2020-10-18

Rosalie Mothère est-elle la mère ?


Les précédents billets de la série Paul Blanc méritent d’être complétés. Ils posent des questions que mes amis du groupe FB Généalogie et histoire en Provence m’ont aidé à préciser pour éclairer des épisodes de la vie de cet artiste.

Ses voisins :

Paul Blanc passe pour un original, déplorent ses voisins, et parmi eux mes trisaïeuls ont pu le constater.

Peintre et surtout graveur, il a pour sujet de prédilection les mendiants qu’il attire dans notre village, ce qui dérange et fait jaser. « Ils le craignaient et sa haute sature leur en imposait » affirme son ami.

Son ami :

Valère Bernard, le parrain de l’enfant qui est baptisé en juin 1885, raconte ce curieux baptême organisé par son ami Paul Blanc. Il décrit sa femme, bonne, douce, petite, effacée, déjetée. 

Sa femme :

Il est temps de s’intéresser à Rosalie Mothère, elle porte un patronyme singulier, j’oserais dire : féminin. Rosalie est la mère du premier fils de Paul Blanc. Comment expliquer que le second soit déclaré, né de père inconnu et de mère inconnue, puis reconnu par le couple comme étant leur fils naturel ? Cette question nous a intrigués.

Rosalie a 28 ans de moins que Paul Blanc. Dans les recensements de 1891 et 1896, elle fait fonction de domestique. En 1901, elle est désignée comme son épouse. Mais je n’ai pas trouvé d’acte de mariage entre 1896 et 1901 à Saint-Julien ni à La Verdière.

Le biographe* dit que Rosalie est orpheline.

Elle est née à Vienne en Isère le 21 août 1864. Son père qui travaillait comme scieur de long signe cette déclaration.

Peut-être a-t-elle été élevée dans une institution religieuse qui l’a éduquée. Sa signature est affirmée et très appliquée (en 1912, au mariage de son fils Pierre).

Lorsque Pierre est né, le 19/11/1888, Paul Blanc le déclarant, reconnaît en être le père. Rosalie, la mère est domiciliée avec lui à Gréoux. Elle s’occupait de la maison, mais ce n’est pas une profession. Paul la considérait-il comme une domestique ? 

Pourquoi le second fils, que Paul déclare né chez lui, de père et de mère inconnus, n’est-il reconnu par ce couple que trois jours après sa naissance ? C’est vraiment un mystère qui a suscité plusieurs questions dans les commentaires de l'article précédent. Cela nous donne l’occasion de mieux comprendre la vie de Paul et de Rosalie qui sont sans doute ses parents naturels.

Paul Blanc,
projet de couverture pour un recueil de  gravures 


Le témoignage de leurs enfants* fait vivre un couple accordé. La jeune femme aimait son artiste de mari. Il passe pour un homme cultivé, il a étudié aux Arts décoratifs, puis aux Beaux-arts, à Paris, il a eu pour maîtres des peintres célèbres qui ont apprécié son travail. Il a effectué plusieurs voyages en Italie, il raconte avec enthousiasme cette vie de bohème. Il est issu d’une famille d’avocats et de notaires dont il héritera. Plusieurs de ses amis sont des personnalités connues dans le milieu artistique, ils font son éloge, l’aident et lui proposent des projets d’expositions. Il est reconnu pour la qualité de ses œuvres, hélas, il ne vend guère, car les sujets des mendiants qui le passionnent ne paraissent pas attrayants. Rosalie vivait donc entourée de miséreux et recevait aussi des artistes, peintres, poètes et autres qui leur rendaient visite. « Un peu naïf aussi. Il reçoit dans sa montagne, où il est considéré comme une curiosité, la visite des touristes » dit le journaliste Charles Chincholle.

Son ami Valère Bernard écrit « je me rappellerai toujours ce géant […]. Il avait du paysan la démarche lourde et le maintien gêné, mais sa figure expressive et belle, toute d’énergie dénotait une nature supérieure, elle imposait le respect. »

Quant à Rosalie, elle l’aidait et essayait de lui rendre la vie agréable en faisant de son mieux. Paul convient que cela n’était pas facile de partager le quotidien de sa maison qui hébergeait continuellement des gueux, ainsi désigne-t-il les mendiants vagabonds. On se rappelle ce qu’il confiait à ses amis : « Ce n’est pas pour le leur reprocher, mais du 1er janvier au 31 décembre, ma jeune famille et moi sommes littéralement dévorés par la vermine. Sitôt que nous sommes débarrassés de celle du dernier modèle qui vient de nous quitter qu’un autre plus intéressant nous arrive, avec sa surcharge de petites bêtes qui, en quelques heures, ont vite fait de nous envahir tous. ». Et là, j’aimerais vous faire remarquer la tendresse de l’expression « ma jeune famille et moi » qui laisse penser que son épouse, qui n’est alors plus sa domestique, est placée comme une partenaire de son projet d’artiste.

Paul Blanc

En 1901, il part en Italie avec sa femme et ses deux enfants, c’est un pays où le peintre avait séjourné dans sa jeunesse et il rêvait d’y retourner. Le voyage est écourté par le décès de la mère de Paul.

Rosalie devait être fière de lui, en 1906, il expose six études à l’Exposition coloniale de Marseille. La ville lui achète dix eaux-fortes que possède le Musée des Beaux-arts.

Paul Blanc en 1906

Hélas, le vieil homme perd la tête, il divague et se fourvoie dans les chemins, sa femme et ses fils doivent se résoudre à le faire interner à l’hôpital psychiatrique d’Aix-en-Provence, où il meurt, le 1er juillet 1910.

La série de billets sur Paul Blanc :

Un voisin original

Un curieux baptême en 1895

Paul Blanc peintre graveur

Source:

*Jean Marzet, Paul Blanc et ses mendicanti : d’après des documents recueillis par Eugène Hoffmann et les fils de l’artiste, Paris, Valère Blanc, 1959, 180 p.

2020-10-10

Un curieux baptême, en juin 1895

 

Les voisins de Paul Blanc se tiennent aux aguets, car dans notre église à Saint-Julien va être baptisé l’enfant qui est né chez lui le 5 juin 1895.


A l'occasion du baptême, l'artiste a invité le peintre et poète Valère Bernard; il a choisi cet ami pour être le parrain du petit garçon qui sera prénommé Valère. Ecoutez le récit que fait le poète[1] (ses mots sont en italique).  

Le crépuscule est tombé lorsque la carriole arrive. Le sieur Bernard se montre impressionné par la route entre les collines couvertes de chênes. Le chemin grimpe pour monter jusqu’à notre village perché. Ce n’était sûrement pas une nuit de pleine lune, et bien que les soirées de juin paraissent fort agréables, il donne une description peu flatteuse de celle-ci : le souvenir de ce voyage m’est resté comme un cauchemar. Sans doute demeurait-il fâché que Paul soit arrivé en retard au rendez-vous à Vinon.

L’aspect sombre des choses et des gens n’incite pas à se réjouir de la fête qui devrait être donnée à l’occasion du baptême.

Tout de suite la cérémonie à l’église, hâtive, à la lueur d’un cierge. Les villageois curieux, et parmi eux, mes ancêtres Éléonore et Pierre Angelvin ont dû se presser pour assister à cet étrange accueil du nouveau-né. Tous devaient être contrariés d’avoir attendu jusqu’à la nuit pour ne pas manquer cet événement.

Le parrain qui avait fait le voyage depuis Marseille pouvait avoir grand-faim... 

Puis ce souper dans cette cuisine noire où sont invités l’accoucheuse silencieuse (peut-être est-elle la marraine ?) ainsi que deux ou trois paysans encore plus silencieux. Rosalie avait préparé de son mieux le repas, sa femme, bonne, douce, petite, effacée, déjetée. Déjetée n’amène pas de lumière sur cette épouse dévouée, cet adjectif signifie courbée sous le poids du malheur. Paul Blanc s’exaltant, se dressant pour mieux gesticuler, renversant les chaises ; et les ombres lourdes qui nous entouraient ; et une gêne qui ne faisait que croître par le mutisme obstiné des autres.


Paul Blanc _ Sournoiserie

Il est possible que Valère soigne son style et exagère, mais il décrit une réalité bien sombre dans cette assemblée ce soir-là. On aimerait bien connaître le témoignage de la foule au-dehors, massée devant la maison, et savoir si Éléonore et Pierre se trouvaient dans la grand’rue ou discrètement rentrés chez eux. Mes triaieuls sont de la même génération que Paul Blanc âgé de 58 ans. Éléonore Fave a 61 ans et Pierre Angelvin a encore un été à vivre puisqu’il va mourir en septembre, cinq jours avant d’atteindre l’âge de 64 ans.

Tout cela était mystérieux, étrange.

Le parrain oublie de parler de l’enfant ; sachez toutefois que Valère Blanc a rendu en 1939 un bel hommage à son artiste de père en publiant le catalogue de ses œuvres[2].

Éléonore, mon aïeule a certainement dû questionner son cousin Edmond Philibert ainsi qu’Achille Berne, le neveu de son oncle. Les deux voisins furent les témoins le jour de la déclaration de Paul Blanc. D'après lui, cet enfant serait donc né dans sa maison, de père inconnu et de mère inconnue !

Nous savons qu’il hébergeait souvent des mendiants et des mendiantes ; l’une d’elles aurait-elle accouché chez lui ?

Paul Blanc _ Consolation


J’ai cherché l’acte de naissance de l’enfant né le vendredi 5 juin, à deux heures du soir, déclaré le lundi 8 juin 1895 à Saint-Julien. Il est particulièrement étonnant !


Comment expliquer toutes ces coïncidences ?

Dans cet acte, le petit garçon se prénomme Grégoire, comme le père de Paul Blanc. Son patronyme Blénac est presque l’anagramme de Blanc. 

Valère Blanc sera identifié sous le nom de Grégoire Blénac sur son matricule militaire[3].

Coup de théatre avec la mention marginale :

Paul et Rosalie ont reconnu pour leur fils naturel l’enfant faisant l’objet de l’acte de naissance.

J’ai un doute sur la date (est-ce un an ou quelques jours plus tard ?) si vous pouvez m’aider à lire 1895 ou 1896, votre avis est appréciable.


Pour mieux comprendre l'artiste Paul Blanc, peintre graveur :

voir sur Wikipédia, l’article que j’ai créé


Déjà dans l'article précédent, on comprend que Paul Blanc est un voisin original  !

Mais, Rosalie Mothère est-elle la mère ?


[1] Article de Valère Bernard, Fortunio n°37, du 15 août 1923.

[2] Classe 1915, registre 1R914, n° matricule 194


[3]  Valère Blanc, catalogue de l’œuvre gravé de Paul Blanc, 1939

2020-09-22

Un voisin original

 Que pensaient les habitants de Saint-Julien de cet artiste qui vivait ici, de 1889 à 1901, avec sa femme et ses enfants ?

Paul Blanc, peintre et graveur, originaire du village voisin, se montrait assurément original. Il s’intéressait aux mendiants pour les dessiner. Ils arrivaient dans sa maison où il leur offrait à manger. Il les habillait de guenilles qu’il avait achetées lors de ses voyages en Italie et il faisait poser ces pauvres chemineaux pour les croquer au crayon et ensuite graver leurs portraits.

 .

La demeure de Pierre et d’Éléonore (sosa 52 et 53) qui est encore ma maison, est proche de celle de l’artiste.

Ce dessin de Paul Blanc pourrait presque avoir pour cadre leur intérieur.

Paul Blanc, intérieur Provençal


Pierre Angelvin est boulanger, il a dû maintes fois offrir un morceau de pain aux vagabonds attirés par la réputation de Paul Blanc.

Paul Blanc, Ayez pitié

Éléonore plaignait souvent Rosalie, la femme de Paul, qui devait subir les inconvénients et même les parasites que les voyageurs apportaient dans sa maison. Écoutez ce que confiait Paul, toujours bienveillant envers les mendicanti :

« Ce n’est pas pour le leur reprocher, mais du 1er janvier au 31 décembre, ma jeune famille et moi sommes littéralement dévorés par la vermine. Sitôt que nous sommes débarrassés de celle du dernier modèle qui vient de nous quitter qu’un autre plus intéressant nous arrive, avec sa surcharge de petites bêtes qui, en quelques heures, ont vite fait de nous envahir tous. »

La maison de Paul

Bien que sa présence soit attestée dans le recensement, je n’ai pas réussi à situer précisément la maison de Paul Blanc, elle a peut-être été démolie. Étroite, comme beaucoup dans les villages perchés en Provence, elle comportait une pièce par étage :

« Au rez-de-chaussée, la cuisine basse et enfumée : on montait à l’étage supérieur par des marches branlantes en se tenant à une corde poisseuse ; la pièce principale était son atelier. »

Paul Blanc, mendiant Provençal

Le vagabond

Paul Blanc raconte avoir déniché certain jour un petit vieux Bourguignon des plus bizarres, dont chaque mouvement était un tableau :

“Je l’ai gardé plusieurs semaines. Je n’ai jamais vu de modèle plus intéressant. Il circulait librement dans les rues du village, affublé de costumes fantastiques que j’avais rapportés d’Italie. Je n’ai jamais rencontré d’être plus indépendant. J’en ai tiré un très bon parti comme modèle. Il m’a quitté, à mon grand regret, heureux comme un Dieu, me promettant de revenir… Tiendra-t-il sa promesse ? En peu de temps, il s’est engraissé, sa figure était remplie et cela lui a fait perdre son caractère.”

La chanson

« Deux trimardeurs ont passé la nuit chez moi. L’un est le bossu physiquement faible et délicat, à l’âme identique ; l’autre a une jambe coupée au raz du bassin, mais il demeure intrépide et plein de santé, un vrai indépendant. » « Et c’est ainsi que tous deux reflètent l’image vivante de leur chanson : 

Gai comme un gueux, le pas traînant,

Narguant les gens qui me repoussent,   

Insouciant, je vis content,

Je m’en vais où le vent me pousse.

Je trouve mon sort sans pareil

Quand j’ai du pain et du soleil.» 


Il n’est pas sûr que les villageois appréciaient ces passagers miséreux. Bien qu’il jouisse d’une réputation de la part de ses amis peintres ou critiques d’art, l’artiste n’a guère vendu de gravures lors des expositions à Marseille ou à Paris. Ceux-ci lui conseillaient de changer de sujet, mais Paul Blanc était passionné par ses mendicati.

La série des articles sur Paul Blanc et sa famille :

Un voisin original

Un curieux baptême en 1895

Rosalie Mothère est-elle la mère ?

Bibliographie

Jean Marzet, Paul Blanc et ses mendicanti : d’après des documents recueillis par Eugène Hoffmann et les fils de l’artiste, Paris, Valère Blanc, 1959, 180 p.

J’ai créé l’article Paul Blanc (peintre graveur) sur Wikipédia, ma source étant principalement ce livre. 

Pour mieux connaitre mes AGP :
 Pierre Angelvin (sosa 52) qui a participé à l'Insurrection de 1851

Éléonore Fave (sosa 53)Le jupon d'Éléonore

2020-09-12

Une grand-mère efficace, entourée de veufs

Je suis Anne Simon, j’ai soixante-dix ans et je suis en meilleure santé que chacune des épouses qui ont laissé des veufs autour de moi...


Cependant, je ne ferai pas le trajet de Barjols à Saint-Julien, le 24 avril 1820, pour assister au mariage de mon petit-fils. Je suis officiellement la seule représentante de sa famille puisque l’on sait que son père ne reviendra pas de son grand voyage outre-mer (voir billet précédent « Aucun acte ! »),

Mais pour la noce tout est arrangé, le notaire vient d’enregistrer la procuration que je donne à mon beau-fils Antoine. C’est lui qui me va me représenter pour témoigner de mon autorisation à ce mariage.

Mon petit Marcel (sosa 106) a appris le métier de boulanger, comme mon père. Je me suis occupée de lui et de ses deux sœurs. Hélas, sa mère est morte trop jeune, ma fille avait 31 ans.

Mon gendre Marcel (sosa 212) ne s’est pas remarié, il a préféré rester fidèle à Magdelaine (sosa 213). Nulle nécessité de chercher une autre épouse, puisque je pouvais élever leurs enfants.

 -°-°-°-°-°-°-°-

Je suis veuve de Pierre Claude Bagarry (sosa 426), maître maréchal-ferrant. Il était veuf depuis deux ans lorsque je l’ai épousé ; j’avais alors 19 ans, c’était en février 1770.  Au mois de juin, mon père Lazare Simon (sosa 854) s’est remarié à son tour.

Avec Pierre Claude, nous avons eu quatre enfants. Le parrain du plus jeune, Toussaint Antoine, c'est notre ami Antoine Faubert.  Pour sa marraine, on a choisi Françoise, la fille d’Antoine.

Antoine est aussi le parrain de ma petite-fille, et c’est moi la marraine d’Anne Marie Magdeleine.

Certains disent que parrain et marraine, cela ne doit pas se marier. Ne les écoutez pas !




En 1802, notre fils avait dix-sept ans, son parrain était deux fois veuf. J’étais âgée de 51 ans, je ne voulais plus rester seule, je l’ai épousé.

 -°-°-°-°-°-°-°-

Antoine est le fils d’Antoine et le père de Jean Antoine Faubert. Trois générations d’aubergistes portent le même nom ; on peut comprendre que l’auteur de ce blog fasse quelques confusions dans la famille recomposée de son aïeule !

Ce n’est pas un hasard si Marcel se marie avec la fille de l’aubergiste de Saint-Julien et nous en sommes heureux.

Je vais laisser ma descendante vous expliquer les unions que nous allons nouer avec la tante de Claire Audibert, la future épouse… Parce que, bientôt je ne serai plus là pour les voir se réaliser.

 -°-°-°-°-°-°-°-

Mon beau-fils Antoine a un fils qui se nomme aussi Antoine. Celui-ci va épouser Gertrude, fille de Cécile Audibert  et de Joseph Burle, maître boulanger.

Ces alliances entres familles d’aubergistes et de boulangers nous font tourner en rond, avec des veufs et des veuves qui ont une nouvelle vie.

Il apparaît que dans ces familles vivant à Barjols le veuvage survient fréquemment.

Alors qu’à Saint-Julien, les couples ne se recomposent pas, ils vivent plus vieux et le veuvage survient plus tardivement. La seule exception est Magdelaine Allier (sosa 429), celle qui a marié sa fille Cécile à Barjols. Et qui semble donc avoir greffé cette branche dans ma forêt. 

 

2020-08-28

Aucun acte !

Joseph Marcel Fave (sosa 84) n’est pas un inconnu. 

Mais au bout de treize ans de recherches, je n’ai trouvé ni son acte de naissance, ni son acte de mariage, ni son acte de décès, ni son testament.


Je pense à lui et à ses aïeux lorsque nous allons à Barjols. Il était cordonnier en 1796. Barjols est une cité célèbre pour ses fontaines, l’eau a permis de faire fonctionner des tanneries. Marcel, portant le prénom préféré dans ce bourg et travaillant le cuir, apparaît comme l'ancêtre typique de ce lieu.

Barjols, Var

1820

Son nom m’a été révélé lors du mariage de son fils Joseph Marcel, « fils majeur de feu sieur Joseph Marcel Fave ». Il est donc mort avant le 24 avril 1820.

Le maire de Saint-Julien a bien reçu ce jour-là les extraits des actes de décès de « feu Sieur Joseph Marcel Fave et feuë Demoiselle Magdeleine Bagarry, père et mère de l’époux ». 

1804

Magdeleine, sa jeune épouse, est morte le 15 juin 1804, elle a eu le temps de déposer son testament un mois auparavant. Sa petite Marie Magdeleine Joséphine l’avait précédée dans la tombe en 1802. Joseph Marcel est alors resté veuf avec leurs trois jeunes enfants ; son fils aîné avait huit ans, Virginie six ans et Marie Anne quatre ans. Il devait être bien amoureux de sa femme pour donner son prénom à leurs trois filles.

Anne Simon, la mère de Magdeleine, que l’on sait très présente, a dû s’occuper de ses petits-enfants puisqu’il ne s’est pas remarié.

J’ai donc cherché le décès de Joseph Marcel entre 1804 et 1820. N’ayant pas pensé à me simplifier cette enquête et j’ai regardé les tables contenues à la fin de chaque année dans les gros registres des actes en ligne.

Je n’ai rien trouvé ! Enfin si, j’ai pu rectifier une grosse confusion concernant Anne Simon (dont je vous parlerai prochainement) et ajouter quelques personnes sur Barjols.

Il aurait été indispensable de voir leur acte de mariage pour remonter cette branche de nos ancêtres.

Rien, aucun acte … malgré des recherches renouvelées chaque été !

fontaine à Barjols
Fontaine à Barjols

29 prairial de l’an 03

Cette année, je retourne à Barjols. Puisque l’on trouve en ligne le contrôle des actes et enregistrement, j’ouvre les tables des contrats de mariage, c’est une piste que j’aurais dû consulter plus tôt. En effet, nos mariés ont bien établi un contrat avant leur union, le 29 prairial de l’an 03. Nous sommes en période révolutionnaire, tout en espérant que la recherche soit rapide, j’ai hâte de lire l’acte.

Hélas, le registre de l‘an 3 est justement le seul qui manque ! Toutefois, les références du notaire qui n’est pas maître Poitevin, mais Anicet Poitavin, vont me permettre de tourner les pages de ce contrat, il ne reste qu’à programmer un voyage aux Archives de Draguignan. J’ai trop envie de connaître le nom de mes ancêtres Fave.

Et si je consultais les tables des décès successives entre 1804 et 1820 ? Je ne suis pas sûre qu’il soit enregistré à Barjols puisque mes recherches  stagnent comme l'eau des lavoirs, mais essayons encore…


Une surprise de taille nous attend ! J’aurais pu supposer son décès dans une ville voisine, mais loin d'imaginer ce qui va suivre :

AD 83, Barjols, BMS, 1821

Lisons cette transcription, où l’on découvre avec un profond étonnement que notre ancêtre est mort 
le 3 janvier 1818
à Basse-Terre en Guadeloupeà l’âge de cinquante cinq ans, venu d’Europe depuis huit mois environ. 

-°-°-°-°-°-°-°-

2020-08-14

Un implexe serait le bienvenu

Ce billet est le troisième qui nous emmène à Pontevès

Reprenons le sentier de mes dernières découvertes estivales :

Les Bessillons


  • o     Sous la montagne de Barjols mon horizon s’agrandit, avec ce lieu d’origine de mes ancêtres qui devient un nouveau repère (re-père).
  • o  André Cordier ou Cordeilh (sosa 4634), fils d’Aubert et d’Honorade Garavagne  avait déjà quitté ce village en 1587, puisqu’il s’est établi à Marseille.
  • o  Un siècle plus tard, en 1684, Anne Layoun (sosa 1369), fille de Reimond et Margarite Mailhe, de Pontevès, a épousé Antoine Simon; elle l’a suivi à Barjols.

  

Il n’est pas impossible que ces familles de branches différentes 
ayant vécu dans le même village 
puissent remonter sur des ancêtres communs.

Un implexe ici me plairait bien.

La descendance d’André est demeurée à Marseille jusqu’au début du XXe. Marius, mon grand-père épouse alors Rose, ma grand-mère qui, tout comme lui, ne se doutait pas qu’elle avait des ancêtres originaires de Pontevès.

Un implexe serait le bienvenu, pour allier deux branches qui croissaient il y a bien longtemps. 

Je le verrai bien du côté de la famille Mailhe, (si Jeanne Malhe est vraiment la grand-mère d'André) mais je pense ne jamais pouvoir l’établir assurément, comme je l'explique dans ce billet : Sans aucune preuve, juste de l'intuition. C’est trop ancien et il manque des registres d’état civil.

Pontevès

 Je dois me pencher sur l’histoire de ce village lorsque leurs familles y habitaient. L’article Wikipédia (auquel j’ai déjà apporté des informations et des photos) nous apprend que la Grande Peste de 1384 fut terrible et décima la population. En cette année 2020, cette violente épidémie résonne singulièrement dans notre vécu. Les Pontois ont souffert et sont morts dans des circonstances que l’on imagine tragiques ; de plus, l’époque de troubles et de guerres pousse la population à déserter.

En 1477, pour repeupler son fief afin qu’il renaisse, le seigneur de Pontevès a fait appel une trentaine de familles de Montegrosso, dans le diocèse d’Albenga (Italie).

Aujourd’hui encore les habitants se souviennent que leur village est le fruit de ces brassages.

De toute évidence, mes ancêtres doivent être issus de tous ces hommes et femmes venus de Ligurie, et croisés avec les anciens Provençaux. 


Pontevès (Var)


J'ai pris cette photo sachant qu'André Cordeilh n'a pu voir l'église avec son campanile, construite en 1668, ni le château superbement rénové au XVIIe, dont il ne reste que les tours et son portail remarquable.


Pontevès 1669 

Et cette photo-là ... avant de pouvoir affirmer qu'une autre ancêtre, Anne Layoun, a été présentée sur ces fonds baptismaux qui portent la date 1669.

Pour cheminer dans cette enquête : 

La montagne de Barjols 

Sans aucune preuve, juste de l’intuition 

Un implexe serait le bienvenu

2020-07-26

Sans aucune preuve, juste de l’intuition !

Mes ancêtres originaires de Pontevès.

André Cordier a épousé Rose Cauvin, selon leur contrat de mariage passé à Marseille, le 2 novembre 1587.[1]

Ils ont eu une fille Clere CORDEAU ou CORDEL (sosa 2317) et ils ont assisté à son mariage, célébré dans la cathédrale la Major, à Marseille, le 29 mai 1625. En regardant plus attentivement le registre, je vois qu'ils ont le même jour marié leur fils Philippe Cordeau avec Auryane Olive.

Voilà tout ce que je sais d’eux !

André est mon sosa 4634, à la génération XIII. Il est né à Pontevès dans le Var. Ce bourg se situe à quelques 90 km, il est difficile d’imaginer le chemin qu’il a parcouru pour se rendre à Marseille, au XVIe siècle.

Pontevès et le massif des Bessillons
Pontevès et le Petit Bessillon

Nous sommes allés à Pontevès qui est tout près de notre village en Provence. J’ai déjà eu l’occasion de parler du massif du Bessillon dans le billet précédent. Pontevès se trouve juste au-dessous du Petit Bessillon.

Le nom de ce village évoque la puissante famille de Pontevès qui a essaimé en Provence. Les ruines de quelques-uns de leurs châteaux, à Pontevès, comme à Bargème, défient le temps et semblent protéger encore leurs villages qu’ils surplombent fièrement.

Pontevès, le château (Wikipédia photo de Marianne Casamance)

Les parents d’André, Aubert Cordier et Honorade Garavagne sont décédés avant 1587.

Hélas, il ne me sera pas possible de remonter plus haut dans cet arbre, puisque les registres de baptême de Pontevès sont ultérieurs à 1676.

J’ai cependant découvert ces relevés de mariages dans les Archives du Var [2].


Mariages Cordeilh à Pontevès


Ce qui permet d'élaborer une hypothèse que je ne vérifierai jamais :

André s’est marié en 1587, je suppose qu’il avait entre 20 et 40  ans.

Aubert, son père, pouvait alors avoir entre 40 et 80 ans, donc il serait né entre 1547 et 1507.

Si Aubert est né, disons en 1527, son père est né entre 1487 et 1507, donc marié entre 1500 et 1527.

Alors,

Albert, marié le 25 février 1513, pourrait bien être le grand-père d’André.

André, marié le 21 juillet 1510, pourrait aussi être le grand-père d’André.

Les deux sont les fils d’Anselme. J’ai de fortes présomptions sur le fait qu’Anselme soit notre aïeul .

Pour ne pas conclure

Anselme Cordeilh, époux de Jehanne Malhe, a établi son testament [3], le 10 mars 1516, en désignant ses enfants : Gentile, Marguerite, Raymond, Raphaël, André, Albert.

Je vous présente ces individus : ils pourraient bien être les ancêtres d’André Cordel qui devait s’appeler CORDEILH à Pontevès.

Je suppose que son père Aubert est le fils d’André ou d’Albert, si l’on se fie aux prénoms. Donc Anselme Cordeilh et Jeanne Malhe ont toutes les chances d’être mes très vieux ancêtres…

 

Une pratique interdite aux généalogistes rigoureux

Comment dresser un arbre que je suppose être celui de mes ancêtres, mais que je ne pourrais jamais relier à ceux que je connais.

Ce billet apparaît comme l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire si l’on veut être un généalogiste rigoureux.

S’attribuer des ancêtres sans aucune preuve passe pour la pire des erreurs.

Bien sûr, mon intuition me dit que j’ai bien des chances que ce soit exact, mais je n’irai pas jusqu’à accrocher cette branche aux arbres de ma forêt. Je l’ai plantée dans un petit enclos séparé pour qu’elle n’aille pas se greffer à mes beaux arbres aux troncs bien assurés.

Et j’ai eu de la joie à jardiner ce petit arbre qui pousse à Pontevès.


Pour cheminer dans cette enquête : 

La montagne de Barjols 

Sans aucune preuve, juste de l’intuition 

Un implexe serait le bienvenu


Sources:

2020-07-21

La montagne de Barjols

Cette montagne dont la forme se voit de loin dans le Var, ma grand-mère me la montrait en disant : « Regarde la montagne de Barjols. Elle ressemble à un chapeau de gendarme »


Bien que les gendarmes ne portent plus ce couvre-chef depuis longtemps, nous avons tous continué à la désigner ainsi.

Les Bessillons
Les Bessillons

Dans le centre du Var, ce massif couvert de forêts, est dominé par le Gros Bessillon, haut de 813 m et le Petit Bessillon, constitué de deux sommets jumeaux.

Nous voulions randonner sur ces chemins et c’est à cette occasion que j’ai interrogé notre mémoire familiale.

Cette montagne est un repère dans notre paysage ; mais, pourquoi ne l’appelons-nous jamais le Petit Bessillon ?

...

« Regarde la montagne de Barjols, nos ancêtres viennent de là… » 
Annonçait ma grand-mère, en répétant certainement ce que lui enseignait Éléonore, sa grand-mère.

Nos Barjoulais de Barioulx (nos ancêtres de Barjols)

Marcel Fave, le père d’Éléonore, naquit à Barjols en 1796. Il était boulanger, comme beaucoup dans cette branche. La légende familiale raconte qu’il y avait des notaires dans cette famille Fave. Je n’ai pas encore pu les relier à notre ancêtre.

Malgré des années de recherches, je ne connais que le père de Joseph Marcel (qui se nommait aussi Joseph Marcel). 

Dans les registres, on rencontre tant d'individus portant le patronyme Fave et le prénom Marcel. De plus l'encre est parfois devenue illisible, cela complique la lecture pour certains actes.

nuages des prénoms
avec https://nuagedemots.co/

Voici les prénoms des ascendants de sa grand-mère, Anne Simon (sosa 171), ils ont été plus faciles à retrouver. 

Celle-ci, je l’ai rencontrée au mariage de son petit-fils où elle remplaçait les parents défunts. Elle apparaît comme une femme déterminée. Oh ! si commence à explorer sa vie, je vois que je pourrais lui consacrer un billet, je vais donc continuer à chercher son acte de décès après 1824 et vous en parler plus tard.

Ce billet a été l’occasion de compléter notre arbre. Je dois encore prendre le temps de lire quelques contrats de mariage et d’aller en retrouver d’autres, car les AD 83 en conservent beaucoup de fort anciens. 

Ascendants de mon sosa 42

L’arbre des huit générations est ici simplifié. J’ai constaté dans ces familles un nombre de veufs ou de veuves qui se remarient plus important que dans d’autres branches. Des deuils et des joies que l’on devine en lisant les registres d’état civil.

Le Petit Bessillon

 restera pour nous la montagne de Barjols, celle qui veille sur tant de nos ancêtres. Ils ont vécu dans ce bourg toujours apprécié pour ses fontaines, où nous aimons nous promener pour trouver la fraîcheur.

Nous nous rendrons ensuite dans le village voisin, à Pontevès...

où je ne m’attendais pas à découvrir des ancêtres d’une autre forêt généalogique, celle de nos Marseillais, qui sont eux aussi nés au pied de cette montagne.

Ce sera l’objet du billet qui va suivre, il est intitulé : Sans aucune preuve, juste de l'intuition.

Voici  des billets que j'aime bien, ils nous emmènent à Barjols :