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2025-07-25

Noyé dans le Verdon

 

Je vous ai emmenés au bord du Verdon à Quinson, à Esparron-de-Verdon. À l’occasion du généathème « au bord de l’eau », je relis ces articles et je vois que je vous ai promis celui-ci.

Je cherche dans mes projets de billets en cours d’écriture, ne trouvant pas cette histoire tragique qui m’avait interpellée. Le moment est venu de la raconter.

Vive les challenges qui nous incitent à écrire !

 

 

Je vous propose d’aller rendre visite à la famille Gaide, en mai 1781.

 

Esparron-de-Verdon, 04
CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons


Ils vivent à Esparron-de-Verdon. 

Ils ne pourraient pas me croire si je leur disais qu’aujourd’hui s’étale un lac qui fait miroiter sur sa surface les mille nuances vertes de leur rivière. Le Verdon que le barrage contient merveilleusement se révélait plus sauvage et coulait autrefois dans son lit profond. Mais, si l'on observe la vue aérienne, il est facile d'imaginer que le Verdon est devenu un dragon ! A présent, l’endroit magnifique attire dans leur village de nombreux touristes, certains ont construit des villas cossues sur les pentes abruptes baignées par la rive droite. Des bateaux électriques mouillent dans un petit port. Sur la rive gauche, on est dans le département du Var, précisément sur le territoire de notre commune de Saint-Julien.

 


En 1781

Paul Gaide (sosa 842 à la génération X) a alors 58 ans. Une trentaine d’années auparavant, il est allé à Quinson pour épouser Chrétienne Terrasson, qui préfère le prénom plus moderne de Christine.


Le couple a eu sept enfants dont les prénoms ont été choisis parmi ceux de la famille, ce qui témoigne de la proximité entre les deux villages où résidaient les grands-parents paternels et maternels.

 

SchiDD, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Aujourd’hui, depuis Quinson, on peut descendre en canoë les Basses Gorges du Verdon qui offrent un parcours exceptionnel, digne d’être comparé aux célèbres Gorges du Verdon, situées quelques kilomètres en amont.

La route, ou les chemins, passent plus haut à l’extrémité sud du plateau de Valensole. 



Paul Gaide est connu comme négociant. Il devait posséder des mulets qui transportaient les marchandises d’un bourg à l’autre. Il pouvait compter sur son fils Joseph, négociant lui aussi.

 

Paul Gaide
Joseph Gaide


Joseph est un jeune homme de 26 ans. Il a déjà fondé une famille avec Marie Anne Roux. Une petite Marie Christine Catherine est née le 11 mai 1779, et hélas morte il y a huit mois. Sa femme a accouché d’un fils, Joseph Paul, en février dernier, l’enfant va avoir trois mois.

 


Christine, la femme de Paul connaît la douleur de perdre un enfant : Jean Paul est mort à deux ans, Théodore Euphroisine à huit mois, Magdeleine à quatre ans. On comprend que Christine paraisse toujours inquiète pour ses petits-enfants. 

Chez Élisabeth, mon ancêtre (sosa 421), on s’est réjoui de douze naissances. Âgée de 30 ans, Élisabeth n’a pourtant que quatre ans de plus que son frère Joseph Paul. 

Élisabeth a perdu sept enfants. Étant l’épouse d’un boulanger, elle devait travailler avec son mari, elle ne pouvait pas allaiter et s’occuper des nouveau-nés, peut-être étaient-ils placés en nourrice. Les petits anges n’ont vécu que deux mois, deux jours, deux semaines, dix mois, vingt et un mois.

Saint-Martin-de-Brômes se trouve à une heure et demie de marche, ils n’habitent pas trop loin, on peut aller leur rendre visite pour les aider.

 

dronepicr, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons


Que faisait Joseph au bord du Verdon, le mercredi 2 mai 1781 ?

Allait-il pêcher des écrevisses ? L'eau est haute au début du moi de mai, a-t-il glissé sur les galets, emporté par des tourbillons dangereux ?

.  

Il a été « trouvé sur le bord du Verdon, où il a eu le malheur de se noyer. »


Quel drame pour la famille ! Son père est dévasté, il perd son fils ; comment continuer à s’occuper du négoce ? Il doit pourtant aider sa belle-fille veuve à élever le petit, qui hélas mourra à trois ans.

 

L’année suivante, le 26 septembre 1782, c’est le cadet Joseph Paul que l’on enterre. Il était prêtre vicaire sur la paroisse d’Esparron. Il avait 26 ans. Outre l'officiant du lieu, deux de ses confrères se sont déplacés : le curé de Quinson et celui de Brauch, signe que messire Gayde était apprécié comme un homme important. Il devait faire la fierté de la famille.

 

Dominique Dardenne, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons


En 1813, leurs parents ne seront plus présents dans l'église d'Esparron pour pleurer leurs deux filles.

Élisabeth est revenue habiter à Esparron, en sa maison rue de l’hôpital, c’est là qu’elle mourra le 1er août, seulement dix jours après sa petite sœur Marie-Christine.


 Allons au bord du Verdon :

à Quinson,

Passer le pont du Verdon

Noyé dans le Verdon

2022-09-13

Passer le pont du Verdon

 

Pons et Philipe

Voilà un couple que j’aime bien, sans doute à cause de leurs prénoms.

Au début de mes recherches, j’avais noté Philipa, avant de me rendre compte que Philipe était un prénom féminin. Je n’avais alors guère de compétence en paléographie.

Elle était nommée Philipe Brun(e), puisqu’en Provence on féminise les patronymes.

Elle est  née le 21 juillet 1613 à Saint-Julien (Var). À l’âge de 18 ans, elle épouse Pons Gastaud, il avait 24 ans. Pons n’est pas un prénom rare, cependant mon sosa 3444 est le seul à le porter.

Leur acte de mariage du 20 janvier 1632 m’avait beaucoup plu, lorsque je l’ai découvert au début de mes recherches.

Ne sachant citer le nom de la mère décédée, le curé avait laissé un espace blanc. Je le connais maintenant, je comprends que Suzanne Garcin, la mère de Pons n’était pas de notre village. Peut-être d’Esparron, ce que je n’ai pas pu vérifier; dans ce cas avoir des cousins là-bas sera utile pour une branche descendante que je retrouverai parmi mes ancêtres de l'autre côté du Verdon, comme je vais le découvrir ici.


 Pons Gastaud et Philipe Brun(e) ont au moins sept enfants.

Le dernier est mon ancêtre. Jacques est né le 26 janvier 1655, sa mère a déjà 41 ans.

Jacques Gastaud épouse Honorade ou Honorate Gastaud; quoique puisse laisser penser leur homonymie, ils ne sont pas de la même famille, et Honorade m’ouvre l’horizon dans le village voisin de Ginasservis où elle voit le jour le 1er novembre 1651. Jacques Gastaud exerce comme régent des écoles, il se remarie après le décès d’Honorade qui meurt à 48 ans.

Jacques et Honorade sont les parents de Thérèse Gastaud et les grands-parents de Pierre Philibert, (sosa 430).


 

En écrivant l’article précédent, situé à Quinson puis à Esparron de Verdon, j’ai approfondi mes recherches sur la mère de Jean Roman, (sosa 1292).

J'ai eu la surprise de découvrir que Louise Arène est la petite-fille de Philipe et de Pons.

Donc, Pons et Philipe sont à la fois mes sosas 3444 et 3445 par leur fils Jacques et encore mes sosas 13 542 et 13543 par leur fille Françoise.

 

Le beau barrage sur le Verdon

Mobilité 

Les descendants de Jacques sont toujours restés à Saint-Julien (Var).

Les descendants de Françoise sont nés de l’autre côté du Verdon, à Esparron (Alpes de Haute Provence).


Un bon marcheur pouvait relier les deux bourgs en traversant le Bois du Défend, puis le pont sur le Verdon. Un vieil homme m’a raconté qu'avec les jeunes de Saint-Julien il empruntait ce chemin à pied pour aller danser à la fête d’Esparron; les filles mettaient leurs souliers de bal au moment d’arriver, pour ne pas les user en route.

 

Le pont sur le Verdon

 Ce pont construit en 1725 a remplacé un ouvrage plus ancien à la sortie des Basses Gorges du Verdon. Il est à présent englouti sous les eaux du barrage. 

 

Ewft, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Il faut aujourd’hui parcourir une longue route qui serpente dans les Alpes de Haute-Provence avant d’atteindre ce joli village d’Esparron-du-Verdon. Il se trouve au bord d'un lac couleur d’émeraude, alimenté par le Verdon. Depuis 1967, le pont n'est plus visible. Je suis souvent allée nager traversant d’une rive à l’autre, au-dessus de ce pont devenu mythique depuis qu’il est noyé sous les eaux du barrage.


Nous l'appellons "Le pont coupé".


Un double mariage des filles de Françoise avec les frères Roman

    Le 25 février 1677,

  Louyse Arène a épousé Mathieu Roman (Sosas 3385 et 3384).

  Thérèse Arène a épousé André Roman.


  L'acte qui scelle les deux familles est bref, les plus proches parents qui les entourent ne sont même pas cités. 

 Louise et Mathieu ont pour fils Jean Roman, (sosa 1692) né à Quinson, comme je le raconte dans le billet précédent. 


Il y a bien longtemps, avant que le lac engloutisse le cours du Verdon, il suffisait de passer le pont, pour que mes deux branches d'aïeuls n’oublient pas que nous avons tous les mêmes grands-parents. Ces deux branches vont s'unir deux siècles plus tard, avec le mariage d'Eléonore Fave et Pierre Angelvin.

Cette histoire va me faire rêver lorsque je me baignerai dans le lac. 


Allons au bord du Verdon :

à Quinson,

Passer le pont du Verdon

Noyé dans le Verdon 


2021-02-19

Se mettre en route vers les Archives


Dans le cadre du challenge #lemoisGeneatech, je raconte 

une découverte que je n’aurais pas pu faire sans me rendre aux archives. 

AD 13

Les recherches devant l’écran de l’ordinateur demeurent confortables et pratiques. Pourtant l’effort de se déplacer jusqu’aux lointaines archives procure une source d’émerveillement.
C’est alors que des ancêtres se révèlent, je comprends mieux leur vie et je situe leurs parents. 

Cette aventure s’est réalisée plusieurs fois. Cela m’a donné l’occasion d’aller jusque dans leurs villages et de les considérer comme les miens.

1re étape : les Archives des Bouches-du-Rhône à Marseille

C’était ma première visite aux AD 13, curieuse, impatiente de découvrir des actes de notaires, je récolte un maximum de photos de registres. Je ne prends pas vraiment le temps de les lire, seulement d’en apprécier l’odeur et le toucher. Je suis émue de voir que mes ancêtres avaient apposé leurs paraphes sous les actes.

AD 13, registre 367 E 122

Le contrat de mariage entre Estienne Mauroux et Anne Gatte a été dressé à Marseille, en l’an 1655 et le quatrième jour du mois de mai.


Je déchiffre avec surprise le lieu où il est né : Aubenas. Je ne lis pas la suite qui me demanderait une attention supplémentaire. Je prends des photos rapidement, car d’autres registres m’attendent.

Cela me plaît bien d’avoir un nouvel ancêtre originaire du sud de l’Ardèche...

Mais, plus tard je regarde les détails des clichés, il apparaît qu' Aubenas se trouve dans le diocèse de Sisteron. Il s’agit d’Aubenas-les-Alpes que je m’empresse de rechercher sur une carte.

2e étape : Aubenas-les-Alpes

L’été suivant, nous allons à Forcalquier, dans les collines du Luberon, nous faisons une halte à Saint-Michel-l’Observatoire, la route sinue à travers les champs de lavande. Nous découvrons Aubenas-les-Alpes, notre minuscule village, il n’a qu’une place et qu’une seule rue. Deux Albascecoises sont ravies de me montrer, niché dans un panorama superbe, le hameau des Mauroux qui a conservé le nom de mes ancêtres.

Je raconte cela dans ce billet : Un tout petit village.

Les Mauroux et les Reyniers à Aubenas, 04

3e étape : les Archives des Alpes de Haute-Provence, à Digne.

Jean Mauroux, le père d’Étienne a déposé son testament en 1656, chez le notaire de Saint-Michel. C’est aux AD 04 que je suis allée le lire.

Je raconte cela dans le billet : Une constellation familiale en Luberon.



Je ne pense pas trouver davantage d’indices pour continuer, mais je sais que je retournerai dans le village d’Étienne (sosa 1162) pour le plaisir de me sentir chez moi dans ces collines provençales.


Ps. Le couple Jean Mauroux et Magdeleine Reynier figure dans plusieurs généalogies publiées sur Geneanet, copiées et recopiées avec des erreurs sur les patronymes. Personne n’a remarqué que mon Etienne n’avais pas disparu, il était allé s’établir à Marseille. 


Alors, s'il vous plait : recopiez-moi ! 



2019-08-30

À Vergons

Pourquoi les filles de Vergons vont-elles s’établir sur la côte ?

C’est la question que j’ai posée à un Vergonais, celui-ci m’a raconté qu'en effet les filles du village préféraient, comme sa mère, se marier sur la côte d'Azur plutôt que d’épouser un compagnon de leurs jeux d’enfants. Il n’allait pas jusqu’à affirmer que cela répondait à l’histoire de mon ancêtre. Mais la coïncidence me plait !  


Vergons est un bourg dans les Alpes de Haute Provence, près du col de Toutes Aures; à l’altitude de 1000 m, les pâturages sont verts, fleuris et agréables aux abeilles et aux moutons.
A la fin du XVIIe siècle, dépendant de la viguerie de Castellane, le village comptait soixante feux.
Une branche de mes ancêtres vivait là à cette époque.
Marguerite Paule est la fille de Jacques Paul et de Jeanne Mouresse. 
Dans le sud, les patronymes s’écrivent au féminin. A Vergons, il y a encore des familles Paul et  Mourre…

La petite Marguerite est née le 12 février 1688.
J’ai trouvé, pour l’heure, quatre enfants dans les registres (AD 04).
Jean PAUL né le 19/12/1681 –
Catherine ou Catarine PAULE née le 12/12/1684 –
Honoré PAUL né le 9/09/1690.

Marguerite a six ans lorsque sa mère meurt le 4/12/1694. Je ne sais pas si l’on fêtait les anniversaire des aînés Jean (le 19) et Catherine (le 12), mais ce mois de décembre a dû être bien triste. Qui a élevé les jeunes enfants ?

En 1717, Marguerite s'installe à Saint-Tropez, le 1er février, elle épouse Jean Baptiste Marquet, il est veuf à 37 ans, avec un petit Joseph âgé de sept ans.
Marguerite, la nouvelle épousée a 28 ans, mais le curé écrit qu’elle en a 25. Ce qui va me donner l'occasion, pour vérifier cela, de tourner les pages des registres BMS de Vergons et ainsi d'étoffer les arbres.

Trois enfants vont naître dans le couple Marquet à Saint-Tropez (source AD83) :
  •  Jean Baptiste qui porte le nom de son père est un bébé chétif, ondoyé en urgence.
« l'an mil sept cent dix sept et le dix du mois de novembre à deux heures après-midi dans l'église paroissiale de Saint-Torpez a été suplée les cérémonies du baptême par moi prêtre soussigné à Jean Baptiste Marquet fils de Jean Baptiste travailleur et de Marguerite Paule du lieu de Vergons mariés né le neuvième du courant à deux heures du matin le parrain a été Jean Baptiste Rebufel de Séranon et la marraine Élisabeth Dalere qui n'ont scu signer v+  baptisé à la maison à cause qu'il s'est trouvé en danger de mort par Élisabeth sage-femme " 
 Ce premier-né meurt à l’âge de 8 semaines.
« l'an mil sept cent dix huit et le neuf du mois de janvier a été enterré dans le cimetière de cette paroisse Jean Baptiste Marquez fils de Jean Baptiste Marquez matelot et de Marguerite Paule baptisé dans cette église le dix du mois de novembre dernier le père et les parents ont assisté à l'enterrement avec les prêtres de la paroisse… »
  • Un an plus tard, arrive Marguerite Rose qui porte le prénom de sa mère, elle vivra 68 ans.
  • Mon aïeul, Jean Joseph naît en 1721, il meurt en 1795, à l'âge respectable de 74 ans. C'est un matelot , comme son père. 

Au bout de six années de vie commune, Marguerite PAULE décède à l’âge de 35 ans, elle est inhumée le 8 du mois de mai 1723, "décédée hier de maladie".

La clue de Vergon

Nous sommes allés découvrir Vergons.
Le village actuel est moins ancien que celui habité par mes ancêtres, j'aurais aimé voir les pierres de leurs maisons...

La chapelle romane Notre-Dame-de-Valvert,  entourée du cimetière, a été construite au  XIIe siècle. Nos ancêtres seraient-ils là ? 


Il sera intéressant de déchiffrer encore les pages des registres BMS de Vergons, (malgré les lacunes) pour comprendre la famille. Déjà, quelques indices sont à explorer du côté des parrains et marraines.


2017-09-27

Une constellation familiale en Luberon

Nuit étoilée en Provence _ Vincent Van Gogh

Le ciel du Luberon offre une exceptionnelle luminosité, c'est à Saint-Michel que se trouve l'Observatoire de Haute-Provence.
Mon ancêtre, Jean Mauroux, qui habite Aubenas, s’est rendu à Saint-Michel pour déposer son testament chez Me Beaudin, notaire.

C’était en 1656, le vingt uniesme jour du mois d'aoust.

A cette période de l’été, les étoiles filantes enchantent les nuits provençales. Lorsqu’on en voit une, il faut vite énoncer trois vœux.
Les miens ont porté leurs fruits cet été ; ayant cherché ce testament à Digne, dans les Archives 04, j’ai trouvé ce registre (cote 2E12994) qui nous éclaire sur la famille.


La constellation familiale autour d’Estienne Mauroux (sosa 1162) se dessine et rassemble les individus dispersés dans les villages voisins, où j'ai aimé m'attarder un soir d'été en pensant à leur vie.

Aubenas-les-Alpes dans le Luberon


Voici ses sœurs, et ses neveux (clic pour agrandir)


Ce testament nous apprend le prénom de l’aïeul, Balthazar Mauroux (sosa 4648).
Il y a trop de lacunes dans les registres paroissiaux d’Aubenas-les-Alpes qui ne commencent qu’en 1668. Hélas, je ne trouverai jamais les dates de naissance des enfants de Jean, ni aucun renseignement sur sa parenté.

L’épouse de Jean est Magdeleine Reynier (sosa 2325), j’aimerais bien pouvoir la relier à ses parents, notamment à Louyse Reynier avec qui Jean signe des quittances et dont le testament se trouve dans ce registre.

Je vais donc m’intéresser aux sœurs d’Estienne qui rayonnent autour d’Aubenas :
Catherine est l’épouse d’André Croze Magnan, demeurant à Saint-Mayme.
Venture au joli prénom est veuve d’Antoine Doneaud, à Vachères.
Jeanne est l’épouse de Vincens Arnaud de Reillane.
Gaspard est marié avec Marguerite Simeon(ne).
Fils aîné, il hérite des propriétés de ses parents, ses sœurs ont été mariées dans les bourgs alentours, tandis qu'Estienne, qui habite Marseille, ne doit pas revenir souvent.

Pour parler d’Estienne, je ne connais de mon aïeul que son contrat de mariage avec Anne Gatte, en 1655, et celui de sa fille Thérèse Mauroux en 1677, dans les registres trouvés à Marseille.

Chacun a reçu son héritage lors du contrat de mariage. Le père fait quelques réajustements en leur donnant trois livres supplémentaires.
Il n’oublie pas de confier à Gaspard le soin d’entretenir et de nourrir sa mère, ce qui ne sera pas une grosse charge puisque Magdeleine Reynier ne survivra à son époux que quatorze mois.
Jean Mauroux va mourir le 1 octobre 1670, à Aubenas.

Jean Mauroux, 1656

L’an dernier, j’ai visité avec ravissement le minuscule village d’Aubenas les Alpes et je vous propose de suivre le lien pour voir les belles rencontres qui m’ont fait découvrir les bastides Mauroux et Reynier. Je ne m’attendais pas à voir ces maisons aussi solidement habitées.

Un tout petit village à visiter :

2017-08-11

La chute du ramasseur de pommes

Qui n’aimerait pas connaître la cause des décès de ceux qui sont couchés dans les registres de sépultures ?
Je vous racontais, dans le dernier billet, comment Hélène Capon était, contre toute attente, décédée à Gréoux et inhumée dans le cimetière à côté de cette église.

Gréoux, 04

Le curé a noté  :
« après avoir receu les sacremens pendant sa maladie »

Voilà une information que l’on trouve rarement mentionnée. Ainsi Hélène qui quelques jours auparavant a parcouru les treize kilomètres pour aller assister sa belle-fille, à l’occasion de la naissance de Claude, serait morte de maladie. Bien sûr, on pense à une épidémie fulgurante, puisqu’elle semblait en pleine forme pour avoir fait cette route, peut-être à pied, peut-être avec une mule. Elle n’avait que 61 ans.

Une épidémie ?
J’ai eu la curiosité de lire les actes de la même époque. 
Le curé précise pour tous les défunts : 
« après avoir receu les sacremens pendant sa maladie ».

En 1713, on pense à une épidémie de peste, il faudrait rechercher si elle a sévi en Provence à cette période.

Continuons à tourner les pages de ce registre, voici un acte de décès insolite :


« Claude Gazagne agé d’environ cinquante ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est mort le 29 daoust de l’année 1712 et a esté enterré le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse en foy de quoy j’ai signé Boyer Vic[aire]»
La mention marginale attire notre attention, ce n’était pas une maladie, je poserais plutôt le diagnostic d’un traumatisme crânien, sans blessure apparente :
 « estant allé cueillir les pommes le dimanche il tomba de l’arbre et de cette chute il mourut le lendemain, sans fièvre, sans rupture sans dislocation et sans donner aucune marque que les parties interieures fussent interestées ».

Oh surprise ! L’acte suivant, daté du lendemain des funérailles, donne de mauvaises nouvelles de sa femme :
« Anne Bonnefille, veufve de feu Claude Gazagne, agée d’environ trente six ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est morte le dernier jour daoust de l’année 1712 et a esté enterrée le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse en foy de quoy j’ai signé Boyer Vic[aire]»

Morte de désespoir ? 
Croyez-vous vraiment à une maladie comme il est écrit une fois encore ? On aimerait que le sieur Boyer nous dise comment elle a mis fin à ses jours, cette jeune femme qui ne pouvait plus vivre sans son époux.

Et l’histoire ne s’arrête pas là
Six mois plus tard, en février 1713, leur petit Joseph, âgé de trois ans, est enterré à son tour. L’enfant qui n’est pas mort de maladie, n’a pas pu vivre sans sa mère.



2017-08-03

Hélène Capon

Hélène, Elaine, Helaine _  Capon, Caponne, Capoune
(Sosa 1401)

Elle est longtemps restée mystérieuse Hélène Capon, et son prénom me touche.

Alors qu’elle a vécu trente sept ans dans le Var, à Saint-Julien, elle a réussi à nous cacher ses trois actes BMS dans les archives 04 des Alpes de Haute Provence, dans des bourgs où je n’aurais pas pensé la chercher.


Voici ses trois actes Baptême, Mariage, Sépulture, 
néanmoins passionnants, mais qui résument si peu de la vie de mon ancêtre.

Naissance
Sa famille habite à Valensole lorsque naît Hélène Caponne, le 10 avril 1651. Honoré Capon est jardinier. La mère, Catherine Arnaud, donne ensuite trois sœurs à Hélène : Marie, Jeanne et Marguerite.


Mariage
A l’âge de vingt quatre ans, Hélène épouse Claude Aymar. Rien n’explique la raison pour laquelle leur mariage a été célébré à Manosque. Ce mariage a fait l'objet du billet précédent.

Le couple vit à Saint-Julien où naissent leurs onze enfants.

Décès
En 1712, Hélène a soixante et un ans. Elle se trouve dans la maison de Maximin, son fils qui habite à Gréoux. Marguerite, sa belle-fille vient d’accoucher, leur petit Claude est né le 30 décembre.
Le 4 janvier, notre grand-mère s’éteint, elle est enterrée à Gréoux.


"Hélène Capon femme de Claude Aymar du lieu de St-Julien estant venue icy pour les couches de sa belle fille, agée environ de soixante ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est morte le 4e de janvier de l'année 1713 et elle a esté enterrée le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse"


L'église de Gréoux 

Il me semble, en feuilletant les pages de ce registre, que plusieurs personnes sont mortes de maladie à cette époque. Le curé de Gréoux emploie la même formule dans tous les actes de décès.
Nous apprendrons cependant dans un prochain billet à rester prudent et à ne pas prendre à la lettre ce qui est inscrit dans les registres de sépulture.


Gréoux