2021-11-19

Q _ Qui est la cousine Adèle ?



Nous allions lui rendre visite dans son appartement désuet. Adèle Roujol habitait boulevard de la République, à Annonay. Je me souviens des bibelots disposés sur une étagère. Un jour, elle m’a offert un petit sabot en porcelaine décorée, j’ai aimé ce cadeau fragile. Mais, où l’ai-je donc rangé ?

Elle était isolée, je crois que son frère ou sa sœur vivaient à Avignon.

Sexagénaire, elle est partie en maison de retraite à La Voulte-sur-Rhône. Nous avons confié à une cousine le soin d’aller lui rendre visite. Nous ne l’avons plus revue, peut-être une fois. Elle est décédée le 12 mars 1968, à l’âge de 74 ans.


Je me suis longtemps demandé qui était cette cousine Adèle. Et puis, j’ai eu des indices pour mener l’enquête.

J’ai trouvé son acte de naissance, à Saint-Julien-Vocance, le 6 août 1893.


Dans la famille, on ne voyait pas d’un bon œil le mariage de ses parents. Il semble que Jean, son père ait ruiné la famille de son épouse. À cause de lui, il aurait fallu vendre des propriétés en Haute-Loire.



J’ai renoué un lien avec des cousins perdus de vue depuis deux générations. Ils ont ouvert des albums photos en nous racontant notre famille. Je retrouve Adèle, qu'ils ne connaissaient pas, sur une scène de groupe inespérée qui a dû être prise en 1894.



 Regardez, c’est l’enfant dans les bras de sa mère ! 




Marie Judith Joséphine Bruas a vingt-deux ans, elle serait jolie si elle souriait. Elle porte Adèle de manière à la mettre en valeur sur la photo, elle a pris la précaution de lui donner dans la bouche une sucette attachée par une cordelette, pour qu’elle ne pleure pas. Elle l’a habillée d’une superbe robe en dentelle avec des smoks en haut de la jupe et aux poignets des manches bouffantes. Elle l’a coiffée d’un bonnet en dentelle.

Marie, l'élégante laisse dépasser de son col une croix avec une chaîne en or. Elle a revêtu un caraco bien ajusté, avec des parements et les bords des poignets incrustés de dentelle. Elle ne porte plus de coiffe, ses cheveux sont tirés et retenus par un chignon serré derrière la tête. La frange effilée et coupée court doit être à la mode, car ses jeunes sœurs montrent sur leur front une petite frange semblable. Sa mère a conservé l’ancienne coutume, sa coiffe tuyautée est posée un peu en arrière, pour que ses cheveux dépassent légèrement, ce qui passait pour être audacieux dans sa jeunesse, lorsque les coiffes ne laissaient voir aucune mèche de cheveux.




Jean Roujol a douze ans de plus que Marie, mais il paraît encore jeune. Lui non plus ne sourit pas. Pièce rapportée dans la famille, il semble plutôt en retrait avec son air pincé. Son épouse a lavé et soigneusement repassé sa chemise blanche. Il a noué pour l’occasion un nœud papillon en satin noir sur son col. Il porte peut-être son costume de mariage qu’il n’a pas usé, car il l’a étrenné il y a moins de deux ans.

Le couple des grands-parents d’Adèle est assis au centre de la scène, Pierre et Philomène sont entourés de leurs huit enfants.


A présent, je suis contente de savoir qu’Adèle était une cousine issue de germain de ma mère, une arrière-petite-fille de Jeanne Marie Riboulon (sosa 63) une rubanière qui sera à l’honneur dans le billet suivant.


Pour faire connaissance avec notre aïeule commune qui était rubanière : 

12 commentaires:

  1. Adèle sortie de l'ombre, avec les siens toute-petite

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    1. Comme je regrette de n'avoir pas d'autres photos de cette famille ! Si je me mets à penser à ce que contenait cet appartement, sûrement des albums, des objets, des correspondances, qui seraient des archives précieuses... Peut-être même que si ma mère lui avait demandé, elle les lui aurait confiées avant de partir.

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    2. Bonjour
      Vous pouvez combler le manque d'archives en puisant dans les journaux de l'époque sur la vie quotidienne, les maladies, les évènements
      Votre article ouvre des perspectives. N'hésitez pas à consulter mes articles sur Histoire et Généalogie
      Cordialement
      Michèle Champagne

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    3. Des archives, j'en retrouve bien sûr ! Concernant Adèle, cet article montre comment je suis ravie d'avoir retrouvé tant de renseignements sur sa famille. Dans ce cas, ce sont des archives familiales et des rencontres avec des cousins.

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  2. OUi, c'est plaisant de pouvoir resituer dans l'arbre des personnes qu'on a connues dans notre enfance sans très bien comprendre qui elles étaient exactement

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    1. C'est exactement ça ! Dommage qu'il soit trop tard pour partager ces récits avec ma mère.

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  3. J'ai eu le cas d'une vieille cousine que nous étions allés voir avec mes parents quand j'étais enfant. C'est une fois mariée et n'habitant pas si loin que je suis allée la voir. Je ne savais toujours pas exactement qui elle était, une cousine de ma grand-mère....Depuis je sais qui elle était et puis ces jour-ci j'ai trouvé une photo d'elle enfant. Quelle belle surprise.

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    1. Merci de partager ce témoignage ! C'est exactement la même histoire que je raconte dans ce billet.

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  4. Ma gd-mère paternelle allait voir, dans les années 60 , à ASNIERES SUR SEINE, la maman du comédien Fernand GRAVEY qu'elle appelait sa cousine, ma mère ne connaissait pas le lien exact et pensait que c'était juste une amie. Après de nombreuses recherches généalogiques, j'ai effectivement pu retrouver le lien et elles étaient vraiment cousines. Ma cousine Annie ( qui a 10 ans de plus que moi) s'en souvient bien car elle allait visiter la grand-cousine Fernande ( décédée 3 ans avant ma naissance) avec notre grand-mère, et elle me parle des bibelots vus chez elle ( une bonbonnière, entre autres).

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    1. Merci Catherine pour ce témoignage ! On confond souvent amies et cousines, il faut retrouver le fil.

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