2015-06-10

I _ Ignazio

Personne dans ma famille n’imaginait que l’on pourrait trouver cet aïeul mythique, ce marin venu on ne sait d’où. 
Voyez tout ce que je peux vous raconter aujourd’hui de mon sosa 32.

Ignazio est né sur  l'île du Giglio le 10 juillet 1746.
Cette année là, ses parents Carlo Bancala (27 ans) et Maria Preziani (25 ans) ont perdu leur fils aîné, Athanasio Fortunato mort en février, il leur reste Paolo qui a deux ans.
Ils auront encore deux enfants : Lucia en 1750 et Andrea en 1753.
Le père, Carlo meurt le 4 mai 1773.

Ignazio se marie, à Saint-Tropez, le 10 juillet, 1775, avec Élisabeth Apollonie Sevise.
Ignazio est parti depuis vingt jours, en voyage en Méditerranée, lorsque Félix Ignace son fils naît le 22 avril 1776.
Les registres 4P58 consultés aux Archives de la marine à Toulon, nous apprennent qu’entre 1776 et 1787, il navigue en caravane au Levant.

Le 18 mars 1777 il est à Alexandrie. Il repart le 24 mai. Le 19 septembre il est en Italie.


L'attaque du corsaire anglais

En 1782, mon aïeul est à bord de la frégate l’Atalante à Brest. 
L'équipage prend part à l’attaque d’un corsaire anglais. 
L’exploit des marins victorieux est relaté ici :
source : Mercure de France, en date du 31 août 1779 (p.213) google books

 


Veuf, Ignazio épouse Clara Ricard le 4 mai1783. 
Il déclare la naissance de son fils Tropez Ignace, le 31 mai de l’année suivante1784. Il ne sait pas écrire.
Il continue à naviguer au Levant : sur la frégate la Mignonne, sur la frégate l’Iris, sur la flûte la Syrène. Il faudrait consulter les registres des années suivantes pour avoir le détail de ses voyages .

La frégate La Mignonne vers 1780

Ignazio meurt en 1805, à Saint-Tropez, à l’âge de 59 ans. 
Ses fils ne sont pas auprès de lui, il a dû les croire disparus, ils sont prisonniers des Anglais à la suite de la bataille de Trafalgar.

2015-06-09

H _ La médaille de Sainte-Hélène

Ignace Bancala a reçu la médaille de Sainte-Hélène puisqu’il était vivant en 1857. 
Cette médaille fut créée par Napoléon III pour tous les survivants des guerres 1792 à 1815. Cent Tropéziens la reçurent comme lui.
Son dossier n°293161, enregistré sous la cote 2R2 aux Archives Départementale du Var, mentionne :
10 ans ancien prisonnier en Angleterre - grade : marin- régiment : La Fauvette - Déclaration

Ignace (mon sosa 16) est naviguant. Un marin de commerce a pour mission de servir son pays. Au début du XIXème siècle, c’est l’époque des guerres de l’Empire ; capturé par les Anglais, il reste prisonnier 102 mois et 28 jours, sur les sinistres pontons. Ce sont des navires reconvertis en prisons flottantes sur lesquels les conditions de vie étaient affreuses.

Ignace revient à Saint-Tropez où il se marie avec Victoire Simon, le 2 octobre 1820. Il est présent pour déclarer la naissance de Bruno, de Marie, d'Ignace, de Rosalie ; pour celles d’Ursule et de Marie Victoire, il est en voyage en mer.

On voit sa signature à leur mariage et lors de la déclaration de naissance de trois des ses petits-enfants. Il est un grand-père attentif, présent au mariage de ses petits-enfants.  
Il meurt à l’âge vénérable de 87 ans et 11 mois. (Saint-Tropez, BMS 1872, p.132/241 acte n° 35)
Quelle santé ! Quelle vie !  Voilà ce dont j’étais assurée à son sujet.

Lorsque j’ai ouvert le registre matricule aux Archives de la Marine à Toulon, l’été dernier, le matelot Ignace est bien inscrit. 
Mes certitudes se mettent à vaciller au moment où je lis :
 "Les parents assurent qu'il est mort aux prisons d'Angleterre, même son frère Ignace  Tropez l'assure" 


  Je me désole de ce décès, comment expliquer cette terrible nouvelle qui m’anéantit littéralement, puisque mon aïeul semble mort avant d’avoir la descendance dont je fais partie !

 Voici l’explication : 
Le mystère des Ignace est éclairci, les noms et prénoms de leurs mères ont été mélangés sur le registre.
Leur père Ignazio Ignace Bancala s'est marié deux fois. 
J’ignorais qu’il eut deux fils, prénommés comme lui. Les deux frères se sont embarqués pour la bataille de Trafalgar. 

Félix Ignace est né le 22/04/1776, sa mère est Élisabeth Marie Appolonie Cerise (ou Serise)
Tropez Ignace est né le 31/05/1784, mort le 29/04/1872, sa mère est Clara (Claire) Ricard

L’aîné n’en est pas revenu.
Le second a reçu la médaille de Sainte-Hélène.

Sur le site Les médaillés de Sainte-Hélène, on peut faire une recherche dans une base nominative.


Lire le récit de leur bataille de Trafalgar :
http://briqueloup.blogspot.fr/2015/06/t-trafalgar.html

Pour suivre le voyage des marins engagés dans cette bataille de Trafalgar, j'ai retracé une carte Storymap

2015-06-08

G_Giglio

Isola del Giglio


Notre île, c’est l’île du Giglio. 
Selon la légende, Vénus, sortant des eaux, laissa tomber dans la mer Thyrrhénienne sept perles qui sont devenues les sept îles de l’archipel toscan.


Notre île, l’île de mes ancêtres est une île que nous avons oubliée comme on oublie un rêve.




Les marins amarraient leur bateau à Giglio Porto. Il était judicieux d’arriver bien avant le coucher du soleil pour avoir le temps de monter jusqu’à Castello où les remparts protègent leurs foyers des incursions de pirates.



L'île, en grande partie sauvage, abrite un maquis de cistes et de chênes verts.

Elle doit son nom grec aux chèvres sauvages.
La vigne produit un vin agréable.


Lorsque j’ai débarqué à Giglio Porto je me suis présentée avec mon nom de jeune fille que j’utilise peu souvent. J’ai été accueillie chaleureusement comme une enfant du pays puisque mon patronyme est très répandu ici. J’ai retrouvé facilement mes ancêtres issus des plus anciennes familles de l’île. Grâce à la gentillesse du curé, nous avons consulté les registres BMS conservés depuis le début du XVIIème siècle.


En deux jours, nous avons pu remonter les branches et découvrir les noms qui chantent : Biondi, Cipriani, Preziani...

Notre plus ancien ancêtre connu Matteo Bancala est né en 1511.


 Sa descendance est très nombreuse et constitue le nerf génétique de tous les insulaires (selon E.Di Fabrizio). A la fin du XIXe cette famille avait engendré 1162 enfants de 214 mariages. Plusieurs ont émigré en Amérique où l’on retrouve ce patronyme.

J’ai retrouvé notre île à partir de l’acte mariage en 1775 d’Ignazio (sosa 32) installé à Saint-Tropez.
Demandant à un habitant de Giglio quelles raisons avaient bien pu pousser mon ancêtre à venir en France, malicieusement il me répondit :
«Sûrement il aimait les femmes françaises ! » Effectivement Ignacio eut deux épouses.

Je ne pensais pas qu’il fut possible de remonter le temps et de m’approprier l’histoire de cet ancêtre « un marin venu d’ailleurs » dont personne ne savait rien, pas même le prénom.

Je rêve de revenir dans cette île qui est un peu la mienne à présent.

#isoladelgiglio

Sources bibliographiques
E. de Fabrizio, Isola del Giglio, il territorio, gli abitanti e la storia,  COEG 2006
Bruno Begnotti, Cronache Gigliesi 1558-1799, Circolo Culturale Gigliese, 1999
Bruno Begnotti, Guida all'archiv isto storico dell'isola del Giglio, Circolo culturale gigliese, 2013
Bruno Begnotti, Dalla Torre del Giglio alla Torre di Pisa come correvano le notizie,  effequ, 2010

2015-06-06

F _ Foça










est l’antique Phocée d’où sont partis les navigateurs qui ont fondé plusieurs villes dont la plus connue est « la Citée Phocéenne » : Marseille.
Il me plait d’imaginer qu’il pourrait se trouver, parmi mes ancêtres marseillais, un navigateur grec débarqué au VIe siècle avant notre ère.

La légende raconte comment la belle Gyptis a choisi le Grec Protis pour devenir le roi du pays de son père.
Une analyse génétique a montré qu’on retrouve dans une proportion significative un marqueur phocéen sur le chromosome Y de 4% des hommes marseillais.

A Foça, je me suis sentie en terre familière, un petit port, une plage, un village sans prétention...


Foça, Turquie




Pour voir la reconstitution du bateau :
Comment les Grecs de Phocée voguèrent jusqu’à Marseille
http://www.nationalgeographic.fr/video/histoire/2014/comment-les-grecs-de-phocee-voguerent-jusqua-marseille 


2015-06-05

E _ Étrusques

Mes ancêtres étaient des descendants des Étrusques, ils vivaient dans une île de la mer Tyrrhénienne. Leur pays, l’Étrurie, correspond à la Toscane.

Toscane, in galerie des cartes, musée du Vatican

Au XVIe siècle, sur ordre de Cosimo de Médicis, époux de Léonore de Tolède qui a acheté l’île, mes aïeux vont repeupler l'île du Giglio dévastée par les pirates. 
Leurs familles étaient originaires de Toscane intérieure : 
Pise, Prato, Pienza

Voici les plus anciens ancêtres d’Ignazio (sosa 32) mon ancêtre toscan :

1540_ Pisa 
Andreini Giovanni, né vers 1521 à Pise
Aldi Francesco, né vers 1500 à Pienza
Bancala Matteo, né en 1511 à Giglio
Biondi Giorgio, né vers 1517 à Pienza
Cipriani Alessandro, né à Pienza
Miliani Simone, né vers 1500 à Pienza
Pini Michele, né vers 1512 à Prato
Preziani Carlo, né vers 1557 à Pienza
Mai Giovanni Angelo, né vers 1541 en royaume de Naples



Dans l’Antiquité, il est probable que nos ancêtres ont vécu au cœur de ces civilisations Étrusques et Romaines. Habitant les rivages de la mer Méditerranée, la plupart sont devenus marins. Ils voyageaient pour le commerce, ils conduisaient leurs bateaux au petit cabotage le long des côtes, ils pratiquaient la navigation au long cours en mer Méditerranée…

Comme Ignazio, ils épousaient les filles du pays. Des filles de pêcheurs ou des filles dont les pères construisent des bateaux, charpentiers, calfats …
Jusqu’à la fin du XIXème siècle, leur vie était liée à la mer.


Bibliographie:
Les Toscans et leurs familles. Une étude du Catasto florentin de 1427, D.Herlihy, C. Klapisch-Zuber, EHSS, 1978, 704 p. permalien critiquehttp://crh.ehess.fr/


2015-06-04

D _ Dardanelles

Marius (2)


Marius (1) racontait mon grand-père blessé en 1914. 
Je vais vous confier les mots terriblement émouvants de son journal de guerre aux Dardanelles.

« … On respire l’odeur acre et amère de la poudre, nous piétinons les cadavres, les mourants, mais nous avançons, je ne sens rien, je marche, je cours, […] ce spectacle ne nous émeut point, pourtant il est horrible. […] C’est alors que bon nombre des nôtres tombent. … »

À partir du 21 mars 1915, Marius est affecté à l’armée d’Orient, avec le grade de sergent, au 7ème régiment mixte d’infanterie coloniale.
Le Lutetia, sur lequel il embarque, quitte Toulon le 2 mai 1915 « Nous sommes à bord environ 4000 hommes, coloniaux, Sénégalais, … »


« Le 6 nous mouillons en face du cap Helès (presqu’ile de Gallipoli) au milieu des navires de guerre … »
 Les hommes débarquent le 7 mai.
« Là le général Bailloud vient nous visiter et en passant nous dit que nous arriverons peut-être à temps pour prendre part à l’assaut qui va être donné contre les positions turques. »
8 mai : Marius est blessé à la racine du tibia, c’est une chance de pouvoir échapper pour un temps à l’enfer de cette guerre stupide. Mourront la plupart des hommes qui sont engagés là.
Mon grand-père soigné au dépôt des éclopés a hâte de revenir auprès de ses compagnons, « malheureusement il en manque pas mal. »
« Hier soir la canonnade était très intense dans le détroit. » Les obus tombent tout près. Un soir, il s’attend à une arrivée de blessés, le navire anglais a été torpillé, personne n’en réchappe.

Début juin, le sergent retrouve les tranchées du front, les soldats avancent et reculent de quelques mètres sous les feux des ennemis turcs et des alliés.
Le 30 juin : Marius décrit l’enfer dans son carnet, son récit haletant est terrible.

« Je suis en tête de ma section, d’un coup d’œil, je m’assure que tout le monde suit. Je crie : en avant, suivez moi, et je pars vers le but qui m’a été désigné la veille, les hommes suivent : Les balles sifflent, les obus tombent nous couvrant de débris, de poussière, on respire l’odeur acre et amère de la poudre, nous piétinons les cadavres, les mourants, mais nous avançons, je ne sens rien, je marche, je cours, les Turcs s’enfuient, je ne vois rien que la tranchée à occuper c’est là que je me dirige, elle est comblée de cadavres turcs, les uns couchés sur le dos , d’autres recroquevillés, d’autres les membres déchiquetés, l’un d’eux est assis tenant son fusil à la main, on le croirait en faction, il a la tête sectionnée au niveau de la bouche ; ce spectacle ne nous émeut point, pourtant il est horrible. […] C’est alors que bon nombre des nôtres tombent. … »  


1917 
Marius avant son départ
au front d'Orient
il est en deuil de sa mère
Marius est blessé à l’avant-bras gauche par balle et à l'épaule gauche par éclat de grenade.

Il est évacué sur le navire hôpital 
« Le Tchad » et sera soigné à Nice, 
à l’hôtel d'Angleterre transformé 
en hôpital.

Ici s’arrête son carnet de 1915,
le suivant n’a pas été conservé.

Le 5 mai 1917  
« passé au 72e bataillon Sénégalais »

Son quatrième journal de guerre commence
alors qu’il embarque pour la troisième fois pour rejoindre le front d’Orient.





2015-06-03

C _ Capitaine au long cours

« Bruno » Tropez Bancala 
mon arrière-grand-père était capitaine au long cours dans la marine marchande.

Il nait à Saint-Tropez en 1825.
Il meurt à Marseille en 1894.

Son portrait montre l’homme sévère qu’il était. Une parole est restée dans nos mémoires : 
« Ici je ne suis plus ton père, je suis votre capitaine.» dit-il à son fils Marius, jeune mousse sur son bateau.


Lui-même fut inscrit comme matelot en 1843.
Depuis Marseille, il embarqua pour La Havane le 23 janvier, jusqu’au 24 juillet 1850. Bruno avait vingt quatre ans, c’était le premier de ses grands voyages.
Il faudrait consulter les registres maritimes pour connaître sa carrière de capitaine.  Nous savons qu’il est allé en Chine, comme en témoigne le service de porcelaine qu’il a rapporté à sa femme.

A Marseille en 1860, il épousa une fille de Saint-Tropez, Élisabeth Jean, elle avait vingt trois ans, lui trente quatre ans. 
Un an plus tard, ils eurent un fils, Jean Baptiste Bruno (c’est l’oncle Baptistin). 
En 1868, naissance des jumeaux : l’un est sans vie, l’autre, Émile Baptiste, n’a vécu que huit jours. Ensuite Marie vint au monde en 1869.
Sa femme mourut en 1878. 
Bruno se remaria trois ans plus tard avec Marie Augustine Rose Nicolas qui sera la mère de deux fils, Marius et Joseph.

Dans l'onglet "Mes séries"
vous pourrez lire les 10 articles 
concernant mon arrière-grand-père Bruno



2015-06-02

B _ Barberousse

Ed.Entreprise nationale du livre Alger 1884
Barberousse par Mohammed Racim
  Barberousse ou d’autres pirates n’ont pas capturé mes ancêtres, néanmoins ils ont saccagé leurs ports, tué leurs cousins. Ils ont brûlé les archives. Tout au long des siècles se succèdent les attaques dévastatrices que craignent les habitants des rivages.

  Khayr-ed-Din dit Barberousse, brillant navigateur, écume la Méditerranée et terrorise les marins et les populations.
  Au large de la Toscane, le 17 juin 1544, lors d’une attaque plus mémorable que les précédentes, Barbarossa rase le pays et déporte comme esclaves la quasi-totalité des habitants de l’île du Giglio. Selon les chroniqueurs de l’époque, il ne serait resté que cent personnes, sur les sept cent habitants de l'île. 
Parmi les rares familles épargnées: Matteo Bancala a 33 ans, il est mon sosa 4096. Son  petit garçon, Bartolomeo, est âgé de huit ans.

Galère devant El Djezaïr, Mohammed Racim
  En 1534, en 1553 et d’autres fois encore, l’île de Procida est dévastée par Barberousse et les corsaires barbaresques.
 C’est peut-être ce qui a poussé mon sosa 1036, Francesco Lubrano, son épouse et leurs deux fils à quitter leur île magnifique dans le golfe de Naples. 
Ils se sont installés à Giglio où la famille a fait souche.
 La dernière attaque de pirates a été repoussée en 1799, le 18 novembre, par les Gigliesi.




Bibliographie :
Geneviève Chauvel, Barberousse, Le maître de la Méditerranée.  Balland, 2010
E. de Fabrizio, Isola del Giglio. COEG, 2006
Bruno Begnotti, Guida all'archivio storico dell'isola del Giglio, Circolo culturale gigliese, 2013
Bruno Begnotti, Dalla Torre del Giglio alla Torre di Pisa come correvano le notizie,  effequ, 2010
Pirates et corsaires dans les mers de Provence XVe-XVIe siècles Letras de la costiera, Edité et présenté par Philippe Rigaud, CTHS, 2006

Iconographie :
Mohammed Racim miniaturiste, Ed. Entreprise Nationale du Livre Alger, 1984

2015-06-01

A _ Archives en Méditerranée

Notre famille n'a pas conservé d'archives. 
Longtemps, nous avons cru que nous ne savions pas d'où venaient nos aïeux. Une légende qui semblait invérifiable, évoquait des marins en Méditerranée qui seraient venus s’installer à Saint-Tropez.

Il existe des lieux magiques qui nous ont révélé des histoires extraordinaires.

Ces lieux sont d'abord les AD 83, c'est sur leur site que j'ai fait mes premiers pas dans les pages de l’état civil et les recensements du Var, ensuite je me suis rendue à Draguignan. Pour Marseille, les AD 13 sont numérisées, mais la recherche est moins aisée et nécessite de la méthode. L'été dernier aux Archives de la Marine à Toulon, j'ai été aidée par les conseils d'un spécialiste, car pour ouvrir les superbes registres des rôles d'équipage, il faut être organisé !

Ces pistes nous ont conduits dans l'église d'une petite île de l'archipel toscan où le curé a bien voulu nous accueillir. Et là j'ai ouvert des vieux registres datant du XVIIème siècle qui contenaient les origines de ma famille.

C'est grâce à tous ces gardiens des traces que je me sens assez forte pour pouvoir écrire l'histoire de nos ancêtres en Méditerranée.

Ce sera le thème de ce challenge : en Méditerranée de A à Z.




2015-05-30

Marius (1)

Marius Bancala est né à Marseille en 1882.
Marius est un marin, comme l’ont été tous les hommes de sa famille depuis plusieurs générations. Marius est mon grand-père; vers lui convergent toutes les branches dont vous allez bientôt connaître les histoires. (#Challenge AZ)

A l’âge de 20 ans, il renonce à la dispense qu’il a obtenue en tant que fils aîné de veuve et il déclare vouloir accomplir le temps de service exigé des inscrits maritimes. Il va naviguer durant huit ans, puisqu’après avoir effectué cinq ans, il se réengage pour trois années. Il est libéré avec le grade de quartier maître torpilleur 2ème classe

1906- Marius assis au centre du premier rang, il a 24 ans 

En 1914, Marius a 32 ans, Françoise qu’il a épousée en août de l’année précédente, est malade. Elle va mourir après le 15 mai de cette triste année.
La guerre est déclarée, Marius est rappelé le 1 août 1914, il arrive au corps le 4 août.
Le 26 septembre 1914, il se trouve dans la Marne, à la bataille de Massiges. Il est blessé par balle au bras gauche et genou droit. C’est sa chance ! Il est transféré à Grenoble pour être soigné à l’hôpital de la Croix-Rouge, la convalescence durera trois mois. Il rentre à Marseille à la fin de l’année 1914.

Mon grand-père a tenu plusieurs journaux de guerre, celui de 1914-1915 est conservé, il nous raconte la suite de son périple sur le front d’Orient.




(la suite Marius (2) D_ Dardanelles)

Voir aussi dans l'onglet "Mes séries"
 les 8 articles pour raconter 
mon grand-père Marius


2015-05-28

Le gâteau de Giglio

Pour vous mettre l'eau à la bouche avant le grand départ du challengeAZ,
voici la recette d'un gâteau confectionné par les femmes
de mon île  que vous découvrirez à la page G_Giglio 


Gâteau de Giglio


75 g de sucre
1 œuf
75 g de beurre
200 g de farine
1 sachet de levure
5 cl de lait

Ajoutez ces ingrédients pour obtenir une pâte que vous séparez en deux boules (3/4 _1/4)
Étalez la plus gosse boule sur une tôle à pâtisserie.
Posez dessus une couche épaisse de confiture d’abricots ou autre selon votre goût.
Dans la pâte restante, coupez des lanières que vous allez fariner et disposer en croisillons sur le dessus de la galette.

Faites cuire à four doux 180 ou 200° pendant 30 à 35 minutes


Régalez-vous !


2015-05-24

Le roi de l’île

En avant-première du Challenge AZ,
voici un poème emprunté à Georges-Emmanuel Clancier.
Le poète dit exactement tout ce dont je vais vous parler, au cours du mois de juin prochain.

Le roi de l'île
Est-ce un raisin 
Est-ce un poisson 
Est-ce un nuage ?

Le roi de l'île
Est-ce un caillou 
Est-ce un marin
Est-ce un soleil ?

Le roi de l'île
Est-ce un pied nu
Est-ce un  navire 
Est-ce un silence ?

Le roi de l'île
Est-ce l'été 
Est-ce le chant
Est-ce l'amour ?

Le roi de l'île
Serait-ce lui
Serait-ce toi
Serait-ce moi ?

Georges-Emmanuel Clancier

2015-05-22

AD 63

Je suis allée aux AD du Puy-de-Dôme. Clermont-Ferrand est à 165 km de chez moi. C’était la deuxième fois que je me rendais dans ces archives. Cette fois-ci, la récolte a été modeste, la plupart des registres ne contenaient pas les actes dont j’avais les références. L’un était remplacé par un récépissé de prêt bien signé, mais il n’est jamais revenu depuis 50 ans.


Cependant, la journée s'est révélée intéressante.
A 16 h 40, le chef de salle annonce que nous devons rendre les documents, puisque la fermeture est prévue à 16 h 45. Juste à ce moment-là,  je trouve le contrat de mariage dans une liasse notariale commandée à l’intuition, car si je connaissais la date, 1634, je ne savais pas le nom du notaire. Celui que j’espérais fut le bon. Par chance, le contrat comptait peu de pages que j’ai photographiées avec soin et grande hâte pour ne pas me retrouver la dernière avant que les portes ne ferment.

De retour à Lyon, je transcris ce contrat … Il me fait découvrir le nom des pères des époux. Je ne pensais pas pouvoir ajouter quelques feuilles à cette branche ancienne de papetiers ambertois.

Si l'on ne trouve pas toujours ce que l'on cherche dans les archives, on récolte souvent des pages précieuses.

2015-05-12

Avec l'accent

Vous le savez, amis généalogistes, combien la familiarité avec les lieux et les patronymes, fait que l’on a une préférence pour certaines archives départementales où l’on avance d’emblée en terrain connu.
En Vivarais, j’entends la manière particulière de prononcer certaines syllabes, certains mots. Des traces de patois trahissaient l’origine terrienne.  Comme ces intonations me sont précieuses à présent ! Elles résonnent sur les pages des registres où je retrouve les prénoms, les toponymes qui naturellement prennent place dans mes forêts d’arbres.

Par exemple : La Valette [la valéte] que l’on prononce avec un accent aigu original.

Les prénoms 
Glodia que je dois cependant noter Claudia, la maman de Vonette. Marie dite Maria. Milou, le cousin Émile. Julo qui est Jules et qui a fait pleurer Angèle. Je pensais que c’étaient des parents éloignés, ils sont cousins germains de ma mère.

Les noms bruissent entre les feuilles de mes arbres.


2015-05-09

GÉnéalogie et GÉographie

François 2015-05

Γῆ = Gé, c'est la terre mère dans laquelle nos arbres prennent racine.

La généalogie me conduit à situer l’histoire de nos familles dans l’espace géographique. J’organise mes arbres par famille, et par région.

Au début, c’était cohérent d’avoir quatre arbres qui poussent dans quatre jardins familiers. (Saint-Bonnet, Saint-Julien, Saint-Tropez, Saint-Sorlin,…) Les branches vont s’étendre dans les terrains alentour, d’autres petits arbres prennent racine.
En remontant le temps, on a des surprises. On inscrit de nouveaux patronymes, on consulte une carte qui nous donne illico des envies de voyage.

2015-05-07

Addiction au Challenge AZ

La plupart de mes articles sont en chantier, quelques uns déjà écrits. Je plonge dans mes dossiers pour approfondir mes recherches.

Je me surprends à remplir un nouveau tableau de A à Z, avec un thème pour l'année prochaine. 

C'est sûr, je suis devenue accro ! Est-ce grave ? Comment font les autres participants ?

2015-05-01

Challenge AZ 2015

Plus qu'un mois et nous embarquons pour le Challenge AZ 2015.


Je m'immerge dans mon sujet, plusieurs articles sont déjà en chantier.
C'est sympa de savoir que les autres participants se préparent au départ.