2021-02-19

Se mettre en route vers les Archives


Dans le cadre du challenge #lemoisGeneatechje raconte 

une découverte que je n’aurais pas pu faire sans me rendre aux archives. 

AD 13

Les recherches devant l’écran de l’ordinateur demeurent confortables et pratiques. Pourtant l’effort de se déplacer jusqu’aux lointaines archives procure une source d’émerveillement.
C’est alors que des ancêtres se révèlent, je comprends mieux leur vie et je situe leurs parents. 

Cette aventure s’est réalisée plusieurs fois. Cela m’a donné l’occasion d’aller jusque dans leurs villages et de les considérer comme les miens.

1re étape : les Archives des Bouches-du-Rhône à Marseille

C’était ma première visite aux AD 13, curieuse, impatiente de découvrir des actes de notaires, je récolte un maximum de photos de registres. Je ne prends pas vraiment le temps de les lire, seulement d’en apprécier l’odeur et le toucher. Je suis émue de voir que mes ancêtres avaient apposé leurs paraphes sous les actes.

AD 13, registre 367 E 122

Le contrat de mariage entre Estienne Mauroux et Anne Gatte a été dressé à Marseille, en l’an 1655 et le quatrième jour du mois de mai.


Je déchiffre avec surprise le lieu où il est né : Aubenas. Je ne lis pas la suite qui me demanderait une attention supplémentaire. Je prends des photos rapidement, car d’autres registres m’attendent.

Cela me plaît bien d’avoir un nouvel ancêtre originaire du sud de l’Ardèche...

Mais, plus tard je regarde les détails des clichés, il apparaît qu' Aubenas se trouve dans le diocèse de Sisteron. Il s’agit d’Aubenas-les-Alpes que je m’empresse de rechercher sur une carte.

2e étape : Aubenas-les-Alpes

L’été suivant, nous allons à Forcalquier, dans les collines du Luberon, nous faisons une halte à Saint-Michel-l’Observatoire, la route sinue à travers les champs de lavande. Nous découvrons Aubenas-les-Alpes, notre minuscule village, il n’a qu’une place et qu’une seule rue. Deux Albascecoises sont ravies de me montrer, niché dans un panorama superbe, le hameau des Mauroux qui a conservé le nom de mes ancêtres.

Je raconte cela dans ce billet : Un tout petit village.

Les Mauroux et les Reyniers à Aubenas, 04

3e étape : les Archives des Alpes de Haute-Provence, à Digne.

Jean Mauroux, le père d’Étienne a déposé son testament en 1656, chez le notaire de Saint-Michel. C’est aux AD 04 que je suis allée le lire.

Je raconte cela dans le billet : Une constellation familiale en Luberon.



Je ne pense pas trouver davantage d’indices pour continuer, mais je sais que je retournerai dans le village d’Étienne (sosa 1162) pour le plaisir de me sentir chez moi dans ces collines provençales.


Ps. Le couple Jean Mauroux et Magdeleine Reynier figure dans plusieurs généalogies publiées sur Geneanet, copiées et recopiées avec des erreurs sur les patronymes. Personne n’a remarqué que mon Etienne n’avais pas disparu, il était allé s’établir à Marseille. 

Alors, s'il vous plait : recopiez-moi ! 

2021-02-12

Pourquoi était-ce un secret ?

Parlez nous des histoires d’amour, autour du thème de la Saint-Valentin. #lemoisGeneatech

Marius en 1917


Ma grand-mère a voulu cacher que son mari était veuf avant de l’épouser. Elle a confié cela à sa belle-fille en lui demandant de garder le secret. Mon père ne l’a découvert qu’après le décès de sa mère, au moment où il a ouvert le livret de famille de ses parents.

Ma mère se souvenait d’avoir entendu que cette première femme était originaire du Gévaudan, cette province est une terre de légendes et de mystères. Nous nous sommes interrogés sur la raison du silence autour de ce couple. J’ai même pensé à un drame irracontable et j’ai élaboré des hypothèses.

Mes cousines supposaient qu’épouser un veuf était autrefois une honte. Il n’en est rien. Je leur ai rappelé que Bruno, le père de Marius, s’était marié en secondes noces avec Marie Nicolas. Les demi-frères Baptistin et Marius formaient une fratrie unie. D’ailleurs, dans les familles marseillaises du côté de sa mère, il est particulièrement fréquent que des veufs se remarient, davantage même que dans d’autres branches de nos généalogies.

De Françoise Marie Mathilde Prudence Massat, je ne connais que son nom. Les photos n’ont pas été conservées, je suppose que ma grand-mère les a détruites, ou alors elles sont restées anonymes.

Je ne sais pas où elle est née.

Marius et Françoise se sont mariés le 29 août 1913 à Narbonne. Aux Archives de l’Aude, on ne trouve pas d’acte en ligne postérieur à 1872.

Françoise est décédée au printemps 1914, en Auvergne, mais j’ignore le lieu. 

 

Depuis que j'ai ouvert son journal tenu pendant la Grande Guerre, je sais que Marius était amoureux de Françoise et que sa mort lui a causé un profond chagrin.


Il évoque le premier anniversaire de son décès, en mai 1915, alors qu’il se trouve sur le Front d’Orient, dans les Dardanelles.

Samedi 15 mai.

Aujourd’hui ma pensée est bien loin d’ici. Il y a exactement un an que j’accompagnais ma pauvre femme sur les hauts plateaux d’Auvergne espérant que l’air pur et les bons soins auraient raison de son mal. Je me remémore ce départ et ce voyage, le dernier que je fis avec elle. Toute cette journée je ne vais penser qu’à elle.

Vendredi 28 mai.

Ma blessure est presque guérie.

Marius écrit à différentes personne et… au père de Françoise avec qui les relations devaient être bonnes.

Je viens de m’occuper : j’ai écrit au beau-père Massat.



J’ai de la peine en voyant cet homme si triste, confiant sa douleur intime à son carnet, tandis que les obus tombent autour de lui.

Sur la photo ci-dessus, en 1917, Marius est en deuil de sa mère. Il va épouser Rose, ma grand-mère à la fin de la guerre.

J’aimerais connaitre mieux sa première épouse qu’il a tant aimée.

Si vous retrouvez Françoise Massat, le 29 août 1913 à Narbonne, invitez-moi au mariage, j’ai plein de questions à lui poser.

Voici la série de billets sur Marius :

Marius pendant la Grande Guerre

Marius

Dans les Dardanelles

Une petite chaussure mystérieuse

2021-02-05

De gros dictionnaires


« Présentez une source peu ou pas connue. »  #lemoisGeneatech

Les historiens, les sociétés savantes et les réseaux de sociabilité rassemblent une foule de biographies, où l'on trouve des cousins ou des connaissances dans l'entourage de nos vieux Lyonnais.


Vous vous souvenez de ma chère Zélia qui a produit une importante correspondance, elle donnait des nouvelles de ses amis. Je ne pouvais pas toujours les situer. Maintenant, je sais où les rencontrer, ils habitent les pages de ces gros dictionnaires.


Le Dictionnaire historique des Académiciens de Lyon.

Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon


C’est un pavé que m’offrent les académiciens lyonnais. Un dictionnaire lourd comme le poids de trois siècles (1700-2016). Je suis ravie de le recevoir, impatiente de rentrer dans le paysage qui figure sur la couverture. J'ai glissé entre les feuilles, le projet des ateliers que l’équipe des Wikipédiens propose de mettre en œuvre. C'est une liste comportant des académiciens ayant un article dans l’encyclopédie Wikipédia et ceux qui mériteraient que l’on en crée un.

824 hommes dorment à l’intérieur des 1370 pages. Pour les réveiller, j’ouvre délicatement ce mastodonte qui garde l’entrée de la rivière. Je plonge


CF Nivard, vue de Lyon, bords de Saône, 1806.


Les pages défilent sous mes doigts comme le limon de la Saône. Les petits caractères se serrent au-dessous des noms en gras, un nom et deux dates entre parenthèses. L’ouvrage situe les réseaux lyonnais, dès la naissance, il cite les parrains, les ancêtres, la formation et les occupations des individus, les sociétés savantes dont ils font partie. En apnée dans les profondeurs, je survole quelques biographies.

Il ne s'y trouve aucun aïeul direct, mais des collatéraux, des cousins, des amis, des ancêtres de nos cousins dont je suis occupée à numériser les archives. J’ai repéré des noms familiers : Jean Guerre, Honoré Torombert, Louis Charrat. Je viens de créer leur article, ainsi que ceux de Mathieu et Alexandre Varille, Jean Espérance Blandine de Laurencin et de plusieurs peintres lyonnais qui sont liés à un nouveau projet de recherche… Je continue à rassembler les sources pour écrire ou compléter.


Le Dictionnaire historique de Lyon



Toujours à portée de main, je le consulte régulièrement, car il me donne des clefs pour comprendre cette ville de Lyon qui est devenue la mienne.

Au cœur des mille cinq cent quatre pages présentant sept mille sept cents entrées, j’ai trouvé des clefs pour certains cousins à qui j’ai consacré des billets : Pierre Antoine Barou du Soleil, Paul et Claude Berthaud, Thomas Blanchet, Benoît Daurolles, Alphonse-Constance Duboys, Jean Dufourt, Joseph Pérouse. Et beaucoup d’amis de ceux-ci...

Si je rencontrais Zélia ou ses belles-sœurs, je pourrais participer à leurs conversations. Ne dit-on pas: "A Lyon, "cousiner" est plus important que d'être riche.



2021-01-23

Blog anniversaire 6 ans

Mon blog, créé en janvier 2015, fête ses 6 ans cette année.

Il compte à présent 347 articles.

En 2020, j’ai publié 49 articles et le cap des 10 K de commentaires a été dépassé.


Deux billets écrits cette année sont entrés dans le top 10 des plus lus :

"Une petite chaussure mystérieuse" arrive en 2ème position avec 2,81 k de vues. C’est aussi celui qui figure dans le bel ouvrage Généalogie des éditions Archives &Culture.

"Sans aucune preuve, juste de l’intuition", avec  2,06 k de vues, arrive à la quatrième place. Les billets de cette année rencontrent des lecteurs qui deviennent fidèles, c’est l’avantage lorsqu’un blog prend de l’âge. Bien sûr, les statistiques n'indiquent pas le nombre d'internautes qui ne sont pas des robots et qui lisent réellement, mais cela reste une indication sur la popularité des thèmes.



 

Bilan de l’année 2020

Deux thèmes se dégagent :

Les épidémies

Puisque l’épidémie est apparue comme le sujet phare de l'année 2020, nombreux sont ceux qui se sont penchés sur les dates et les circonstances des décès, notamment  lors de la Grande Peste. Je pensais que mes  Provençaux avaient été épargnés, cependant j’ai trouvé la mention d’un  acte de décès précisant que l'une de mes ancêtres avait succombé à la peste à Marseille en 1720.

Certains ont traversé d’autres époques où les épidémies leur furent fatales. Ainsi, Noël Camoin a fait son testament en 1468, à Marseille.

La grippe a emporté Anne en 1918, c’est une lointaine cousine que l’on regrette encore.

Devenant plus attentive à ces fléaux, j’ai compris que Pontevès a été repeuplé au XVe siècle par des familles venant de Ligurie, et qui sont sans doute mes ancêtres. 

Cette balade en Provence,  autour de Barjols et de Pontevès, a de plus inspiré cinq billets au cours de cet été 2020.

Les amis de mes ancêtres

Les voisins, amis et parrains de mes ancêtres deviennent des personnages à part entière dans l’histoire de la famille.

C'est tout au long d'une série en trois épisodes que j'ai rencontré Paul Blanc, et que j'ai essayé de comprendre ce que les gens de notre village pensaient de ce curieux voisin. Je me demande encore quelles étaient les conversations  entre mon aïeule, Éléonore et Rosalie, sa voisine.

Autour de Thomas Blanchet, les personnalités se pressent tels l’ami Mimerel et Germain Panthot. Ces artistes ont laissé au XVIIe siècle leurs marques dans la ville de Lyon  qui a recruté les mains les plus savantes. Alors : Salut l’artiste !

Marseille et la Provence

Le ChallengeAZ nous a emmenés à Marseille, tout au long du mois de novembre. Il m'a donné l’occasion d’explorer des dizaines de photos, récoltées aux archives des Bouches-du-Rhône, que je n’avais pas  complètement exploitées. Ce défi m’a permis de préciser beaucoup de situations. Je vais continuer à vous faire visiter Marseille, car les découvertes se succèdent encore.

J’ai créé des articles Wikipédia, souvent en relation avec mes recherches, sur des personnages apparentés ou dans l’entourage de nos ancêtres. 

 

Projets pour l’année 2021

Challenge de janvier

Au cours de ce mois de janvier 2021, je participe avec les Wikipédiens lyonnais au concours 1 jour/1 article, dont j’ai soutenu la formule qui vous rappellera le ChallengeAZ des généablogueurs.

D'autres éditathons sont en cours d'élaboration avec les Archives du Rhône, les Archives de Lyon, le musée d'Histoire et l'Académie de Lyon. Ce sont pour moi des échanges bien enrichissants qui font circuler les conaissances liées à nos familles lyonnaises.


Les Ziniars

J’ai été sollicitée sur le sujet des peintres du groupe des Ziniars. Il y a 100 ans, ces artistes formaient l’Avant-Garde, ils se réunissaient à Lyon pour échanger et exposer leurs œuvres. Me voilà à la recherche de leurs actes d’état civil, de leur fiche matricule et des liens avec leurs familles pour reconstituer leur biographie.


Je viens de recevoir la confirmation d’une hypothèse, grâce à un contrat de mariage de 1649, il m'a été communiqué par un membre de la société d’histoire de Lyon. Les frères de Toinette Daurolles sont bien les célèbres maçons qui ont notamment construit l’Hôtel de Ville de Lyon. Puisqu’ils sont alliés à sa famille, je vais donc reprendre des articles de la série de mon cher Thomas Blanchet.

 

Et je me demande si je ne vais pas vous emmener en Auvergne pour le prochain ChallengeAz, je commence à tracer une feuille de route, pour organiser si la balade est faisable. 

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J’espère que vous continuerez à me suivre et ainsi à m’encourager pour continuer les promenades dans la Forêt de Briqueloup.