2022-11-04

D_ Détruire les lettres

 


D

 

ans sa dernière lettre, que sa famille devra découvrir après sa mort, Antoine demanda à Fanny de détruire les lettres que sa chère Marie a écrites.


 

Antoine donna des consignes précises :

« Je désire que les lettres écrites par ma femme adorée soient brûlées si elles ne peuvent être enfouies avec moi. »  

Antoine l'aviateur, jeune veuf envahi par le chagrin se proposait pour effectuer les missions les plus dangereuses. Il voyait ses camarades disparaître. Il avait pris la précaution d’écrire ses dernières volontés.

Notre valeureux pilote tomba au cours d’un combat aérien le 16 juin 1917; il fut d’abord été enterré à Commercy, dans la Meuse. Plus tard, il a rejoint Marie, sa jeune épouse déposée dans le tombeau familial à Chambéry. Leurs lettres se trouvent-elles là ?

 

«Fanny a le dépôt de ces lettres »

Fanny respecta les volontés de son beau-frère. Très proche de sa cadette, elle a veillé aux côtés de Marie jusqu’aux derniers jours. Marie faiblissait. Fanny tenait la plume sous sa dictée, lorsqu’elle n’avait plus la force d’écrire à Antoine.

« Les dernières écrites par ma Bien Aimée quelques jours avant sa mort et que j’aies [sic] sur moi, seront conservées pour les faire lire à mon Cher Petit Paul lorsqu’il sera en âge de comprendre.» 


Marie s’éteignit le 26 avril 1917, laissant son petit Paul sous la responsabilité de Fanny qui s’en occupait déjà, depuis sa naissance en mai 1914.


Paul et sa tante Fanny


Fanny resta célibataire, elle tenait une papeterie maroquinerie à Chambéry. Elle éleva son neveu Paul.

Elle n’eut pas la chance de vivre une relation aussi forte que ce jeune couple très amoureux.

Fanny a lu leurs confidences trop intimes. Parmi les précieuses lettres qui sont rangées avec son voile de mariée dans la boîte des souvenirs, Marie faisait quelques allusions à des retrouvailles chaleureuses lors des permissions d’Antoine.

Fanny détruisit ces lettres-là et conserva les dernières, comme Antoine le souhaitait pour son fils.

Par chance, Paul nous les a transmises.


Elles sont si tristes les histoires d’amour d’Antoine et Marie :

Antoine, un As de l’aviation

Marie, jeune épouse dans son nouveau foyer

S’envoler  

Détruire les lettres 

Un  télégramme redouté 

De l'autre côté des combats

 

2022-11-03

C_ Condoléances

 


C

Consoler, telle est la mission impossible d’une lettre de condoléances.

Comme ces lettres sont délicates à écrire !

 

Bonnard, La lettre, 1906

Se  condouloir ou consoler

Se condouloir, c'est participer à la douleur de quelqu'un, témoigner qu'on prend part à son deuil.

Consoler, c'est soulager, adoucir, diminuer l'affliction, la douleur d'une personne.

 

Matisse, Femme lisant, 1894.


Si vous êtes dans la peine pour savoir écrire ce type de missive, voici quelques recommandations utiles[1].

La narration de la lettre suit un plan immuable :

1 _ Le thème du chagrin des vivants, qui doit s’exprimer librement, mais qu’il convient toutefois dans un second temps de savoir modérer, de manière à rester en bonne santé

2 _ L’évocation du défunt, il est souvent fait état de ses nombreuses qualités et vertus.  C’est l’éloge funèbre classique. On évoque aussi le devenir du défunt, qui se retrouve invariablement «au ciel » et dont le sort est alors jugé enviable.

La certitude que le défunt se trouve au ciel constitue un élément systématique de consolation. Aucune lettre de condoléances n’émet la moindre réserve au sujet de la destinée du défunt, peut-être parce que, si c’était le cas, il conviendrait de ne pas le dire.

3 _ Le réconfort du destinataire. Il s’agit de le ramener vers ceux qui l’entourent et lui faire comprendre que la mort ne doit pas l’isoler, mais au contraire l’ouvrir aux vivants. Le réconfort du vivant passe encore et surtout par un recul spirituel par rapport à l’événement : la mort, résultat de la volonté divine, ne peut être qu’une bonne chose. 


Cette lettre de condoléances est rédigée par  Zélia en janvier 1880, après la mort de sa belle-sœur Virginie. Sa lettre est parfaite, la dernière phrase est percutante.

 

 

Voir aussi : 

Les femmes, le deuil au XIXe siècle. Correspondance de condoléances.


Et nous ? Lettre, sms ou téléphone pour témoigner notre amitié ?



[1] Alain Kerhervé, La lettre de correspondance dans les secrétaires du XVIIIe siècle,  article p. 114

http://www.persee.fr/doc/xvii_0291-3798_2006_num_62_1_2413?h

2022-11-02

B_ Bienvenue Bébé


Recevoir un faire-part de naissance est une joie, surtout s’il est imprimé sur un joli carton avec une illustration choisie avec goût. Des collections rassemblées depuis plusieurs générations se révèlent bien utiles pour étoffer les arbres. 

 


Mes enfants n’ont pas de cousins directs, mais beaucoup de cousins issus de germain et encore davantage de parentèle plus éloignée qu’ils me demandent de situer.

Alors dès qu’un nouvel enfant est annoncé, j’ouvre l’arbre des cousins. C’est agréable de créer le prénom d'une petite feuille toute brillante, avec une date de naissance récente, et souvent un lieu inédit. Le dernier ajouté a vu le jour à Raiatea en Polynésie, mon logiciel n’a même pas réussi à le situer.

Ce document reste privé puisqu’il est constitué de contemporains. Sa fonction est différente des autres arbres sur lesquels je travaille. Il ne sert pas à écrire des récits de généalogie ni à remonter dans la nuit des temps, mais juste à poser l’actualité. Souvent, je ne connais que le prénom des parents, mais pas toujours le patronyme sous lequel l’enfant est enregistré. Mais, tant pis !

Ce n’est pas moi qui pousse les recherches, je me contente d’inscrire les informations que l’on veut bien me donner.

Dans le meilleur des cas, une jolie carte arrive dans la boîte aux lettres, ou bien un courrier électronique avec une photo instantanée, prise par le jeune père. Je me contente aussi d’un SMS des grands-parents. Les usages sociaux se transforment ou se perdent et je déplore des bébés peu identifiés.

Au XIXe siècle, l’annonce des naissances faisait partie du savoir-vivre.


 J’ai choisi de vous montrer quelques faire-part issus du fonds d’archives de cousins. 


Une devinette

M et Mme P. ont un 8e enfant, comment est-il prénommé ?


naissance d'Octave

 

Trop triste

Le 6 août 1898, fière d’être grand-mère, Suzanne envoie au plus vite une carte de visite aux cousines de son mari:

«Depuis hier soir neuf h. 1/2, Madeleine a un gros garçon qu’on nommera Pierre et dont la venue remplit de joie ses jeunes parents. Je suis heureuse de vous annoncer cette bonne nouvelle et j’y joins mes amitiés bien sincères



Hélas et j’en suis toute émue, le bonheur ne dure guère. Deux jours plus tard, un télégramme annonce la mort inattendue de Madeleine. L’accouchement s’était bien passé. Madeleine est décédée brutalement d’une embolie.  Rien ne laissait présager ce drame. Pourtant dans les lettres écrites l’année précédente par l’aïeule Zélia,  celle-ci mentionnait :

«Madeleine se plaint toujours d’un point de coté, mais comme elle est toujours prête à s’amuser toutes les fois que l’occasion s’en présente, je ne suis pas bien inquiète ; hier encore elle est revenue de la campagne pour aller au théâtre le soir.»

 

Drôle

« Une fille ! Grosse, grasse. Tout s'est bien passé.» ...

 



Vous avez pu apprécier l'humour de Joseph, dans ce billet qu'il adresse à la mère de sa femme. Juste après l'accouchement, il donne le récit de la naissance de leur fille (Marie en 1842 ou Angèle en 1845, laquelle ?). Il plie le feuillet, pose un cachet de cire rouge. Il écrit l'adresse d'Eliza, en villégiature non loin du centre ville, il ajoute même à l'intention du facteur : "Très pressé"

 (Pouvez-vous le lire ou préférez-vous que je transcrive ce billet plein de bonheur ?)

Et vous, collectionnez-vous les faire-part de naissance ?


2022-11-01

Avec 26 lettres pour écrire

 

De A à Z, 26 lettres pour s'écrire

Ce ChallengeAZ 2022 sera épistolaire.



A

vec 26 lettres de l’alphabet, nos ancêtres et leurs cousins ont écrit des centaines de lettres. Quelques-unes sont parvenues jusqu’à nous. Elles dorment depuis plus de cent ans, bien rangées dans des boîtes, regroupées par destinataires, attachées par des rubans fanés pour les plus romantiques. Certaines sont restées dans leur enveloppe, d’autres froissées, cassées, écornées ont été lues et relues. 



Il y a une dizaine d’années, j’avais envoyé un message à une personne en lui demandant si son aïeul était aussi le nôtre. Ce cousin s’est révélé charmant et plus proche que ce que je pensais, il se trouve d’ailleurs que nos enfants fréquentaient les mêmes lieux.

À l’occasion de rencontres sympathiques, sa famille m’a confié plusieurs boîtes d’archives que j’ai explorées, inventoriées, lues, et numérisées. Elles contiennent des correspondances que nos ancêtres ont adressées à leurs familles élargies, à leurs cousins, à leurs amis...




Écrire constitue un rituel pour maintenir les relations familiales. 

C’est souvent une activité féminine qui est valorisée au XIXe siècle.

« Les femmes ont pour mission de préserver le havre familial, d’assurer sa survie, de gérer son fonctionnement présent et son avenir. À elles de veiller à ce que chacun trouve et garde sa place. À elles de tenir la plume lorsque la famille se disperse. »[1] 

Elles écrivent des lettres pour annoncer les naissances, pour faire part des mariages. Le besoin de communiquer ouvre un espace d’expression de l’intime, pour se réjouir, mais aussi pour consoler les peines et les deuils et témoigner de la solidarité familiale.

 


Autour de la tante Zélia, remarquable épistolière, autour de ses nièces Marie et Angèle, puis Jeanne l’épouse d’Honoré et leurs enfants, tout un réseau de sociabilité s’est ainsi constitué. Pour m’y retrouver, j’ai planté un bel arbre généalogique enrichi de photos. Il rassemble aujourd’hui 757 personnes qui vivaient au XIXe siècle. Aucune ne s’en doute, mais je connais leurs secrets.

Conserver

Au fil du temps et des aléas de la vie, la plus grande partie des lettres disparait. Je me souviens de feux dans notre jardin, allumés pour détruire les courriers de mes grands-parents.   

Cependant on peut espérer que d’autres fonds de correspondance dorment dans des greniers de cousins ou de descendants inconnus.

Dans son testament en 1913, Jeanne D. écrit :

« Par égard pour la qualité d’aîné de mon fils Jean, je lui laisserai tous les papiers de famille. Je lui laisse aussi les lettres de famille que j’aurai conservées. Il brûlera ou gardera ou remettra aux autres membres de la famille ce qu’il jugera convenable. »

Jean est mort trois ans après sa mère, et ses frères ont su stocker les archives dans de belles boîtes en carton.   


Plusieurs thèmes contenus dans ces lettres m’ont donné l’occasion de présenter ces archives lors de conférences auprès de mon groupe de chercheurs Patrimoine et familles du Lyonnais (association SGLB*).











Ce challengeAZ sera l’occasion de raconter ces lettres dans les billets du mois de novembre 2022.

 


[1] S'écrire au XIXe siècle. Une correspondance familiale. (C.Dauphin et D.Poublan eds.) 

https://lettresfamiliales.ehess.fr/w/index.php?title=S%27%C3%A9crire_au_XIXe_si%C3%A8cle._Une_correspondance_familiale.&oldid=57430

*SGLB : Société Généalogique du Lyonnais et du Beaujolais

2022-10-04

La reine


La reine est morte, vive le roi !

Le décès d’Elisabeth II a touché énormément de personnes dans le monde. Autour de moi des amies émues, attristées, suivent l’actualité et regardent des documentaires.

Des jeunes optent pour une position plus distante. Sans être monarchiste, il est nécessaire de leur expliquer que la reine d’Angleterre est considérée comme une icône. Elle peut paraître inutile, mais sa fonction spéciale confère au sacré.

J’ai dit à mon fils qu’il raconterait plus tard à ses enfants que durant cette semaine-là, nous étions ensemble à Londres.

Il se souviendra des drapeaux en berne, il témoignera de l’hommage de la foule formant une immense queue pour apporter : un bouquet, une larme ou une pensée émue devant le cercueil.

 

Londres 16-09-2022


La reine, une grand-mère.

Après l’annonce de son décès le 8/9/2022, pour quelqu’un qui s’intéresse à la généalogie, le geste c’est de consulter les arbres pour les dérouler.

Élisabeth -> Georges -> Victoria ->…. Remonter la branche des souverains longtemps, longtemps. Explorer son arborescence ascendante dans laquelle on risque de se perdre. Je tiens la barre jusqu’au XIIe siècle où régnait la dynastie des Plantagenêts.

Donc, Elisabeth n’est pas ma grand-mère, mais sa grand-mère est aussi la mienne.

En effet ! Elisabeth descend, comme moi, d’Aliénor d’Aquitaine. En ce qui la concerne, c’est moins incertain que pour moi. Allez, nous en avons rêvé, admettons cette hypothèse qui m’enchante.

 

Il était une fois une reine...


Je sais qu’il n’est pas toujours bien vu de revendiquer des origines en 1100; de surcroît, les anciens aïeux nobles sont sujets à caution.

N’empêche que lorsque j’ai raccroché Jean d’Apchier (mon sosa 5780) à sa bisaïeule Anne de Ventadour, puis celle-ci à Aliénor d’Aquitaine, j’ai immédiatement envoyé un message à mes enfants pour leur en faire part. Le point de départ est un de-cujus de famille très modeste vivant dans le Velay, ce qui parait encore plus inattendu.

(voir : https://www.briqueloup.fr/2021/11/n-nobles-au-bois-dormant.html )

 

Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt, BnF, Manuscrit Français 123, f 229

Aliénor a été reine de France, mariée à Louis VII en 1137, ils avaient alors quinze ans et dix-sept ans. Telle une chevaleresse, elle l’accompagna lors de la deuxième croisade. En rentrant, elle décide de demander la rupture de l’union, laissant ses deux filles à leur père.

Elle tombe amoureuse d’Henri Plantagenet qu’elle épouse huit semaines après le divorce. Henri II devient roi d’Angleterre. Couronnés le 19 décembre 1154 ensemble, ils règnent sur un empire immense.



Enluminure du XIIIe siècle sur la descendance d’Henri II.  The roll of the genealogical line © British Library

Guillaume, Henri, Richard, Mathilde, Geoffrey, Aliénor, Jeanne et Jean.

Aliénor d’Aquitaine et Henri ont huit enfants dont deux semblent être nos ancêtres, selon certains généalogistes :

Aliénor est reine de Castille par son union avec  Alphonse VIII. La petite Aliénor a huit ans et Alphonse quinze ans, lorsque leur mariage est célébré en 1170. Les chroniqueurs la décrivent comme une femme aimable, détenant une puissance politique qu’elle partage avec son époux.  

Jean né à Oxford en 1166, étant le plus jeune, il ne devait pas régner, alors son père le surnomme Jean sans Terre (John Lackland). Il succède sur le trône d’Angleterre à son frère Richard Cœur de Lion en 1199. Ce n’est pas un personnage sympathique: tyrannique, cruel, selon ses opposants, néanmoins assez bon administrateur.

 

Ce qui est pratique lorsque l’on a peu d’indications sur les individus, c’est qu’il est possible de les imaginer humbles et pourvus de mille qualités. Avec les figures historiques, il arrive que l’on rencontre des gens peu fréquentables. J'ai des réticences pour intégrer dans ma forêt d'ancêtres Jean qui est supposé être le père d'Agnès de la Flèche; des doutes apparaissent sur les sources des arbres dans Geneanet.

 

Londres, Westminster bridge 16-09-2022.


J’ai écrit ce billet dans l’envolée des funérailles royales, j’avoue ne pas être assurée de l'exactitude de tous ces arbres. Pourtant, cela m’a donné l’occasion de rêver à des ancêtres putatifs en remontant jusqu’au Moyen-âge, et en voyageant de Londres à Oxford.


 Une courte vidéo pour mieux connaitre Aliénor qui repose à Fontevraud :


Qui parmi mes lecteurs est un descendant d'Aliénor d'Aquitaine ?  (J'en connais au moins deux, mais il doit y en avoir beaucoup.) 



2022-09-13

Passer le pont du Verdon

 

Pons et Philipe

Voilà un couple que j’aime bien, sans doute à cause de leurs prénoms.

Au début de mes recherches, j’avais noté Philipa, avant de me rendre compte que Philipe était un prénom féminin. Je n’avais alors guère de compétence en paléographie.

Elle était nommée Philipe Brun(e), puisqu’en Provence on féminise les patronymes.

Elle est  née le 21 juillet 1613 à Saint-Julien (Var). À l’âge de 18 ans, elle épouse Pons Gastaud, il avait 24 ans. Pons n’est pas un prénom rare, cependant mon sosa 3444 est le seul à le porter.

Leur acte de mariage du 20 janvier 1632 m’avait beaucoup plu, lorsque je l’ai découvert au début de mes recherches.

Ne sachant citer le nom de la mère décédée, le curé avait laissé un espace blanc. Je le connais maintenant, je comprends que Suzanne Garcin, la mère de Pons n’était pas de notre village. Peut-être d’Esparron, ce que je n’ai pas pu vérifier; dans ce cas avoir des cousins là-bas sera utile pour une branche descendante que je retrouverai parmi mes ancêtres de l'autre côté du Verdon, comme je vais le découvrir ici.


 Pons Gastaud et Philipe Brun(e) ont au moins sept enfants.

Le dernier est mon ancêtre. Jacques est né le 26 janvier 1655, sa mère a déjà 41 ans.

Jacques Gastaud épouse Honorade ou Honorate Gastaud; quoique puisse laisser penser leur homonymie, ils ne sont pas de la même famille, et Honorade m’ouvre l’horizon dans le village voisin de Ginasservis où elle voit le jour le 1er novembre 1651. Jacques Gastaud exerce comme régent des écoles, il se remarie après le décès d’Honorade qui meurt à 48 ans.

Jacques et Honorade sont les parents de Thérèse Gastaud et les grands-parents de Pierre Philibert, (sosa 430).


 

En écrivant l’article précédent, situé à Quinson puis à Esparron de Verdon, j’ai approfondi mes recherches sur la mère de Jean Roman, (sosa 1292).

J'ai eu la surprise de découvrir que Louise Arène est la petite-fille de Philipe et de Pons.

Donc, Pons et Philipe sont à la fois mes sosas 3444 et 3445 par leur fils Jacques et encore mes sosas 13 542 et 13543 par leur fille Françoise.

 

Le beau barrage sur le Verdon

Mobilité 

Les descendants de Jacques sont toujours restés à Saint-Julien (Var).

Les descendants de Françoise sont nés de l’autre côté du Verdon, à Esparron (Alpes de Haute Provence).


Un bon marcheur pouvait relier les deux bourgs en traversant le Bois du Défend, puis le pont sur le Verdon. Un vieil homme m’a raconté qu'avec les jeunes de Saint-Julien il empruntait ce chemin à pied pour aller danser à la fête d’Esparron; les filles mettaient leurs souliers de bal au moment d’arriver, pour ne pas les user en route.

 

Le pont sur le Verdon

 Ce pont construit en 1725 a remplacé un ouvrage plus ancien à la sortie des Basses Gorges du Verdon. Il est à présent englouti sous les eaux du barrage. 

 

Ewft, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Il faut aujourd’hui parcourir une longue route qui serpente dans les Alpes de Haute-Provence avant d’atteindre ce joli village d’Esparron-du-Verdon. Il se trouve au bord d'un lac couleur d’émeraude, alimenté par le Verdon. Depuis 1967, le pont n'est plus visible. Je suis souvent allée nager traversant d’une rive à l’autre, au-dessus de ce pont devenu mythique depuis qu’il est noyé sous les eaux du barrage.


Nous l'appellons "Le pont coupé".


Un double mariage des filles de Françoise avec les frères Roman

    Le 25 février 1677,

  Louyse Arène a épousé Mathieu Roman (Sosas 3385 et 3384).

  Thérèse Arène a épousé André Roman.


  L'acte qui scelle les deux familles est bref, les plus proches parents qui les entourent ne sont même pas cités. 

 Louise et Mathieu ont pour fils Jean Roman, (sosa 1692) à Quinson, comme je le raconte dans le billet précédent. 


Il y a bien longtemps, avant que le lac engloutisse le cours du Verdon, il suffisait de passer le pont, pour que mes deux branches d'aïeuls n’oublient pas que nous avons tous les mêmes grands-parents. Ces deux branches vont s'unir deux siècles plus tard, avec le mariage d'Eléonore Fave et Pierre Angelvin.

Cette histoire va me faire rêver lorsque je me baignerai dans le lac. 


Allons au bord du Verdon :

à Quinson,

Passer le pont du Verdon

Noyé dans le Verdon 


2022-09-02

à Quinson

 

Et voilà que mon arbre généalogique se déploie à Quinson. Cela me plaît bien !


Quinson (Alpes de Haute-Provence)

Depuis que j’ai visité le Musée de Préhistoire des Gorges du Verdon, j’imagine mes ancêtres semblables à ces hommes du néolithique qu’il présente.  Bon, je sais que je me laisse emporter dans le tourbillon des siècles et que là, j’arrive bien trop loin. Cependant, ce n’est pas impossible ! La région est riche de sites préhistoriques. Ici, le lieu propice leur offrait une rivière toute verte, le Verdon, des forêts giboyeuses, des belles falaises calcaires abritant des grottes, telle la Baume Bonne.

 


De manière plus tangible, je peux affirmer qu’un couple de nos ancêtres s’est marié à Quinson, le 9 janvier 1713.


Écoutez leurs noms : Jean Roman et Marie Renard. Si j’écrivais un roman, je les choisirais comme personnages. Je parlerais d’une jolie Marie Renard, vous savez la femme qui s’est transformée en renarde, celle de l’opéra tchèque « La petite renarde rusée » ?

Je pense aussi au Roman de Renart, ces récits du Moyen Âge peuvent encore nous parler. 


Jean Roman est fils de Mathieu Roman et de Louise Arène aux jolis patronymes : de roman et  de sable.

Marie Renard est la fille de Jean Renard et d'Anne Allemand, mariés à Riez ; il faut lire ce toponyme à voix haute pour entendre et apprécier les sonorités qui engagent à l’optimisme (Riez !)

Bien sûr, j’ai pensé à Allemagne en-Provence, un village voisin dont le nom a suscité diverses hypothèses, comme celle d'un peuple très ancien venu d’Allemagne…

Ces noms peuvent s’écrire avec des variantes : Reynard ou Renard, Roman ou Rouman… ce qui donne du piment aux recherches. 

Des aubergistes …

Leur fils Jean (sosa 846) est né l’année suivante, le 7 août 1714 à Quinson. Le frère de sa mère, Jean Renard est venu de Riez, car c'est son parrain. Il se montre bien présent par sa signature affirmée sur plusieurs actes et j'aimerais en savoir davantage sur lui. 


Jean Roman, est aubergiste, il est le père d’Anne Barbe Roman qui a épousé un aubergiste, un de plus dans ma forêt provençale.

Et bien voyez-vous, cela ne m’étonne pas du tout d’ajouter ces aubergistes dans mon arbre provençal.  Il en comporte tant d’autres dans plusieurs branches qui au fil des ans vont s’allier avec des familles de boulangers. C'est intéressant de découvrir les métiers et de tirer des liens.


Pour l’heure, je n’ai pu remonter plus haut dans cette branche qui m’engage à ouvrir des registres aux archives du Var ou des Alpes-de-Haute-Provence.

Quinson _ Alpes de Haute Provence,  CC BY 2.0
https://creativecommons.org/licenses/by/2.0, via Wikimedia Commons


Lorsque nous avons visité leurs villages, nous avons mis nos pas dans les ruelles, en cherchant l’ombre et la fraîcheur des fontaines, j’ai aimé pensé à eux tous.