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2024-04-16

Rebondissements

 

MichaelMaggs Edit by Richard Bartz, CC BY-SA 3.0  via Wikimedia Commons


C’est pour participer au ChallengeAZ que j’ai créé ce blog. En juin 2015, mon premier Challenge AZ naviguait avec mes « Marins en Méditerranée ».

Le généathème proposé ce mois-ci m’incite à revoir les récits que j’ai publiés, il y a neuf ans.


Alors que je suis en train de rédiger ce billet, tels de jolis ballons qui vont encore rebondir, de nouvelles découvertes viennent d’arriver et je remercie Hélène, car mon arbre s’enrichit.


Arrêt sur la branche de Rose Deleurye

Le billet intitulé Where in Marseille me rappelle que cette branche est restée longtemps bloquée au 19e siècle, ne pouvant trouver le chemin pour remonter sur Auguste Deleurye. Mon sosa 102 travaillait comme layetier, il était encore vivant en 1843, témoin de la naissance de Rose, mon arrière-grand-mère.

Cet article s’achève sur un post-scriptum pour rebondir :

Quelques minutes après avoir publié cette page juste avant minuit, j’ai eu une belle surprise. Selma m’envoie l’acte de mariage de Rose Deleurye qui me permet d’ajouter une génération.

Un cousinage sympa

J’ai eu l’occasion de séjourner à Marseille quatre mois plus tard et je me réjouissais de rencontrer un fameux généablogueur. Pour préparer mes recherches, je me penche sur les parents d’Auguste dont j’avais réussi à trouver l’acte de naissance le 6 avril 1789. Leur mariage indique que Louis Nicolas, marchand pelletier originaire de Paris, est veuf.

Et voilà que, du côté maternel, je découvre à point nommé un cousinage avec Tom que je devais voir. Il a dressé l’arbre ascendant de la famille Bouis, des hommes travaillant en mer comme patrons-pêcheurs ; Marseille se révèle riche de tant d’archives notariales bien conservées.

 

Une famille étonnante

J’ai lancé des recherches sur ce patronyme Deleurye, rare dans le sud et souvent écrit selon différentes versions dans le nord.

Mon ancêtre arrive de Paris en 1777. Son acte de mariage dit qu’il est le fils de Louis Etienne et d’Anne Jeanne Paulin.

En janvier 2016, j’acquiers un ouvrage sur les musiciens de la famille Paulin. L’auteur cite ses sources. Tout cela me paraît trop extraordinaire, alors je prends le temps de digérer les informations. Plusieurs mois s’écoulent.

 

Le scoop

Le temps passe; en juillet 2023,  je veux écrire une série d’articles pour mettre cette famille au clair. Je consulte le site Familles parisiennes qui numérise beaucoup de registres, ensuite des indexeurs partagent un travail formidable.

C’est alors qu’apparaît Marie Angélique Victoire, fille de Nicolas Louis Deleurye avec sa première épouse. Personne ne connaissait l’existence de cette enfant dont il s’est désintéressé. Je suppose qu’il n’en a pas parlé à sa femme marseillaise. J’ai pu retrouver quelques traces de sa descendance.

Je décide alors que cette série d’articles constituera le ChallengeAZ 2023 « des Ancêtres inattendus ». Je devrais pouvoir écrire 26 billets tout au long du mois de novembre.

 

Rédiger un tel challenge suscite évidemment de nouvelles découvertes. Les participants constatent cela : plus on cherche, plus on se documente, plus on trouve d’histoires dans nos familles.

 

J’ai continué à ajouter deux articles sur une tante et des cousins auxquels je pourrais donner une suite, car leurs existences apparaissent intéressantes et inattendues.

 

And now

L’événement ChallengeAz attire des lecteurs fidèles qui peuvent devenir des amis. Hélène m’a dit que ses ancêtres parisiens pouvaient être des voisins des miens. Elle m’a proposé de commander des cotes lorsqu’elle se rendrait aux Archives Nationales, et elle vient de m’envoyer deux contrats de mariage qui me font gagner de nouveaux ancêtres.

 

Je peux compléter le maillon manquant entre Nicolas Louis et son grand-père François en ajoutant François Deleurye, époux d’Anne Claude Langlois, dont j’ignorais les prénoms.

 

François Deleurye est chirurgien major de l’amirauté de Dieppe, en 1733. Il s’inscrit dans cette longue lignée de chirurgiens fameux.

Beaucoup de membres de leurs familles signent ce contrat : des oncles, des tantes des cousins. Quelle bonne idée de les avoir invités, cela me réjouit de les connaître !

 

Last but not least

Le grand-père d’Anne Jeanne Paulin était maître fourbisseur d’épées. Mais je ne connaissais pas ses origines.

Le contrat de mariage de Pierre Destas m’apprend qu’il est né à Orléans où vivaient son père Jacques Destas et sa mère Jacqueline Trossard.

Je ne m’attendais pas du tout à rebondir pour de nouvelles recherches autour de la ville d’Orléans. Voilà qui pourrait suggérer un projet de voyage, car cette région ne m’est pas encore familière.

 

 

2021-08-13

Un parrain bien utile

Marie Nogier, c’est le nom de la grand-mère que papa aimait tant. La douceur de ce patronyme me touche.

Cette branche vivait à Mayres, au bord de l’Ardèche, dans le sud du Vivarais. 

L'Ardèche

L’arbre de Marie ne remonte pas bien haut : le père Jean, le grand-père Jacques, l’arrière-grand-père Jean Pierre. Cette lignée de modestes laboureurs possédait des châtaigniers, des arbres fruitiers et quelques outils pour travailler une terre pauvre sur laquelle ils élevaient des terrasses pour gagner de l’espace et nourrir leur famille.

 


Lorsqu’ils n’ont pas signé de contrat ni de testament, comment identifier leurs ancêtres dans un village où ce nom est si répandu ?

Pour corser les recherches, parmi les Nogier, certains sont enregistrés avec la variante Nougier.

C’est le cas de Jacques (sosa 44). Il avait 29 ans, en 1805 lorsqu’il a épousé Catherine Ithier. On apprend que son père est Jean Pierre Nogier ou Nougier.

 

Exploiter les indices

 

Le parrain

Je n’ai pas trouvé son acte de naissance, mais celui de son frère Joseph de neuf ans son aîné apporte un indice qui se révèle important. Celui-ci a pour parrain « Etienne Nogier son frère paternel ».

Cette information, je ne l’ai pas exploitée immédiatement, car Etienne m’était inconnu. Plus tard, l’abonnement au site de la SAGA (société des amateurs de généalogie ardéchoise) m’a permis de lancer une recherche sur ce parrain. Un prénom moins banal est un avantage pour le généalogiste. Ainsi, il a été facile d’arriver sur la page de son mariage.

Par chance, car ce n’est pas automatique, l’identité des parents d’Etienne est indiquée dans l’acte. Il est le fils de Jean Pierre Nogier et de Marianne Estienne.

On peut se demander s’il s’agit bien notre Jean Pierre. Il se serait alors marié deux fois. J’ignorais qu’il était veuf. Mais il faut considérer les homonymes avec prudence avant d’affirmer que c’est la même personne.

 

Le premier mariage du père

Je vais voir le mariage de Jean Pierre Nogier et de Marianne Estienne en 1748.

Bonne surprise, ce n’est pas l’acte, mais le contrat de mariage que m’offre le génial site de la SAGA.  


Ce Jean Pierre a pour père Joseph Nogier. Tiens donc, c’est ainsi qu’il a appelé son fils Joseph. Sa mère est Anne Bonnefoy, il a donné ce prénom à sa fille Anne.

 

Les parrains font des petits

Par curiosité j’ai vérifié cette page du baptême d’Etienne fils d’Etienne.

Devinez qui est le parrain ? C’est « son oncle Joseph », le filleul du grand-père du nouveau-né. Vous suivez ?


 

À présent, je crois posséder suffisamment d’indices concordants pour inscrire toutes ces personnes dans mon arbre et les considérer comme de la famille. 



2020-11-18

P_rue du Progrès

 

Connaissez-vous la maison où est née votre grand-mère ? 

Je ne m’étais pas posé cette question avant d’aller dans le quartier du Camas, à Marseille.

Nous devions dormir rue des Oliviers, chez une amie de ma fille. Avant d’arriver à cette adresse, nous traversons la rue du Progrès. « Mais, c’est là où est née Mamie Rose ! » m’exclamai-je.

83 rue du Progrès

Comme souvent à Marseille, on déplore l’état de dégradation des immeubles, nous avons été déçus de le voir tagué et sali. Il y a cent ans, l'immeuble devait avoir meilleure allure. 

Je pousse la porte du numéro 83, rue du Progrès. Avec émotion, j'ose monter les escaliers que la fillette a appris à grimper. J’imagine Marie, sa mère la portant dans ses bras, puis lui donnant la main lorsqu’elle commençait à marcher. 



Le quartier du Camas, en 1905


Pendant que la petite Rose grandissait, Marius, son futur époux, vivait non loin de là. Avec sa mère et son frère Joseph, il habitait au n° 9 rue Escoffier en 1896, n° 138 rue Terrusse en 1905. Même si leurs familles apparaissent socialement très différentes par leurs professions et leur origine géographique, je comprends qu’ils se soient rencontrés dans le quartier du Camas.


131 rue du Camas, Marseille


On retrouve Rose et ses parents au n° 131 rue du Camas, en 1917. Auparavant pendant quelque temps, ils sont revenus vivre dans notre maison dans le Var, chez la grand-mère paternelle de ma grand-mère.

Leur trajet de vie se révèle maintenant un peu balisé, pourtant je n’ai pas encore réussi à localiser la boulangerie de ses parents à Marseille.

 

Alors, et vous, pourriez-vous situer les maisons dans lesquelles est né chacun de vos quatre grands-parents ? 

2020-08-28

Aucun acte !

Joseph Marcel Fave (sosa 84) n’est pas un inconnu. 

Mais au bout de treize ans de recherches, je n’ai trouvé ni son acte de naissance, ni son acte de mariage, ni son acte de décès, ni son testament.


Je pense à lui et à ses aïeux lorsque nous allons à Barjols. Il était cordonnier en 1796. Barjols est une cité célèbre pour ses fontaines, l’eau a permis de faire fonctionner des tanneries. Marcel, portant le prénom préféré dans ce bourg et travaillant le cuir, apparaît comme l'ancêtre typique de ce lieu.

Barjols, Var

1820

Son nom m’a été révélé lors du mariage de son fils Joseph Marcel, « fils majeur de feu sieur Joseph Marcel Fave ». Il est donc mort avant le 24 avril 1820.

Le maire de Saint-Julien a bien reçu ce jour-là les extraits des actes de décès de « feu Sieur Joseph Marcel Fave et feuë Demoiselle Magdeleine Bagarry, père et mère de l’époux ». 

1804

Magdeleine, sa jeune épouse, est morte le 15 juin 1804, elle a eu le temps de déposer son testament un mois auparavant. Sa petite Marie Magdeleine Joséphine l’avait précédée dans la tombe en 1802. Joseph Marcel est alors resté veuf avec leurs trois jeunes enfants ; son fils aîné avait huit ans, Virginie six ans et Marie Anne quatre ans. Il devait être bien amoureux de sa femme pour donner son prénom à leurs trois filles.

Anne Simon, la mère de Magdeleine, que l’on sait très présente, a dû s’occuper de ses petits-enfants puisqu’il ne s’est pas remarié.

J’ai donc cherché le décès de Joseph Marcel entre 1804 et 1820. N’ayant pas pensé à me simplifier cette enquête et j’ai regardé les tables contenues à la fin de chaque année dans les gros registres des actes en ligne.

Je n’ai rien trouvé ! Enfin si, j’ai pu rectifier une grosse confusion concernant Anne Simon (dont je vous parlerai prochainement) et ajouter quelques personnes sur Barjols.

Il aurait été indispensable de voir leur acte de mariage pour remonter cette branche de nos ancêtres.

Rien, aucun acte … malgré des recherches renouvelées chaque été !

fontaine à Barjols
Fontaine à Barjols

29 prairial de l’an 03

Cette année, je retourne à Barjols. Puisque l’on trouve en ligne le contrôle des actes et enregistrement, j’ouvre les tables des contrats de mariage, c’est une piste que j’aurais dû consulter plus tôt. En effet, nos mariés ont bien établi un contrat avant leur union, le 29 prairial de l’an 03. Nous sommes en période révolutionnaire, tout en espérant que la recherche soit rapide, j’ai hâte de lire l’acte.

Hélas, le registre de l‘an 3 est justement le seul qui manque ! Toutefois, les références du notaire qui n’est pas maître Poitevin, mais Anicet Poitavin, vont me permettre de tourner les pages de ce contrat, il ne reste qu’à programmer un voyage aux Archives de Draguignan. J’ai trop envie de connaître le nom de mes ancêtres Fave.

Et si je consultais les tables des décès successives entre 1804 et 1820 ? Je ne suis pas sûre qu’il soit enregistré à Barjols puisque mes recherches  stagnent comme l'eau des lavoirs, mais essayons encore…


Une surprise de taille nous attend ! J’aurais pu supposer son décès dans une ville voisine, mais loin d'imaginer ce qui va suivre :

AD 83, Barjols, BMS, 1821

Lisons cette transcription, où l’on découvre avec un profond étonnement que notre ancêtre est mort 
le 3 janvier 1818
à Basse-Terre en Guadeloupeà l’âge de cinquante cinq ans, venu d’Europe depuis huit mois environ. 

-°-°-°-°-°-°-°-

2020-06-12

Un R

Si l’on prête l’oreille, on entend chanter un air ancien dans cette forêt du Jura.
Remontons les siècles à la recherche d'un patronyme oublié.
Pour découvrir que nous avons gagné un R supplémentaire.
Un air de famille…

Charix (Ain)

Ce paisible paysage rendait-il heureux, Félix, l’ancêtre qui demeurait ici ?

Félix Chartron vit à Charix.
Chuchotons cette allitération sur la route de Charix.

 

On dit que cette commune, se trouvant sur une très ancienne voie « la vy des chars », en aurait gardé le toponyme.  
J’ai pendant longtemps échoué à remonter cette branche, établie à Lyon à la fin du XVIIIe siècle. Ce patronyme est celui de la grand-mère de mon mari, il a été quelque peu négligé dans la mémoire familiale : " On ne sait rien des Chartron ! " Bien sûr, cette affirmation m’a donné envie d’explorer cette forêt généalogique !
Lorsque j’ai découvert que Pierre Joseph Chartron était né à Charix, Euréka ai-je dit ! D’autant plus que cet homme est à la fois le sosa 224 et 230 de mon époux.

Nous sommes allés randonner aux confins de l’Ain et du Jura.
Connaissant encore peu de choses de cette branche au XVIIIe, je n’avais guère d’histoires à raconter. Nous avons décidé d’apprécier le paysage, les sombres forêts de sapins, les vertes prairies où broutent les vaches, l’air vivifant dont nous avions besoin en ce printemps 2020.

Lac Genin

Une balade autour du lac Genin, en suivant la légende de la Vouivre, en contournant les tourbières, en marchant dans les bois de hêtres et d’épicéas, voilà ce que j’ai proposé à leurs descendants, pour qu'ils respirent le même air que leurs ancêtres.


Pour ma part, je me trouve bien étrangère dans cette région qui n’est pas celle des miens. Alors, j’ai grandement apprécié d’entendre mon fils s’exclamer : “Comme j’aime ce paysage ! Je m’y sens très bien." Cela me récompensait d’avoir proposé cette idée de retour vers ses racines. 
Bien sûr, les sorties sont pour moi des prétextes à la généalogie. Pourtant, je me demandais ce que je pourrais bien écrire sur cette branche peu feuillue que je n’avais guère développée.


Un détour par le village d’Apremont où est née, en 1664, Andréane, la grand-mère de Pierre Joseph, m’a fourni quelques photos permettant d’imaginer leurs maisons, il y a trois siècles.



Nous sommes évidemment entrés dans le cimetière de Charix où j’étais sûre de rencontrer des dizaines de Chartron, puisque les pages des registres semblaient indiquer que le berceau de ce patronyme en a vu naître et mourir beaucoup.
Et là : aucune tombe n’abritait ce nom ! Des Chatron oui, mais pas de Chartron. 
Nous avons ri de ma déception, j’ai alors pensé que seule cette variante avait prospéré au XXe siècle.

De retour devant ma forêt numérique, j’ai ouvert la page qui m’a appris l’origine de Pierre Joseph Chartron, afin de retrouver l’émotion ressentie lorsque je l’ai lue il y a plusieurs années. 

27 /01/1757 à Lyon
Pierre Joseph Chatron et Marguerite Sauzion, le 27 /01/1757 

Cet acte de mariage, passé à Lyon, me donnait des pistes intéressantes, utiles, mais difficiles à suivre.
Chary en Bugey = Charix
Son père est Félix Chatron, le nom de sa mère, Jeanne Hurisson, est erroné (Hurisson = Husson ou Usson). 
En regardant de plus près notre patronyme Chartron est ici : Chatron !

Sur son acte de décès, le 13 thermidor de l’an 5, il est bien précisé qu’il naquit à Chary, près Nantua. A ce moment-là, ... il est appelé Chartron.
Donc, voilà qui montre l’intérêt de lire et relire attentivement les actes, car cette transformation de patronyme m’avait échappé jusqu’à aujourd’hui ! 💥😵

Allons voir de plus près les registres de naissance de ses enfants :
Sur les cinq enfants que je connais, je n’ai trouvé que deux actes.


Le 3 février 1758, pour le baptême de sa fille Benoîte Chartron, le père signe Chatron. (Et moi qui n’avais pas remarqué le R discordant)


Douze ans plus tard, le 8 février 1770, pour la naissance de Jeanne, il signe Chartron, la dernière syllabe est douteuse, mais il a bien intégré le premier R.



Ce n'est pas tant le changement d'orthographe qui me chiffonne, les variantes de nom sont une découverte basique dès les premières recherches généalogiques, mais comment n'ai-je pu découvrir celui-ci qu'aujourd'hui, en rentrant de cette belle excursion dans le village d'origine dont je rêvais depuis plusieurs années !
Il me reste à poursuivre cette enquête avec d’autres documents, comportant la signature du premier aïeul qui a porté les deux versions du patronyme, pour en voir l’évolution.

2019-11-26

V_Voyages


Dans la forêt des ancêtres,

                         marchez sur les chemins


Barjols, Var
Allez retrouver les maisons de vos aïeux, poussez la porte…

Découvrez leurs jardins secrets.


Entrez dans les églises.

Barjols, Var. Voir aussi ce texte

N’ayez pas peur des fantômes dans les cimetières !




Préparez vous plutôt à relever
leurs noms sur les tombes.
















Voyages réels, 
voyages sur carte (Google maps), 
voyages dans l’époque des cartes de Cassini, 
voyages dans les encyclopédies …


La généalogie est une incitation au voyage.
Pour vous aussi ?

2019-11-20

Q_ des questions


Cette question plait à tous, même aux personnes qui ne s’intéressent guère à la généalogie :

Q
uel est le nom de vos 4 grands-parents ?
          Le prénom, le patronyme 
et bien sûr le nom de jeune fille de chaque grand-mère.


Comme j’aime les questions, (je préfère même les questions aux réponses trop faciles), j’ai pensé à formuler celle-ci :
Connaissez-vous la maison de naissance de vos parents, et celle de vos grands-parents ?


Escalier de l’Hôtel Caumont, juste pour illustrer, parce c'est un bel escalier


Récemment, il m’est arrivé, par un heureux concours de circonstances, de loger dans un vieil immeuble, voisin de la maison où habitaient mes arrière-grands-parents, à Marseille.
J’ai poussé la porte, nous sommes montés dans l’escalier (qui n'est pas aussi majestueux que celui ci-dessus !). Avec émotion, j’ai pensé à notre famille accueillant, dans cette maison, leur petite Rose qui deviendra ma grand-mère  …

D’autres questions se sont bousculées :
Que reste-t-il de leur époque ? Quelle était leur vie quotidienne ? Quelles rues traversaient-elles pour aller à l’école ?

J’essaye de reconstituer le puzzle avec les informations que je connais. Mais, de nouvelles questions surgissent pour préciser les réponses qui peuvent ainsi s'enrichir. 

Milan,  Cimetière Monumentale


2019-11-18

O_Ouvrages de nos aïeules


Lorsque je range les armoires avec mes enfants, nous plions ensemble les draps, les nappes, les serviettes, les torchons …



Quelle belle occasion de montrer notre généalogie, de la déplier, de la ranger, de la toucher, de la sentir; elle a une bonne odeur de linge propre.

Nous lisons les initiales brodées, les marques cousues, les petits points de croix malhabiles...

Alors, je pose ces questions, celles que les jeunes attendent et peut-être qu’ils apprécient :


Qui portait ces initiales ?  Qui évoquent-elles ?


Quelle mère a brodé ces lettres pour son fils ?  

Quelle jeune femme préparait son trousseau ?
Fillette malhabile, jeune fille rêveuse, fiancée impatiente ?

Mon AGM devait être une petite fille lorsqu’elle a tracé, avec un fil de coton rouge,  la lettre N à l’envers, sur ce torchon. 
NM = Marie Nogier (sosa 11)


Quelle émotion de réussir à identifier cette très vieille petite nappe où la vieille grand-mère d’un cousin a laissé ses initiales : JD. Elle s’est mariée en 1842, dans les Alpilles et on ne la connait plus du tout. Les petits points de croix de son fil rouge sont délavés, quasiment effacés. 


J’enjolive le contenu de mes placards, mais sachez qu’il s’y trouve aussi quantité de vieux chiffons, de napperons, de mouchoirs, tachés, usés, démodés, inlavables, inutilisables.  Je les conserve, malgré tout, comme de précieuses archives familiales. 

Mes aïeules étaient économes, elles reprisaient, elles ravaudaient, elles réutilisaient les draps usés au centre en leur ajoutant des pièces … 
Elles les transformaient en serviettes ajoutant l’initiale du prénom de chacun, en napperon avec un tour de crochet.
Leur linge me parle d’elles.  


Mes armoires sont des forêts, pleines de généalogie.


Vous pouvez lire encore:
et
D’où viens-tu Thérèse ?
qui rend hommage aux initiales JD, brodées sur la petite nappe

2019-11-16

N_ NMD une collection de faire-part


Naissances, Mariages, Décès

Une collection de faire-part


Avant que je ne m’intéresse à la généalogie, j’avoue que je ne savais que faire des cartons que l’on m’envoyait. À présent, les faire-part m’apparaissent comme des documents précieux que je collectionne.

Je possède quelques billets de part de funérailles qui montrent la famille et les relations sur une page, soigneusement ordonnée par la préséance.

Celui de Casimir Chartron (sosa 44)  m’a bien aidée à situer tous ses enfants. 


Lorsque survient un décès, lorsqu’un enfant arrive, lorsqu’un couple s’unit, la famille se reconfigure. Il est vraiment important d’en faire part aux cousins, aux amis, aux voisins… Les relations sociales se resserrent à cette occasion. Les rituels sont suivis à la lettre, car il importe de ne pas faire d’impair.
On offre des cadeaux de bienvenue au nouveau-né, aux jeunes mariés. On se rend à la cérémonie, on félicite les époux et leurs parents et l’on pleure ensemble les morts.

Ouvrir nos  boîtes d'archives et montrer les cartes et les correspondances anciennes permet de faire revivre les relations familiales et de situer la proximité entre les membres de la parenté.


Avec une typographie soignée, les noms sont inscrits sur des cartons gravés selon un ordre précis. Au XXème siècle, ils s’agrémentent d’une illustration, puis d’une photo montrant la présence du bébé, ou des jeunes mariés. Au XXIe, la fantaisie est permise, et les faire-part, envoyés par courrier postal, deviennent plus rares.
J’essaye aussi de classer les annonces, reçues au format numérique, pièces-jointes ou captures de photos qui s’égarent sur la toile.

Conservez-vous les faire-part contemporains ? 

2019-11-07

F_Feuilles et forêts


Dans la Forêt de Briqueloup, les arbres grandissent, les feuilles se déploient. 
Et moi j’écris. Je caresse la feuille de papier que frotte mon crayon de bois. Je gratte mes souvenirs, les histoires.


Je gratte pour réveiller les morts. Je grave des lignes de lettres, des mots pour les vivants, pour mes descendants qui n’ont pas le temps de me lire. 

J’ouvre des boîtes ; sous la poussière, les couleurs des archives pourraient reprendre vie.

Des visages sortent de l’ombre. Je gratte le vernis des portraits. J’ôte les déjections des mouches, mensonges du temps. Je répare les accrocs sur la toile.  

Mon crayon gratte sous la terre, creuse encore.    
Je sème des noyaux dans cette terre retournée.
Je jardine dans ma forêt généalogique. Patiemment, soigner l’arbrisseau qui va croître.
Tant d'individus naissent, les buissons deviennent inextricables.
Leur domaine se pare de feuilles, se densifie.
Les familles s'étendent vers de nouveaux horizons.

Je gratte l’écorce pour m’imprégner du parfum.
Le tronc me communique sa force, sa puissance.


Il nous parle ce poème, l'aimez-vous ? écrit par Robert Desnos (Fortunes, 1942)

Il était une feuille 

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
Cœur gravé, percé, transpercé,
Un arbre que nul jamais ne vit.
Il était des racines au bout de l’arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vignes de cœur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre.


Mon grand-père exploitait sa forêt qu’il a dû abandonner pour partir à la guerre en 1914. Ma grand-mère a continué à s’occuper de faire des coupes dans les arbres, pour laisser croître les plus jeunes sapins, et pour élever ses enfants. Vous pouvez lire Dans les bois de mon grand-père, c'est l'un des premiers billets, écrits alors que mon blog était tout jeune.