La mariée était jolie, c’est ainsi que je vois, le 26
juillet 1693,
Thérèse Vassal au bras de Mathieu Pellas (sosas 702 et 703)
« laquelle a déclaré avoir esté ornée de l’habit nuptial d’estamine qui a esté fait à commungs frais, de la valleur de trante livres »
Thérèse Vassal au bras de Mathieu Pellas (sosas 702 et 703)
« laquelle a déclaré avoir esté ornée de l’habit nuptial d’estamine qui a esté fait à commungs frais, de la valleur de trante livres »
Leur contrat de mariage que j’ai pu lire alors que mes recherches étaient encore jeunes, m’est apparu comme une invitation à la noce, un début de prospérité pour mon arbre généalogique.
Avec mon groupe de paléographie, nous l’avons étudié. L’écriture est très lisible, mais les subtilités des formules employées par le notaire provençal ne m’étaient pas encore familières. Ma collection a augmenté depuis, mais ce contrat reste un de mes préférés.
Le compte de la dot fait apparaître un déséquilibre entre les
futurs époux.
Mathieu
dispose de « la somme de cinq
cens livres de l’ordonnance
scavoir cent cinquante livres de son chef
et le
restant en desdution et comte de l’héritage dudit feu Pellas son père. »
Tandis
que Thérèse apporte « la somme de trois
cens livres comprins ses hardes »
Si Thérèse fait un beau mariage, c’est qu’elle devait être
séduisante, en dépit de sa (faible) dot.
Elzéar Pellas, le père de Mathieu, décédé environ quatre ans auparavant, a laissé un héritage conséquent qui n'est pas réglé. Mathieu qui a 27 ans, semble être l’aîné, il est encore mineur.
Thérèse est choyée par son
grand-père dont je suis heureuse de connaître ainsi l’existence.
« Issy présant en personne Jacques Jaubert Ayeul de ladite Vassal
lequel a
constitué en augmant de doct à ladite
Vassal sa petite fille
la somme de dix sept livres au prix de quelques hardes
que ladite Gautiere recognoit parellement avoir receu ».
« Ladite Gautière », c’est Marguerite, la mère de Mathieu,
qui accuse réception des habits de sa belle-fille !
Ce jour-là il est important de
bien savoir compter. La mère de Thérèse, Catherine Jaubert a participé en
donnant « trante livres de son
chef » et « deux cens
septante livres restantes du chef dudit
Vassal »
Soit 30 + 270 ce qui fera bien
300 livres de dot.
Les versements se font en
plusieurs fois : 122 + 78 ledit jour suivis de deux versements de 50 livres
aux deux prochains anniversaires du mariage.
« 122 livres réellemant en escus blancs et en autres espèsse de
monoye courante
au veu de Nous Notaires et tesmoingz
Plus soixante dix huit
livres au prix des hardes de ladite future espouse »
« Et quant aux cent livres restantes
ladite Vassal promet les
acquiter en deux payes esgales
la première du jour d’huy à une année
et l’autre
à semblable jour l’année d’après »
Le contrat a été signé dans la
maison dudit Vassal à Vinon. Jean Vassal est marchand.
Je suis loin de connaître toutes
les dates et Thérèse et Mathieu.
Vivaient-ils dans le lieu-dit
« Les Pellas » ou plus probablement dans le bourg de St-Julien ?
On rencontre au moins trois familles Pellas de niveau social différent.
Attention à ne pas confondre mon Mathieu Pellas avec son homonyme qui dessine une
belle ruche lorsqu’il signe, comme celle de Pierre Pellas sur le contrat de Mathieu et Thérèse (qui disent ne savoir signer).
L’étude des contrats de mariage
est un projet que j’ai commencé en dressant un tableau sommaire pour comparer
le montant des dots, mais cela devient vite complexe à visualiser.
Qui, parmi mes lecteurs, a déjà répertorié
facilement les différents items consignés dans ces contrats ?
argent : escus et livres,
hardes et joyaux, meubles, logis et terres … sans omettre les obligations diverses envers les
parents.
La mariée était jolie ! Cette
déduction hâtive à la lecture d’un contrat de mariage n’est-elle pas
représentative des idées que l’on peut graver sur nos ancêtres... Ce texte
n’engage que moi et j’espère que Thérèse Vassal n’en sera pas froissée.
Bibliographie :
Les régimes matrimoniaux en Provence
à la fin de l'Ancien Régime, Contribution à l’étude du droit et de la pratique
notariale en pays de droit écrit. Jean-Philippe Agresti, Presses Univ Aix
Marseille.
Disponible sur Internet : https://books.openedition.org/puam/848
Le contrat intégral est à lire en page suivante ...