon

La vie de mon aïeul fut si brève. Âgé de 34 ans, il mourut à Constantinople, le 14 novembre 1767. Il avait embarqué le 20 juillet 1765, pour sa deuxième Caravane au Levant.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69495348/f1.

En six années de mariage, il n’a guère vécu près de sa femme, Ursule Talon.
Avant de partir, il a eu le temps de concevoir Marie, sa fille qu’il n’a jamais vue. Son petit Bruno (sosa 34) avait trois ans.

Registre 4P57
Son septième voyage en mer fut le dernier.
Un destin tragique comme celui de son père, de son frère : des marins décédés loin de chez eux. 

Marins en Méditerranée est le thème des 26 billets écrit pour un  ChallengeAZ. La famille de Bruno navigue là :

Le billet suivant : Dix ans pour écrire 100 mots est une réponse au commentaire ci-dessous qui estime que puisque François Simon est mort à l'âge de 34 ans, il ne fallait pas plus de 100 mots pour raconter son parcours  !  😏

2019-08-01

Une vie exceptionnellement remplie


Thomas Blanchet en 100 mots et une timeline.


La vie de Thomas Blanchet (Paris 1614-Lyon 1689) dura 75 ans.


Apprenti chez Simon Vouet, il effectua le voyage des artistes jusqu’à Rome. Ses amis l’appelaient Tomaso lorsqu’il séjournait en Italie. 
Appelé pour décorer l’Hôtel de Ville de Lyon, il réalisa plusieurs chefs-d’œuvre. Quel fut son désespoir en constatant que l’incendie avait tout brûlé ! L’escalier des Dames de Saint-Pierre témoigne encore de l’originalité de ce maître du Baroque.

 à voir sur https://time.graphics/fr/line/247461










Artiste célèbre, érudit, peintre, décorateur, sculpteur, architecte,
il fut bienveillant et apprécié de tous ceux dont il honorait les commandes.
L’oncle de Marie a veillé sur elle et sur sa famille.

2019-07-27

Marie auprès de son vieil oncle


Au mois de juin 1689, Marie Blanchet (sosa 913) s'inquiète pour son oncle Thomas Blanchet. Le vieil homme perd ses forces, elle le voit diminuer. À maintes reprises, il lui a confié qu’il sentait sa fin proche. Quittant la chambre du malade, elle rejoint dans leur appartement voisin Louise Balley, sa mère (sosa 1827).

Hôtel de Ville de Lyon

Celle-ci déclare qu’elle a vu passer dans la cour de l’Hôtel de Ville de Lyon, à deux reprises, le 15 et le 16 mai 1689, le notaire Perrichon qui entrait au domicile de son beau-frère. Elle pense qu’il a confié ses dernières volontés. Cet acte remplacerait son premier testament. Louise suppose que sa fille est l’héritière universelle de Thomas Blanchet.


En effet, le testateur « a fait, institué et nommé de sa bouche son heritiere universelle et de plain droit assavoir Marie Blanchet sa bien chere niece et fille de deffunct sieur Louis Blanchet son frere, à laquelle il remet tous ses biens et droits presents et advenir incontinans apres son decedz. »

Marie paraît trop jeune pour gérer cette énorme succession, même si son oncle a tout prévu. Dans le codicille ajouté le 16 mai, il a pensé à donner précisément à chacun les sommes désignées sans que l’on puisse réclamer davantage à sa nièce, sous peine de ne rien recevoir. Marie n’a que seize ans, le mari de sa mère assurera la tutelle. Paul Bertaud est voyer de la ville de Lyon. Il est proche de Thomas qui lui fait confiance, il saura assister Marie et remplacer Thomas qui était le tuteur de sa nièce.

porte de l'église Saint-Pierre, Lyon 1er
« Je vais chez l’apothicaire, j’aimerais rapporter quelques potions pour soulager le malade » annonce Marie.
En passant devant l’église Saint-Pierre, elle pousse la porte, elle entre, et remonte lentement l’abside, en admirant successivement les cinq tableaux imaginés par son oncle, ils représentent la vie de saint Pierre. Elle s’agenouille pour prier en face du maître-autel en marbres polychromes, éblouie par l’œuvre exceptionnelle que Thomas Blanchet réalisa en 1678 : le tabernacle en bronze doré cantonné de putti d’argent.
L’abbesse Antoinette d’Albert d’Ailly de Chaulnes s’approche de Marie, « Ma chère enfant, je me joins à vos prières. Comment va notre artiste ? »
Marie avoue son inquiétude.

Elles traversent ensemble l’escalier d’honneur, Antoinette se montre très satisfaite de cette réalisation de Thomas. Une porte donne sur le cloître du monastère où les Bénédictines déambulent en méditant.

Marie est touchée par la bienveillance de l’abbesse, chez qui elle découvre une véritable amitié pour Thomas. Elle lui confie :
« Étant le frère de mon père qui est mort lorsque j’étais dans ma troisième année, il s’est beaucoup occupé de ses neveux. Mon oncle m’a souvent raconté que leur famille vivait à Paris, au début du siècle. Il se souvient de leur apprentissage dans l’atelier de fameux artistes parisiens : Jacques Sarrazin, Simon Vouet. Louis, mon père a suivi la voie tracée par son aîné, comme lui, mais moins prestigieux, il devenu peintre officiel de la ville de Lyon.  Les deux frères ont travaillé ensemble sur de grands chantiers. Je suis fière de mon oncle qui est une personnalité honorée par les consuls et l'entourage du gouverneur de Lyon."
Antoinette ajoute que sa famille considère que les chefs-d'œuvre, conçus par l’artiste dans l’abbaye Saint-Pierre, augmentent leur prestige tout en célébrant la gloire de Dieu.
« Ce vieillard a atteint 75 ans et il a réalisé tant d’œuvres admirables. Ces dernières années encore, il a peint des décors et des plafonds sur des chantiers importants. Il y a trois ans, il a organisé les funérailles de Nicolas de Villeroy et dessiné son monument funéraire dans l’église des Carmélites. »

Tombeau de Nicolas de Villeroy
« Dire qu’on le jugeait trop faible de corps et de membres lorsqu’il était jeune apprenti ! Pourtant, quelle vitalité il a montrée au cours de sa longue vie » s’exclame Marie. « Il a voyagé depuis Paris jusqu'en Italie, il a fait des allées et venues entre Lyon et Paris. »

« Dieu fasse que sa santé se rétablisse et qu’il puisse rester parmi nous ! Je demanderai aux nonnes de prier pour lui. »
« Allez de ma part, ma chère enfant, rendre visite à la sœur apothicaire qui vous fournira des remèdes. »

...

Ce récit est totalement fictif. Je m’appuie sur le testament de Th. Blanchet pour imaginer l’attachement de Marie à son oncle, comme je l’avais fait dans cet épisode où elle apparaît, petite fille habitant dans l'Hôtel de Ville de Lyon.

Voici les billets qui mettent en scène Thomas Blanchet :

9- Des rendez-vous dans l'escalier des Dames de Saint-Pierre
puis Marie Blanchet, et ensuite sa fille :                                           
Carmélites

2019-07-06

Des rendez-vous dans l'escalier des Dames de Saint-Pierre


Thomas Blanchet presse le pas, son rendez-vous est tout près. Il n’a qu’à traverser la place des Terreaux pour entrer dans le palais Saint-Pierre. Il aime ces moments de travail avec Antoinette de Chaulnes.
La jeune abbesse succède à sa sœur, Anne d’Albert d’Ailly de Chaulnes, depuis 1672. C'est son aînée qui avait commandé la construction de l’abbaye des Dames de Saint-Pierre. Ce chantier a débuté le 18 mars 1659. 

L’Hôtel de Ville de Lyon et le Palais Saint-Pierre à droite

En attendant que la porte du cloître s’ouvre, Thomas lève les yeux pour admirer l’édifice, il « se promit d’ajouter encore à tout ce qu’avait fait d’excellent La Valfenière », de l’avis de tous, l’architecte a réussi un chef d’œuvre.
Thomas qui a réalisé les décors de l’Hôtel de Ville a acquis une bonne renommée. Peintre du roi et de messieurs les échevins et prévôts de la ville de Lyon, il reçoit de nombreuses commandes.
Nous avons rencontré Thomas Blanchet dans un autre escalier, celui de l’Hôtel de Ville, il était alors au bord des larmes, car son chef d’œuvre était détruit par l’incendie.
Depuis 1679, il supervise le chantier de l’abbaye royale des Bénédictines. Stimulé par ces nouveaux projets, il apparaît bien plus guilleret.

Antoinette l’a chargé de concevoir et de réaliser la décoration de l’aile sud : en maître d’œuvre, il dirige les travaux d’aménagement de l’église et du grand escalier monumental « ainsy que Madame le veut ». Il supervise les sculpteurs, les tailleurs de pierre, les peintres, les orfèvres, les menuisiers...

Souvenez-vous : dans sa jeunesse, apprenti chez Sarrazin, il aurait aimé être sculpteur. De plus, il a aussi montré des talents d’architecte. A présent, l’escalier monumental des Dames de Saint-Pierre est achevé. Il importe de se mettre d’accord sur le choix des figures, celles qui vont compléter la décoration qui est déjà du meilleur effet dans cet escalier d’apparat. Le peintre apporte des dessins préparatoires, il veut en discuter avec l’abbesse.

Voici Antoinette, « illustre et puissante dame ». C’est une noble religieuse, mais aussi une femme éprise de gloire, elle est âgée de quarante-neuf ans en 1682. Thomas a soixante-huit ans. Je suppose que le charme opère réciproquement.


Majestueuse, dans l’écrin de la cage d’escalier d'honneur, Antoinette descend les marches très longues et fortes douces, sa main glisse sur la rampe soutenue par les balustres en marbre noir. Elle est satisfaite, à juste titre, de ce qui passe déjà pour le plus bel escalier du royaume.


Dans chacun des quatre coins de la voûte, sur les pendentifs du plafond, les Renommées ailées soufflent dans leur trompette la gloire de l’abbesse.


Les huit Béatitudes, allongées sur les frontons, leur répondent en vantant les vertus de l’abbesse. La supérieure du monastère sourit à l’artiste, elle le félicite pour ce magnifique décor en stuc blanc.


Thomas est impatient de lui montrer les projets pour les Vestales, il explique qu’elles portent un flambeau pour éclairer l’escalier d’apparat. La religieuse demande si ce n’est pas une figure trop païenne. Thomas, féru de mythologie, depuis son séjour à Rome, explique que ces prêtresses vouées à la chasteté sont chargées d’entretenir le feu sacré. Ces symboles plaisent à Antoinette qui tient à sa réputation.


Il s’agite en ouvrant fébrilement un autre carton de dessin, serait-ce une surprise, ou une commande particulière ?  Il détaille ce projet qui surmontera de la porte de la chapelle : Au-dessus des deux putti qui jouent, nous pourrions placer une couronne de palmes.
Et au centre ?  demande Antoinette 
Ce sera votre portrait, très-haute et très-puissante dame. J’imagine un buste en marbre de Carrare.

Putti med oval ram,  Stockholm Nationalmuseum 

De nos jours, les visiteurs du musée des Beaux-Arts de Lyon peuvent admirer cet escalier monumental. La moitié des dix-sept sculptures, dessinées par Thomas Blanchet, ont disparu et certaines ouvertures ont été fermées.
La lumière a changé, mais on peut encore imaginer que Thomas et Antoinette montent les degrés en causant de cette magnifique réalisation, parmi les meilleures œuvres d’architecture de leur époque.
Certains dessins de Thomas Blanchet sont conservés à Stockholm au Nationalmuseum.

Bibliographie
Le Palais des arts. Ancienne abbaye royale des dames de Saint-Pierre. Sa construction, son histoire par Marcel Hervier, Impr. Audin, 1922 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65737725/f23.image
Charvet, Léon , Réunion des sociétés savantes, section des beaux-arts, 1893, page 100
Galactéros Lucie, Thomas Blanchet, Ed Arthena, 1991
Patrice Béghain, Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, ed. Stéphane Bachès, 2009, page 1183


Voici les billets qui mettent en scène Thomas Blanchet :
8-  Épouser deux fois la même femme
9- Des rendez-vous dans l'escalier des Dames de Saint-Pierre
10- Marie auprès de son vieil oncle

Voir aussi l'article Wikipédia  que je viens de créer :
Escalier d'honneur des Dames de Saint-Pierre