Souffrant de rhumatismes, Virginie a besoin d’être soulagée. Elle ressent des douleurs dans les mains qui l’handicapent lorsqu’il fait froid. En vieillissant, la marche devient tellement difficile qu’elle devra rester dans un fauteuil. Je ne devrais pas le dire si tôt, car à l’heure où j’écris ce billet, elle a encore une dizaine d’années à vivre ; elle va mourir en 1880, à l’âge de 65 ans.
Alors, je lui souhaite de profiter de la vie et de la possibilité de se déplacer pour partir en cure thermale.
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| Royat, via Wikimedia Commons |
Prendre les eaux est une pratique très à la mode au XIXe siècle.
Autant qu’elle le peut, notre tante se rend à Royat, à Allevard, dans les Pyrénées et même jusqu’à Baden.
Selon les années, elle est accompagnée de sa mère Eliza, et de ses filles Marie et Angèle.
Ces séjours occasionnent des échanges épistolaires avec sa famille, pendant les semaines où elle est absente de chez elle.
Les voici à Royat. Cette station thermale, proche de Clermont-Ferrand, se trouve à 160 km de Lyon.
| Royat, via Wikimedia Commons |
Virginie vient de recevoir la lettre, écrite le 11 juillet 1870, par Augustin, frère de Joseph son mari, et frère de Joséphine (notre sosa 93).
Le docteur Augustin Pérouse travaille à Allevard pour la saison d’été, comme chaque année.
Il s’enquiert de l’évolution du rhumatisme de sa belle-sœur Virginie qui se trouve alors en soins à Royat. « Je vois avec plaisir que vous avez obtenu déjà une amélioration sensible dans la marche et la raideur du genou ». Il lui conseille des massages, et de demander des douches, si c’est possible à Royat.
Elle dit à son mari, dans sa lettre du 13 juillet 1870, qu’elle a déjà commencé une première séance de massage.
Elle raconte une promenade effectuée la veille après le repas de midi.
Hier après dîner [...]
Je me suis reposée une ou deux fois sur mon pliant et je suis rentrée
bien fatiguée, mais point trop, et j’ai très bien dormi.
Je voudrais en finir bientôt avec cette maladie. Que j’en suis lasse ! et de tout ce qu’elle entraîne !
1874, le 1er juillet
Joseph, Virginie et leurs filles, ainsi que leur petit-fils Jean, sont arrivés à Saint-Sauveur, une station thermale dans les Hautes-Pyrénées.
Au début des vacances, les catastrophes s’enchaînent, Joseph l’explique à son fils dans une lettre qui nous fait sourire aujourd’hui.
« Depuis notre dernier départ de Lourdes nous avons marché de
désappointements en guignons. Après avoir vu nos prières rejetées par Dieu,
c’est le diable qui a étendu sur nous sa maligne influence. À notre arrivée,
Jean était pris de coliques, Angèle d’une 1ère esquinancie bientôt
suivie d’une seconde à 2 jours d’intervalle. Puis ta pauvre mère pour compléter
le trio était prise d’un érysipèle sur le côté gauche de la face après avoir
pris deux bains seulement ce qui naturellement en interdit la continuation
pendant une huitaine de jours.
Heureusement, tous sont en bonne voie maintenant. »
Joseph, d’un bon pied, est monté
jusqu’à Barèges, la station thermale voisine qu’il a trouvée plus agréable que
Saint-Sauveur.
Hier, je partis de mon pied de septuagénaire à 8 h ½ du matin pour
Barèges où j’arrivai deux heures après, ayant franchi huit km de montée
constante et très rapide.
[..]
Tout y est infiniment mieux qu’ici !
Iconographie
Royat : via Wikimedia Commons
Vue générale de Barèges : Louis-Julien Jacottet, Public domain, via Wikimedia Commons



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