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2023-11-01

A_ Ancêtres inattendus

 

La forêt de mes ancêtres est bien implantée à Marseille *.


Dans cette cité ont vécu, pendant plus de dix générations, les ascendants de ma bisaïeule, Marie Nicolas.

Ils sont issus des plus anciennes familles de Marseille, cela me procure une multitude de cousins contemporains qui s’intéressent aux immenses et bien explorées généalogies marseillaises. D’autres aïeux originaires de bourgs provençaux ont parcouru des chemins de transhumances ou d’aventure, et certains sont venus de Ligurie pour repeupler la ville au XVIIIe siècle, ou auparavant.

Cependant, je ne m’attendais pas à trouver un ancêtre parisien.


Nicolas Louis Deleurye est longtemps demeuré au sommet de sa branche sans que je réussisse à mener l’enquête sur ses ascendants. Pour plusieurs raisons : les recherches à Paris passent pour être difficiles, je pensais que faute d’archives, cet homme resterait dans l’ombre des gens qui parlent pointu.

 Et puis...

Les premières informations trouvées m’ont tellement ébahie que je n'ai pas enquêté plus loin durant plusieurs années, c'était vertigineux de découvrir ces familles qui vivaient dans l’entourage de musiciens du roi. J’ai acheté un livre que je n’ai pas lu intégralement, étourdie par l’arbre généalogique incroyable qui m’était offert pour la branche Paulin.

Je sentais que s'étoffait la matière pour écrire une belle série de billets. Au fil de l’été, ceux-ci ont fourni le thème de ce ChallengeAZ.


Où l’on peut voir :

Un Parisien accueilli à Marseille en 1777, dans une famille de patrons pêcheurs.

Un layetier, une blanchisseuse.

Des amoureux pas tout jeunes. Un veuf qui se console ausoleil.

Un menteur.

Un fils unique, mais pas vraiment…

Trois marchands pelletiers, voire beaucoup d’autres apparaissant au fil des recherches.

Des musiciens « organistes du Roy », un maître de musique, un serpent et aussi un « cordonnierde la reyne » à Versailles.

Des maîtres-chirurgiens, un maître-fourbisseur, un courtier à foin,

Une fille abandonnée.

Des registres de tutelle, des inventaires, des contrats de mariage.

Des branches multiples s’épanouissant à Paris, pour lesquelles je pourrais me passionner, si elles ne s’éloignaient pas dans la collatéralité. (Est-ce que ce mot existe ou bien suis-je en train de l’inventer ?)


Peut-être même me faudrait-il plus de 26 lettres pour tout vous raconter.


Merci à tous les lecteurs qui vont me suivre tout au long de ce ChallengeAZ 2023. 🙏


* C'est le thème de mon ChallengeAZ 2020

2020-11-26

W_ Where, d'où viennent-ils ?

La plupart de mes ancêtres marseillais ont une origine provençale, leurs familles vivaient dans les bourgs de l’arrière-pays de Marseille.

Cette carte, réalisée avec mon logiciel Généatique 2021, montre quelques chemins tracés par la famille de Magdeleine Decomis, au XVIIIe siècle.




En élargissant les recherches, lorsque j’aurais consulté les actes BMS, je pourrai ajouter d’autres lieux : Aubagne, Auriol, Roquevaire… avec des généalogies documentées. 

Généatique crée facilement ces cartes des migrations.

Documents sélection d’un modèle : ascendance

Sélection d’une personne (ici : Marie Nicolas)

Je n’ai coché que l’option naissance, afin de simplifier. 

Prenons le temps d'explorer le choix du fond de cartes proposées. 

Les trajets s’affichent par défaut, mais c’est ce qui me semble le plus intéressant ici.



Mais si l’on remonte le temps, on rencontre des personnes qui sont descendues de la montagne. Les garçons ont épousé des filles de Marseille, ils ont laissé leurs parents et leurs frères aînés dans leurs villages du Var, des Alpes de Haute-Provence et des Alpes-Maritimes.


Le nombre de nos aïeux de la province d’Imperia, en Ligurie, augmente au fil de mes recherches. Toutes les informations que j’ai eu la surprise de découvrir sur Geneanet ne sont pas encore vérifiées et intégrées dans ma généalogie. Cependant, je ne résiste pas à imaginer les lieux parcourus par mes ancêtres. Ce sont souvent de petites gens pas très riches, de courageux migrants cherchant une vie meilleure. 

Cela m'a plu de trouver Jean Baptiste SIMON, un marin né en 1762 à Chiappa, et tant d’autres qui sont nés dans des villages montagnards dont les noms m’enchantent. Parmi eux : 

Catherine Calvo, née à Pairola, au XVIIIe siècle.

Pierre Borrel, né à Montegrosso Pian Late, est mort en 1513 à Marseille.

Jeanne Sebilly, née à Pieve di Teco, est décédée vers 1490.

Bertone Tomaso Durbec, né à Porto Maurizio ,vers 1455.

Et encore, Jauffrey de Napoli, né à Naples, mort en 1371 à Marseille.

 

La carte ci-dessus localise les individus arrivés directement à Marseille.

En suivant ce lien : https://www.google.com/maps/d/edit?mid=1IeyJ3MxKpaX3ifd19QMkK0U9LZwpzOXs&usp=sharing

elle peut être visionnée sur Google Maps, où vous pourrez apprécier les possibilités de voir le relief géographique et de zoomer pour un voyage rapide. En cliquant sur les points que j’ai déposés dans les bourgs, apparait le nom de la personne  (il me reste à compléter le numéro sosa).

 

Voici comment j’ai procédé :

Dans mon logiciel Généatique 2021 :  Onglet Documents -> Ascendance

Choisir, parmi celles qui indiquent le lieu, une liste d’ascendance, avec un maximum de générations (j’ai choisi comme personne de départ mon Arrière-grand-mère).  

->Suivant -> on obtient la liste sous forme de tableau.

A partir de ces données, j’ai dressé un tableau Excel. Les colonnes Ville _ Code sont indispensables.

 


J’importe le tableau Excel dans Google My Maps.

J’ai dû réajuster au cas par cas le code de la ville, parfois Google accepte le code postal, d’autres fois le code INSEE, allez comprendre !

Pour les villes en Italie, je les ai déposées manuellement avec le repère dont on peut choisir la couleur.

Parmi les fonds de carte, le plus lisible est le moins chargé, mais c'est selon le goût de chacun.

Il faut rendre la carte en mode public pour avoir la possibilité de l’intégrer à mon site.  

Regardez ! elle devient interactive : zoom avec la roulette, déplacement, et clic sur le repère, etc.



Bien sûr, ceci est l’état de mes recherches, cette carte contiendra d’autres lieux, lorsque plusieurs branches seront vérifiées avec des sources sûres.  

 

2020-08-14

Un implexe serait le bienvenu

Ce billet est le troisième qui nous emmène à Pontevès

Reprenons le sentier de mes dernières découvertes estivales :

Les Bessillons


  • o     Sous la montagne de Barjols mon horizon s’agrandit, avec ce lieu d’origine de mes ancêtres qui devient un nouveau repère (re-père).
  • o  André Cordier ou Cordeilh (sosa 4634), fils d’Aubert et d’Honorade Garavagne  avait déjà quitté ce village en 1587, puisqu’il s’est établi à Marseille.
  • o  Un siècle plus tard, en 1684, Anne Layoun (sosa 1369), fille de Reimond et Margarite Mailhe, de Pontevès, a épousé Antoine Simon; elle l’a suivi à Barjols.

  

Il n’est pas impossible que ces familles de branches différentes 
ayant vécu dans le même village 
puissent remonter sur des ancêtres communs.

Un implexe ici me plairait bien.

La descendance d’André est demeurée à Marseille jusqu’au début du XXe. Marius, mon grand-père épouse alors Rose, ma grand-mère qui, tout comme lui, ne se doutait pas qu’elle avait des ancêtres originaires de Pontevès.

Un implexe serait le bienvenu, pour allier deux branches qui croissaient il y a bien longtemps. 

Je le verrai bien du côté de la famille Mailhe, (si Jeanne Malhe est vraiment la grand-mère d'André) mais je pense ne jamais pouvoir l’établir assurément, comme je l'explique dans ce billet : Sans aucune preuve, juste de l'intuition. C’est trop ancien et il manque des registres d’état civil.

Pontevès

 Je dois me pencher sur l’histoire de ce village lorsque leurs familles y habitaient. L’article Wikipédia (auquel j’ai déjà apporté des informations et des photos) nous apprend que la Grande Peste de 1384 fut terrible et décima la population. En cette année 2020, cette violente épidémie résonne singulièrement dans notre vécu. Les Pontois ont souffert et sont morts dans des circonstances que l’on imagine tragiques ; de plus, l’époque de troubles et de guerres pousse la population à déserter.

En 1477, pour repeupler son fief afin qu’il renaisse, le seigneur de Pontevès a fait appel une trentaine de familles de Montegrosso, dans le diocèse d’Albenga (Italie).

Aujourd’hui encore les habitants se souviennent que leur village est le fruit de ces brassages.

De toute évidence, mes ancêtres doivent être issus de tous ces hommes et femmes venus de Ligurie, et croisés avec les anciens Provençaux. 


Pontevès (Var)


J'ai pris cette photo sachant qu'André Cordeilh n'a pu voir l'église avec son campanile, construite en 1668, ni le château superbement rénové au XVIIe, dont il ne reste que les tours et son portail remarquable.


Pontevès 1669 

Et cette photo-là ... avant de pouvoir affirmer qu'une autre ancêtre, Anne Layoun, a été présentée sur ces fonds baptismaux qui portent la date 1669.

Pour cheminer dans cette enquête : 

La montagne de Barjols 

Sans aucune preuve, juste de l’intuition 

Un implexe serait le bienvenu

2019-11-21

R_Récits


Il était une fois le père du père de mon père …



A la manière du récit de Péter Esterhazy qui m’a déjà inspiré un billet, je vais raconter notre lignée paternelle.

Mon père, (avant qu'il soit mon père), accompagné de quelques copains, remontait la rue. Ma mère et ses amies la descendaient. En passant sur le pont, les deux groupes se sont croisés et il semble que Cupidon ait fait le lien. La rencontre était improbable. Les ancêtres de ma mère avaient vécu, depuis la nuit des temps, dans leur montagne du Vivarais-Velay.
Le père de mon père, emmenant sa famille avec lui, installait l’électricité sur les voies ferrées. Ils avaient tant voyagé, que mon père ne savait quelle adresse indiquer sur son acte de mariage. Le père de mon père ne savait déjà plus d’où venaient ses ancêtres marins en Méditerranée.




Les Étrusques s’étaient endormis depuis longtemps lorsque nos vieux pères naquirent en Toscane ; c’était au XVe siècle, donc au quattrocento, sans doute avant. 

Pourquoi le fils de Carlo, fils d’Andrea, fils de Scipione, fils d’Andrea, fils de Cesare, fils de Bartolomeo, fils de Matteo,  a-t-il quitté Giglio, leur île merveilleuse où la famille avait fait souche depuis plus de huit générations ?

Parce qu’il aimait les Françaises, pardi ! me dit un cousin italien. En effet, le père Ignacio est venu à Saint-Tropez, en 1775, pour épouser sa belle demoiselle Cerize. (J’aurais tant aimé qu’elle soit notre aïeule !)
Les deux fils d’Ignacio sont Félix Ignace et Ignace Tropez. L’un d’eux est mort à Trafalgar, l’autre aurait pu mourir au cours de ses dix années de captivité. Et nous ne serions pas là !
Ils n’ont pas la même mère. Je n’apprécie guère cette grand-mère, mais le père de celle-ci est un personnage important : un rey, un rais de madrague. Et je ne connais pas encore leur ascendance.


Si ce récit vous fait perdre la boule, sachez jeunes néophytes, que mes recherches généalogiques sont nées dans la mer et que je me noie souvent dans nos arbres. 

On peut rêver avec "le roi de l'île"  (j'aurais aimé écrire comme le poète)

2019-11-04

C_ Cartographie


C’est probablement la question dont la réponse apporte le plus de surprises au fil des recherches.
D’où viennent-ils ?


La plupart de nos ancêtres ont vécu dans le même lieu où les générations se sont succédées.

Remonter temporellement, c’est aussi remonter géographiquement. Tôt ou tard, surgit une branche dont l’origine n’est pas du village. Au début, on bloque ; alors, cette branche qui se charge de points d'interrogation en devient plus intéressante, surtout lorsque l’on trouve un acte de naissance dans un bourg voisin ou plus lointain et inattendu. C’est une autre histoire famille qui se dessine. Qu’il importe de tracer …

Bien sûr, nous consultons les cartes actuelles, très vite, impatients de localiser les lieux de vie et les routes. On se promet d’y aller à la prochaine occasion, même si c’est loin, même si c’est compliqué, même si l'on sait qu’il y a peu de chance que l’on  retrouve des traces. La généalogie est pour moi une source de voyages.


A l’occasion d’une cousinade, j’ai réalisé cette carte  avec Google Map. Elle a causé un grand étonnement aux participants qui ne se doutaient pas des différents lieux d’origine de nos familles.

Il est facile de créer une tel document à partir d’une liste de lieux référencés. Il suffit d’importer un fichier Excel contenant une liste d'adresses,  ensuite Google les place automatiquement sur une carte. Cette photographie a retenu l’attention plus sûrement qu’un discours détaillé. De plus, cela peut être partagé et complété par des cousins en coworking, sur le cloud de Google Drive.

On peut préférer le logiciel libre Umap, basés sur les fonds de cartes d'OpenStreetMap.
Il faut bien sûr explorer aussi le site génial de Géoportail.



J’ai présenté récemment, au groupe PFL (Patrimoine et Familles du Lyonnais), un diaporama qui explore des outils pour la cartographie.


2019-08-30

À Vergons

Pourquoi les filles de Vergons vont-elles s’établir sur la côte ?

C’est la question que j’ai posée à un Vergonais, celui-ci m’a raconté qu'en effet les filles du village préféraient, comme sa mère, se marier sur la côte d'Azur plutôt que d’épouser un compagnon de leurs jeux d’enfants. Il n’allait pas jusqu’à affirmer que cela répondait à l’histoire de mon ancêtre. Mais la coïncidence me plait !  


Vergons est un bourg dans les Alpes de Haute Provence, près du col de Toutes Aures; à l’altitude de 1000 m, les pâturages sont verts, fleuris et agréables aux abeilles et aux moutons.
A la fin du XVIIe siècle, dépendant de la viguerie de Castellane, le village comptait soixante feux.
Une branche de mes ancêtres vivait là à cette époque.
Marguerite Paule est la fille de Jacques Paul et de Jeanne Mouresse
Dans le sud, les patronymes s’écrivent au féminin. A Vergons, il y a encore des familles Paul et  Mourre…

La petite Marguerite est née le 12 février 1688.
J’ai trouvé, pour l’heure, quatre enfants dans les registres (AD 04).
Jean PAUL né le 19/12/1681 –
Catherine ou Catarine PAULE née le 12/12/1684 –
Honoré PAUL né le 9/09/1690.

Marguerite a six ans lorsque sa mère meurt le 4/12/1694. Je ne sais pas si l’on fêtait les anniversaire des aînés Jean (le 19) et Catherine (le 12), mais ce mois de décembre a dû être bien triste. Qui a élevé les jeunes enfants ?

En 1717, Marguerite s'installe à Saint-Tropez, le 1er février, elle épouse Jean Baptiste Marquet, il est veuf à 37 ans, avec un petit Joseph âgé de sept ans.
Marguerite, la nouvelle épousée a 28 ans, mais le curé écrit qu’elle en a 25. Ce qui va me donner l'occasion, pour vérifier cela, de tourner les pages des registres BMS de Vergons et ainsi d'étoffer les arbres.

Trois enfants vont naître dans le couple Marquet à Saint-Tropez (source AD83) :
  •  Jean Baptiste qui porte le nom de son père est un bébé chétif, ondoyé en urgence.
« l'an mil sept cent dix sept et le dix du mois de novembre à deux heures après-midi dans l'église paroissiale de Saint-Torpez a été suplée les cérémonies du baptême par moi prêtre soussigné à Jean Baptiste Marquet fils de Jean Baptiste travailleur et de Marguerite Paule du lieu de Vergons mariés né le neuvième du courant à deux heures du matin le parrain a été Jean Baptiste Rebufel de Séranon et la marraine Élisabeth Dalere qui n'ont scu signer v+  baptisé à la maison à cause qu'il s'est trouvé en danger de mort par Élisabeth sage-femme " 
 Ce premier-né meurt à l’âge de 8 semaines.
« l'an mil sept cent dix huit et le neuf du mois de janvier a été enterré dans le cimetière de cette paroisse Jean Baptiste Marquez fils de Jean Baptiste Marquez matelot et de Marguerite Paule baptisé dans cette église le dix du mois de novembre dernier le père et les parents ont assisté à l'enterrement avec les prêtres de la paroisse… »
  • Un an plus tard, arrive Marguerite Rose qui porte le prénom de sa mère, elle vivra 68 ans.
  • Mon aïeul, Jean Joseph naît en 1721, il meurt en 1795, à l'âge respectable de 74 ans. C'est un matelot , comme son père. 

Au bout de six années de vie commune, Marguerite PAULE décède à l’âge de 35 ans, elle est inhumée le 8 du mois de mai 1723, "décédée hier de maladie".

La clue de Vergon

Nous sommes allés découvrir Vergons.
Le village actuel est moins ancien que celui habité par mes ancêtres, j'aurais aimé voir les pierres de leurs maisons...

La chapelle romane Notre-Dame-de-Valvert,  entourée du cimetière, a été construite au  XIIe siècle. Nos ancêtres seraient-ils là ? 


Il sera intéressant de déchiffrer encore les pages des registres BMS de Vergons, (malgré les lacunes) pour comprendre la famille. Déjà, quelques indices sont à explorer du côté des parrains et marraines.


2019-08-24

Séranon et Valderoure

Séranon est le berceau de la famille Rebuffel.
C'est le patronyme le plus répandu entre Séranon, Caille et Vaderoure (06).

Mon sosa 142, "Jean" Baptiste Rebufel (Rebuffel) est né à Séranon, il s’est marié à Saint-Tropez le 5 octobre 1722.
Son contrat de mariage nous apprend qu’il est le fils de Philip Rebuffel et de feue Jeanne David. Le notaire et le curé ont inscrit Davite au féminin, le notaire écrivant qu’il est né à Séranon, le curé qu’il est originaire de la paroisse de La Val de Roure.
On ne peut consulter l’état civil de Séranon qu’à partir de 1692 et les homonymes ne me permettent pas d’établir leur arbre ascendant.
Voilà quelques imprécisions qui ne m’avaient pas embarrassée au début de mes recherches, trop heureuse d'avoir situé Séranon sur la route Napoléon, entre Grasse et Castellane, où j’étais passée peu de temps avant de découvrir ces ancêtres.  

En juillet 2015, j’ai voulu visiter Séranon, ce qui m'a apporte beaucoup d'éléments géographiques, de ressenti pour comprendre cette famille, mais aussi plusieurs questions sur leur lieu de vie.


Séranon est un village des Alpes-Maritimes à 1100 m d’altitude. Il se niche
aux confins du Var et des Alpes-de-Haute-Provence.

Dans ce toponyme : serre montagne en occitan. C'est un éperon rocheux calcaire, où s’accrochent le « vieux Séranon » et le château médiéval, mentionné en 1252.


Au Moyen-Age, la route entre Grasse et Castellane était un lieu de passage important, les voyageurs devaient s’arrêter à Séranon, pour acquitter un péage, lorsqu’ils se rendaient aux foires.

Il ne subsiste qu’une partie de la chapelle de Gratemoine (XIe siècle), possession de l’Abbaye de Lérins.



Grimpons ensemble sur le chemin qui menait au château. Il ne reste que des ruines. Le vieux village proche du château a été déserté par les habitants qui se sont installés dans les vallées, entre 1748 et 1774.

Le col de Séranon à 1300 m est le passage entre les deux vallées.
Valderoure : "la vallée des chênes", était à l’époque de mes ancêtres un hameau de Séranon ; c’est devenu une commune indépendante en 1790. 

En rédigeant cet article, je viens de trouver un frère de Jean, grâce à un arbre mis en ligne avec Geneanet. Pierre Rebuffel s’est marié, en 1708, à Valderoure où sont nés ses enfants. Sa descendance s’est établie à Saint-Tropez.
Quelle belle surprise de pouvoir correspondre avec les descendants de nos ancêtres, deux siècles plus tard ! Voilà comment partir en voyage ou écrire un blog contribuent à agrandir les expériences généalogiques.

En août 2019,

Nous avons eu envie de retourner à Séranon pour que mes enfants apprécient ce lieu superbe. 
Une crête rocheuse sépare les deux vallées qui ont abrité nos ancêtres jusqu’au début du XVIIIe siècle. La lumière est provençale, cependant la fraîcheur de l’air alpin est appréciable après la traversée du plateau de Canjuers. Lorsque nous arrivons à Séranon, le vent s’est levé, il amène d’inquiétants nuages gris acier, de plus en plus noirs, ils ont remonté au galop les gorges du Verdon et débouchent avec fracas sur le village.

L’aubergiste qui nous accueille avec le sourire, explique que tous les jours un orage éclate, un déluge lave le ciel et tout redevient calme. Un jeune homme, chasseur d’orages, confirme que Séranon est habitué à recevoir cette pluie qui verdit les prés. Caille qui est aussi un hameau de nos ancêtres a la particularité d’avoir des nuits très fraîches, il n’est pas rare de relever 6° au mois d’août.
Philip Rebufel (sosa 284) et Jeanne David (sosa 285) se sont mariés à Caille. Je ne pourrai en savoir davantage sur leur famille. Mais aujourd'hui, je connais un peu mieux leur  belle région. 

Leur fils, Jean Baptiste Rebufel, travaillait la terre dans la montagne. Le dépaysement a dû être important lorsqu’il est devenu laboureur, à Saint-Tropez, vers 1722. 

Bibliographie
R.J.Aubenas, Les vallées de Séranon et de Valderoure des origines à 1815, Ed. Mémoires et travaux de l’Association Méditerranéenne d’Histoire et d’Ethnologie, 1976

2018-11-27

W_Where d’où viennent-ils ?


Ils ont quitté leur province. Ils se sont installés pour travailler en ville. 
Ils/ elles ont épousé un.e habitant.e de Lyon.  
Ils sont devenus Lyonnais.  
Et leurs descendants ont oublié d’où ils venaient...


Tout au long du XIXe, d’où viennent-ils les conjoints des descendants de Joseph Pérouse ?
Nous sommes allés rue Saint-Joseph, lorsque Joseph préparait la noce de sa fille Joséphine.
J’avais fait une présentation qui m’a conduit à étudier les mariages à Lyon au XIXème siècle, c’était lors de la semaine de la généalogie, en lien avec le thème de l’exposition des Archives de Lyon.



En analysant nos arbres, nous avons pu confirmer ce qu’écrit Maurice Garden à propos de la démographie lyonnaise au XVIIIe, « plus de la moitié des nouveaux ménages lyonnais ont un de leurs membre au moins, souvent les deux, nés hors de Lyon. C’est par le mariage que le renouvellement de la population lyonnaise s’affirme le plus complet et le plus irréversible »[1]

Au XIXe, ce mouvement persiste comme on peut l’observer parmi les alliances des descendants de Joseph. La plupart des individus épouse un conjoint né hors Lyon, précisément dans la Région Rhône -Alpes-Auvergne.



Ce qui m’intéresse ici ce sont les possibilités des logiciels de cartographie.
Voici les trajets des migrations représentés avec Umap qui utilise un fond de carte OpenStreetMap.


Sur le site carte.gouv.fr avec un fond de carte iGN :


Il serait intéressant d'étudier un échantillon plus important et de préciser leur migration vers Lyon au fil des époques. Ce pourrait être le sujet d'autres articles. 


Sources :
[1] Maurice Garden, Lyon et les Lyonnais au XVIIIe siècle, Éditions Champ Flammarion, 1975
Gravures :
BML fonds Coste-295 _296

2018-07-09

L’art de perdre


L’art de perdre, Alice Zeniter, Flammarion, 2017, 506 p.


« Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. » 

« Quand quelqu’un se tait, les autres inventent toujours 
et presque chaque fois ils se trompent »


Hamid ne dit rien, il a oublié l’Algérie quittée en 1962. Son père n’a jamais pu lui raconter pourquoi ils sont arrivés en France. Le patriarche a sauvé sa famille, pourtant il a perdu sa force superbe en devenant un réfugié, astreint à séjourner dans le camp de Rivesaltes, puis à connaitre la honte de travailler en usine sans reconnaissance. 
Lui qui ne vivait que pour transmettre les oliviers de sa propriété à ses descendants, il a dû tout abandonner. Avec son épouse Yema, ils ont accepté d’habiter un HLM triste, dans une cité qui va se déliter rapidement. Leur fils aîné Hamid, est un élève brillant, il est capable de se charger de l’administration familiale et de l’aide aux voisins qui ne comprennent pas le français. Lorsqu’ il devient trop difficile pour lui d’assurer le lien entre la vie quotidienne en France et le passé de la famille qu’il oublie faute d’être expliqué, il prend des distances. Il épouse Clarisse, une jeune française qui essaye vainement de le comprendre, en dépit de ses silences.
Alors à la génération suivante, Naïma leur fille souffre à son tour d’angoisses qu’elle ne comprend pas. Cette jeune femme, contemporaine et éprise de liberté, reste partagée entre l’envie et la peur d’aller dans le pays de ses ancêtres. Arrivera-t-elle à rencontrer sa parenté lors d’un voyage en Kabylie ?

« Rapidement, Naïma se trouve occupée à mimer son arbre généalogique, dessinant dans les airs les ronds qui représentent son grand-père Ali, sa grand-mère Yema et le trait qui mène son père Hamid, au côté de qui elle trace une succession de cercles avant d’entonner la litanie de ses oncles et tantes »… « Ils regardent tous le rien de ce qui s’est dessiné dans les airs comme s’il s’agissait d’une cathédrale de dentelle. Naïma et Malika s’observent en souriant parmi les morceaux de famille flottants qu’elles sont parvenues à assembler puis elles font un pas et s’étreignent. »

Ce roman a été récompensé par plusieurs prix littéraires, il a été cité à chacune des rencontres « les écritures post coloniales » au TNP. La narration est brillante, intelligente, portée par une écriture fluide, puissante, drôle et captivante. Alice Zeniter, jeune écrivain sympathique, rencontrée aux AIR,  a réussi un livre attachant.

Le récit est passionnant dès la première page mais lorsqu’on arrive à la fin, on a envie de prolonger l’histoire en relisant les premiers chapitres dans lesquels la quête de Naïma prend un sens encore plus puissant. 
Un livre à lire en boucle que je vous recommande. L’auteur arrive à nous convaincre que la perte, au-delà de la nostalgie que connaissent bien les généalogistes, pourrait être la source d’une dynamique dans une vie nouvelle si les racines sont racontées.  

Pour  feuilleter quelques pages, suivre ce lien :
https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F276430.js&oid=6&c=&m=&l=&r=&f=pdf

2017-06-12

J_Joseph P.


Je ne sais pourquoi Joseph est allé à Marseille, pour cette raison il a été entraîné dans des péripéties, c'était l'époque de la Révolution.

Joseph Pérouse (sosa 186) habitait sur le quai Monsieur, en face du (Vieux-) Port de Marseille 
(où vivaient nombre de mes ancêtres d'une toute autre branche !)


Le port de Marseille, Balthasar Friedrich Leizelt, 1778

Né en 1766, dans une très ancienne famille connue au Péage de Roussillon, dans le Dauphiné, il était alors âgé d’un peu plus de vingt ans, mais il n’avait pas encore trente ans. 



Joseph exerçait le métier de marchand-fabriquant de chapeaux de paille d’Italie. Son commerce semblait prospère, le jeune chapelier était un habitué de la célèbre foire de Beaucaire où il vendait ses chapeaux et achetait les feutres et les tissus. Ses chapeaux de paille ne servaient pas seulement pour se protéger élégamment du soleil de Provence, ils étaient devenus un objet de mode et un marqueur social dont la dimension politique s’affirmait à Marseille.


En effet, la Révolution avait fait apparaître des cocardes sur les couvre-chefs.
Les royalistes arboraient la cocarde blanche, les antirévolutionnaires la cocarde noire, mais cela n'a pas duré longtemps car revendiquer cette position devint risqué.


Image satirique de Mirabeau
 http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40252659n

Un député de la noblesse de Marseille écrivait « On désarme les polissons, on arrête ceux qui ont des effets volés, mais il faut avoir une cocarde verte au chapeau pour n'être pas insulté. » Cette cocarde verte de l’espoir révolutionnaire sera remplacée par la cocarde tricolore.

Joseph faisait partie du Comité de surveillance et de salut public de son quartier, il fut désigné lors de la Terreur pour siéger au Comité général le 13 mai 1793. Il s’agissait de chasser les terroristes et d’organiser l’insurrection.
Le 25 août au matin, les troupes de la Convention entrèrent dans Marseille vaincue, et les membres du Comité qu'on put saisir furent exécutés.
Joseph s’était évadé la veille, il se réfugia à Trieste et y demeura presque deux années. Bien sûr, il connaissait des fournisseurs de confiance qui lui vendaient de la belle paille d’Italie de qualité supérieure, ils ont su l’accueillir.
Il revint en France, le 1er juin 1795, en demandant sa radiation de la liste des émigrés. Mais, il avait tout perdu de son commerce.
Lors d'un voyage à Paris, il fut reconnu par un ancien terroriste et arrêté le 25 décembre 1795. Il se croyait en règle, pourtant une loi interdisait le séjour à Paris tant que les papiers n’étaient pas complètement ratifiés par le Directoire. 
«  j’ai resté 9 mois en prison …. » écrit-il, dans un document étonnant où il explique cette mésaventure.

En 1798, Joseph se maria avec Catherine Duboys, il installa alors son atelier de chapelier à Lyon.

Si vous voulez connaître la suite de la vie de Joseph, allez au rendez-vous ancestral avec Joseph P. en 1821 à Lyon. 
Source : Les Pérouse du XVe au XXe siècle, Gabriel Pérouse
 
 

2017-06-06

E _ Émigrés

 
Que feriez-vous si votre père ou votre frère était arrêté, si votre nom était sur la liste des condamnés ?

Émigrer dans le contexte de la Révolution française entre en résonance avec notre époque où beaucoup de familles décident de quitter leur pays qui devient trop dangereux.
Certainement, selon les familles touchées par les guerres civiles, les conditions de l’exil ne sont pas les mêmes.
 

Fuite des émigrés http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40249604v


Lors de la Révolution, il s’agit de sauver sa peau, d’échapper à la Terreur. Mais émigrer c’est mettre sa famille en danger, être banni, perdre ses biens et ses droits.

La Convention fit inscrire le nom des émigrés sur des listes et cette inscription était un arrêt de mort. Des décrets organisent le séquestre et la vente de leurs biens et même de ceux de leurs femmes. La loi permettait le divorce pour cause d’émigration. 
Pour se sauver avant d'être dénoncé (à lire plus tard, lettre N du challengeAz), il fallait être averti et agir rapidement , ce que n'a pas réussi François Lupin. (Vous découvrirez son histoire dans l'article suivant.)
 

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40249616v


32 000 hommes sont inscrits comme émigrés sur des listes, par conséquent condamnés à mort s’ils reviennent, tous leurs biens sont saisis. Après la fin de la Terreur et du règne de Robespierre, la plupart des émigrés sont autorisés à rentrer chez eux.

Tous n’ont pas été sur cette liste. Comme la plupart des 150 000 personnes qui ont quitté la France, nos ancêtres qui ont émigré n’étaient pas des nobles, ils étaient commerçants, artisans ...

A Lyon, plusieurs étaient des soyeux comme les frères Margaron, fils de Gaspard qui s’exilèrent en Suisse où ils ont rejoint une quantité de Lyonnais lesquels ont apporté leur savoir-faire dans la fabrication d’étoffes. 

André Margaron (sosa 114) officier pendant le siège de la ville et Antoine, son frère aîné, figuraient sur la liste des dénoncés … Il était urgent de s'échapper. 

"Margaron 35 ans ; bel homme, visage plein et rond, marchand de gaze, 5 pieds 7 pouces"
"Antoine Margaron, âgé de 42 ans , né à Lyon, dept du Rhône, place des cordeliers, marchant de gaze, commandant de bataillon, condamné à mort et non exécuté, attendu son évasion" 


Je vous parlerai prochainement de Joseph P. qui a émigré en Italie, de Laurent Duvernay qui s'est enfui en Angleterre.

Lorsque la tourmente révolutionnaire eut passé, ils vont demander à être radiés des listes.

Aux Archives nationales sont conservés les dossiers nominatifs des demandes de radiation et de mainlevée de séquestre qui vont être mis en ligne progressivement. Si je peux trouver leurs noms, je compléterai cette enquête.