2015-06-13

L _ au Levant en Caravane


En Caravane maritime vers les Échelles du Levant


Carte portulan Méditerranée. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèques de Marseille

Naviguer au Levant en Caravane, voilà la spécialité des marins tropéziens à bord de leurs navires de commerce. 

La Caravane maritime 

C’est partir en cabotage lointain, à la cueillette de port en port, jusqu’aux Échelles du Levant. Les capitaines se mettent au service de l’Empire ottoman durant deux ans, la troisième année étant au service du roi. Leurs compétences, l’expérience de l’équipage et leurs bateaux fiables : tartanes, goélettes, polacres, pinques… permettent d’évoluer en Méditerranée au gré des contrats de nolis. Les marchands voyagent à l’aventure, transportant les cargaisons selon les opportunités proposées par les affréteurs ottomans. On comprend leur inquiétude d’être ralentis par les aléas de la traversée : tempêtes, épidémies et pirates; alors, le voyage pouvait virer au cauchemar. Les marins se racontaient sans doute l’Odyssée d’Ulysse et chantaient pour se donner du courage.

Au cours du XVIIIe siècle, les Tropéziens organisèrent près de 900 caravanes ; autant dire qu’ils ont vécu sur les flots, mes ancêtres qui travaillaient pour la plupart comme matelots, mousses et capitaines.


Les échelles
Leurs escales sur les rivages lointains constituaient des pauses appréciables pour se requinquer, mais certains sont restés pour l’éternité dans ces ports aux noms exotiques.
 
Les échelles du Levant : 
Smyrne, Alexandrie, Istanbul, Salonique, Patras, La Canée, Damiette, Larnaca …
Les échelles de Barbarie : 
Alger, Tunis, Tripoli de Libye... 


J’ai consulté des registres maritimes aux Archives de la Marine à Toulon, j’ai eu la surprise de connaître les parcours individuels des " naviguants" de Saint-Tropez.


Les marins de ma généalogie
Voici des relevés concernant quelques-uns des personnages de mon arbre qui ont navigué en caravane au Levant :

Ignazio Bancala (sosa 32) : il s’engagee souvent à destination de l’Italie, pour Alexandrie en 1777, « au Levant en carravanne » en 1784, en 1787…

Bruno Simon (sosa 34)embarque pour La Morée (Péloponèse) en 1785.

Joseph Barthélémy Ricard, fils d'Antoine Ricard (sosa 66) : est parti le 4 mars 1784, il est mort à l’hôpital de Smyrne le 1 août 1785.
Tropez Antoine Ricard, frère du précédent, se trouve en caravane 1772, débarqué à Malte en 1773, absent, expédié pour Patras en 1785, embarqué pour Salonique en 1786, débarqué à Tripoly de Barbarie en 1787

D’autres registres pourraient encore révéler de belles aventures en mer qui nous ravissent.


Bibliographie :
Daniel Panzac, La caravane maritime. Marins européens et marchands ottomans en Méditerranée (1680-1830) CNRS Ed. 2004.
Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010.

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