2015-06-22

S _ Saint-Tropez

Avant, on ne sait pas.
Une barque arrivée là. Qui ? Torpès
Tropez, tu dis ? Torpes = Tropez. De toute façon, il avait perdu la tête. Venait de Pise. Un fou ? Non décapité ! La légende. C’était un saint !  - Tropes. 

Saint-Tropez -Bravade (coll. personnelle)
Ils ont promené le saint, 
Tropez
qui protège les marins.
Ils ont fait la bravade.


Les hommes, les pétards

Les marins, les départs


Les épouses espèrent des pères pour leurs enfants.


Les « naviguants » restent longtemps loin 


Le vent gonfle les voiles des tartanes, des pinques, des polacres, …
Ursule soigne sa vigne, Victoire et Marianne vendent du poisson, Clara s’ennuie.
Lorsque les matelots sont de retour les enfants ont grandi. Les fils deviendront matelots, deviendront capitaines. Partiront.
Ils partent. Les mères attendent. Ils se marient, leurs femmes attendent, mettent au monde les enfants, Cécile les aide.


Ils ne savent pas ce que Saint-Tropez est devenu.




2015-06-20

R _ Raïs des madragues


Antoine Ricard (sosa 66) exerce comme rais des madragues de Saint-Tropez en 1776, comme nous l’apprend l’acte de mariage de sa fille Élisabeth Modeste Ricard. 
Il a été second rei de madragues en 1760, et en 1784, sa profession est précisée dans les registres BMS de Saint-Tropez.



Joseph Vernet, Vue du golfe de Bandol : La Madrague ou la pêche au thon, 1754  
 © Musée national de la Marine 


Le rais ou le rey des madragues est le chef des pêcheurs. Il apparaît comme un homme respecté de tous.
« La personne qui jouit de plus de considération dans nos madragues, c'est celle du rais. Ce nom est donné au chef des pêcheurs, qui a la suprême direction de la pêche, et une autorité absolue sur tous les pêcheurs, appelé dans les madragues de Provence, rey. Il dispose, il ordonne, il juge, il châtie, sans que personne ose se plaindre ni murmurer de son pouvoir sans bornes; aussi cherche-t-on toujours pour ce poste important l'homme le plus habile et le plus intègre, puisque c'est de lui que dépend entièrement l’heureuse issue de la pêche... ». source 2





La madrague désigne à la fois la « grande pêche », le lieu et le dispositif de filets : un vaste labyrinthe pour capturer les thons. Cette pêche saisonnière était organisée pendant la période de migration des thons, entre mars et novembre.
Ce monopole, le roi l’a accordé en privilège aux seigneurs de BandoI qui le cédèrent aux princes de Rohan. Les madragues sont données par bail en fermage à des « sociétés de madragaïres » où l’on retrouve les notables tropéziens qui prennent des parts dans l’affaire.
Les fermiers portent une attention particulière au choix du capitaine ou raïs de madrague, car il y a beaucoup d’intérêts en jeu.

C’est le raïs qui trace la madrague, qui décide où placer les filets dans la mer, qui surveille et estime l’entrée des poissons, qui programme le moment crucial où les bateaux des pêcheurs vont encercler la madrague. Toutes ces opérations s’apparentent à des cérémonies spectaculaires qui engagent le respect. On invoque la protection céleste. L’événement concerne toute la population, depuis la préparation du matériel, de la pêche jusqu’à la conservation des thons par marinade ou salaison.



Antoine Ricard est décédé à l’âge de 80 ans "dans la maison qu'il habitait sise à la rue du Portalis" à Saint-Tropez, le 15 fructidor an 7. Il était "naviguant et patron pêcheur " 
Il s'est marié le 20 octobre 1743 avec Marie Catherine Viano (Vian) fille de Vian Mangepan, au patronyme fort intrigant. Tous deux sont nés à Villefranche-sur-Mer. 

Antoine est le père d’au moins huit enfants. Parmi ceux-ci :

Clara Ricard (sosa 33), épouse d’Ignazio Bancala. Pourrais-je parler plus tard de cette femme étonnante que je n'apprécie guère
Tropez Antoine Ricard et Joseph Barthélémy Ricard, ses fils matelots sont répertoriés dans le registre maritime 4P 58 Archives de Toulon. Leurs voyages en mer me fascinent, leurs parcours sont retracés dans ce billet : Au Levant en Caravane.

Je viens d’apprendre 1 que « des liens familiaux unissent souvent les raïs des cités provençales : ainsi en est-il aux XVIIe et XVIIIe siècles  des familles Ricard et Curet de Saint-Tropez et de Sanary ».  
Voilà une piste à suivre, car les ancêtres d’Antoine et de son père Jean Antoine Ricard restent difficiles à localiser.



Bibliographie
1 Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010.
Je remercie Gilbert Buti pour son travail et nos conversations qui m'ont beaucoup appris au sujet de nos ancêtres Tropéziens.

2 D.A. Azuni, Histoire géographique politique et naturelle de la Sardaigne (p.314) - 1802. books.google (cliquer sur le  permalien)

2015-06-19

Q _ Questions

Les questions, 
voilà ce qui se révèle passionnant dans nos recherches généalogiques.



Plus on découvre d’événements dans la vie de nos ancêtres, 
plus on se pose de questions.  
Dès qu’on trouve un ancêtre on peut se demander :

Qui étaient ses parents ?
est situé son lieu de naissance ?
Comment était sa vie ?
Quelles étaient ses occupations ?
Pourquoi ce mariage, le choix du conjoint ?
Que sont devenus ses enfants ?

etc.



Et le meilleur ... c’est qu’à partir du moment où ces questions sont posées, on s’achemine vers des réponses qui nous entraînent vers des endroits inattendus de l’histoire.

2015-06-18

P_ Procida

Isola di Procida 


Procida est l'une des îles Phlégréennes 
dans le golfe de Naples. 






 Un port en couleur, des ruelles en pente, des jardins, des citronniers...



Une citadelle sur un rocher battu par les flots
Au loin le Vésuve.


Solfatare de Pozzuoli




    Pour atteindre Procida, 
on embarque depuis Pozzuoli, 
qui fut une antique colonie grecque, puis un port romain. 

Les Anciens situaient l’entrée des Enfers dans la Solfatare des Champs Phlégréens (où nous avons campé). 


Mes ancêtres ont vécu à Procida jusqu’au XVI ème siècle.
Francesco Lubrano était pêcheur. Il avait deux fils : Pietro né en 1572 (sosa 518) et GiacomAntonio né en 1577, à Procida.

Les familles Lubrani sont encore présentes sur l’île, cependant beaucoup ont émigré. Cela fait partie de mes projets de les contacter; un site de généalogie nous donne des pistes (http://www.procida-family.com/)




A Procida, la célébrité est Graziella, fille d’un pêcheur d’origine grecque. Elle fut aimée par Alphonse de Lamartine dont le beau roman d’amour reste touchant et triste.

Bibliographie :
La cucina di Graziella, Le antiche ricette di Procida, Mario Raffone Editore. 2006
Graziella, Alphonse de Lamartine, disponible sur  Gallica

2015-06-17

O _ Oncle Ignace et les siens

Cher Oncle Ignace,

Ignace, mon arrière-grand-oncle, nous portons le même patronyme puisque tu es le jeune frère de Bruno, mon arrière-grand-père.

Plusieurs hommes, dont ton père, se prénomment Ignace dans la famille Bancala, depuis l’aïeul Ignazio et ses deux fils Ignace (lire H_ médaille de Sainte-Hélène). J’invoque vos prénoms tel un marin qui récite les "litanies de la mer". Nous avons beaucoup d’ancêtres communs, mais déjà vous ne connaissez plus leur île du Giglio. Ton frère n’a pas su la raconter à ses enfants.

Ignace,1868

Ton fils est né en 1867, tu le prénommes Ignace Marius. Toi le jeune capitaine marin, tu es fier de ce futur matelot. Hélas, âgé de treize mois ce bébé meurt. Neuf mois plus tard, Marie Massel, ta jeune épouse, met au monde une petite fille Irma.
L’année 1870 est terriblement triste : Marie meurt le 25 septembre et Irma deux semaines après.
Marie, tu la connaissais depuis longtemps. Ta sœur Rosalie s’était mariée avec Joseph Massel le frère de Marie, un capitaine marin. Vous étiez tous deux présents à Marseille le 23 mars 1868, pour la naissance des jumeaux de Bruno. Je suis heureuse que tu aies laissé ta signature, il y a tellement peu de traces de toi.

Je pense que tu pourrais être un des hommes de cette photo que je suppose prise à Saint-Tropez. Elle est rangée à côté de quelques photos dont je ne sais rien identifier.


Après treize ans de veuvage, tu épouses Rosa Morello ; mais je crois savoir que vous n’avez pas eu d’enfants.

C’est à l’âge de 72 ans que tu meurs. De 1836 jusqu’en 1908, tu résides à Saint-Tropez, lorsque tu n’es pas en mer. 
Je sais où trouver les registres qui retracent ta carrière de capitaine marin et je continuerai à reconstituer ta vie.


2015-06-16

N _ Nés à Marseille, les métiers de la famille Nicolas

La famille Nicolas réside à Marseille depuis le XVIIème siècle. 
Voici les métiers de mes ancêtres marseillais qui vivaient là : 

source de l'image : Musée d'Histoire de Marseille

Si l'on remonte dans le temps sur les sept générations patrilinéaires précédant mon arrière-grand-mère  Marie Nicolas (1843-1817)

Toussaint Nicolas est cordier en 1851, il habite rue des Tamaris, dans le quartier Saint-Laurent. Cette rue n’existe plus; vous en lirez l’histoire page suivante.
André Nicolas est horticulteur, jardinier, ouvrier salpêtrier comme l’indique son acte de mariage avec Marie Magdeleine Cauvin, en 1803 à La Major.
 En 1803 l’ancienne Major est en très mauvais état, la nouvelle cathédrale  n’est pas encore  construite. Dans le jardin de la prévôté, il y avait une  ancienne poudrière, d'où le salpêtre.
Guillaume Nicolas, est laboureur, jardinier, il s’est marié trois fois après ses veuvages
En 1793, il réside "En la maison de campagne du citoyen Barbarin prise hors la porte Bernard du bois"
Jean Baptiste Nicolas est ménager, il a épousé Anne Rose Icard en 1738
Esprit Nicolas, né en 1694, est jardinier. Il a épousé Anne Carle en 1715 à La Major.
Ils ne sont pas décédés lors de la terrible épidémie de peste qui a sévit à Marseille en 1720 et qui causa la mort d'un tiers des habitants.

Jean Baptiste Nicolas et Isabeau Sardou habitent le Canet lors de leurs décès en 1745 et 1740.



Les descriptions pittoresques de Marseille en 1803 (à lire ci-dessous), nous font comprendre l'ambiance des rues du quartier Saint-Laurent à l'époque.

Tableau historique et politique de Marseille, ancienne et moderne    Ou Guide fidèle du Voyageur et des Négocians dans cette ville         (chap VII p.142)

Il nous reste à décrire la partie de la Ville la plus peuplée et peut-être la plus importante. Elle a toujours été et elle est encore le centre du commerce de détail. C'est elle qui fournit les Marins, et qui renferme les Chapeliers, les Armuriers, les Caissiers, les Tonneliers, les Teinturiers, les Chaussetiers, les Cordiers, les Layetiers , et cette réunion d'ouvriers en tout genre si nécessaires au commerce, et qu'on chercherait en vain dans la nouvelle Ville.


Toussaint Nicolas (sosa 18) est cordier, cet artisanat est prospère dans un port comme Marseille.
Auguste Deleurye (sosa 38) est layetier, il fabrique des caisses en bois.

Les quartiers de ces artisans, la rue des Tamaris, de la Fontaine de Moyse sont décrites dans ces documents. 

Revue de Marseille et de Provence, Volume 12 
 Le quartier traversé par la vieille Rue Roudiau fût peuplé de travailleurs et principalement de marins et de pêcheurs. On y voyait les Mouisseous, - les cordiers-de là est venu le nom de la rue Mow/se, appelée aujourd'hui rue Moïse. Il y avait à l'extrémité, vers le Port, un grand abreuvoir adossé contre la dernière maison. Il était connu sous le nom de la Font Pevolhous, ce qui indique qu'on y lavait de la filasse.
On trouve un point du quai nommé Pellosa Manguaniera. Ce nom n'a-t-il pas quelque rapport avec un emplacement où l'on préparait la filasse Ce qui offre peu de doute, c'est qu'il était du côté de Saint-Jean. En 1648, l'abreuvoir fut reconstruit ; on l'appela Fouent Mouyse, moins sans doute pour en proscrire le nom que pour en interdire l'usage aux cordiers. Il paraîtrait que la Municipalité ne fut pas sévère jusques au bout, car la dénomination primitive demeura, et la vieille habitude aussi. A l'époque de l'agrandissement des quais, en 1843, fontaine, pyramide, tout a disparu.

A suivre dans ce ChallengeAZ "Ancêtres à Marseille"

2015-06-15

M _ Marie


Marie mon arrière-grand-mère était épouse de marin. 
J'imagine qu'elle  pourrait me dire ce qui suit :

Ma chère arrière-petite-fille,

Tu dis que tu ne peux rien écrire sur moi, puisque tu ne me connais pas. Pourtant tu sais déjà l’essentiel de ma vie, vécue  à Marseille 73 ans et huit mois.
Tu as trouvé mon acte de naissance, le 27 août 1843; mes parents, Toussaint Nicolas et Rose Deleurye, habitaient au n°2 rue des Consuls, à Marseille.


Ouvre la mallette de ton grand-père Marius,

regarde ce qu’il a noté au verso de cette photo : 

« souvenir de ma mère »



Et sur cette photo, ne me reconnais-tu pas ? 



Tu vois ma signature, le jour de mon mariage avec Bruno.

C’était le 27 janvier 1881,
je n’étais plus très jeune j’avais trente-sept ans. 
Bruno, âgé de cinquante-cinq ans, était veuf avec deux enfants : Baptistin vingt ans et Marie onze ans.  
Un an après, le 30 janvier 1882, Marius est né, et Joseph le 6 novembre 1883. Nous habitions 45 rue Hoche, à Marseille.

Je crois savoir que tu ne possèdes plus la bague qui était la mienne. Tu as pleuré le jour où on te l’a dérobée. A présent, tu devrais prendre en considération certains de nos objets qui sont dans ta maison. Demande-toi d’où ils proviennent.

Le service à thé * que Bruno m’a rapporté de Chine ? Tu en parlais dans ce dernier article. Tu lui attribues plus de valeur qu’il n’en a, il est tout ébréché, ta grand-mère a cassé plusieurs tasses.

Ce n’était pas facile d’être l’épouse de Bruno, tu le sais, un capitaine au long cours est absent longtemps. Il faudra que tu continues à retracer ses voyages en mer… Femme de marin, je devais m’occuper de la maison et des enfants, et lorsqu’il était de retour, il rapportait des cadeaux mais il fallait s’habituer à vivre avec lui, Nous avons eu treize ans de vie commune. Quand il est mort, nos fils avaient dix ans et douze ans, j’ai dû les élever seule, ils sont été des marins comme leur père le souhaitait. Baptistin et Marie nous ont aidés, ils sont restés très liés à leurs jeunes demi-frères.

Ouvre donc l’armoire à linge, 
regarde le monogramme que j’ai brodé au point de croix sur les serviettes, lorsque je confectionnais le trousseau de Marius.
Utilisez-vous encore nos draps ? 
Sa femme, Françoise n’a pas eu le temps de les user, elle était malade et elle est morte. 

En août 1914 la guerre a éclaté, mes deux fils ont été envoyés pour se battre en Allemagne, puis sur le Front d’Orient. Tu imagines mon inquiétude ! Marius a échappé plusieurs fois à la mort. Il nous racontait sa vie de soldat dans les lettres qu’il m’envoyait. Quel bon garçon, si courageux !
J’ai été tellement soulagée lorsqu’il est rentré pour sa convalescence, en juillet 1915. Marius s’est fiancé avec Rose et il a ainsi pu surmonter sa tristesse qui ne le quittait pas depuis la mort de Françoise.
Joseph vient de se marier, c’était le dernier jour de cette année 1916, je ne souhaite qu’une chose : être encore là pour le mariage de Marius avec Rose.
J’espère que la guerre se terminera bientôt, mais je ne sais pas si je serai encore en vie. 

Pense à moi de temps en temps !
Bien à toi,
Ton aïeule

Marie Augustine Rose Nicolas

2015-06-13

L _ au Levant en Caravane


En Caravane maritime vers les Échelles du Levant


Carte portulan Méditerranée. Source gallica.bnf.fr / Bibliothèques de Marseille

Naviguer au Levant en Caravane, voilà la spécialité des marins tropéziens à bord de leurs navires de commerce. 

La Caravane maritime 

C’est partir en cabotage lointain, à la cueillette de port en port, jusqu’aux Échelles du Levant. Les capitaines se mettent au service de l’Empire ottoman durant deux ans, la troisième année étant au service du roi. Leurs compétences, l’expérience de l’équipage et leurs bateaux fiables : tartanes, goélettes, polacres, pinques… permettent d’évoluer en Méditerranée au gré des contrats de nolis. Les marchands voyagent à l’aventure, transportant les cargaisons selon les opportunités proposées par les affréteurs ottomans. 

On comprend leur inquiétude d’être ralentis par les aléas de la traversée : tempêtes, épidémies et pirates; alors, le voyage pouvait virer au cauchemar. Les marins se racontaient sans doute l’Odyssée d’Ulysse et chantaient pour se donner du courage.

Au cours du XVIIIe siècle, les Tropéziens organisèrent près de 900 caravanes ; autant dire qu’ils ont vécu sur les flots, mes ancêtres qui travaillaient pour la plupart comme matelots, mousses et capitaines.


Les échelles
Leurs escales sur les rivages lointains constituaient des pauses appréciables pour se requinquer, mais certains sont restés pour l’éternité dans ces ports aux noms exotiques.
 
Les échelles du Levant : 
Smyrne, Alexandrie, Istanbul, Salonique, Patras, La Canée, Damiette, Larnaca …
Les échelles de Barbarie : 
Alger, Tunis, Tripoli de Libye ... 


J’ai consulté des registres maritimes aux Archives de la Marine à Toulon, j’ai eu la surprise de connaître les parcours individuels des " naviguants" de Saint-Tropez.


Les marins de ma généalogie
Voici des relevés concernant quelques-uns des personnages de mon arbre qui ont navigué en caravane au Levant :

Ignazio Bancala (sosa 32) : il s’engage souvent à destination de l’Italie, pour Alexandrie en 1777, « au Levant en carravanne » en 1784, en 1787…

Bruno Simon (sosa 34)embarque pour La Morée (Péloponèse) en 1785.

Joseph Barthélémy Ricard, fils d'Antoine Ricard (sosa 66) : est parti le 4 mars 1784, il est mort à l’hôpital de Smyrne le 1 août 1785.
Tropez Antoine Ricard, frère du précédent, se trouve en caravane 1772, débarqué à Malte en 1773, absent, expédié pour Patras en 1785, embarqué pour Salonique en 1786, débarqué à Tripoly de Barbarie en 1787

D’autres registres pourraient encore révéler de belles aventures en mer qui nous ravissent.


Bibliographie :
Daniel Panzac, La caravane maritime. Marins européens et marchands ottomans en Méditerranée (1680-1830) CNRS Ed. 2004.
Gilbert Buti, Les Chemins de la mer. Un petit port méditerranéen : Saint-Tropez (XVIIe –XVIIIe siècles) Rennes, PUR, 2010.


J _ Jumelles

Marianne et Victoire SIMON sont nées à Saint-Tropez, en 1795, le 16 décembre, selon le calendrier c’était le 25 frimaire de l’an 4. 
Leurs prénoms attestent de l’engagement républicain de leurs parents.

Bruno SIMON, leur père, est capitaine de navire marchand, il a 30 ans; leur mère, Appolonie Marquet est une jeune femme de 26 ans. Ils sont mariés depuis trois années. Le père déclare leur naissance (AD 83, Saint-Tropez, naissances 1793-1796, 7E 124/5, p.132/235). Par chance le marin n’est pas en voyage comme lors des naissances de Tropez et de Rose, les deux enfants suivants.

La famille habite au quartier de Cavaillon, à Saint-Tropez. 
Le recensement, consultable en ligne, nous apprend que Victoire vivra toute sa vie rue de Cavaillon. A quelques maisons de là, rue Fontanette, sa jumelle Marianne est voisine de leur jeune sœur Rose. 

Saint-Tropez

Tout près, le port de la Ponche est le port des pêcheurs.

En 1851, Victoire et Marianne sont marchandes de poissons. Ni l’une ni l’autre ne savent signer.




Évidemment, elles épousent des marins et leurs fils seront marins.
Victoire a six enfants, Marianne a cinq enfants.
Leurs fils aînés (nés en 1825 et en 1826) se prénomment Bruno, comme leur grand-père Bruno SIMON.
Bruno, le fils de Victoire et d'Ignace, est mon sosa 8.

A l’âge de 82 ans, les deux sœurs meurent au cours de la même année 1878, l’une le 20 février, l’autre le 6 septembre.

Voir aussi : Victoire et Marianne 

2015-06-12

K _ Kirghizistan

Généalogie au Kirghizistan


Nous quittons la Méditerranée, 
la route de la soie nous conduit en Asie centrale, au Kirghizistan. 


Pamir, Pic Lénine Kirghizistan 2013

Comment les kirghizes, peuple de bergers nomades, gardaient-ils la mémoire de leurs ancêtres ?


Le nom kirghiz signifie les «quarante» en référence aux 40 tribus. L’appartenance clanique est patrilinéaire. La règle d’exogamie implique de se marier hors de sa tribu ou alors avec un cousin situé en deçà du 7ème degré de parenté.

Le Sanjyra est une liste généalogique qui se transmettait oralement par les conteurs. Les enfants apprennent à réciter le nom des sept ancêtres de la lignée paternelle. De nos jours, les grands-parents transmettent ces généalogies par écrit. «Les anciens sont capables d’exposer de mémoire un vaste réseau de parenté».1

Actuellement dans la Kirghizie post soviétique, la société reste structurée par ces relations de parenté principalement de filiation patrilinéaire.

1- Bouchet Bertrand, Tribus d'autrefois,Kolkoze d'aujourd'hui, in Revue du monde musulman et de la Méditerranée,N°59-60, 1991. Des ethnies aux nations d'Asie centrale.pp.55-69.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remmm_0997-1327_1991_num_59_1_149


 
Vallée de Sary Mogol, 2013



2015-06-10

I _ Ignazio

Personne dans ma famille n’imaginait que l’on pourrait trouver cet aïeul mythique, ce marin venu on ne sait d’où. 
Voyez tout ce que je peux vous raconter aujourd’hui de mon sosa 32.

Ignazio est né sur  l'île du Giglio le 10 juillet 1746.
Cette année là, ses parents Carlo Bancala (27 ans) et Maria Preziani (25 ans) ont perdu leur fils aîné, Athanasio Fortunato mort en février, il leur reste Paolo qui a deux ans.
Ils auront encore deux enfants : Lucia en 1750 et Andrea en 1753.
Le père, Carlo meurt le 4 mai 1773.

Ignazio se marie, à Saint-Tropez, le 10 juillet, 1775, avec Élisabeth Apollonie Sevise.
Ignazio est parti depuis vingt jours, en voyage en Méditerranée, lorsque Félix Ignace son fils naît le 22 avril 1776.
Les registres 4P58 consultés aux Archives de la marine à Toulon, nous apprennent qu’entre 1776 et 1787, il navigue en caravane au Levant.

Le 18 mars 1777 il est à Alexandrie. Il repart le 24 mai. Le 19 septembre il est en Italie.


L'attaque du corsaire anglais

En 1782, mon aïeul est à bord de la frégate l’Atalante à Brest. 
L'équipage prend part à l’attaque d’un corsaire anglais. 
L’exploit des marins victorieux est relaté ici :
source : Mercure de France, en date du 31 août 1779 (p.213) google books

 


Veuf, Ignazio épouse Clara Ricard le 4 mai1783. 
Il déclare la naissance de son fils Tropez Ignace, le 31 mai de l’année suivante1784. Il ne sait pas écrire.
Il continue à naviguer au Levant : sur la frégate la Mignonne, sur la frégate l’Iris, sur la flûte la Syrène. Il faudrait consulter les registres des années suivantes pour avoir le détail de ses voyages .

La frégate La Mignonne vers 1780

Ignazio meurt en 1805, à Saint-Tropez, à l’âge de 59 ans. 
Ses fils ne sont pas auprès de lui, il a dû les croire disparus, ils sont prisonniers des Anglais à la suite de la bataille de Trafalgar.