2019-05-05

Quand les amis de Thomas l’appelaient Tomaso

- Ciao Tomaso ! Viens te joindre à nous, la vie est belle à Rome.

Johannes Lingelbach
Thomas Blanchet dont j’ai pu retracer le voyage qu’il a entrepris avant 1645 a pris le temps de visiter l’Italie et de découvrir de visu les peintures dont lui avaient parlé ses maîtres parisiens.
Comme pour beaucoup de jeunes peintres du XVIIe siècle, Rome est le but de sa pérégrination.

Notre artiste trouve facilement une colocation dans le quartier du Trident, proche de la piazza di Spagna. C’est à deux pas de la via del Babuino où habite Poussin à qui il doit remettre une recommandation de son maître Simon Vouet. D’ailleurs, dans l’entourage de Nicolas Poussin gravitent de jeunes artistes italiens, français, flamands, espagnols que côtoie Thomas.

Il déménage plusieurs fois, au gré des rencontres, mais en restant toujours dans le même quartier des paroisses San Lorenzo di Lucina, puis San Nicolà in Arcione. 

Sur cette carte de Rome, voici les lieux où l’on pouvait croiser Thomas et ses amis.

Avec ce lien sur Google My Maps
cliquez sur les lieux  
Le nom de Thomas Blanchet (ou ses variantes) apparaît entre 1647 et 1653 dans les stati d’anime.






La vie est agréable pour les peintres, stimulés par la richesse artistique de cette ville et attirés par la facilité à nouer des relations amicales pour travailler et se divertir.

J. Lingelbach, Le Campo Vaccino à Rome, 1653

« Tomaso, viens goûter le vin nouveau, nous commençons une partie de cartes.»
«Tomaso, nous partons pour Tivoli, nous accompagneras-tu ? Nous allons dessiner sur le motif.»

Les sollicitations ne manquent pas; les fêtes, les spectacles, les opéras, les oratorios donnés dans les églises, et même les funérailles avec leurs cortèges attirent les Romains.

Les artistes vivent dans la familiarité des vestiges de l’Antiquité que l’on redécouvre. Notre Signore Blanchet, ou plutôt : Thomaso Blasu, pittore, se passionne pour l’histoire de l’Empire romain, il s’inspire de la mythologie pour peindre les sujets de ses tableaux. 
Ces vedute, sont des tableaux de petit format, sur des sujets antiques, dans des paysages de ruines.

Thomas Blanchet, paysage 1650

Andrea Sacchi conseille à son élève :
« Tomaso, nous savons que tu es excellent dans la réalisation de vedute, mais à présent, tu dois te confronter à de grands formats.
Es-tu allé au palazzo Barberini pour admirer le plafond de Pierre de Cortone ?  Accompagne-moi, je vais te présenter  Pietro, c'est mon ami. »

Pierre de Cortone _ Palazzo Barberini,Roma
Beaucoup de chantiers sont en cours dans la Ville éternelle. Le 12 juin 1651, Le Bernin est à l’honneur, sa Fontaine des Quatre Fleuves est inaugurée sur la piazza Navona. Thomas va s’en inspirer plus tard. L'estime est réciproque, car on dit que Le Bernin le tenait en grande considération. 

Le Bernin, Fontaine des Quatre Fleuves, Piazza  Navona, Rome

D’un atelier à l’autre, Thomas s’instruit auprès des maîtres qu’il admire. Il échange avec le cercle de ses amis peintres, sculpteurs, architectes.


Ecoutez les jeunes, ils appellent Thomas pour participer aux festivités :
les bals, les farces, les courses à la bague ou aux taureaux dans les rues...

« Tomaso, c’est le temps du Carnaval, viens t'amuser avec nous. »
Thomas répond qu’il rejoindra ses amis lorsqu’il aura terminé les décors qu’il doit livrer.
J. Lingelbach, Carnaval à Rome

On se demande si Louis, son frère (sosa 2850) a pu le rejoindre à Rome et profiter de cette formation ou s'ils se sont retrouvés lorsque Thomas Blanchet a été appelé pour travailler à Lyon, en 1654.

Arrivederci Tomaso, 
nous te retrouverons pour voir tes œuvres influencées par ton séjour en Italie.


Le voyage d’un artiste au XVIIe jusqu’à Rome

Le voyage en Italie fait rêver les artistes du XVIIe.
Suivez celui de Thomas, sur la carte que j'ai retracée dans StoryMap


ou en plein écran avec ce lien : 


Thomas Blanchet, Cleobis et Biton, Stockholm Nationalmuseum

En 1635, Thomas Blanchet a vingt ans.
À l’issue de son apprentissage, dans l’atelier de Simon Vouet, celui-ci lui conseille de se rendre en Italie.

- Thomas, puisque tu fais partie de nos meilleurs élèves, tu dois poursuivre ta formation chez les maîtres du Baroque. Va à Rome, pour te perfectionner auprès de mon ami Nicolas Poussin, tu lui apporteras une lettre de recommandation, en lui rappelant le bon souvenir de notre amitié.
- Je ne sais pas si mon père peut subventionner ce séjour en Italie. Mon frère, Louis (sosa 2850), entre en apprentissage, il veut être peintre comme moi.
- Ne t’inquiète pas Thomas, tu trouveras à employer ton talent et à gagner l’argent dont tu auras besoin.
- C'est un long chemin pour arriver en Italie. J'ai hâte d'y être !
- Sur la route des Alpes, fais une halte à Lyon, le temps nécessaire pour observer ce qui se construit dans cette cité marchande, la deuxième du royaume de France.

La suggestion de son maître apparaît excellente, mais aussi prémonitoire, car Thomas sera appelé à Lyon en 1655. Il y résidera jusqu’à sa mort. Jouissant d’une grande considération à son époque, il passe pour être l’artiste polyvalent caractéristique du baroque lyonnais : peintre, architecte, décorateur, sculpteur, graveur, il a laissé sa marque dans notre ville.


Traverser les Alpes se révèle une aventure périlleuse, d'après les voyageurs qui en font le récit. Si Thomas a eu l’occasion de les rencontrer à Lyon, ils ne l’engagent à prendre cette route. Pour le retour, c’est plus probable.


Je suppose que Thomas préfère descendre le Rhône en bateau jusqu’en Avignon, où il s'attarde bien sûr. Arrivé à Marseille, il a pu embarquer sur la mer Méditerranée.


Si les dates exactes de ce voyage ne sont pas connues, les historiens estiment que vers 1635-1645, le jeune homme va prendre le temps de visiter les grandes villes d’Italie, réputées comme autant de foyers artistiques incontournables pour les peintres qui veulent enrichir leur formation.
Gênes, Parme, Bologne, Venise peut-être… Le Parisien séjourne dans ces lieux où il rencontre des peintres, des architectes dont on retrouve l’influence dans ses œuvres ultérieures.

Thomas Blanchet arrive à Rome, peut-être vers 1646. En tout cas, sa présence est attestée dans les stati d’anime à partir de 1647.
À suivre...
Le prochain article racontera la vie de Thomas, à Rome.


Voici les billets qui mettent en scène Thomas Blanchet :


Sources et bibliographie
Thomas Blanchet 1614-1689, Lucie  Galactéros, Ed Arthena, 1991
Le Voyage des peintres en Italie au XVIIe siècle, Laurent Bolard, Ed Les Belles Lettres, 2012

2019-03-20

Dans l’atelier de Simon Vouet

Le père de Thomas et de Louis Blanchet vivait à Paris, au début du XVIIe siècle.
C'est notre sosa 5700, puisque Louis est notre ancêtre. Nous ne connaissons ni son nom ni celui de sa femme ; nous ne savons rien d’eux, mais nous sommes certains que ce sont des personnes de bonne famille qui ont bien élevé leurs enfants. 
Leurs deux fils sont devenus peintres officiels de la ville de Lyon. Thomas jouissait de la plus haute considération, (nous verrons ultérieurement que son œuvre a marqué son époque).

Thomas avait treize ans en 1627. Nous ignorons si sa famille exerçait dans ce milieu, cependant Thomas souhaitait être sculpteur. 
Comment son père a-t-il eu l’idée de le présenter à Jacques Sarrazin ?



Cet artiste rentrait d’Italie où il avait séjourné dix-sept ans. Il travaillait, cette année-là, sur le chantier de l’église Saint-Nicolas des Champs, avec Simon Vouet, à la confection du grand retable.
On peut imaginer le père de Thomas Blanchet accompagnant son fils pour demander si le célèbre sculpteur l’acceptait en apprentissage. Tandis que Thomas exprimait son admiration devant ses grands anges de l’Assomption que l'on modelait dans le stuc, son père expliquait comment depuis sa plus tendre enfance, le garçon s'était révélé très doué pour la sculpture.  


Thomas fut admis parmi les apprentis, mais fort déçu d’entendre que Jacques Sarrazin le jugea trop faible pour s’adonner à la sculpture. Il lui conseilla de choisir le noble art de la peintureJacques l’orienta chez son ami Simon Vouet dont il devait épouser la nièce en 1631. 
Thomas a vécu dans leur entourage, entre 1625 et 1635/40 selon les historiens *. Pourtant, il me semble que l’apprentissage de Thomas n’a pu commencer qu’en 1627, l’année où Sarrazin et Vouet, de retour d’Italie, ont travaillé ensemble à Paris.

Simon Vouet se trouvait à Rome avec Jacques Sarrazin. Appelé à Paris par le roi depuis 1626, ce peintre jouissait d’une réputation grandissante. Les commandes affluaient, car son talent était apprécié des puissants de la cour de Louis XIII. Il importa en France le style baroque italien. Thomas Blanchet lui doit sa formation.
Il est probable que le père de Thomas ait rencontré souvent Simon Vouet dont voici un autoportrait au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Autoportrait de Simon Vouet,  MBA, Lyon 

Ce portrait de Simon Vouet date de 1626 environ, c’est l’époque où il épousa Virginie Di Vezzo Velletrano. « Elle estoit jeune et intelligente dans la Peinture, dont elle faisoit profession par les soins que Vouët en avoit pris. »[1]

Visitant la pinacothèque Milan récemment, j’ai découvert le portrait de cette femme et nous avons pensé que le père Blanchet était heureux de la rencontrer pour lui confier son fils ainsi qu’à Simon Vouet.


Ritratto di giovane donna, Simon Vouet_ Brera Pinacoteca


Ses maîtres Vouet et Sarazin ont su transmettre à Thomas ce qu’ils avaient appris des plus grands artistes de la Renaissance, ils l’ont initié au Baroque et ils lui ont conseillé le voyage en Italie pour se perfectionner. 
Il a ensuite été appelé à Lyon pour de grands travaux.

Quant à ses parents, ils restent méconnus. Je sais qu’il ne sera pas possible d’en savoir davantage. Ils ont probablement eu d’autres enfants avec une descendance. Je pensais intituler ce billet : « des ancêtres dont je ne sais rien », mais finalement, je peux imaginer sans être trop éloignée de la réalité que mon récit est plausible. 




... à suivre
Sources:

[1] André Félibien, Noms des peintres les plus célèbres et les plus connus, anciens et modernes, Paris, s.n., 1679 ; Site Dictionnaire des Femmes de l'ancienne France. http://siefar.org/dictionnaire/fr/Virginia_Vezzi/Andr%C3%A9_F%C3%A9libien

2019-01-19

Le canal de Suez


Nous nous réjouissions de visiter en famille cette superbe exposition, au musée d’histoire de Marseille : «Marseille et l’épopée du canal de Suez ».


Mes ancêtres marins et leurs descendants ont parcouru les mers du globe. La mer Méditerranée était leur espace familier depuis l’Antiquité. Ils ont souvent traversé l’Atlantique jusqu'en mer des Caraïbes, ils ont abordé l’océan Pacifique. Ils ont contourné l’Afrique et sont allés dans l’océan Indien, et jusqu'en mer de Chine. Nul doute qu’ils ont apprécié d’emprunter le canal de Suez qui rendait le voyage plus court en évitant les dangers du cap de Bonne Espérance.


Je montrais ces parcours sur les cartes ; on admirait le courage des matelots...
A ce moment là, un homme s’approcha de nous.
Voyez-vous son ombre sur cette photo ?


Je suis ravie de le présenter à ma famille :
« Voici Bruno Tropez, mon arrière-grand-père, le capitaine au long cours.»

« Cher Bruno, je ne suis guère étonnée de te rencontrer ici, car c’est à toi que je pensais en arrivant à Marseille. »
« Ah ! Mes enfants, cela vous intéresse cette exposition sur le canal de Suez ?  »

Ismaïlia, vue générale, le jour de l'inauguration du canal maritime de Suez, 1870

« Comme tu as dû te réjouir de la construction du canal de Suez ! » 
« Tous les marins en rêvaient de ce canal, là où se rencontrent les trois continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique. La route pour la Chine est devenue moins longue et moins difficile. »

« J’aimerais tant que tu me racontes tes voyages en mer de Chine. »
« Que savez-vous de moi ? demande-t-il.  Je n’ai guère eu le temps de confier cela à mes enfants. Je souhaite qu’ils aient suivi ma route et soient devenus de bons marins. J’avais beaucoup d’espoir pour Marius. »
« Oh ! Bruno, tu t'es montré bien sévère avec lui, lorsqu’il était mousse sur ton bateau. Il a navigué jusqu’à la fin de la guerre de 14/18. Sais-tu qu'il a conservé le service en porcelaine que tu as rapporté de Chine et nous l’avons encore. » 
« Je regrette cette réputation d’homme sévère, mais lorsque l’on est le capitaine d’un navire, il faut imposer l’autorité pour que l’équipage vous respecte. »


Bruno, lisant la date de l’événement, se remémore :
« Le canal fut inauguré en 1869, c’était l’année de la naissance de Marie Émilie. Ma fille est née après la naissance des jumeaux qui n’ont pas vécu. »


Nous nous arrêtons longuement devant cet ex-voto, que sa famille pu voir dans la chapelle Sainte-Anne, chez eux à Saint-Tropez. Bruno est admiratif :
 « Le Tigre, un puissant vapeur assure la ligne Suez-Hong Kong jusqu’en 1870. Lorsque le canal fut ouvert, il fait la liaison Marseille et l’Extrême-Orient. »
J’ai parlé de nos marins tropéziens, au conservateur du musée d’histoire maritime de la citadelle et que j’ai ainsi pu connaître leur vie. Et j'en apprends encore grâce à notre rendez-vous ancestral aujourd'hui (#RDVAncestral). 

Je suis tellement heureuse de cette rencontre avec Bruno qui s’est montré beaucoup plus bavard que lors du rendez-vous en mer des Caraïbes.


Les articles qui racontent mes ancêtres marins se retrouvent avec le tag

Sources
Les photos sont celles de l’exposition :
L’épopée du canal de Suez, Collectif, dir. Gilles Gauthier, Ed. Gallimard, Institut du monde arabe /Musée d’Histoire de Marseille, 2018.

Le vapeur Le Tigre : http://www.messageries-maritimes.org/tigre.html
Musée de la Marine : 
http://mnm.webmuseo.com/ws/musee-national-marine/app/collection (mot clé : Suez)

2019-01-14

Blog anniversaire 4 ans




Mon blog, créé en janvier 2015, fête ses 4 ans.

En 2018, j’ai publié 56 billets. 

Depuis le faire-part de naissance du blog,
ce sont 257 billets rédigés au total. 
Le rythme baisse quelque peu,
mais j’essaye d’améliorer la qualité.


Cette année a été celle de l’approfondissement qui me permet d'entrer dans les histoires de mes ancêtres.
Au fil du chemin, j’ai ajouté beaucoup d’individus dans ma forêt.
D'autre part je m’attache à soigner les personnages que j’ai appris à connaître.


Mes séries

La plus belle découverte de ces derniers mois, concernant mon village et mes ancêtres, est relatée dans « Les mulets du sel ».

Cette série a été suivie, selon les épisodes, entre 1038 et 544 lecteurs (d'après le statistiques de Blogger), ce qui ferait 700 lecteurs en moyenne, ou plus vraisemblablement 400, selon Google Analytics. C’est manifestement encourageant, de plus j’apprécie vos commentaires sur le blog et aussi sur les réseaux sociaux Twitter et Fb, même si ceux-ci sont éphémères.

Mes articles sont boostés lorsqu’ils sont sélectionnés par Thierry dans la Gazette-Web du vendredi, pour paraître dans : https://www.histoire-genealogie.com/ . Je me réjouis de cette ouverture vers de nouveaux lecteurs. 

#1GM

Le premier semestre a été occupé par l’écriture d’une dizaine de billets sur la Première Guerre Mondiale ; publiés au printemps, ils font suite aux quatre récits de l’hiver 2017. Le thème s'imposait, dans l'actualité #14-18, d’autant que j’ai eu l’occasion d’étudier la correspondance de Marie et d’ouvrir d’autres boîtes d’archives de sa famille.

La chronologie « Marius, pendant la Grande Guerre » est le billet qui a attiré le plus grand nombre de lecteurs : 1895 selon les statistiques de Blogger (donc beaucoup moins en réalité).

Je dois cet afflux de visiteurs à l’article de Sophie qui me cite dans le numéro 238 de la Revue Française de Généalogie. Ce petit tutoriel sur les cartes heuristiques, je l’ai voulu rapide, il est donc imparfait,  alors le succès apparaît d’autant plus inattendu.

Mes challenges

#RMNA

Avec le thème Raconte-moi nos ancêtres en 1918, j’ai participé au challenge #RMNA. Ces récits s’inscrivent dans la série de la correspondance de Marie.

#RDVAncestral

Depuis 28 mois, j’ai publié fidèlement pour le #RDVAncestral. J’aime ces rencontres qui me rapprochent de nos aïeux. Par la magie de l’écriture, il me semble souvent qu’elles ont été réelles, comme si j’ai vraiment passé un moment en compagnie de mes ancêtres. Ces articles résonnent en moi de manière spéciale, car l'aventure qui consiste à pénétrer dans un mode parallèle pour rencontrer des fantômes, s'avère particulièrement troublante.

#ChallengeAZ

Le #ChallengeAZ  a été l’occasion de 26 promenades à Lyon. Lorsque mon blog était plus jeune, je n’aurais pas été capable de rédiger ces articles, je connaissais ces lieux, pourtant je ne m’autorisais pas à écrire sur la famille de mon mari. Le précédent #ChallengeAZ de 2017 : « Nos ancêtres pendant la Révolution », a ouvert les portes. Portée par la confiance que m’accordent mes lecteurs, j’ai voulu leur servir de guide dans ma ville d’adoption.

Mes projets

Je prépare une présentation, pour mon groupe PFL (Patrimoine et Familles du Lyonnais), sur le frère d’un très ancien aïeul. Cet oncle, qui jouit une belle renommée au XVIIe siècle, demeure néanmoins totalement oublié de la famille, il mérite que nous lui rendions un hommage.

Je contribue au projet Wikipédia depuis un an, j’ai écrit et alimenté plusieurs articles, avec des biographies de personnes inspirées de mes billets de blog ou d'autres qu'ils ont pu croiser. J’ai participé à deux éditathons :
  • Les gouverneurs du Lyonnais, aux AD 69.
  • Claude, un empereur singulier, en lien avec l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Lyon (qui me donne la certitude que nous descendons de plusieurs ancêtres Romains). 
Cette expérience avec les wikipédiens est liée à mes centres d’intérêt, elle les augmente et inspire un autre angle d’approche que j’ai envie d’aborder. Cela va allonger ma liste de projets de recherche...


Voilà les chemins balisés dans la forêt de Briqueloup. Si vous voulez bien me suivre, je vous propose encore une multitude de sentiers où nous irons marcher ensemble, pour écouter les feuilles de mes arbres qui frissonnent d’histoires.    


2018-12-15

Petite-rue des Gloriettes


Vite avant que tout disparaisse, allons sur le plateau de la Croix-Rousse pour ce #RDVAncestral.
À la rupture de pente côté est, un immeuble, nommé le Belvédère, domine le Rhône.


Mais peu à peu, ce mastodonte s’efface, comme s'il n'avait pas encore été construit... 


Et nous voilà en 1854, exactement sur son terrain. 
Le long de la voie, les Gloriettes sont des tonnelles recouvertes par des treilles, où grimpent des guirlandes légères de fleurs. Par extension, ce nom fut donné aux pavillons de jardin marquant l’angle d’un mur, puis aux demeures de ce quartier.


Déjà en 1696, sur le plan scénographique (AML), on voit la Gloriette

J’arrive devant la maison au numéro 4, Petite-rue des Gloriettes.
Une silhouette passe derrière l’une des petites fenêtres donnant sur la rue.
Thérèse Mital (sosa 45) me fait entrer dans une pièce servant de salle à manger, éclairée par deux croisées avec de grands rideaux en coton blanc, une porte vitrée ouvre sur un jardin à l’orient.
Je remarque son ventre arrondi. La future maman aura vingt et un ans et un mois, en décembre, lorsqu’arrivera son premier né. Elle annonce : si c’est un garçon, il s’appellera Joseph. C’est le trisaïeul de mes enfants, lui dis-je.

Tiens ! On entend des musiciens dans cette maison : dans le salon voisin, la petite Julie Victoire, âgée de huit ans, travaille une sonatine sur le piano droit en acajou. Assise à côté d’elle, sa sœur Élisa qui a le double de son âge classe des partitions dans le casier à musique. Elle pose un cahier sur le pupitre.

Les sœurs ressemblent-elles à celles-ci 
 Renoir (Musée d'Orsay)

Thérèse ouvre la porte vitrée aux rideaux en mousseline brodée, donnant au matin sur le jardin complanté d’arbres. L’automne les pare de feuillage doré. Depuis le balcon de la Croix-Rousse, on peut voir le Mont-Blanc lorsque souffle le vent du midi qui annonce la pluie. Le jardin est vaste, beaucoup plus que ce que je l'imaginais. Nous faisons le tour du potager, il donne des fruits et des légumes appréciés. Les chrysanthèmes sont en fleurs. Thérèse m’explique que dans ce quartier, l’air passe pour bien meilleur que celui de Lyon.

Je ne sais pas si, en 1920, le jardin était encore à eux.

Trois bancs en bois avec pieds et garniture en fonte nous invitent à nous asseoir autour d’une table.
Thérèse Victoire s’est mariée avec Casimir l’an dernier, mais elle aime revenir dans sa maison où elle retrouve ses sœurs et son frère Jérôme, de deux ans son cadet.
Le voilà qui nous rejoint, portant une cafetière entourée de tasses en porcelaine, de cuillères à café en vermeil, sur un plateau en tôle vernie.

La Pergola, S. Lega, 1868, Pinacoteca Brera, Milan,  

Lorsqu’ils étaient enfants, ils venaient ici l’été seulement, c’était leur maison de campagne, ou plutôt celle du grand-oncle Joseph Sandier. 
Généreux, il a donné cette maison à sa nièce, Julie Catherine Sandier, leur mère, le jour où son contrat de mariage a été signé. Bien sûr, il s’en réservait la jouissance, jusqu’à sa mort, survenue il y a dix ans.

Leur famille qui habitait place de la Baleine, dans le vieux quartier de Lyon, préféra alors s’installer dans cette propriété à la Croix-Rousse. La grand-tante, Jeanne Marie Steinman, restée dans sa demeure depuis la mort de Joseph, a maintenant 83 ans, elle vit avec eux.


Jérôme dit que nous pouvons aller voir leur mère qui se repose dans sa chambre au premier étage. Thérèse ne cache pas son inquiétude, car Julie Catherine est bien faible. Elle n’a que 53 ans, pourtant elle semble épuisée.

Elle s’excuse de laisser à sa fille le soin me recevoir. Je lui confie que Thérèse est une ancêtre pour laquelle j’ai beaucoup d’affection (peut-être parce qu’elle est décédée si précocement). Mais cela, je préfère ne pas le révéler à sa mère qui, heureusement, ne verra pas mourir trois des quatre jeunes qu’il lui reste. Un sourire illumine furtivement son visage lorsqu’elle me dit qu’elle a donné naissance à neuf enfants, hélas cinq sont décédés en bas âge.
Devine-t-elle mes pensées ? Julie Catherine me demande si je suis allée au cimetière de la Croix-Rousse. En effet, j’ai admiré la tombe qu’elle a fait construire pour Jean, son mari. 
Sait-elle qu’elle va le rejoindre le 30 octobre prochain ?

Thérèse se rend compte que sa mère commence à s’assoupir, nous la laissons dormir.
Nous traversons un corridor de distribution, dans lequel se trouve : un corps de bibliothèque en bois noyer. J’aimerais m’attarder pour examiner les livres. Mais je n’ose le faire aujourd’hui, car je me rends compte que tout le monde est fatigué : Thérèse dont le pas ralentit, Jérôme qui a envie de courir ailleurs, les jeunes sœurs qui ont arrêté la musique et mes lecteurs aussi, je suppose, qui aiment les textes courts.

Peut-être reviendrai-je dans cette maison ?


Je les ai croisés aujourd'hui et ils m'ont conduit chez eux lors du récent #ChallengeAZ :
Monsieur le maire de la Croix-Rousse

Sources 
Archives de Lyon, état civil,  plans et cadastre
AD 69, Inventaire après décès (d'où proviennent les citations en italique)
La Pergola, https://pinacotecabrera.org/en/collezione-online/opere/an-afternoon-the-pergola/

2018-11-30

Z_de A à Z_ la cartographie des lieux

Pour ce dernier billet du #ChallengeAZ 2018,
je vous propose de situer tous les lieux de nos promenades à Lyon de A à Z.



J’ai utilisé Google My Maps pour créer cette carte.
Cette carte est stockée sur Google Drive. 
J'obtiens un lien que je peux intégrer dans le code HTML de mon blog. 



J’ai d'abord créé un tableau Excel, pour définir le nom des rues, le code postal et la ville (Lyon).
Il suffit ensuite de l’importer et les éléments géographiques sont automatiquement ajoutés. Le résultat est instantané, cependant il est utile de vérifier que les lieux sont bien référencés (il peut y avoir des erreurs…). Il est possible de déplacer les points, si on souhaite que la localisation soit meilleure lorsque le numéro de la rue n’a pas été indiqué.
La carte doit être partagée en mode public pour pouvoir être intégrée au site internet.
Autre possibilité : on peut la partager avec quelques amis sur Google Drive ou la garder en mode privé. On a aussi le choix de donner l’accès en mode lecture seule ou avec possibilité de modification.


Voilà cette page s'améliore peu à peu et j'essaye de toucher au code.

Je continue à explorer et je vous montrerai d'autres possibilités de cartographie. Pour ce dernier billet du #ChallengeAZ, cette solution m'a paru la plus simple.

Pour voir la liste avec les liens des 26 billets de A à Z, c'est sur cette page :
https://briqueloup.blogspot.com/p/blog-challenge.html



2018-11-29

Y_timeline du #ChallengeAZ


Voici une timeline des événements retracés dans ce #ChallengeAZ












Je l'ai créée avec TimeGraphics.

Je viens de corriger le lien précédent pour aller sur le site, certains d'entre vous m'ont dit qu'il ne fonctionnait pas. Il envoyait sur mon compte et vous ne pouviez le voir. Merci aux lecteurs attentifs qui me l'on signalé !
J'ai donc copié le lien fourni par TimeGraphics dans le code HTML de mon blog et voilà le résultat.

Et voilà, le temps est passé et cette timeline s'est quelque peu effacée sur le site TimeGraphics. Il ne me reste que l'image ci-dessus, mais plus d'interactivité. La version free, n'est pas perenne, quel dommage !




Il faut jouer des flèches du clavier et de la souris pour voir le graphique en détail, dézoomer et le déplacer sur l'axe du temps. Si on clique sur les lettres, le titre du billet apparaît. J'ai fait cela rapidement (pour publier à temps cet avant-dernier billet). Le résultat est hautement perfectible, j'en suis consciente.

Les billets sont pour la plupart datés avec précision lorsqu'un événement ponctuel m'attire sur le lieu visité. Si la période est plus longue, l'année est marquée d'un repère, j'aurais souhaité pouvoir donner un intervalle, mais le logiciel  pointe une seule date précise.

J'ai utilisé la version free qui est limitée. Avec la version premium, j'aurais pu illustrer en intégrant des photos, des cartes ...
Cela reste un résumé rapide pour présenter mon ChallengeAZ sur une ligne de temps.

Et vous, utilisez-vous les lignes de temps pour présenter vos recherches ?