2026-07-18

Magdalaine marraine

 

Pour ce Rendez-vous Ancestral, j’ai bien envie de rencontrer Magdalaine, afin de lui demander de m’aider à dénouer les entrelacs qui me lient aux cousins vivant dans mon village. Nous nous connaissons depuis l’enfance et ignorions que nous possédions des ancêtres communs. C’est en recherchant qui a fait pousser ces oliviers que j’ai pu tisser des liens.



Magdalaine Allier est une de mes ancêtres préférées, (sosa 429 à la génération IX).

Je sais où la trouver le samedi 20 février 1790. Je me rends à l’église de Saint-Julien où l’on célèbre un baptême.


Magdalaine tient dans ses bras un tout nouveau-né dont elle est la marraine. François Berne est né la veille. A la fin de la cérémonie, sans vouloir rester trop longtemps sur la place de l’église, elle nous invite à aller chez elle.

-  Je vais vite porter ce pitchounet à sa maman, évitons qu’il prenne froid. Le mistral est glacial, allons nous réchauffer à l’auberge. J’ai préparé du vin chaud et Cécile a apporté des pompes à l’huile pour vous régaler. 


J’accompagne Magdalaine ; à 54 ans elle apparait toujours vive, elle marche d’un pas rapide, la maison n’est pas loin.

Elle me dit qu’elle est fière d’avoir été choisie pour marraine.

Il y a deux ans, c’était son premier petit-fils Pierre François Audibert qu’elle portait sur les fonts baptismaux.


écomusée Esparron-du-Verdon

La visite est sympathique chez la jeune accouchée qui se repose, autant qu’elle peut, car les deux aînés babillent, Marie a juste trois ans et André commence à marcher.

Thérèse, la belle-fille de Magdalaine se tient auprès d’elle pour l’aider, je comprends l’amitié qui lie les deux jeunes femmes voisines.

Magdalaine Gabrielle a 21 ans, elle est déjà mère de trois enfants. Le second de Thérèse ne va pas tarder à s’annoncer.

Pendant que la mère allaite le petit qui commençait à avoir faim, nous causons un moment, assises sur le radassier dans la pièce à côté.

Je remarque que Magdalaine a le même prénom qu’elle.

- Bien sûr, c’est moi qui lui ai donné son second prénom, je suis sa marraine. Magdalaine Gabrielle Gaillardon est ma nièce.

- Oh ! C’est ta nièce ? Je pensais que c’était une voisine, une amie qui t’avait choisie pour marraine de François. Il faudra m’expliquer…


écomusée Esparron-du-Verdon

Thérèse prend le nouveau-né emmailloté pour le déposer dans le berceau. Il va s’endormir repu et fatigué.

Magdalaine presse sa belle-fille :

- La cousine et son petit ont besoin de calme. Et, on nous attend pour boire à leur santé.


Nous atteignons rapidement notre maison un peu plus bas dans le village.

En m’effaçant pour la laisser entrer la première et pousser la lourde porte, je lui dis que je pense souvent à elle qui habite dans ma maison.  

- Je suis arrivée ici, il y a vingt ans lorsque j’ai épousé Jean Audibert, le 28 avril 1761. Nous avons passé cinq ans ensemble, nous avons eu quatre enfants. Hélas il n’a même pas eu le temps de connaitre François, ton aïeul.


Dans l'auberge, l’ambiance est chaleureuse, parents et amis de la famille sont rassemblés devant un bon feu qui crépite dans la grande cheminée. François et Cécile nous accueillent : Ah, maman, vous voilà ! Nous attendions la marraine pour remplir nos verres !

 

Je m’approche pour féliciter Joseph Berne, l’heureux papa qui cause avec Cécile.

- J’aurais dû remarquer que vous étiez le témoin à son mariage, lui dis-je, je comprends que nous sommes liés par plusieurs alliances passées et qui vont s’accorder à l’avenir avec votre nouvel enfant.

Joseph semble un peu interloqué, nous levons nos verres fumants et trinquons.

Parfumé aux écorces d’oranges, avec  baies de genièvre, thym et romarin, cueillis dans la garrigue, le vin chaud nous met en joie.

Cécile est venue de Barjols pour féliciter sa cousine. Elle a trois ans de plus qu’elle, elles ont grandi ensemble. Elle ne pouvait manquer cette occasion de venir la voir. Son mari boulanger l’a chargée d’apporter les pompes à l’huile qu’il a faites. Elle nous offre ces gourmandises moelleuses au bon goût de fleur d’oranger.

Je rejoins Magdalaine qui met du bois dans le feu, elle me raconte :

- Quand ma sœur Marguerite s’est mariée à Saint-Julien, j’étais tellement contente. C’était une présence appréciée, puisque j’étais veuve depuis l’année précédente. La voir épouser un garçon d’ici était merveilleux. Nos sœurs et notre frère demeurent à Grambois, de l’autre côté de la Durance. Mon jeune beau-frère Joseph Rey, qui est aussi aubergiste, nous a beaucoup aidés, mais il habite loin. Bon, les noces de Marguerite et de François Gaillardon ont été un peu précipitées, car Magdalaine est arrivée en avril, quatre mois après. C’est vrai qu’il fallait vite profiter de la vie, hélas François est mort en octobre.


Gaillardon… Je dis que nous avons des ancêtres portant ce patronyme, ce sont des négociants aisés. 

- En effet, le père de François est le fils du cousin germain de mon défunt mari.

Alors, Magdalaine Gabrielle descend de deux couples de mes ancêtres, Gaillardon  à St-Julien et Allier à Grambois.


- Marguerite a quitté St-Julien, elle s’est remariée quatre ans plus tard avec un homme bien moins riche, il travaille comme salpetrier, ils habitent à Rognes, ils ont sept enfants.

- Oui, j’ai retrouvé la trace de Magdalaine Gabrielle, comme marraine de sa petite sœur.

 

- Nous sommes tellement heureux qu’elle soit revenue dans notre village, elle est entrée dans une bonne famille en épousant Joseph Berne, maître-chirurgien.

Entendant que l’on parle de lui, Joseph s’approche et me rappelle que ma remarque précédente l’a bien étonné. Magdalaine ouvre de grands yeux.

 

Alors je me permets de lui confier ceci :

- Puisque je connais l’avenir de ta famille, je vais t’annoncer quelque chose: François va épouser ta petite fille qui aura quatre ans de moins que lui.

C’est un oncle sympa, il nous a donné ces oliviers.




2026-06-24

Une appli appréciée

 

J’avais besoin que mes enfants puissent voir tous leurs ancêtres facilement avec un mode de partage léger qui tiendrait dans la main, consultable aisément et sans abonnement.

Un objet magique tel que leurs ancêtres n’auraient osé en rêver.

Lorsque mon fils m’a fait la demande de lui montrer tout son arbre, j’ai cherché la présentation la plus ludique. Sachant qu’il ne possède pas de logiciel de généalogie pour rebondir joyeusement d’une personne à l’autre, je souhaitais que le projet reste attractif. 

Pour l’impressionner par la quantité et la qualité de ceux qui nous ont précédés depuis le XVe siècle, ce que j’avais réalisé de plus parlant était d’envoyer une liste complète de toutes les générations. Il a adoré explorer le document qui a eu un certain succès auprès de ses amis !

 

Maintenant, je suis prête à adopter une autre solution que je vais vous présenter.

J’ai trouvé une application géniale pour consulter ma généalogie sur mon téléphone.

J’ai testé « Ma Généalogie » créée par Rémy Pialat en 2025.


Appli "Ma Généalogie"


Voici comment j’ai procédé avec mon smartphone Android :

J’ai téléchargé l’application :

https://play.google.com/store/apps/details?id=com.ramdroid.mygenealogy&hl=fr

Ensuite, depuis mon logiciel Généatique, j’exporte la généalogie 

Menu Fichier ->Exporter au format Gedcom

Généatique

 
Il faut veiller à sélectionner le choix UTF-8 ; lors de mes premiers essais, le format n’était pas le meilleur et les caractères accentués n’étaient pas bien rendus.


J’envoie l’export dans le cloud Google Drive (ou celui de votre choix).

 

J’ouvre mon Drive dans mon téléphone et l’import du Gedcom se trouve là, prêt à être téléchargé.


Dans l’appli Ma généalogie, le menu Gérer les généalogies me permet d’importer le Gedcom, il suffit de retrouver le fichier téléchargé en ouvrant à partir du Drive.

 

Maintenant, c’est un plaisir d’explorer la généalogie qui se présente de façon très agréable.

Pour naviguer dans l’arbre, plusieurs possibilités s’offrent à nous.


Lorsqu’on déplie les branches des ascendants, c’est impressionnant d’en voir autant sur un petit écran.

On peut comprendre le lien entre deux individus en demandant les graphiques. Les arbres apparaissent tête-bêche, mais on voit le lien. 


Le premier geste est de choisir le de cujus qui portera le numéro 1. Il sera ainsi facile de le retrouver à tout moment et on se réjouit de pouvoir remonter les générations avec leur numéro sosa.

La remise à plat des implexes m’a étonnée. Nous en avons très peu dans nos généalogies, j’apprends que le taux est de 5 %. Ici, ils apparaissent classés par occurrence et c’est intéressant de voir les individus Sosa qui ont plusieurs numéros.

 

J’aime me promener dans la liste des prénoms, dans celle des professions...

Je n’ai pas dû bien paramétrer les lieux, car ils ne se montrent pas sur la carte, hélas.

Il serait nécessaire que le fichier Gedcom contienne les coordonnées géographiques de latitude et de longitude. Avant de procéder à un prochain export, je devrais effectuer un sérieux nettoyage des villes et des villages dans mon logiciel.

 

Les statistiques sont variées. Si l’on coche la case sosa, on ne voit que les ancêtres directs, mais on peut étudier toute la population et répondre à ces questions :

 

Qui sont les individus les plus âgés ?

Quelle est la longévité par siècle ?

Quel est le numéro du sosa le plus ancien, et son nom ?

Quelles sont les familles les plus nombreuses ?

Etc.

 

Je vous conseille d’explorer cette application qui me semble parfaite pour emmener sa généalogie partout.

Ma généalogie, c’est gratuit, sans publicité, sans traçage et cela fonctionne hors connexion.

On peut ajouter ou modifier des individus en mode édition, ce qui est bien pratique lorsqu'on est en déplacement.  

Avoir sa généalogie dans sa poche, c'est top. 

Je l’adopte ! Et vous ?

 


Iconographie : Les images sont celles fournies en démo de l'appli. 

 

2026-05-31

Le portrait

 

J’espérais depuis si longtemps découvrir un portrait de Pierre Antoine Barou du Soleil.

Imaginez ma joie lorsque le tintement d’une notification sur mon téléphone m’avertit d’une réponse du Musée d’histoire de Lyon.

En effet, la photographie noir et blanc d’un pastel du XVIIIe se trouve dans les collections.

Quelle superbe idée de la déposer là !

Le chargé des collections photographiques m’adresse une copie; je peux l'importer dans WikiCommons pour illustrer l’article que j’ai créé sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Antoine_Barou_du_Soleil

Pierre Antoine pose, debout de trois quarts, vêtu d’une veste ornée d’un jabot de fine dentelle.

Il me regarde.

Je l’aurais reconnu sans l’avoir jamais vu. Effectivement, je l’ai beaucoup fréquenté.

Ses yeux clairs, droits dans les miens, expriment intelligence et bienveillance.

Il sourit.

Comment interpréter ce beau sourire ? Tranquille, un brin de malice au coin des lèvres, il garde encore des secrets à me révéler. Sa voix laisse résonner la chaleur du musicien et l’assurance de l’avocat.  

Harmonieusement encadré par la perruque, son visage se nimbe de douceur, nul trait anguleux, un menton rond, un nez bien dessiné.

Ôtez-lui ses cheveux poudrés, il paraît moins solennel et presque banal. Est-il brun, blond ou déjà cendré ? 

Est-ce pour nous séduire qu’il a posé avec sa perruque? Nous ne sommes pas à Versailles où («en robe et en cheveux», il rencontrait des ministres et proches de Louis XVI lorsqu’il espérait régler des affaires. Quelques rides soucieuses se dessinent sur son large front. C’est un esprit des Lumières qui réfléchit fort.

Au coin de l’œil prêt à cligner, de petites griffes accrochent son charme dont il use auprès des femmes. Et auprès de ses amis séduits par l’attention qu’il sait leur accorder.

Elles sont cachées, ses oreilles de mélomane qui entendent si finement. Violoniste amateur, passionné d’opéra, il se montre tel un connaisseur critique des concerts de son époque.

Il apprécie la bonne compagnie, les mets délicats, les alcools dont il n’a pas abusé. Son visage a gardé la fermeté de sa jeunesse.

Il apparaît comme un quinquagénaire en bonne santé, mais il ignore qu’il lui reste si peu de mois à vivre. Au cours de son voyage dans l’au-delà, sa belle tête ne demeurera pas sur ses épaules.

Autour de son cou qui vieillit, un foulard de soie blanche cache un peu le temps qui passe.  Son cou… qui se posera nu sous le couperet un jour de décembre 1793.

 

Il n’a pas senti le vent tourner, il ne se doute pas du désastre qui arrive. L’odeur du sang de l’écœure et l’inquiète, mais il croit encore à la paix. Il exhorte les citoyens de Lyon à l’apaisement.

Il préfère sentir le parfum des fleurs qu’il cueille lorsqu’il herborise avec des botanistes.

Anacamptis papilionacea  récolté par  Barou du Soleil
Jardin Botanique de Lyon
  

Justement, le même jour où j’ai reçu le portrait, j’ai aussi ouvert une page de l’herbier de Marc Antoine Claret de la Tourrette. Son ami a gardé avec soin l’orchis papillionacea que Pierre Antoine a découvert le premier. L’herbier est conservé au Jardin Botanique de Lyon et le responsable m’a adressé l’image du spécimen. Quelle émotion, de réaliser que Pierre Antoine l'a vu et cueilli de sa main !

Mes recherches ont été fructueuses et je me prends à rêver qu’il reste encore des découvertes à faire au sujet de ce gentilhomme du XVIIIe.


Pour compléter ces descriptions, on peut ajouter ces mots; ils me donnent envie de croire que Pierre Antoine passait pour un homme de qualité.

« Barou du Soleil, le Procureur du Roi, intelligent, lettré, actif, philanthrope, riche et très estimé ».

« L’opinion publique ne s’intéressant qu’à la personnalité sympathique de Barou. C’était en effet une des plus connue alors à Lyon dans le monde des Lettres et du Palais[de justice]. »

« C’était un homme mondain, lettré et très connu», «il recevait beaucoup, montrant, avoue un ami "quelque recherche et affectation dans les manières" ».

« C’était donc un homme aimable et distingué, estimé pour ses goûts littéraires et ses sentiments charitables, universellement respecté »

 Voir aussi les billets du ChallengeAZ 2025.


Source

Metzger, Paul. Contribution à l’étude de deux réformes judiciaires au XVIIIe siècle : Le Conseil Supérieur et Le Grand Bailliage de Lyon, 1771-1774, 1788. A. Rey, imprimeur-éditeur ; Librairie A. Picard & fils, 1913.


2026-04-24

Monsieur le Maire

 

Il avait été élu maire le dimanche 29 janvier 1826 et toute la famille se réjouissait…

                parce que le mardi suivant, c’est lui qui allait acter le mariage de Catherine Julie, sa cousine.

Ancienne mairie de la Croix-Rousse,
à l'angle de la rue de Cuire et de la place des Tapis


Le 31 janvier à dix heures du matin, tous sont réunis dans la mairie de la Croix-Rousse.

Frédéric trace une signature toute neuve: le maire Frederic Sandier .


Catherine Julie Sandier (sosa 91) est sa cadette de six ans. Frédéric, qui est né le 28 août 1796, va avoir trente ans. On remarque la signature étalée de son père Etienne, négociant drapier; et celle de Pierre, le frère de la mariée, présent dans son bel uniforme de capitaine, garde du corps du roi. 

Après la cérémonie, ils se rendront Petite-rue des Gloriettes pour fêter la noce dans la maison de famille où habitent l'oncle et le père du maire.

Elle m’a fait rêver, leur maison (qui n'existe plus) dans laquelle j’ai situé un Rendez-vous Ancestral. C’était en 1854, quelques jours avant que Catherine Julie ne s'éteigne. 

2 et 4, Petite rue des Gloriettes 

Entourée d’un parc arboré où se tenaient une gloriette, cette maison des champs, agréable pour échapper à la chaleur de la ville en été, est devenue la résidence de la nombreuse famille Sandier. Étienne, Joseph et Pierre ont agrandi la jolie maison du faubourg de la Croix-Rousse. 

Joseph est atteint de cécité et ne peut signer le contrat de mariage de sa nièce, cependant sa femme et lui-même sont d’accord pour faire donation de leur maison au n° 2 de la Petite rue des Gloriettes, en se réservant la jouissance jusqu’à leur décès. Orpheline de père depuis l’âge de dix ans, Catherine Julie vit avec eux.

Frédéric habite l'appartement voisin avec ses parents.

Il lui suffit de dix minutes de marche pour se rendre à la mairie.

Nous verrons dans l’article suivant qu’il a souvent parcouru ce trajet pour assurer ses différentes fonctions municipales. 


Un grand-père maire

Frédéric Sandier est le petit fils de Jean Sandier (sosa 364).

Jean Sandier, propriétaire cultivateur, était agent municipal de la commune de Vénissieux en1798. Après le coup d’État de Bonaparte, le 25 décembre 1799 il a été maire par intérim. Il démissionna l’année suivante, le 20 messidor an 8, donc le 9 juillet 1800. L’honneur de la fonction ne lui est pas monté à la tête, il signe toujours J. Sandier agent



Jean et Jeanne ont eu dix enfants, nés à Vénissieux entre 1757 et 1776.

au clic pour agrandir


Trois de leurs fils, Étienne, Joseph et Pierre se sont installés à Lyon comme négociants en drap. Ils avaient un commerce rue Saint-Côme n° 1, à l’angle de la place des Terreaux et de la rue Chenavard à Lyon.

Les trois frères semblaient bien s’entendre puisqu’ils ont habité dans la même propriété à la Croix-Rousse. 


Joseph s’est occupé de sa nièce et filleule, Catherine Julie après le décès de Jean à Vénissieux. 



Catherine Julie et Frédéric étaient donc cousins et voisins. 

voir aussi :

sa maison Petite-rue des Gloriettes

et la suite de ce billet  (#généathème élections) :

Un cousin maire de la Croix-Rousse


2026-03-31

Monsieur le maire (2)

 

Frédéric Sandier (1787-1849) 



Frédéric Sandier a été actif pendant plusieurs périodes à la mairie de la Croix-Rousse. 

Il a été conseiller municipal et adjoint. Élu pour deux mandats de maire, il a démissionné à deux reprises. 

La mairie se trouvait à l’angle de la rue de Cuire et de la place des Tapis. Elle a été démolie et l’actuelle est construite en 1867.

Il est élu maire le 29 janvier 1826.

https://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/ark:/18811/a495d2464294c27f4cb00177f276b397

Il devient légitimiste lorsque la Monarchie de juillet est instaurée, il démissionne le lendemain, 10 août 1830.

Le 11 septembre 1830

 «  Le maire déclare qu’il a donné sa démission, mais qu’il n’a pas abandonné son poste où il est resté dans l’exercice de ses fonctions jusqu’au remplacement par M. Richan.»

https://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/ark:/18811/0522f7d25540e1e369ce708142cd8f67

En 1831 et en 1834, Lyon fait face à des soulèvements ouvriers et républicains, notamment la révolte des Canuts dans la commune de la Croix-Rousse. Ce faubourg accueille des populations venues des alentours en quête de travail dans le milieu textile et l’industrie de la soie. Le travail est intense et pénible et leurs conditions de vie sont précaires. Les familles, les ouvriers et les apprentis s’entassent dans des logements où les métiers à tisser les occupent interminablement pour de maigres revenus.


Entre 1837 et 1842, Sandier reste engagé localement, il siège comme conseiller municipal.

Le 23 décembre 1846, il est élu pour un second mandat.



Le 23 février 1848, lors de l’Insurrection des Voraces, ces compagnons travailleurs de la soie s’arment à l’occasion des journées révolutionnaires. La Deuxième République est proclamée le 24 février. La confusion est grande. Le maire demande l’armement de la commune.



Le 5 mars 1848, il est contraint de démissionner dans le contexte politique révolutionnaire.

Il ne verra pas le rattachement du faubourg qui devient le 4ème arrondissement de Lyon en 1852.



En 1826, le maire de la Croix-Rousse était nommé directement par le roi (Charles X).

En 1831, instauration du suffrage censitaire par la monarchie de Juillet.

2 mars 1848, établissement du suffrage universel.





Voir aussi l'article précédent
#geneathème élections :


2026-03-14

Abjuration et conversions


Dans le dernier article, nous remontions la branche des ancêtres protestants d’Annonay. Intéressons-nous à présent au parcours des générations suivantes.

clic pour agrandir


Leurs descendants qui s’affichent ici sur quatre générations sont tous baptisés au temple protestant. Observons leur choix de religion au cours de leur vie.


Antoine Barou, fidèle protestant

Nous avons déjà rencontré Antoine Barou qui a été inhumé en 1786 dans le cimetière protestant de l’Hôtel-Dieu de Lyon. Il s’est marié, en 1751 à l’église de Fourvière, avec une catholique. Ils avaient auparavant fait baptiser leur fils Pierre Antoine dont j’ai eu la surprise de trouver la date de naissance dans cette circonstance imprévue.

 

Abjuration de Louis Barou 


L’union du couple des deux cousins germains d’Antoine : Jean Barou et Jeanne Barou est célébrée le 5 février 1713, dans l’église Sainte-Croix de Lyon.


Louis Barou, le père de Jeanne, avait acquis le statut de bourgeois de Lyon, par lettre de bourgeoisie, le 23 septembre 1717. En suite de quoy, il a fait et preté le serment de vivre et mourir en la religion catholique. 

AML BB/444 


Le jour où il a voulu épouser une jeune femme catholique, il avait déjà choisi de renoncer à sa religion protestante.


Je soussigné custode de Sainte-Croix en l’Eglise de Lyon ayant pouvoir spécial de Messire Claude de Saint-Georges, archevêque-comte de Lyon, primat des Gaules, déclare que le 24ème septembre de l’année présente 1695 après plusieurs instructions faites en particulier et après avoir trouvé les dispositions nécessaires pour embrasser la foi de l’Eglise romaine j’ay receu l’abjuration de la religion prétendue réformée qu’a faite entre mes mains Sieur Louis BAROU marchand drapier de cette ville de Lyon, au pied du grand autel de Sainte-Croix en profession publique solennelle de la religion catholique, apostolique et romaine dans laquelle moyennant la grâce de Dieu il veut vivre et mourir.

L’acte d’abjuration est enregistré le 24 septembre 1695 et il se marie le 3 novembre dans la même église Sainte-Croix. Il se déclare alors paroissien de Saint-Nizier.

Jeanne qui naît dix mois plus tard est portée sur les fonts baptismaux par sa cousine Marguerite.

 

Marguerite Barou, marraine à l’église, reste protestante

Il est intéressant d’aller voir le mariage de Marguerite Barou avec Louis Tourton, vingt ans auparavant, le 7 avril 1676 à Annonay. La cérémonie est célébrée au temple. Les invités ont dû se régaler ensuite, car il est marchand confiseur. 

Marguerite comme son frère Antoine « est inhumée dans l’Hôtel-Dieu de Lyon au lieu destiné pour la sépulture de Messieurs de la religion prétendue réformée, le 20 avril 1738 sur les 11 heures du soir ».

En effet, les enterrements se font nuitamment dans ce cimetière particulier.


Hôtel-Dieu de Lyon _ Falcon® CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons 


Lyon a été une cité protestante au 16e siècle.


À la génération suivante, tous sont devenus catholiques


Les trois filles de Jean Barou (sosa 746) se sont mariées dans l’église Notre-Dame d’Annonay.

Le seul acte de baptême que j’ai trouvé dans cette église est celui d’Élisabeth en 1741. Je suppose que ses sœurs ont été baptisées là.

Marguerite (notre sosa 373) s'est unie avec Laurent Pérouse, un officier d’infanterie, issu d’une famille où il n’y a aucun protestant.

Antoine qui était négociant s'est rendu à Saint-Etienne dans l’église Notre-Dame pour épouser sa femme, le 21 octobre 1760.

Je me suis intéressée à son témoin que l’on imagine dans l’uniforme militaire avec beaucoup de panache. Son beau frère, Just Gabriel d’Estezet de Saint-Cierge remplit les fonctions de lieutenant de cavalerie et commandant du roi dans le Haut-Vivarais. Il habitait avec Marie dans son château d’Estezet à Colombier-le-Jeune. 

Élisabeth « a été ensevelie dans le tombeau sous le clocher de l’église de Tain » le 20 janvier 1773. Elle avait 31 ans et cette femme épuisée venait de donner naissance à son onzième enfant ! Douze ans auparavant, elle avait épousé, Marcelin de Loche avocat en parlement. 


Au fil du temps, tous les membres de notre famille élargie se convertiront au catholicisme à la fin du 18e siècle. Ils ont toutefois gardé des réseaux de relations avec des personnes protestantes ou récemment converties.

 

L’article précédent : «Soirée debienfaisance au théâtre» montre l’investissement de Pierre Antoine Barou du Soleil comme administrateur élu dans l’Institut de bienfaisance. On constate que d’autres administrateurs avec lui étaient protestants.

Sans surprise, Pierre Antoine Barou fait partie des francs-maçons, je m’en doutais et je viens de découvrir une source qui le confirme. Beaucoup de Protestants lyonnais sont francs-maçons. Pierre Antoine qui comptait quantité d’amis devait être entouré de personnes qui partageaient ses valeurs. Si je peux en savoir davantage, j’essayerai écrire un article sur ce sujet. 

 

Cet article est la suite du précédent :

Des protestants à Annonay au 16e et au 17e siècle


Archives de Lyon, Lettres de bourgeoisie https://recherches.archives-lyon.fr/ark:/18811/379d2kg8zfjp/0b25414e-6262-42f3-9613-72c77bb18c7b


2026-03-05

Des protestants à Annonay au 16e et au 17e siècle

 

Mes derniers billets (et ceux du ChallengeAz 2025) étaient éclairés par le siècle des Lumières, l’époque de Pierre Antoine Barou du Soleil, un gentilhomme représentatif de cette époque avant la Révolution.

Nous allons grimper tout au sommet de cette branche du 17e au 16e siècle, dans une période moins lumineuse, jusqu’aux sombres guerres de religion dont Annonay garde la mémoire dans sa Tour des Martyrs

Annonay

Antoine Barou, le père de Pierre Antoine, et son frère Jean Barou (sosa 746) se situent à la génération XI des ancêtres de mes enfants.


Je remonte ensuite cinq générations qui forment un ensemble très lié socialement. Les trois premières apparaissent complètes. Plus haut, trouverai-je des actes pour ces rameaux cachés ? Ce n’est pas sûr...


À cette époque, ces branches-là sont protestantes, elles vivent à Annonay en Ardèche. Dans notre cité, les adeptes de la religion réformée pouvaient alors vivre de façon prospère. En effet, depuis le milieu du 16e siècle une importante partie des Annonéens a adopté le protestantisme qui se transmet pendant quelques générations.

Nous allons essayer de voir leur parcours.


Les Barou

Claude, puis Jean, puis Antoine Barou travaillent de père en fils, comme marchands.

Un acte précise que Jean est marchand drapier. Son grand-père, Jean Barou est marchand grossiste, il est bourgeois d’Annonay.

Ces négociants font de bonnes affaires et marient leurs filles dans des milieux aisés.

Claude Barou le vieil ancêtre n’est pas né à Annonay. Il pourrait venir du sud de l’Ardèche pour se réfugier dans une cité qui accueillait bien les protestants.


Les Gurin 

Claude a épousé Catherine de Gurin, fille de Claude et de Catherine !

Il s’allie à une famille importante Gurin ou Guérin, auquel s’ajoute plus tard une petite particule qui n’est pas noble, mais qui confère de la respectabilité.


Claude Gu[e]rin est avocat en parlement, docteur en droit et fils de notaire. Son contrat de mariage avec Catherine Androl est passé le 20 janvier 1558, à Andance dans la vallée du Rhône.


Claude est le fils de Louys. Catherine est la fille de Michel et d’Izabeau. Il sera difficile d’en savoir davantage, mais c’est appréciable d’avoir un document du milieu du 16e siècle. Je ne suis pas sûre d’avoir bien lu les noms de leurs mères.


J’aime bien penser que cette famille de Gurin fut (peut-être) propriétaire d’un champ dont le nom a traversé plus de 400 ans. Ma mère a habité le quartier de « Champgurin ». Ce toponyme prend pour moi un sens particulier, mêlant des souvenirs de ma mère qui n’aurait pas imaginé que cette Catherine Gurin (qui n'est pas mon ancêtre) soit la sosa 5969 de ses petits-enfants.

Les Lambert

Jeanne Lambert et Jean Barou se sont mariés le 13 février 1647. 

Pierre Lambert venait de mourir un mois auparavant, le 17 janvier 1647.

Jeanne Lambert est la petite-fille de Claude Lambert, un marchand potier qui a été consul d’Annonay. Il aurait épousé, en 1576, Gabrielle Chomel. J’ai consulté un grand livre de généalogie ancienne « Les Chomel », mais je ne m’y retrouve pas très bien, car  la famille Chomel est tellement nombreuse. Elle apparaît dans d’autres branches de cet arbre.

 


La mère de Jeanne, Madeleine Delacou est morte le 14 novembre 1670. Je ne connais pas ses parents et j’aimerais bien la rattacher à une autre branche homonyme. 

Les  Léorat

Etienne Léorat est tailleur, le fils de celui-ci autre Etienne Léorat exerce comme greffier au baillage d’Annonay, il est greffier des gabelles.



Jean Chomel, époux de Marie de Lacou, est maître apothicaire. J'aimerais bien remonter sur ce couple et éventuellement comprendre s'ils sont cousins avec d'autres homonymes. 

Les Lombard

Du côté de l’épouse de Jean Barou, ce sont les ancêtres de dame Lombard dont je ne résiste pas à citer les variantes du prénom : Elizabeth, "Babette", Isabelle, Isabeau.



On rencontre des officiers qui ont étudié le droit, on le voit dans les professions de ses frères et de sa famille maternelle.

Les Rignol

Jeanne est issue d’une famille de notaires, son père Pierre Rignol était aussi procureur au baillage du Vivarais.

Les Lagrange

Claude, comme son fils Théodore, sont greffiers au bailliage d’Annonay. Claude est consul.

Son épouse, Jeanne Rousset est la fille d’un tanneur, Pierre Rousset.

Annonay possède deux rivières offrant une eau douce pour les tanneries.

 


Pour moi qui n'ai pas d'ancêtres dans ma ville natale, je suis ravie de dresser cet arbre inattendu et d'explorer jusqu'au bout des branches ces familles vivant au 16e siècle. 


La suite de ce billet présente les générations suivantes :

Abjuration et conversions