2021-11-11

J _ Les jumelles de Vital


La rue de Saint-Bonnet, au début du XXe 

                     

Il y a exactement 287 ans, le 10 novembre 1734 survint une grande surprise dans la famille de Vital Astic, le maréchal ferrant de Saint-Bonnet-le-Froid en Haute-Loire.

Marie Chabanes, son épouse a mis au monde deux filles. Vital n’en attendait pas autant. Je suppose qu’il aurait souhaité un fils ou éventuellement deux, mais comment accueillir ces deux petites, arrivées après quatre sœurs aînées ?

 

Anne et Marie ont été baptisées le même jour, les jumelles portent chacune le prénom de leurs marraines. Peu importe que leur grande sœur, âgée de sept ans, s’appelle Marie, ni que la troisième se nomme Anne Marie et que la quatrième soit Jeanne Marie. Seule Isabeau profite de l’originalité d’une tante.

 



Après neuf années de mariages, la famille comprend :

Marie, née le 1er septembre 1727

Isabeau, le 2 mars 1729

Anne Marie, le 30 juin 1730

Jeanne Marie, le 4 octobre 1731(c’est mon ancêtre, sosa 23)

Jean Pierre, le 9 avril 1733

 

Chargée de tous ces enfants, avec les jumelles de quatorze mois dans les bras, Marie donna ensuite naissance à Pierre, le 19 avril 1733. Puis Antoine est arrivé, alors que Pierre atteignait juste un an. Vital a dû se réjouir d’avoir enfin deux fils.

 

Le 22 novembre 1741, Marie Chabanes mourut. Le prêtre la nomme Marianne, sur l’acte qu’il écrivit en présence d’Antoine Chabanes son frère, de Mathieu Floury, de Charles et Jean Chalayes, père et fils qui témoignent qu’elle avait environ quarante ans.

On peut penser qu’elle était épuisée d’avoir mis au monde tous ses enfants.

 

Qui s’occupa de toute cette fratrie après le décès de leur mère ?

Sa fille aînée avait quatorze ans. Antoine n’avait pas cinq ans. 

 

Saint-Bonnet-le-Froid, 43

Vital naquit en 1690 à Tence, au lieu dit Chaumargeais berceau de sa famille.

Le 13 novembre 1725, en l’église de Saint-Bonnet, il épousa Marie Chabanes. Elle avait 24 ans, soit dix ans de moins que lui.

Après seize ans de vie commune, Vital vécut ensuite 45 ans de veuvage.

 

Quelle nature, cet homme ! Est-ce son prénom qui lui a donné une telle vitalité ? Il sonne bien, ce beau prénom de Vital que les curés écrivent aussi Vidal sur les registres d’état civil.

Mon aïeul (sosa 470) mourut à l’âge vénérable de 96 ans, le 8 février 1786, à Saint-Bonnet-le-Froid.

 



Vital Astic était maître-maréchal et passait pour une personne importante dans le village. C’est la seule profession que le curé mentionne dans les actes, les paysans n’ont pas droit à cette faveur.

Cet artisan possède une forge, son métier est le ferrage des mulets, des chevaux, des bœufs, il pouvait aussi donner les soins de base aux animaux quand ils sont malades. Vital est un  "maître", il formait des apprentis dont il avait besoin pour l'aider.

Saint-Bonnet-Froid se trouve à un carrefour important à 1150 mètres d'altitude entre le Velay et le Vivarais. 

La rue du bourg que l'on voit sur les cartes postales est, en fait, la route du Puy-en-Velay, fort fréquentée depuis des siècles. Un bon maréchal ferrant était indispensable pour s'occuper des chevaux et mulets qui faisaient halte dans ce village accueillant.  



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