2026-03-27

Monsieur le Maire

 

Il avait été élu maire le dimanche 29 janvier 1826 et toute la famille se réjouissait…

                parce que le mardi suivant, c’est lui qui allait acter le mariage de Catherine Julie, sa cousine.

Ancienne mairie de la Croix-Rousse,
à l'angle de la rue de Cuire et de la place des Tapis


Le 31 janvier à dix heures du matin, tous sont réunis dans la mairie de la Croix-Rousse.

Frédéric trace une signature toute neuve: le maire Frederic Sandier .


Catherine Julie Sandier (sosa 91) est sa cadette de six ans. Frédéric, qui est né le 28 août 1796, va avoir trente ans. On remarque la signature étalée de son père Etienne, négociant drapier; et celle de Pierre, le frère de la mariée, présent dans son bel uniforme de capitaine, garde du corps du roi. 

Après la cérémonie, ils se rendront Petite rue des Gloriettes pour fêter la noce dans la maison de famille où habitent l'oncle et le père du maire.

Elle m’a fait rêver, leur maison (qui n'existe plus) dans laquelle j’ai situé un Rendez-vous Ancestral. C’était en 1854, quelques jours avant que Catherine Julie ne s'éteigne. 

2 et 4, Petite rue des Gloriettes 

Entourée d’un parc arboré où se tenaient une gloriette, cette maison des champs agréable pour échapper à la chaleur de la ville en été. Elle est devenue la résidence de la nombreuse famille Sandier. Étienne, Joseph et Pierre ont agrandi la jolie maison du faubourg de la Croix-Rousse. 

Joseph est atteint de cécité et ne peut signer le contrat de mariage de sa nièce, cependant sa femme et lui-même sont d’accord pour faire donation de leur maison au n° 2 de la Petite rue des Gloriettes, en se réservant la jouissance jusqu’à leur décès. Orpheline de père depuis l’âge de dix ans, Catherine Julie vit avec eux.

Frédéric habite l'appartement voisin avec ses parents.

Il lui suffit de dix minutes de marche pour se rendre à la mairie.

Nous verrons dans l’article suivant qu’il a souvent parcouru ce trajet pour assurer ses différentes fonctions municipales. 


Un grand-père maire

Frédéric Sandier est le petit fils de Jean Sandier (sosa 364).

Jean Sandier, propriétaire cultivateur, était agent municipal de la commune de Vénissieux en1798. Après le coup d’État de Bonaparte, le 25 décembre 1799 il a été maire par intérim. Il démissionna l’année suivante, le 20 messidor an 8 ou 9 juillet 1800. L’honneur de la fonction ne lui est pas monté à la tête, il signe toujours J. Sandier agent



Jean et Jeanne ont eu dix enfants, nés à Vénissieux entre 1757 et 1776.

au clic pour agrandir


Trois de leurs fils, Étienne, Joseph et Pierre se sont installés à Lyon comme négociants en drap. Ils avaient un commerce rue Saint-Côme n° 1, à l’angle de la place des Terreaux et de la rue Chenavard à Lyon.

Ils semblaient bien s’entendre puisqu’ils ont habité dans la même propriété à la Croix-Rousse. 


Joseph s’est occupé de sa nièce et filleule, Catherine Julie après le décès de Jean à Vénissieux. 



Catherine Julie et Frédéric étaient donc cousins et voisins. 

voir aussi

Petite-rue des Gloriettes

et la suite (en cours d'écriture) :

Un cousin maire de la Croix-Rousse


2026-03-14

Abjuration et conversions


Dans le dernier article, nous remontions la branche des ancêtres protestants d’Annonay. Intéressons-nous à présent au parcours des générations suivantes.

clic pour agrandir


Leurs descendants qui s’affichent ici sur quatre générations sont tous baptisés au temple protestant. Observons leur choix de religion au cours de leur vie.


Antoine Barou, fidèle protestant

Nous avons déjà rencontré Antoine Barou qui a été inhumé en 1786 dans le cimetière protestant de l’Hôtel-Dieu de Lyon. Il s’est marié, en 1751 à l’église de Fourvière, avec une catholique. Ils avaient auparavant fait baptiser leur fils Pierre Antoine dont j’ai eu la surprise de trouver la date de naissance dans cette circonstance imprévue.

 

Abjuration de Louis Barou 


L’union du couple des deux cousins germains d’Antoine : Jean Barou et Jeanne Barou est célébrée le 5 février 1713, dans l’église Sainte-Croix de Lyon.


Lorsque le père de Jeanne, Louis a voulu épouser une jeune femme catholique, il a choisi de renoncer à sa religion protestante.


Je soussigné custode de Sainte-Croix en l’Eglise de Lyon ayant pouvoir spécial de Messire Claude de Saint-Georges, archevêque-comte de Lyon, primat des Gaules, déclare que le 24ème septembre de l’année présente 1695 après plusieurs instructions faites en particulier et après avoir trouvé les dispositions nécessaires pour embrasser la foi de l’Eglise romaine j’ay receu l’abjuration de la religion prétendue réformée qu’a faite entre mes mains Sieur Louis BAROU marchand drapier de cette ville de Lyon, au pied du grand autel de Sainte-Croix en profession publique solennelle de la religion catholique, apostolique et romaine dans laquelle moyennant la grâce de Dieu il veut vivre et mourir.

L’acte d’abjuration est enregistré le 24 septembre 1695 et il se marie le 3 novembre dans la même église Sainte-Croix. Il se déclare alors paroissien de Saint-Nizier.

Jeanne qui naît dix mois plus tard est portée sur les fonts baptismaux par sa cousine Marguerite.

 

Marguerite Barou, marraine à l’église, reste protestante

Il est intéressant d’aller voir le mariage de Marguerite Barou avec Louis Tourton, vingt ans auparavant, le 7 avril 1676 à Annonay. La cérémonie est célébrée au temple. Les invités ont dû se régaler ensuite, car il est marchand confiseur. 

Marguerite comme son frère Antoine « est inhumée dans l’Hôtel-Dieu de Lyon au lieu destiné pour la sépulture de Messieurs de la religion prétendue réformée, le 20 avril 1738 sur les 11 heures du soir ».

En effet, les enterrements se font nuitamment dans ce cimetière particulier.


Hôtel-Dieu de Lyon _ Falcon® CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons 


Lyon a été une cité protestante au 16e siècle.


À la génération suivante, tous sont devenus catholiques


Les trois filles de Jean Barou (sosa 746) se sont mariées dans l’église Notre-Dame d’Annonay.

Le seul acte de baptême que j’ai trouvé dans cette église est celui d’Élisabeth en 1741. Je suppose que ses sœurs ont été baptisées là.

Marguerite (notre sosa 373) s'est unie avec Laurent Pérouse, un officier d’infanterie, issu d’une famille où il n’y a aucun protestant.

Antoine qui était négociant s'est rendu à Saint-Etienne dans l’église Notre-Dame pour épouser sa femme, le 21 octobre 1760.

Je me suis intéressée à son témoin que l’on imagine dans l’uniforme militaire avec beaucoup de panache. Son beau frère, Just Gabriel d’Estezet de Saint-Cierge remplit les fonctions de lieutenant de cavalerie et commandant du roi dans le Haut-Vivarais. Il habitait avec Marie dans son château d’Estezet à Colombier-le-Jeune. 

Élisabeth « a été ensevelie dans le tombeau sous le clocher de l’église de Tain » le 20 janvier 1773. Elle avait 31 ans et cette femme épuisée venait de donner naissance à son onzième enfant. Douze ans auparavant, elle avait épousé, Marcelin de Loche avocat en parlement. 


Au fil du temps, tous les membres de notre famille élargie se convertiront au catholicisme à la fin du 18e siècle. Ils ont toutefois gardé des réseaux de relations avec des personnes protestantes ou récemment converties.

 

L’article précédent «Soirée de bienfaisance au théâtre» montre l’investissement de Pierre Antoine Barou du Soleil comme administrateur élu dans l’Institut de bienfaisance. On constate que d’autres administrateurs avec lui étaient protestants.

Sans surprise, Pierre Antoine Barou fait partie des francs-maçons, je m’en doutais et je viens de découvrir une source qui le confirme. Beaucoup de Protestants lyonnais sont francs-maçons. Pierre Antoine qui comptait quantité d’amis devait être entouré de personnes qui partageaient ses valeurs. Si je peux en savoir davantage, j’essayerai écrire un article sur ce sujet. 

 

Cet article est la suite du précédent :

Des protestants à Annonay au 16e et au 17e siècle



2026-03-05

Des protestants à Annonay au 16e et au 17e siècle

 

Mes derniers billets (et ceux du ChallengeAz 2025) étaient éclairés par le siècle des Lumières, l’époque de Pierre Antoine Barou du Soleil, un gentilhomme représentatif de cette époque avant la Révolution.

Nous allons grimper tout au sommet de cette branche du 17e au 16e siècle, dans une période moins lumineuse, jusqu’aux sombres guerres de religion dont Annonay garde la mémoire dans sa Tour des Martyrs

Annonay

Antoine Barou, le père de Pierre Antoine, et son frère Jean Barou (sosa 746) se situent à la génération XI des ancêtres de mes enfants.


Je remonte ensuite cinq générations qui forment un ensemble très lié socialement. Les trois premières apparaissent complètes. Plus haut, trouverai-je des actes pour ces rameaux cachés ? Ce n’est pas sûr...


À cette époque, ces branches-là sont protestantes, elles vivent à Annonay en Ardèche. Dans notre cité, les adeptes de la religion réformée pouvaient alors vivre de façon prospère. En effet, depuis le milieu du 16e siècle une importante partie des Annonéens a adopté le protestantisme qui se transmet pendant quelques générations.

Nous allons essayer de voir leur parcours.


Les Barou

Claude, puis Jean, puis Antoine Barou travaillent de père en fils, comme marchands.

Un acte précise que Jean est marchand drapier. Son grand-père, Jean Barou est marchand grossiste, il est bourgeois d’Annonay.

Ces négociants font de bonnes affaires et marient leurs filles dans des milieux aisés.

Claude Barou le vieil ancêtre n’est pas né à Annonay. Il pourrait venir du sud de l’Ardèche pour se réfugier dans une cité qui accueillait bien les protestants.


Les Gurin 

Claude a épousé Catherine de Gurin, fille de Claude et de Catherine !

Il s’allie à une famille importante Gurin ou Guérin, auquel s’ajoute plus tard une petite particule qui n’est pas noble, mais qui confère de la respectabilité.


Claude Gu[e]rin est avocat en parlement, docteur en droit et fils de notaire. Son contrat de mariage avec Catherine Androl est passé le 20 janvier 1558, à Andance dans la vallée du Rhône.


Claude est le fils de Louys. Catherine est la fille de Michel et d’Izabeau. Il sera difficile d’en savoir davantage, mais c’est appréciable d’avoir un document du milieu du 16e siècle. Je ne suis pas sûre d’avoir bien lu les noms de leurs mères.


J’aime bien penser que cette famille de Gurin fut (peut-être) propriétaire d’un champ dont le nom a traversé plus de 400 ans. Ma mère a habité le quartier de « Champgurin ». Ce toponyme prend pour moi un sens particulier, mêlant des souvenirs de ma mère qui n’aurait pas imaginé que cette Catherine Gurin (qui n'est pas mon ancêtre) soit la sosa 5969 de ses petits-enfants.

Les Lambert

Jeanne Lambert et Jean Barou se sont mariés le 13 février 1647. 

Pierre Lambert venait de mourir un mois auparavant, le 17 janvier 1647.

Jeanne Lambert est la petite-fille de Claude Lambert, un marchand potier qui a été consul d’Annonay. Il aurait épousé, en 1576, Gabrielle Chomel. J’ai consulté un grand livre de généalogie ancienne « Les Chomel », mais je ne m’y retrouve pas très bien, car  la famille Chomel est tellement nombreuse. Elle apparaît dans d’autres branches de cet arbre.

 


La mère de Jeanne, Madeleine Delacou est morte le 14 novembre 1670. Je ne connais pas ses parents et j’aimerais bien la rattacher à une autre branche homonyme. 

Les  Léorat

Etienne Léorat est tailleur, le fils de celui-ci autre Etienne Léorat exerce comme greffier au baillage d’Annonay, il est greffier des gabelles.



Jean Chomel, époux de Marie de Lacou, est maître apothicaire. J'aimerais bien remonter sur ce couple et éventuellement comprendre s'ils sont cousins avec d'autres homonymes. 

Les Lombard

Du côté de l’épouse de Jean Barou, ce sont les ancêtres de dame Lombard dont je ne résiste pas à citer les variantes du prénom : Elizabeth, "Babette", Isabelle, Isabeau.



On rencontre des officiers qui ont étudié le droit, on le voit dans les professions de ses frères et de sa famille maternelle.

Les Rignol

Jeanne est issue d’une famille de notaires, son père Pierre Rignol était aussi procureur au baillage du Vivarais.

Les Lagrange

Claude, comme son fils Théodore, sont greffiers au bailliage d’Annonay. Claude est consul.

Son épouse, Jeanne Rousset est la fille d’un tanneur, Pierre Rousset.

Annonay possède deux rivières offrant une eau douce pour les tanneries.

 


Pour moi qui n'ai pas d'ancêtres dans ma ville natale, je suis ravie de dresser cet arbre inattendu et d'explorer jusqu'au bout des branches ces familles vivant au 16e siècle. 


La suite de ce billet présente les générations suivantes :

Abjuration et conversions 

2026-02-21

Soirée de bienfaisance au théâtre

 

Le jeudi 3 mars 1785, le Tout-Lyon est invité à se rendre au théâtre pour assister à la première représentation d’un drame en trois actes intitulé « Norac et Javolci » inspiré par les Mémoires de Beaumarchais.

Ayant reçu une invitation de la part de nos cousins Barou du Soleil, je me sens dans l’obligation de me rendre à cette soirée. Ce que j’accepte de bon cœur puisqu’il s’agit d’un projet de leur association de bienfaisance en faveur des mères-nourrices.


Le Grand-Théâtre via Wikimedia Commons

Il en avait été question lors de la réception samedi dernier chez eux. Nous étions tous rassemblés dans le grand salon, dans la lumière des bougies. Les hôtes sont généreux et tiennent à ce que la lumière brille. 

Pierre Antoine a pris la parole :

Mes chers amis, nous comptons sur votre présence au théâtre, jeudi prochain, pour la représentation que nous aurons la chance d’entendre en primeur à Lyon.

Vous savez combien Monsieur de Beaumarchais s’est impliqué l’année dernière pour la défense des femmes ayant de jeunes enfants dont le père est en prison. Vous avez lu sa lettre du 15 août, reproduite dans Le journal de Lyon du 24 novembre 1784.

Je vous rappelle les faits : Caron de Beaumarchais se félicitait qu’on fasse sortir de prison les hommes condamnés parce qu’ils ne pouvaient payer les mois de nourrice de leurs enfants. Mais il explique qu’il serait préférable de prévenir l’emprisonnement en favorisant l’allaitement maternel. Actuellement, explique-t-il, on fait venir de loin des femmes pauvres pour nourrir les enfants d’autres pauvres, car on dit que le lait des pauvres femmes de Paris ne vaut rien. Beaumarchais propose de créer un institut de bienfaisance pour que toute femme reconnue pauvre, inscrite à sa paroisse, vienne avec une attestation de son curé afin qu’on lui donne neuf livres par mois. Ainsi chaque mère allaitera son enfant, les pères n’iront plus en prison, ils n’interrompront plus leurs travaux. Et les enfants grandiront mieux.

Dans notre ville, à Lyon, ce magnifique projet est en train de se concrétiser. Nous avons créé l’Institut de Bienfaisance en faveur des pauvres mères nourrices. L’archevêque, Montazet, a accordé sa protection et mis son palais à disposition pour réunir l’assemblée. Votre serviteur a été élu comme l’un des 33 administrateurs.

On compte actuellement trente-deux mères secourues. 

Nous avons lancé une souscription et je remercie ceux d’entre vous qui ont déjà très généreusement apporté leur contribution.

Institut de Bienfaisance

L’assistance applaudit et les discussions s’échangent dans l’assistance. La plupart des gens affirment qu’ils ont déjà réservé leur place, certains se proposent de donner de l’argent même s’ils ne peuvent pas aller à la représentation.

La plupart montrent de l’intérêt et même un certain enthousiasme pour s’impliquer dans cette œuvre charitable, d’ailleurs beaucoup parmi eux sont administrateurs dans l’association. Des femmes se montrent actives et participent aux assemblées.

Ceux et celles qui l’ont connu, ou qui ont lu L’Émile, rappellent que Rousseau préconisait l’allaitement maternel et se félicitent d‘avoir élevé leurs enfants «à la Jean Jacques».

Rousseau ou l’homme de la nature
gravé par Augustin Claude Simon. Musée de Môtiers

Les Barou offrent maintenant des rafraîchissements et des douceurs à leurs invités. Ils jouent à merveille leur rôle d’hôtes Ils se rendent très disponibles pour leurs amis, ceux-ci les entourent bien chaleureusement.

Ils sont mariés depuis quinze ans, et aucun enfant n’est arrivé dans leur foyer. Un des rares nouveau-nés que Jeanne Marie ait tenu dans ses bras est sa nièceMarie qui a maintenant douze ans.

Jeanne Marie a 36 ans et Pierre Antoine 43 ans. Espèrent-ils encore devenir parents ou bien s’impliquent-ils dans des œuvres de bienfaisance pour se consoler de ce manque dans leur vie ?


Le jeudi 3 mars 1785

Dans la file qui entre au théâtre, Pierre Antoine très élégant dans son habit de soie gris, bas de soie blancs et chaussures à boucle d’argent, me salue d’un sourire charmant. Il dit un mot à sa femme qui se retourne et vient m’embrasser en me remerciant d’être venue. Elle porte une robe à la lévite en satin jaune droite et souple, plissée à l’arrière avec un col châle en soie, réchauffée par un mantelet prune. Le printemps n’est pas encore arrivé à Lyon.

Autour d’eux, beaucoup de leurs connaissances échangent des salutations. Je reconnais quelques-uns de leurs amis, des académiciens, des procureurs de la Cour des Monnaies, que du beau monde ! L’ami Joseph Vasselier nous rejoint.

Vasselier m’explique : « Savez-vous que Pierre Augustin Caron de Beaumarchais est le personnage de cette pièce ? D’ailleurs on peut reconnaître son nom dans l’anagramme Norac. » J’éclate de rire et je lui demande qui est Javolci.  « Ah, José Clavijo y Fajardo était le fiancé qui a abandonné Lisette, la sœur de Beaumarchais. Celui-ci s’est rendu à Madrid pour régler cette affaire d’honneur qui fit grand bruit et qui a inspiré cette pièce. »

Un homme qu’il connait nous entend et s’insère dans la conversation :

Savez-vous que Beaumarchais a fait un don de 1000 écus et qu’il aurait promis de verser ses droits d’auteur du Mariage de Figaro.

Je demande s’ils ont eu l’occasion de rencontrer Beaumarchais. Mais la foule commence à entrer dans la salle et l’on ne me répond pas. Préparons-nous pour le spectacle.

Voir aussi ChallengeAZ 2025:

Barou du Soleil

Sources

Krumenacker, Yves. « Promouvoir l’allaitement maternel à Lyon au XVIIIe siècle ». Enfance, assistance et religion, édité par Olivier Christin et Bernard Hours, LARHRA, 2006, https://doi.org/10.4000/books.larhra.1254


2026-01-24

Blog anniversaire 11 ans

 

Former un couple, c’est l’alliance de deux arbres. J'ai donc la chance d’avoir deux généalogies à reconstituer.   

11

Mon fils m’a demandé la liste de tous ses ancêtres; bien sûr, je me suis empressée de répondre. Il n’était pas à côté de moi pour consulter mon logiciel où sont rangées les informations. J’ai donc réfléchi à la meilleure manière de présenter toutes les générations. J’ai rassemblé des arbres, fusionné, effacé les doublons et tout vérifié, ce qui n’était pas simple.

J’ai opté pour un document sous forme de liste où sont recensés, sur 20 générations, 3249 ancêtres paternels, 4730 ancêtres maternels. 

La mention des métiers a été particulièrement appréciée.

Mario Klingemann

Dans la même génération se côtoient des laboureurs, des marchands, des artisans, des villageois, des bourgeois, un notaire, un capitaine, un tisseur à toile, un jardinier, un ménager, un aubergiste, un berger… et leurs épouses sans occupation reconnue.  


À côté de ces géants, dans la forêt de Briqueloup, beaucoup d’arbustes qui pouvaient paraître plus chétifs se sont développés sur certaines terres arides, en manque de sources. Avec le temps, ces bases précieuses ont pris de la force. Me promettant de vérifier, de sourcer et d’enrichir les informations, avec leurs graines, leurs rejets, j’ai fait pousser plusieurs arbres. Ils ont grandi en s'étoffant. 

Certains espaces de ma forêt sont encore en broussaille. Alors, la perspective de nouvelles recherches me ravit.  


Depuis 11 ans

Onze ans à faire parler mes ancêtres, cela fait beaucoup d'histoires.  

Au total, j'ai publié 526 articles qui ont eu 949 482 vues.



38 articles en 2025


Bilan 2025

 


Rameaux cachés

C’est le nouveau challenge lancé par les membres du très sympathique groupe FB : Raconter sa généalogie. Cette communauté chaleureuse apporte beaucoup de motivation pour écrire.

Rameaux cachés m’a fait découvrir la vie de mes ancêtres en bout de branche. Ceux dont on sait très peu de choses, dont on ne connait pas le nom des parents, pour lesquels les actes sont rares ...

Je suis allée dans la montagne du Vivarais pour mieux connaître Claude Bonnefoy et son épouse dont j’ai découvert le nom : Vitalle Veyradier. L'enquête a été fructueuse et j’ai écrit trois articles sur ces ancêtres. 

J'ai aussi exploré la branche inattendue d'un fourbisseur d'épées.


Généathèmes

J’aime beaucoup ces thèmes suggérés par Geneatech. Parfois, certains sujets proposés paraissent très loin de ma forêt. Aussi, lorsque je réussis à trouver un ancêtre qui veut bien se prêter au projet, j’ai un grand plaisir à l’écrire, et même à le relire.

J’essaye de participer autant que je peux. Depuis 11 ans, j’ai publié 33 généathèmes.

Je n’aurais pas raconté toutes ces histoires spontanément. C’est grâce à ces challenges qu’elles ont vu le jour.

De la tendresse dans les archives, ce sont deux billets en avant-première du sujet que j’ai ensuite développé dans le ChallengeAz.


Challenge AZ 2025

Pierre Antoine Barou du Soleil, un gentilhomme du XVIIIe siècle nous a invités chez lui. Nous avons pu faire la connaissance de ses amis et comprendre les conversations sur les sujets qui les occupaient dans l’esprit du siècle des Lumières. J'ai ainsi pu créer et enrichir des articles sur Wikipédia.  Et j'ai encore beaucoup à lire dans ses archives.


Mon billet coup de cœur


Savez-vous que lorsque la nuit est tombée, en marchant dans la rue de mon village, je pourrais rencontrer Françoise Gaillardon, comme je l’ai fait lors de ce RDVAncestral. Elle a demandé au notaire de conserver dans les archives une déclaration étonnante où il est question d’une chandelle et d’une bassinoire


Projets 2026

Continuer les recherches et mettre en forme les réalisations de la famille Daurolles, constructeurs au XVIIe à Lyon, dont je vous avais déjà parlé avec Antoinette et ses frères

Plusieurs articles Wikipédia, à créer ou à améliorer, tel celui de l'Hôtel de Ville de Lyon et des œuvres et des personnes en lien avec nos projets lyonnais.

Lyon XVII

Me laisser surprendre par les thèmes des challenges qui m’incitent à trouver des choses que je n’aurais pas cherchées sans cette motivation.


🌟

2026

Laissons entrer la lumière


 

2025-12-30

La Voix des fantômes


Le Généathème nous propose ce mois-ci de partager un ouvrage qui résonne avec nos recherches. C’est l’occasion d’ouvrir cet essai que j’ai lu cette année :

La Voix des fantômes, Quand débordent les morts, Grégory Delaplace, éditions du Seuil, 2024, 267 p.


Avez-vous rencontré des fantômes ?

Lorsque nous explorons les siècles passés, nos ancêtres hantent l’arbre généalogique qui se constitue. Transmettre leur nom pour ne pas les oublier, leur donner une voix, les faire parler pour qu’ils nous racontent un moment de leur vie, tel est mon projet.

 


A la suite d'une rencontre intéressante, au mois de mai, dans le cadre du festival Littérature Live à Lyonj'ai eu envie de découvrir cet essai de l'anthropologue Grégory Delaplace, avec qui j'ai un peu échangé lors de la dédicaceIl m'a passionnée malgré quelques difficultés de lecture qui valent bien la peine d'être surmontées. 

Son propos est d’étudier les façons dont les morts sont mis en place par ceux qui leur survivent.

Dans nos cimetières du XIe au XVIIIe siècle, on recherche la compagnie des morts. On se réunit dans les nécropoles, pour des spectacles ou des marchés, pour tenir des assemblées de justice, pour signer un contrat. Les défunts se font alors discrets, leurs noms ne sont pas inscrits. Les rares stèles en bois ou en pierre ne tiennent pas longtemps debout. 


L’auteur nous fait encore voyager de l'Amazonie chez les Achuars, jusqu'en Mongolie, en visitant aussi au Brésil, en Inde, en Chine, plusieurs groupes aux comportements étonnants pour lesquels la présence des morts est plus ou moins bien tolérée.  

Les récits apparaissent fascinants où l'on voit des chamans dialoguer avec des défunts, des cadavres proposés à la dévoration cannibale ou purifiés par les animaux prédateurs. 

D'autres sociétés (y compris la nôtre) déplacent rituellement leurs morts. Certaines familles pleurent bruyamment, d'autres imposent le silence, jusqu'à rendre tabou le nom du défunt.

Il est étonnant d’apprendre comment  les Tziganes du Royaume-Uni se préoccupent d’empêcher le retour du mort chez les vivants. Pour éviter d’attirer son fantôme, «  ils effacent méticuleusement toute trace du défunt parmi eux : son nom n’est plus prononcé, ses possessions sont cédées au plus vite, sa roulotte est démontée et brûlée. » Chez les Manouches en France, la distance est plus nuancée. Peu de temps après les funérailles « le mort est tu, tandis que les parents plus éloignés  en parlent librement. […] A mesure que le temps passe, cela s’inverse, ceux qui avaient connu le mort finissent par n’en plus parler, alors que les proches parents s’autorisent de nouveau à le faire ».

Cela vous arrive-t-il, comme moi, de soigner des objets sans les utiliser ?  En signe de respect comme un hommage au défunt.

J'ai dépoussiéré, nettoyé et rangé les rabots de Jean.



Chez les Achuars, aucune relique n’est conservée, les morts sont effacés et livrés à la forêt. Il se peut que leur âme, sous la forme d’un jaguar, rentre en communication avec un jeune homme lors d’une aventure initiatique.


Selon l’auteur, les rituels funéraires auraient pour but de mettre les morts à distance, leur enjoignant le silence et le respect des vivants qu'ils ne doivent pas hanter.

Cette hypothèse m’est apparue à contre-courant de ma pratique où je m’efforce de donner la parole aux ancêtres que je réveille les uns après les autres. Ainsi, ils me deviennent plus proches et je suis ravie de les tirer de l’oubli. 

Comme vous, j'aime bien les ranger dans ce que nous appelons des arbres généalogiques, chacun identifié dans une petite case, avec un numéro sosa, ordonné selon les générations. 

Je suis toujours étonnée de constater que les personnes auxquelles je parle de mon intérêt pour les générations passées, éprouvent des difficultés pour citer le nom de leurs arrières-grands-parents et ignorent le plus souvent leurs trisaïeuls.

J’aime bien rappeler cette tradition provençale du repas des Armettos : https://www.briqueloup.fr/2020/11/aarchives-marseille.html

 

Constatez-vous aussi que nos ancêtres en révélant leurs secrets nous apprennent à vivre ?