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2021-11-01

A_en Auvergne


Ma sixième participation au  ChallengeAZ nous emmène en Auvergne :


Excursions en Vivarais  - Velay


Ils me sont familiers les lieux en Haute-Loire et en Ardèche où mes grands-parents maternels ainsi que leurs ancêtres ont vécu, depuis la nuit des temps.



Ils évoquent les sous-bois flamboyants de l’automne, les châtaignes, les champignons, les maisons abandonnées qui mettaient des larmes dans les yeux de ma mère, les routes qui tournent et donnent mal au cœur. Nous y allions avec mes parents, en toutes les saisons. Au printemps, les sources abondent dans les prés, nous cueillions les pissenlits. En été, sous la fraîcheur des grands sapins, nous ramassions les airelles. En automne, nous allions fleurir les tombes. En hiver, lorsque souffle la burle et que les congères de neige barrent les villages, nous partions pour une randonnée en ski de fond… au temps des neiges d’antan.


J’ai emmené mes enfants pour qu’ils connaissent notre pays, ils ont marché dans les forêts de nos aïeux, ils sont venus avec moi feuilleter les registres des mairies. Et puis, nous avons rencontré des cousins insoupçonnés. Alors, j’ai récolté des histoires…



Pour mes recherches aux Archives, je me suis rendue à Privas (AD 07) et  au Puy-en-Velay (AD 43).



    Mes ancêtres maternels vivaient aux confins du Vivarais et du Velay. Leurs bois, leurs prés, leurs fermes, leurs villages se trouvent sur la ligne de partage des eaux. Les membres de la famille de mon grand-père demeuraient au hameau de Fauriat qui porte leur nom. Leurs nouveaux-nés ont été inscrits, les uns dans les registres en Haute-Loire et les autres en Ardèche, selon le bourg où leur père les a présentés.


    La grand-mère de mon père, Marie Nogier, celle qui est venue travailler à Marseille, était née à Mayres, dans cette vallée où coule l’Ardèche. Longtemps cet arbre est resté peu fourni, je ne trouvais pas grand monde : des personnes illettrées, des paysans vivant dans un pays ingrat. En remontant, j’ai eu quelques surprises.

Cet été, nous avons fait un séjour dans leurs montagnes au milieu des volcans. Et à présent, j’ai tellement d’histoires à raconter que je crains que vous ne les croyiez pas…


2017-06-22

S_ le sang de l’abbé Sauvade

Moulin de Richard
 
J’aurais aimé mettre une photo
des moulins papetiers d'Ambert

en particulier celle du Moulin de Richard Benoît Sauvade est né le 14 juillet 1743.

Souvenez-vous, je vous ai montré le berceau de son neveu Claude Sauvade qui a été le personnage de plusieurs articles publiés le mois dernier.

Valcivières, Puy-de-Dôme

J’aurais aimé vous parler de Valcivières, le village de nos ancêtres où il a exercé comme curé. Sa passion était de mettre au point des inventions pour améliorer la papeterie, d’autres pour sécuriser la fabrication de pièces et de papier monnaie, et celle à laquelle il tenait le plus : une machine hydraulique pour les vaisseaux.


J’aurais voulu savoir pourquoi l’abbé Sauvade était « prêtre et chapelain de la Maison Royale des Tuileries » en 1784. 
Lorsque le roi s’installe aux Tuileries en 1789, Benoît va vivre chez son cousin, Jean Blaize Vimal, ainsi que Jean François Gaultier de Biauzat, beau-frère de celui-ci.

La Révolution est en marche. 
 
Le récit suivant sera plus triste, puisque le sang de l’abbé Sauvade a coulé ce jour du 27 août 1792, à Paris.

Trois hommes arrivent sur la Place de Grève. L’un d’eux est Benoît, le frère de Jean Sauvade (sosa 124).


L’abbé Sauvade a affirmé son innocence tout au long de son procès.
« Puisqu’il faut des victimes, n’importe qu’elles soient innocentes. Je me dévoue. Mais souvenez-vous, Législateur,  que je mourrai pour avoir mis dans une malle, dont on m’a remis la clef et que j’ai remise de suite, trois cartons contenant le reste de la correspondance et autres papiers de commerce qu’elle contenait  quant elle a été envoyée, et dans laquelle il s’est trouvé quinze jours après, des papiers pour faire des assignats. »

Jean Blaise Vimal, son cousin a avoué, il est compromis dans une affaire de faux assignats. Un escroc s’est associé avec lui, puis l’a dénoncé pour toucher une récompense. Par jugement du 29 juin 1792, ils ont été condamnés à la peine de mort.
Jean François Gaultier de Biauzat (H : Honnête Homme) quitte Paris, désolé du procès de son beau- frère, une tête brûlée qu’il a toujours tenté de raisonner.


Les trois hommes montent sur l’échafaud, ils s’allongent sur une planche, posent leur cou exactement sous la lame de la guillotine.


Le bourreau est Gabriel Sanson, descendant d’une célèbre famille, de père en fils, tous sont exécuteurs des hautes œuvres .

Clac la lame tombe.


Le bourreau fanfaronne, 
en allant saisir la tête tranchée 
pour la montrer à la foule, 
il glisse sur le sang des guillotinés, 
il tombe et se fracture le crâne 
et il meurt sans avoir lâché la tête. 



Bibliographie

Laurence Froment, Les Vimal-Gaultier de Biauzat: heurs et malheurs d'une famille auvergnate, 1754-1792, Créer, 2007, 429 p.


Voir l'article que j'ai créé sur Wikipédia : Benoit Sauvade

2017-06-13

K _ joKer

Il faudrait plus de 26 lettres du ChallengeAZ pour entrer dans le thème de la Révolution française. La lettre K ne doit pas être un casse-tête, elle sera un joKer.
Cela me donne l'occasion de mettre à l'honneur les Archives départementales à la suite de l'article I_Inventaire de la série révolutionnaire. Tout généalogiste apprécie le travail de collecte et de gestion des AD et aime se rendre dans la préfecture pour les consulter.


Les départements sont une création de la Révolution française. 
Les cahiers de doléances expriment les revendications des Français qui demandent le droit de s’administrer eux-mêmes, ils en ont assez des privilèges liés à l’administration des provinces. Les officiers royaux qui achetaient leurs charges vont être remplacés par des élus ou des fonctionnaires compétents.
Le 15 janvier 1790, le royaume de France est divisé en 83 départements. Les noms sont choisis en fonction de la géographie et de l’hydrographie. Il fallait déterminer le choix de la préfecture et des chefs-lieux afin qu’il soit possible de s’y rendre en moins d’une journée de cheval depuis n’importe quel point du territoire.

Départir signifie partager. 
C’est plus facile à dire qu’à mettre en place ! Le découpage pose une quantité de problèmes qui en 1789 sont âprement discutés par les députés de l’assemblée. Voici la carte proposée par le député de Rouen : 80 carrés égaux de 18 lieues de côté. 


JF Biauzat dont j’ai parlé (H_Honnête Homme) s’est occupé de défendre le territoire de sa province d’Auvergne. C’est ainsi que Clermont, dont il avait été élu maire en reconnaissance de son implication en tant que député est devenue le chef-lieu du Puy de Dôme. Il a jugé préférable d’éviter le nom de Mont d’Or "afin d'éviter que l'on ne conçoive l'idée de richesse en prononçant son nom ".
 

Lettres-patentes du 4 Mars 1790 

Le généalogiste connaît les difficultés des recherches lorsque nos ancêtres habitaient à la lisière de plusieurs départements.
Les miens demeuraient à la limite de l'Auvergne, entre l’Ardèche et la Haute-Loire. (Je vous en parlerai à la lettre V_Vivarais-Velay)

Sur cette carte, deux départements ont été ajoutés : la Loire qui se détache du Rhône-et-Loire et le Comtat Venaissin devient le Vaucluse.


Le département est divisé en districts, et le district est divisé en cantons. A chaque niveau, siège une assemblée administrative.  Il y aura désormais une municipalité dans chaque ville, bourg ou paroisse. Le chef de l’administration municipale prend le titre de maire.

Avez-vous des maires dans vos généalogies à cette époque ?

Le nôtre n’a pas eu de chance : Gaspard M. a été le deuxième maire d’Écully (Rhône) du 2/12/ 1792 au 15/08/1793. (Vous pouvez lire G_ Gaspard Guillotiné)

2017-06-09

H_un Honnête Homme

Jean François Gaultier de Biauzat est un témoin de la Révolution française, il est, je crois, un Honnête Homme
Le récit de sa vie m’intéressait, puisqu’il a été proche de Benoist Sauvade, l’oncle de Claude Sauvade dont il a été question dans mes trois précédents billets. Vous connaîtrez bientôt la triste fin de Benoist Sauvade et de Jean Blaize Vimal, frère de Claudine qui suit.
Sa femme, Claudine Vimal, est une cousine éloignée de Jean (sosa 188), le père de Claude Sauvade, ils sont nés la même année 1739, à Ambert
 

Jean François Gaultier de Biauzat

Gaultier de Biauzat est avocat à Clermont-Ferrand. Le 27 mars 1789 il est élu député du Tiers-État aux États-Généraux, il siège donc à Versailles et il figure parmi les signataires du Serment du Jeu de Paume.


Serment du Jeu de Paume_David

Grâce à la correspondance qu’il adressait à sa femme et aux habitants de Clermont, lesquels en faisaient des lectures publiques appréciées, j’ai pu suivre l’avancée des événements de la Révolution.
Gaultier de Biauzat est réputé pour avoir fait paraître « Doléances sur les surcharges que les gens du peuple supportent en toute espèce d’impôts ». Le succès a été immédiat, voici ce qu’il écrit : 
« Je dis que la classe inférieure des taillables supporte presque en entier, la portion pour laquelle les riches des trois états devraient contribuer dans le paiement des impôts ».


En 1790, il monte à la tribune pour défendre les plus pauvres de sa province d'Auvergne :
« L’impôt de la gabelle était supporté par ceux qui n’ont rien : il faut que celui qui le remplacera soit supporté par ceux qui ont tout, et qui ne payent presque rien …» (p.311)



Bibliographie
Laurence Froment, Les Vimal-Gaultier de Biauzat: heurs et malheurs d'une famille auvergnate, 1754-1792, Créer, 2007, 429 p.

2017-05-26

Les deux sœurs de Claude Sauvade

Découvrir les vrais parents de Claude Sauvade apporta deux sœurs cadettes dans les branches de l’arbre de notre ancêtre.
Leurs mariages les conduisirent à des vies bien différentes : l'une dans un château, l'autre dans un moulin.

La plus jeune, Jeanne Marie était inscrite tout en haut d’une liste généalogique. Merci Arlette de m’avoir communiqué son aïeule jusqu’aux contemporains.  Mais à cette époque-là, je pensais qu’Anne et Jean Baptiste étaient  la tante et l’oncle de Claude. 
Il se trouve finalement qu’Anne Fayolle de la Bruyère et Jean Baptiste Sauvade sont nos aïeux communs (je l’explique dans l’article précédent).

Voici le chronogramme de la famille en 1805, date de la mort du père.


Les trois enfants de ce couple sont nés à Ambert, au Moulin Richard-de Bas,
en 1779_ 1780 et 1781

Jeanne Marie est née le 12/12/1781.
  • Elle avait 25 ans lorsqu’elle épousa François Dandrieux, le 7 janvier 1806, à Ambert. François était à cette époque compagnon papetier, il entrait, par ce mariage, dans une grande famille de papetiers. Les témoins étaient les oncles par alliance : Claude Micolon et Claude Sauvade Sauvade (ainsi dénommé à la mode d’Ambert, pour avoir épousé Marie Sauvade). Ils ont signé avec l’épouse […]« ce que l’époux n’a sceu faire de ce enquis ».


Moulin Richard-de-bas, Ambert

Jean, le père de Jeanne Marie venait de décéder, dans cette maison, quelques mois auparavant, le 21 octobre 1805. 
Anne, sa mère, habitant à Montbrison, a donné une procuration, mais n’était pas présente au mariage.

Hélène Sophie est née le 23/10/1780
  • Elle avait 32 ans, le 30 juin 1813, lorsqu’elle épousa Jacques Joachim Louis Le Blanc d’Éguilly « ancien capitaine d’artillerie âgé de soixante deux ans cinq mois vingt huit jours », comme il est noté très précisément dans leur acte de mariage. Elle vivait dans la région parisienne : Le Pin, en Seine-et-Marne.

La mère d'Hélène Sophie, résidant à Saint-Germain-en-Laye a signé une procuration.
Le vieil époux est mort neuf ans plus tard, à Éguilly (Aube) où il avait hérité d’un très ancien château.

Château d'Eguilly, Aube

  • Hélène s’est remariée, quatre ans plus tard, avec Jean Baptiste Jacques Chary, habitant Éguilly. Il avait 46 ans, soit seulement un an de plus qu’elle. 

Hélène est décédée en 1854, en son domicile, le château d’Éguilly qu’elle a donc hérité de son premier mari.

J’ai consulté les recensements d’Éguilly 
En 1836, seize personnes vivent à cette adresse avec le couple. Le château est très grand.
En 1841, apparaît Henriette Sauvade comme fille adoptive (est-ce une parente adoptée ?)
En 1846, elle est chef de ménage et vit avec Léocadie M, (qui serait sa petite fille ?)
et Marie Joubert, sa nièce âgée de 60 ans, cinq ans de moins qu’elle.
(Il reste à les replacer dans l’arbre ce que je ne sais pas encore faire.)

Post scriptum
Claude Sauvade avait en fait trois sœurs.
  • Une sœur aînée, se nommait Hélène, comme sa tante maternelle. Elle est née à Ambert le 16/09/1771
Celle-ci était la marraine de sa sœur Hélène Sophie, à qui elle a donné son prénom. Elle avait alors neuf ans. 
Ensuite j’ai perdu sa trace.


Suivez les liens pour voir les articles qui racontent :

➢La maison où est née la famille Sauvade : le moulin de Richard
➢L'épouse de Claude Sauvade : Antoinette Poutrain  
➢L'oncle de Claude Sauvade : Jacques Sauvade 
➣L'oncle de Claude Sauvade : Benoist Sauvade au destin tragique 

2017-05-01

Une erreur qui fait avancer à pas de géant

Dans mon précédent billet, j’ai été un peu injuste avec Jacques Sauvade. Je lui dois quelques excuses, car c’est grâce à lui qui j’ai pu aborder ses ancêtres... qui sont aussi les nôtres.
J’ai un grand plaisir à explorer leur généalogie, à visiter leur région, à collectionner des ouvrages parlant d’eux, à me rendre aux AD du Puy-de-Dôme et à transcrire leurs contrats …
D’ailleurs, même si j’ai cru longtemps que Jacques était l’ancêtre de mon mari, je ne m’étais pas autant fourvoyée que vous pourriez le supposer.
Cette erreur sur Claude Sauvade était inévitable, d'ailleurs si je ne l’avais pas faite, je n’aurais jamais réussi à remonter dans sa forêt d’ancêtres. 

Reprenons la base de l’arbre :
J’avais pour seul renseignement l’âge de 79 ans au décès de Claude Sauvade, il a vécu à Saint-Etienne où il exerçait la fonction de percepteur. Je cherchais désespérément comment il avait pu rencontrer sa femme Antoinette Poutrain qui est née à Mons en Belgique.
J’ai donc feuilleté plusieurs registres des différentes paroisses de Saint-Etienne et je me suis arrêtée sur l’acte de naissance d’un Claude Sauvade, fils de Jacques, que je situe en 1778, (dans mon dernier RDVAncestral : « Je ne suis pas votre ancêtre »)
Il n’empêche que, par chance, les parents de Jacques sont aussi les nôtres.



Nous sommes allés sur le chemin des papetiers à Ambert

Marcher sur les pas des familles

Sauvade_ Vimal_Richard_Gourbeyre … 

voir leurs moulins, 

écouter leurs ruisseaux,

marcher dans leurs prés, 

c’était un enchantement.




Et j’ai découvert récemment que notre Claude Sauvade est né précisément au Moulin de Richard, la maison de ses ancêtres que nous avions visitée avec une émotion particulière.

Moulin Richard-de-Bas

Le berceau suspendu au dessus du lit-clos pourrait bien être celui dans lequel Claude nouveau-né a été déposé le 5 septembre 1779.

Richard-de-Bas, le lit 

Ce qui m’a permis de rectifier les erreurs enregistrées, c’est la publication des bans du mariage de Claude, publié à Montbrison mais célébré à Paris en 1828. Les archives parisiennes ayant brûlé, je ne retrouverai pas cet acte, mais je ne désespère pas de lire un contrat de mariage. Le plus important est qu’il indique le nom des parents qui sont Jean Sauvade et Anne Fayolle.
Ce couple ne m’est pas inconnu, il se trouve que je connais bien Jean Baptiste qui est justement le frère de Jacques ! 
Si les recherches sur Anne Fayolle de la Bruyère furent un peu complexes, les résultats s'avèrent encore plus passionnants, je vous raconterai cela. 
J’aurais dû être alertée par un  nom, caché dans un  coffret en buis avec une serrure à secret qu’une cousine possède. Sur ce papier est écrit le nom d’Anne Fayolle, orthographié "la Brière".
Je pensais alors que c’était une tante, mais en fait Anne est la mère de Claude Sauvade

(Oups ! j'ai tout une série de correspondance à rectifier !)


Voici les billets de cette série pour connaitre la famille de Claude Sauvade :

La maison où est né Claude Sauvade : le moulin de Richard à Ambert
L'épouse de Claude Sauvade : Antoinette Poutrain  
L'oncle de Claude Sauvade : Jacques Sauvade 
➢Les sœurs de Claude Sauvade, leurs mariages
L'oncle de Claude Sauvade : Benoist Sauvade au destin tragique 


2017-04-15

Je ne suis pas votre ancêtre

Ce Rendez-vous Ancestral (#RDVAncestral) du mois d’avril est encore un peu manqué ! 

Trop heureuse d’avoir trouvé le père de Claude Sauvade, ancêtre de mes enfants (sosa 94), je vais voir le baptême célébré dans la Loire, à Saint-Etienne, le 29 septembre 1778, dans la paroisse Saint-Etienne justement.

Paroisse St-Etienne 

Je me présente à Jacques Sauvade qui me reçoit avec un air distant.
« Vous faites erreur, Madame, je ne crois pas vous avoir invitée au baptême de mon fils. »

J’essaye de lui expliquer que nous sommes ses descendants. Claude Sauvade va vivre longtemps, il habitera Saint-Etienne au n°27 de la rue Neuve, il décédera à Crémerieux, en août 1858 à l’âge de soixante dix-huit ans. Voici son portrait :

Claude Sauvade

Jacques Sauvade me fait remarquer que je ne sais pas compter avec exactitude.
La recherche généalogique exige de la rigueur, me dit-il, moqueur.
J’en conviens, mais j’essaye d’expliquer combien il a été long de chercher dans les registres toutes les paroisses de Saint-Etienne. J’étais trop satisfaite lorsque j’ai trouvé la famille du nouveau-né baptisé ici, au nom de Jean Claude Marie Sauvade.


Je tente de confier que je me suis sentie proche des parents de Gabrielle, la jeune maman. Un jour nous sommes même allés jusqu’à Saint-Romain-les-Atheux. En suivant la route que son père marchand devait bien connaître pour se rendre à Saint-Etienne, j’ai pensé à son aïeul, André Couturier. Comme s’il était notre ancêtre.

Mais nous ne somme pas vos ancêtres ! affirme Jacques péremptoire.

Alors, tout cet arbre magnifique que j’ai réussi à reconstituer… Dois-je le déraciner ? J’accuse le choc, ne sachant encore si je dois le croire.

J’ai cherché longtemps l’origine de la famille Sauvade.  Lorsque j’ai pu agréger à cette branche cinq générations de célèbres papetiers d’Ambert, lesquels sont les ancêtres de Jacques, j’ai trouvé cela passionnant. Dois-je renoncer et les décrocher de notre arbre ? Jeter tous les actes que j’ai récoltés aux AD 63 ?

Jacques me rassure en me disant de poursuivre mes recherches sur ses ancêtres à Ambert. Un peu moqueur, il ajoute que je ne suis pas très loin de trouver notre Claude Sauvade.
Mais il ne peut pas encore me donner des indices, car celui naîtra un an plus tard. 

(à suivre...)

Cette enquête devient une série, voici les liens pour la suivre: 

La maison où est né Claude Sauvade : le moulin de Richard
L'épouse de Claude Sauvade : Antoinette Poutrain  
➢Les deux sœurs de Claude Sauvade, leurs mariages 
Le frère de Jacques : Benoist Sauvade au destin tragique 
Un cousin éloigné ; Jean François Gaultier de Biauzat
http://briqueloup.blogspot.fr/2017/06/hun-honnete-homme.html

2015-05-22

AD 63

Je suis allée aux AD du Puy-de-Dôme. Clermont-Ferrand est à 165 km de chez moi. C’était la deuxième fois que je me rendais dans ces archives. Cette fois-ci, la récolte a été modeste, la plupart des registres ne contenaient pas les actes dont j’avais les références. L’un était remplacé par un récépissé de prêt bien signé, mais il n’est jamais revenu depuis 50 ans.


Cependant, la journée s'est révélée intéressante.
A 16 h 40, le chef de salle annonce que nous devons rendre les documents, puisque la fermeture est prévue à 16 h 45. Juste à ce moment-là,  je trouve le contrat de mariage dans une liasse notariale commandée à l’intuition, car si je connaissais la date, 1634, je ne savais pas le nom du notaire. Celui que j’espérais fut le bon. Par chance, le contrat comptait peu de pages que j’ai photographiées avec soin et grande hâte pour ne pas me retrouver la dernière avant que les portes ne ferment.

De retour à Lyon, je transcris ce contrat … Il me fait découvrir le nom des pères des époux. Je ne pensais pas pouvoir ajouter quelques feuilles à cette branche ancienne de papetiers ambertois.

Si l'on ne trouve pas toujours ce que l'on cherche dans les archives, on récolte souvent des pages précieuses.