2021-11-26

W _ Where, où vivaient-ils ?


Mes ancêtres en Vivarais - Velay constituent deux branches distinctes :

celle de tous les ascendants de ma mère et celle des ascendants de ma grand-mère paternelle.

En effet, mon père a choisi une femme ardéchoise petite et jolie qui lui rappelait sa grand-mère préférée.




Les lieux où ces forêts généalogiques se déploient sont très cohérents géographiquement. Pour se marier, les hommes se sont déplacés dans des villages voisins.


carte des migrations _ Généatique


Le Vivarais correspond au département de l’Ardèche.

Le Velay était autrefois dans la province du Languedoc, c’est le département de la Haute-Loire.


Le Velay  du XVe au XVIIe siècle

Nos ancêtres étaient établis sur la frontière entre ces départements actuels, à cheval sur la ligne du partage des eaux. À l’est, les ruisseaux se jettent dans des rivières qui rejoignent le Rhône, puis la Méditerranée. Le plus important et le plus beau de ces cours d’eau, c’est l’Ardèche.


L'Ardèche près de sa source


À l’ouest, les rivières sont des affluents de la Loire qui coule vers l’Atlantique. La Loire prend sa source au Mont Gerbier-des-Joncs. Non loin de là, vivaient quelques ancêtres que j'ai repérés, j'en ajouterai d'autres sans doute. 


Mont-Gerbier-de-Jonc


Mon logiciel Généatique 2022 permet de visualiser les lieux avec l’export sur Google Earth. On retrouve les villages des personnes citées dans les billets de ce mois-ci. 




Voir aussi ce billet du ChallengeAZ 2020:

Where, d'où viennent mes ancêtres provençaux ?


2021-11-25

V_ Vache à poil rouge

 

J’aimerais posséder une belle vache à poil rouge ou bien une autre à poil froment. Pas vous ?


🐂 

En 1886, à Saint-Bonnet-le-Froid, en Haute-Loire, Eugène Vacher, le maire vient de mourir.

Voici ce que l'on trouve dans l’écurie d’Eugène, frère de Christine (sosa 29).



Une vache poil rouge estimée 110 francs

Une vache poil froment et son veau estimés 140 francs

Une génisse estimée 40 francs.


🐂 

En janvier 1871, Pierre Bruas, le fils de Jeanne Riboulon (sosa63) gère, pour sa femme, la succession de François Cancade.


Une vache grise estimée 150 francs

Une vache poil froment estimée 80 francs

Une vache rouge estimée 80 francs

Une vache rouge estimée 100 francs

 

En 1671, Marie Anglade laisse à ses héritiers un beau cheptel dont une velle (un petit veau femelle) et deux vaches, l’une d’icelle pleine, de valeur le tout de 50 livres.


🐂 

JeanneDeschamps (sosa 361), à l’occasion de son veuvage, signe le 27 juillet 1691, au Bouchet Saint-Nicolas, une transaction avec le fils de son époux décédé. Claude Surrel lui rend un beau domaine, sans oublier de mentionner « 4 vaches et une paire de bœufs « en compensation du bétail que ladite demoiselle avait baillé à son feu mari pendant leur mariage. » Il s’agit de récupérer la dot qu’elle avait mise en commun en 1672.


🐂 

Delphine de Tailhac (sosa 2781), spoliée par son troisième époux, tente de dresser un inventaire de ses biens. Mon ancêtre Delphine (morte en 1656) est attachante, la liste de ses propriétés est fabuleuse. Pour ne parler que des bovins, sont cités : au château de Besque : 25 vaches, 15 génisses ou taureaux. Dans la métairie du château : 20 vaches, 2 bœufs de labour… Au domaine de Cahraix : 14 vaches, une paire de bœufs… Dans la métairie de la Pinède : 1 paire de bœufs de labour, 8 vaches, 6 génisses… Dans la métairie du Chapel : 10 vaches, 8 génisses, une paire de bœufs… Dans celle de Parse : 12 vaches, 8 génisses ou taureaux, une paire de bœufs…

 


Je les mène paître dans nos prés, comme si elles étaient miennes, les vaches de ces ancêtres.

Ces traces laissées dans ma forêt du Vivarais-Velay, par diverses branches de situations sociales variées me donnent l’impression d’être la bergère de leurs troupeaux.  


« Dans le pré du voisin, les vaches sentent fort, elles sentent le vent mouillé et le sucre. C’est chaud et rond. » 

J'aime bien ces impressions imagée, comme l'écrit Mh Lafon, dans une nouvelle pour la revue Zadig n° 12 p.154 que je viens de recevoir.

Avez-vous de tels souvenirs ?

 


2021-11-24

U_ Un beau cheptel

 

Marie Anglade vient de donner naissance à Jeanne Estienne, mon ancêtre (sosa 747). Un mois plus tard, le 22 décembre 1671, elle souhaite faire son testament. Le notaire Estienne Daubert qui est d’autre part mon ancêtre (sosa 1450) habite Mayres. Il s’est déplacé jusqu’au hameau de Sédassier, en ce premier jour d’hiver.


Au bord de l'Ardèche, en hiver. 

Marie est malade et indisposée de son corps, estant en son bon sens et entendement, elle a bien réfléchi à ce qu’elle veut qu’il écrive.

Elle donne à chacun de ses enfants : Jean Pierre, Anthoniette, Delphine et Jeanne, la somme de 200 livres. Et tous autres auxquels elle est tenue de faire légat a légué à chescun d’eux pour une fois cinq sols. Et moyennant ce, veult que sesdits enfants et légataires soient contamps sans pouvoir autre chose.

Ce qui est inattendu, c’est que la suite de ce document de six pages constitue un inventaire de ses biens. Je n’ai pas encore rencontré pareil testament aussi détaillé dans ce lieu.




Le plus intéressant, c’est de voir son cheptel. Il se compose ainsi :


17 brebis, 9 moutons, 14 agneaux vieux, de valeur le tout de 120 livres.

Plus une velle (un petit veau femelle) et deux vaches, l’une d’icelle pleine, de valeur le tout de 50 livres.

Plus une annesse de valeur de 16 livres.

Plus deux petits pourceaux de valeur de 10 livres

Plus 5 chèvres et un menon, de valeur de 15 livres

Plus huitante quintaux de foins et cinquante quintaux de paille

Et outre ce, dans une pièce joignant la maison de ladite testatrice, avons trouvé 20 ruches à miel.

 

Les lacunes des registres ne permettent pas d’en savoir davantage sur Marie Anglade (sosa 1495).


2021-11-23

T_ que transmets-tu Toinette ?

 

Je peux t’appeler Toinette, chère Antoinette Ponsard, je sais que ce joli diminutif est le tien.

Tu es mon aïeule à la VIIIe génération (sosa 179), tu es née au début du XVIIIe siècle.


Peux-tu imaginer ce que tu as transmis pendant près de deux siècles chez tes descendants ?


Lorsque je me suis intéressée à notre famille vivant à Mayres, au bord de l’Ardèche, les recherches n’avançaient pas vite.

Le patronyme de Nogier est fréquent dans ce village et nos branches ne paraissaient pas simples à suivre.

 


Je ne vais pas te retenir longtemps avec des détails, car je sais que la généalogie peut être ennuyeuse.

En fait, je dois écrire un billet rapide, car je suis déjà en retard pour la publication ce ChallengeAZ.

Alors, les voici tes descendants, enfin ceux que je connais.

 



 Cette infographie te montre comment les surnoms de certains se sont transmis sur quatre générations. Curieusement, il s’agit de la branche des cadets qui portent le nom de ton père.



Tu me dis que tu as déposé un testament le 10 mars 1756. Ce n’était pas urgent, car tu as vécu assez longtemps pour être la marraine de ta petite fille Anne, dix ans plus tard. J’ai aussi trouvé des actes de vente et d’autres contrats qu’il faut déchiffrer. 

Puisque je dois vite publier cet article et ajouter des photos de ton pays pour l’illustrer, je vais m’arrêter là. Nous causerons plus longuement lorsque nous aurons une autre occasion de nous rencontrer.

Dieu te garde !


2021-11-22

S _ Saint-Haon

 

Fort bien situé dans le Devès, juste au bord du plateau surplombant les Gorges de l’Allier avec une vue sur la Margeride, voilà un site parfait pour rayonner dans le pays de nos ancêtres vellaves.



Lorsque j’ai commencé à organiser un voyage dans le Velay, j’ai pensé qu’il était judicieux de réserver un logement dans le village de Saint-Haon. En effet, l’arrière grand-mère de Marie Chauchat dont vous ai parlé dans un billet précédent, s’appelle Anne de Saint-Haon (sosa 2893).



Nous avons logé dans un immense bâtiment ancien, rénové par une jeune femme dynamique et accueillante. Mes petits ancêtres qui vivaient avant 1700 n’ont pas connu ce couvent qui servait d’école pour des orphelines au XVIIIe siècle.



En me promenant dans le village de Saint-Haon, que puis-je imaginer de la vie mes ancêtres ? J’ai récolté quelques ascendants portant ce patronyme, sur des sites certes utiles, mais qui ne citent pas toujours leurs sources. On remonte ainsi jusqu’au Moyen-âge dans de vieilles généalogies auvergnates. [i]

Eglise de Saint-Haon, 43


Ils ont dû prier dans cette église, construite entre le XIIe et le XVe siècle. L'édifice est superbe avec son clocher à peigne remarquable.



En essayant de penser à eux au fil des siècles, je monte quelques marches, passe sous le porche, la porte est ouverte.


Fonts baptismaux, église de Saint-Haon

Les grand–parents d’Anne (sosas 23148 et 23149), Philibert de Saint-Haon, le 15 mars 1520, puis sa veuve Antoinette de Beaune, le 26 juillet 1546, ont "fait des fondations" ou des dons, dans cette église.


Plus proche de nous, Anne de Saint-Haon a donné naissance à un fils, Claude d’Ouides, (sosa 1446) le 27 décembre 1600. Je ne pourrais pas vérifier les sources, car les actes d’état civil ne sont pas conservés. Je ne sais même pas s’ils ont vécu à Saint-Haon, à Ouides, ou ailleurs dans la région du Puy-en-Velay. 

 



[i] Le nobiliaire du Velay et de l’ancien diocèse du Puy : noms féodaux. Tome 6/par Jourda de Vaux, Gaston de (1862-1933).https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5408238k/f77.image.r=%22Claude%20de%20Saint%20Haon%22

 

2021-11-20

R _ Rubanière

 

Jeanne range ses fils aux couleurs chatoyantes comme ses espoirs, grèges comme ses rêves, noirs comme le deuil. Elle ne tissera plus les beaux rubans qui allaient orner les chapeaux, les robes, et les costumes des élégants.

Le 7 octobre, elle s’est rendue, avec sa mère et ses frères, chez le notaire Abrial à Riotord (43), pour dresser son contrat de mariage. Elle ne sait pas signer, mais elle sait compter ce que lui ont rapporté ses rubans, elle a constitué un petit pécule personnel dont elle est fière.

La semaine prochaine, mardi 16 octobre 1821, elle va célébrer ses noces à Saint-Bonnet-le-Froid. Pourquoi pas dans l'église de Riotord où elle a été baptisée ? L’église date du XIIIe siècle, elle est remarquable par son architecture et ses chapiteaux aux animaux sculptés.


L'église de Riotord, en Haute-Loire.


Comme toute nouvelle mariée, elle va quitter sa mère. Elle était jeune lorsque son père est mort. Ses frères Claude et Jean restent dans le hameau de Villeneuve à Riotord et pourront s’occuper de la maman. Ils viennent de lui donner une partie de sa dot et promettent un total de 3000 francs au futur couple.   

On dit qu’il fait plus froid dans les montagnes de Saint-Bonnet-le-Froid, mais le lieu de Trédos est accueillant comme le lui promet sa nouvelle belle-famille.

En automne, à Trédos.

Jean Pierre Bruas, son futur mari a 28 ans, six ans de plus qu’elle. Sa première femme est morte vingt jours après avoir accouché d'une fille. Jeanne Marie saura être une mère pour la petite Jeanne qui a seize mois. Elle espère bien lui donner des frères et sœurs pour avoir une jolie famille à elle.

 

Jeanne Marie suppose qu’elle n’aura plus la possibilité de tisser des galons avec ses doigts agiles, elle aimait bien cette activité qui lui apportait un peu d’argent. Mais il semble que les commis de rubans ne passent pas à Saint-Bonnet, ils restent sur les confins de la Loire et de la Haute-Loire. Ce sont eux qui servent d’intermédiaire entre le tyssotier et la grosse maison de Saint-Etienne qui fournit les fils de soie ou de lin ainsi que les cartons de modèles.


J’aimerais tant voir des modèles rubans que tissait Jeanne Marie. Que faisait-elle ? Des rubans unis, brochés, de velours ? Des rubans pour les vêtements, des rubans pour l’ameublement ? 

Possédait-elle une passette à rubans, comme celles-ci, utilisées dans le Velay au début du XIXe siècle ? Ce petit outil était utilisé par les femmes pour tisser leurs propres rubans, bien sûr il ne servait pas à une production textile vendue à des leveurs pour Saint-Etienne. Ces rares pièces de bois sculptées sont admirables; il parait qu'elles pouvaient être offertes en cadeau de fiançailles. Vos aïeules en ont-elles conservé ? 


Images du site Drouot, montage avec Canvas


Si vous avez des photos d’ouvrages fabriqués au début du XIXe siècle dans la région de Saint-Etienne, montrez le-moi !


Jeanne Marie Riboulon est ma trisaïeule (sosa 30). Ce récit se passait à l’automne 1821, il y a exactement 200 ans.

 

Bibliographie

Bertrand A. J. C. L’industrie du ruban en Haute-Loire. In: Les Études rhodaniennes, vol. 10, n°1-2, 1934. pp. 89-90. www.persee.fr/doc/geoca_1164-6268_1934_num_10_1_1525


2021-11-19

Q _ Qui est la cousine Adèle ?



Nous allions lui rendre visite dans son appartement désuet. Adèle Roujol habitait boulevard de la République, à Annonay. Je me souviens des bibelots disposés sur une étagère. Un jour, elle m’a offert deux petits sabots en porcelaine décorée, j’ai aimé ce cadeau fragile. Mais, où l’ai-je donc rangé ? *



La cousine Adèle était isolée, je crois que son frère ou sa sœur vivaient à Avignon.

Sexagénaire, elle est partie en maison de retraite à La Voulte-sur-Rhône. Nous avons confié à une cousine le soin d’aller lui rendre visite. Nous ne l’avons plus revue, peut-être une fois. Elle est décédée le 12 mars 1968, à l’âge de 74 ans.


Je me suis longtemps demandé qui était cette cousine Adèle. Et puis, j’ai eu des indices pour mener l’enquête.

J’ai trouvé son acte de naissance, à Saint-Julien-Vocance, le 6 août 1893.


Dans la famille, on ne voyait pas d’un bon œil le mariage de ses parents. Il semble que Jean, son père ait ruiné la famille de son épouse. À cause de lui, il aurait fallu vendre des propriétés en Haute-Loire.



J’ai renoué un lien avec des cousins perdus de vue depuis deux générations. Ils ont ouvert des albums photos en nous racontant notre famille. Je retrouve Adèle, qu'ils ne connaissaient pas, sur une scène de groupe inespérée qui a dû être prise en 1894.



 Regardez, c’est l’enfant dans les bras de sa mère ! 




Marie Judith Joséphine Bruas a vingt-deux ans, elle serait jolie si elle souriait. Elle porte Adèle de manière à la mettre en valeur sur la photo, elle a pris la précaution de lui donner dans la bouche une sucette attachée par une cordelette, pour qu’elle ne pleure pas. Elle l’a habillée d’une superbe robe en dentelle avec des smoks en haut de la jupe et aux poignets des manches bouffantes. Elle l’a coiffée d’un bonnet en dentelle.

Marie, l'élégante laisse dépasser de son col une croix avec une chaîne en or. Elle a revêtu un caraco bien ajusté, avec des parements et les bords des poignets incrustés de dentelle. Elle ne porte plus de coiffe, ses cheveux sont tirés et retenus par un chignon serré derrière la tête. La frange effilée et coupée court doit être à la mode, car ses jeunes sœurs montrent sur leur front une petite frange semblable. Sa mère a conservé l’ancienne coutume, sa coiffe tuyautée est posée un peu en arrière, pour que ses cheveux dépassent légèrement, ce qui passait pour être audacieux dans sa jeunesse, lorsque les coiffes ne laissaient voir aucune mèche de cheveux.




Jean Roujol a douze ans de plus que Marie, mais il paraît encore jeune. Lui non plus ne sourit pas. Pièce rapportée dans la famille, il semble plutôt en retrait avec son air pincé. Son épouse a lavé et soigneusement repassé sa chemise blanche. Il a noué pour l’occasion un nœud papillon en satin noir sur son col. Il porte peut-être son costume de mariage qu’il n’a pas usé, car il l’a étrenné il y a moins de deux ans.

Le couple des grands-parents d’Adèle est assis au centre de la scène, Pierre et Philomène sont entourés de leurs huit enfants.


A présent, je suis contente de savoir qu’Adèle était une cousine issue de germain de ma mère, une arrière-petite-fille de Jeanne Marie Riboulon (sosa 63) une rubanière qui sera à l’honneur dans le billet suivant.


Pour faire connaissance avec notre aïeule commune qui était rubanière : 
* Deux ans après avoir rédigé ce billet, j'ai retrouvé les petits sabots de porcelaine, soigneusement rangés. Trop rangés !
Faites des cadeaux aux petites filles, si elles sont soigneuses, et si elles s'intéressent à l'histoire de la familles, elles vous seront reconnaissantes longtemps.  
Adèle n'imaginait pas qu'elle allait m'inspirer ce récit. 


2021-11-18

P _ Parents de la Petite dernière

 

L’attendait-on, cette petite dernière ? Comment fut-elle accueillie ? Pourquoi n’est-elle pas enregistrée sur l’état-civil de Saint-Bonnet ?



Une chose curieuse, la naissance de Christine n’apparaît pas dans le registre de l’état civil de Saint-Bonnet-le-Froid. Son acte de mariage précise « demeurant à Saint-Bonnet-le-Froid, née au même lieu dans le courant de l’année mil huit cent quarante deux, ainsi qu’il résulte de l’acte de notoriété dressé devant le Juge de Paix de Montfaucon, le dix-sept août mil huit cent soixante trois et homologué par le tribunal civil d’Yssingeaux le vingt-neuf septembre suivant. »

Je ne comprends pas la raison de cet acte de notoriété. J’ai eu beau feuilleter les registres, je n’ai pas trouvé la naissance de Christine Vacher en 1842.

Pourtant sa famille est bien connue et estimée dans le bourg. 

Janeton Perrier a mis au monde neuf enfants entre 1815 et 1842. Tous sont bien identifiés, avec des actes dans les règles.



Lorsque Christine est née, sa mère avait 49 ans et son père 48 ans. Des parents aussi vieux, cela n’est pas banal.

Sa sœur aînée, Marie Agathe âgée de 27 ans était mariée depuis deux ans. 

Jeanne, religieuse à Yssingeaux avait 24 ans. Marie Eulalie, religieuse à Lalouvesc avait 21 ans. 

Quelques années plus tard, ce sont cinq membres de la fratrie engagés dans une voie chrétienne.

Agathe Marie a prononcé ses vœux comme religieuse, au Puy-en-Velay. 

Eulalie, religieuse de Saint-Joseph est appelée Sœur Dorothée (en 1871)

Firmin et Augustin ont exercé comme prêtres. 



La famille Vacher a fait le don d’un vitrail que l’on peut admirer dans l’église de Saint-Bonnet. Il représente Jeanne au bûcher. C’est un prénom valorisé. Qui de la sœur, la tante, la grand-mère ou la mère l’a transmis à Christine Jeanne Marie ?


Mes ancêtres ont offert à la commune de Saint-Bonnet le terrain pour créer le cimetière. C’est là que Christine est enterrée en 1905, avec les siens.


 Entrée du village vue depuis le cimetière dont on voit le mur à gauche

Christine est la grand-mère de ma mère qui aimait beaucoup prononcer le prénom de cette aïeule qu’elle n’a pas connue. J’aurais pu m’appeler Christine.

 

Pour Christine, mon AGM, (sosa 29)

Christine, cristalline comme la rivière qui coule dans le ravin de Gambonnet.

Christine, chrétienne, deux de ses sœurs sont religieuses, deux de ses frères sont prêtres,

Christine, instruite plus que les jeunes filles de son village, sait signer.

Demoiselle Jeanne Marie Christine Vacher, sœur d'Eugène Vacher, maire de Saint-Bonnet.

Dame Christine Vacher, maîtresse de la maison Fauriat, à Gambonnet où elle a vécu vingt-six années.





P.S. Il apparait que plusieurs naissances n'ont pas été déclarées à Saint-Bonnet à la même époque. 

2021-11-17

Où habite la famille Durand ?

 

Cet été, je suis retournée dans la Montagne ardéchoise, celle qui est si belle, comme vous le savez.



Mon ancêtre Claude Durand était du Ranc, hameau de la commune d’Asperjoc. Son fils Claude Durand (sosa 182) a épousé, en 1735, dame Louyse Laurent (fille de Pierre Laurent et Louise Delubac) et s’en est allé vivre à Mayres, au bord de l’Ardèche.

Avec un tel patronyme, il n'est pas besoin de se demander, comme on dit en Ardèche, d’où sort la famille Durand. Comme une particule, mais ce n’en est pas une, ce petit Du l’ennoblit, ou plutôt témoigne de l’ancienneté de cette vieille souche de paysans.

Durand, Du Ranc, elles sonnent autrement les deux syllabes de ce patronyme des plus communs dans notre pays.

Le Ranc désigne le rocher escarpé.


Le Ranc d'Asperjoc

Alors, nous voilà cheminant sur les routes qui serpentent au milieu d’un paysage grandiose.

Nous nous arrêtons un moment à Juvinas où est née Antoinette Mazoyer en 1681, épouse de Claude (sosa 365).


Juvinas

Les routes s’accrochent au flanc de la montagne, au-dessus des précipices, se rétrécissent et virent à n’en plus finir. Pourvu que personne n’arrive en face ! Sans un signe amical, il serait dangereux de se croiser, il faudrait alors s’arrêter prudemment à la limite du ravin vertigineux. Ce sont les gens d’ici qui circulent avec leurs petites voitures ou leurs tracteurs.

Avant d'atteindre le lieu-dit Du Ranc d’Asperjoc, nous devons maintes fois consulter la carte pour nous assurer que nous sommes sur la bonne voie.  



Écoutez ces toponymes qui deviennent des patronymes dans ma forêt : Bois de l’Ubac, (Delubac), Chanteloube, Nogier, Chambon, Roche…




J’entends un attachement au territoire, à ces maisons de pierres blondes, à ces murets patiemment construits au fil des siècles, à ces châtaigniers et à ces noyers centenaires, à ces jardins amoureusement cultivés où poussent la vigne, les mûriers, les pommiers, les cerisiers, où l’on récolte les fruits délicieux…



Tout à la joie de cette visite, nous exclamant sur la beauté du village, j’ai eu l’impression de troubler la tranquillité de la rue. 


Un habitant nous regardait du haut de sa terrasse. La conversation s’est engagée, il nous apprend le nom de son épouse qui est née ici, par conséquent, je suppose que nous devons être cousines.

Nous comparons nos généalogies, mais les époques ne sont pas raccord. Alors que ce couple a gardé la maison qu’ils nous font visiter, les miens ont quitté le hameau il y a trois siècles. Le fils de Thérèse met en page de belles recherches qu’il offre à sa mère. J’espère qu’il me contactera, je suis sûre que nous réussirons à trouver des racines communes à nos arbres qui ont poussé dans ce lieu du Ranc d’Asperjoc.

 

Voir aussi :