2021-11-16

N _ Nobles au bois dormant

 

Lac du Bouchet


Elle m’a intriguée la signature de Marie Chauchat (sosa 361), lors de son mariage en 1705, au Bouchet Saint-Nicolas, en Haute-Loire.


À la différence des femmes illettrées de cette branche, elle maîtrise son nom sur le papier.

L’acte ne donne pas l'identité des parents et c’est dommage. Elle est veuve, elle épouse un veuf. Il n'y a rien de bien notable en l'absence d'autres informations. 

Je conserve cette signature dans mes archives et je laisse dormir son arbre pendant longtemps, longtemps.

La généalogie de mon arrière-grand-mère maternelle est constituée de gens simples dans les montagnes de l’Ardèche, je sais qu’elle remonte en Haute-Loire, mais j’ai du mal à avancer. Suis-je endormie, victime d’un sort qui me fait sombrer dans le sommeil ?

Coucher de soleil sur la Margeride


Cet été, j’ai choisi mon thème pour ce ChallengeAZ. Je dis à ma famille que nous devons nous lever, faire nos bagages et partir en voyage dans le Velay.


Eglise du Boucher où se sont mariés Marie et Antoine en 1705.

Allons au Bouchet Saint-Nicolas où ont vécu Marie Chauchat et Antoine Hitier.




Un lac dans le cratère d’un volcan endormi, la légende d’un bourg englouti, décidément un sort est jeté sur ce pays.  J’attends une fée, un prince, un dragon …  qui les réveille.



Tels des pèlerins qui ayant fait une halte au Bouchet Saint-Nicolas, se mettent en route sur les chemins du Velay, de la Margeride et du Gévaudan, nous allons marcher sur les pas de cette famille.

Anne Gabrielle d’Ouïdes, la mère de Marie, nous incite à voir le village d'Ouïdes. Sa grand-mère, Anne de Saint-Haon, nous emmène dans un village voisin dont nous parlerons dans un prochain billet.




Pour rencontrer les ancêtres de Louyse d'Apcher, sa grand-mère paternelle, nous allons franchir l’Allier au pont d’Alleyras. Nous arpentons les terres des vicomtes d’Apcher. Leur ascendance que l’on trouve dans les généalogies d’Auvergne me donne le vertige. Je vais essayer de les tirer de ce long sommeil qui les a fait oublier de leurs descendants pendant plus de 300 ans.


Sources : revue "A moi l’Auvergne" n°82 et n°117

2021-11-14

M.M une double GM

 

Cela me plait de trouver un implexe, car les lianes enchevêtrées sont rares dans ma forêt.

Marguerite Mahussier est ma double arrière-arrière-grand-mère. Ses deux fils Jean Baptiste et Pierre sont mes ancêtres.

Je ne connais pas le nom de ses parents, ni le lieu de sa naissance.

Marguerite vivait là


Elle a épousé Jean Baptiste Fauriat (sosa 224). Hélas, je n’ai pas trouvé leur mariage et je ne sais même pas où ni en quelle année, ils se sont dit oui. Elle est veuve depuis 1765. Ils habitaient au lieu-dit Fauriat, paroisse de Saint-André-les-Effangeas.


Elle est citée lors de la naissance de ses enfants, enfin ceux que j’ai pu retrouver, mais sans dévoiler aucun indice sur des personnes de sa famille qui seraient leurs parrain ou marraine.


Grâce aux relevés de notaires du bourg de Rochepaule, indexés par la SAGA, j’ai trouvé une quittance datée du 4 avril 1786. Jean François Chantepie rembourse 400 livres moins un sol qui étoit düe à Ladite Mahussier suivant l’acte de transaction portant règlement de tous leurs différents entre eux passée devant M° Malgontier, notaire de la ville d’Annonay en date du 22 xbre 1785.

 

Pourquoi ont-ils choisi de faire le voyage jusqu’à Annonay, quelques jours avant Noël de l’année précédente, le 22 décembre ? N’aurait-il pas été plus évident de se rendre chez le notaire de Rochepaule ? Et, pourquoi mentionner des différends entre eux ?

La dette ne tarde pas à être remboursée ; quatorze semaines après, s’il y a eu des problèmes, c'est terminé. Ladite Mahussier s’en trouvant contente et satisfaite en a quitté et quitte ledit Chantepie avec promesse de ne jamais l’en rechercher.

Une lecture attentive révèle que Chantepie est son cousin, travailleur de terre du lieu de Jonquet.

Je note rapidement ces indications, mais comment retrouver le cousinage ? Je relance une recherche sur Mahussier et Chantepie. Voilà qui est intéressant, je m’arrête sur le mariage d’Antoine Mahussier, fils de Jean et de Françoise, avec Françoise Chantepie, fille de Pierre et de Catherine du lieu de Jonquet, le 24 février 1726, à Saint-Pierre-les Macchabées.

Je ne vais pas en déduire trop vite qu’ils pourraient être ses parents, mais cela pourrait bien correspondre.

Marguerite possède une petite propriété au Jonquet et elle a prénommé ses enfants Françoise et Pierre, mais retrouver ces prénoms vus plus haut, ne prouve rien.

Il est troublant de savoir que son fils Pierre épouse Jeanne Chantepie du Jonquet, en 1801.


Au bord du Doux

Mon intuition se précise, mais même si je découvrais un acte de naissance d’une Marguerite dans un foyer Mahussier x Chantepie, cela ne serait pas une preuve suffisante.

Je souhaiterais établir un cousinage, mais où dénicher Jean François Chantepie ? Quel âge a-t-il, à cette époque ?

 

D’ailleurs, pourquoi lui doit-il de l’argent ? Est-ce lié à une succession qui ferait alors apparaître une parenté entre Mahussier et Chantepie ?

 

Ce sont des questions qui restent à résoudre. On pourra encore parler des relations entre Marguerite et ses fils, grâce à des transmissions de propriétés. Le billet "Hériter" qui nous parlait de ses descendants, aura un suite. 


Dans l'article précédent :

Les bons comptes font les bons amis

On retrouve  Pierre Fauriat ainsi que Jean le père de Jeanne Chantepie 

à La Chapelle-sous-Rochepaule et au Jonquet. 

2021-11-13

L _ Les bons comptes font de bons amis

 

Le Rey de la Chapelle

Voilà des hommes honnêtes qui payent leurs dettes. Je repère des noms qui m’interpellent, dans les pages des registres de Maître Garde, notaire à Rochepaule.

Payer les dettes du beau-père

o   Le 26 pluviose de l’an 11 ou 15 février 1803.

Pierre Fauriat, beau-fils à Jean Chantepie, a payé la somme de 500 francs à André Mounier.

En payement de semblable somme que ledit Chantepie devoit audit Mounier depuis le 18 nivose de l’an 9.

Mais ce n’est tout, le même jour Pierre donne 180 francs à Jean François Mounier, le frère d’André.  Laquelle somme de cent quatre vingt francs pour tenir lieu audit Mounier de payement de sa créance qui luy avoit été fait en assignats, le 15 février et le 15 mai1790.  Les assignats deviennent la nouvelle monnaie d’échange.

Payer ses dettes

Le 13 prairial an 2, ou le 1er juin 1794, soit sept ans auparavant,

Jean Chantepie a réglé à Jean François Mounier une quittance 400 livres. Il rembourse deux obligations qui lui avaient été consenties le 15 janvier 1790 et le 15 may, suivant vieux style.

https://archives.ardeche.fr/ark:/39673/vta3012e6921332af6f/dao/0/252

Ledit Mounier s’en trouvant bien payé content et satisfait en a quitté et quitte ledit Chantepie.

J’imagine les deux hommes allant boire un verre, puis faire un long bout de chemin ensemble en rentrant du bourg pour rejoindre leur hameau ; ils sont voisins, mais sont-ils amis ?

 

La Chapelle-sous-Rochepaule

Les prêteurs et les payeurs

La famille Mounier semble plus aisée puisque, chacun à leur tour, André et  Jean François prêtent de l’argent. Jean François apparaît le plus instruit, son frère André de même que Jean Chantepie déclarent ne savoir signer.


Ils ont confiance, ils connaissent bien Jean, il habite au Jonquet dans une ferme toute proche du Rey de la Chapelle-sous-Rochepaule.

À plusieurs reprises, en l’an 2 et en l’an 9, ils accordent des prêts à cet homme qui semble avoir besoin d’argent.

Justement dix jours après l'avoir reçu décembre de l’an 9, il va établir le contrat pour sa fille Jeanne (sosa 123) en janvier de l’an 10. Un mariage, cela coûte cher.

Canvas par Briqueloup

500 francs est une somme importante, on peut acheter six vaches à cette époque.[i]

Avec ces gens-là, on vit le passage des livres aux francs en 1795. Le changement du calendrier et les troubles de la Révolution française ne sont pas si éloignés de ce village de l'Ardèche. 


Le mariage des jeunes

Ni André (sosa120), ni Pierre (sosa 122), ni Jean (sosa 246) n’assisteront au mariage de leurs enfants. Ils ne sauront pas que Romain Mounier épouse Françoise Fauriat, le 24 avril 1826 (sosas 60 et 61).




[i] Source :

Thierry Sabot, La valeur des biens, niveau de vie et de fortune de nos ancêtres, éditions Thisa , 2018

2021-11-12

K _ Carreau de dentellière




Une dizaine de fuseaux dormaient dans un sac en tissu oublié dans la poussière du grenier. 


Dans la boîte à couture, sont restées des épingles à la tête colorée dont je comprends l’utilité en écrivant ce billet.

 


Comme j’aimerais que l’on ait gardé le carreau sur lequel mon ancêtre Marie piquait des épingles comme celle-ci, puis entrelaçait les fils en faisant passer et repasser les fuseaux.



La photo du carreau provient du musée de Richard-de-Bas, c’est la maison des ancêtres auvergnats de mon mari, elle trouve sa place dans cet article.

À côté du coussin on dispose une lampe appelée doulhi, une boule en verre remplie d’eau qui concentre la lumière sur le carreau. Cela permettait aux ouvrières d’épargner quelque peu leurs yeux.

 


Mes grand-mères du Velay se montraient sans doute expertes à manier les fuseaux. Depuis le XVe siècle, la renommée de la dentelle du Puy fait honneur aux dentellières, aux élégantes et surtout aux négociants qui profitent de réseaux de collectes des ouvrages dans les campagnes.

Elles aimaient orner leurs costumes, leurs cols, leurs coiffes, leur linge et celui des enfants de petites merveilles qui prenaient forme sous leurs doigts agiles en maniant le fuseau autour des épingles piquées sur le coussin.

 



Mes ancêtres vivaient parmi quelques nobles dames du Velay pratiquant cet art et parmi beaucoup d’humbles paysannes dont je suppose qu’elles vendaient leur dentelle aux colporteurs qui livraient les ouvrages aux marchands du Puy-en-Velay.

 

L’apprentissage s’est transmis de mère en fille, pour les plus expérimentées. À moins que ce ne soit une technique enseignée par les béates. (Voir l’article auquel j’ai contribué sur Wikipédia qui explique le rôle de ces demoiselles institutrices du Velay).

 

 


Mamie Rose était adroite pour créer des merveilles avec ses crochets et des fils de coton, mes cousines m’ont apporté une boîte remplie de rubans et de dentelles. Je reconnais les motifs familiers, et je la revois penchée sur napperons.



D’autres grand-mères tricotaient avec des aiguilles fines des couvertures en coton blanc, des chefs-d’œuvre que je conserve précieusement !


Pour voir une dentellière à l'ouvrage:

Une dentellière au hasard d’un chemin de Haute-Loire (1974), Arch. dép. Puy-de-Dôme, fonds Jean-Dominique Lajoux (en cours de cotation)

2021-11-11

J _ Les jumelles de Vital


La rue de Saint-Bonnet, au début du XXe 

                     

Il y a exactement 287 ans, le 10 novembre 1734 survint une grande surprise dans la famille de Vital Astic, le maréchal ferrant de Saint-Bonnet-le-Froid en Haute-Loire.

Marie Chabanes, son épouse a mis au monde deux filles. Vital n’en attendait pas autant. Je suppose qu’il aurait souhaité un fils ou éventuellement deux, mais comment accueillir ces deux petites, arrivées après quatre sœurs aînées ?

 

Anne et Marie ont été baptisées le même jour, les jumelles portent chacune le prénom de leurs marraines. Peu importe que leur grande sœur, âgée de sept ans, s’appelle Marie, ni que la troisième se nomme Anne Marie et que la quatrième soit Jeanne Marie. Seule Isabeau profite de l’originalité d’une tante.

 



Après neuf années de mariages, la famille comprend :

Marie, née le 1er septembre 1727

Isabeau, le 2 mars 1729

Anne Marie, le 30 juin 1730

Jeanne Marie, le 4 octobre 1731(c’est mon ancêtre, sosa 23)

Jean Pierre, le 9 avril 1733

 ...

Trois ans plus tard,

Chargée de tous ces enfants, avec les jumelles de quatorze mois dans les bras, Marie donna ensuite naissance à Pierre, le 20 janvier 1736. Puis Antoine est arrivé, alors que Pierre atteignait juste un an. Vital a dû se réjouir d’avoir enfin deux fils.

 

Le 22 novembre 1741, Marie Chabanes mourut. Le prêtre la nomme Marianne, sur l’acte qu’il écrivit en présence d’Antoine Chabanes son frère, de Mathieu Floury, de Charles et Jean Chalayes, père et fils qui témoignent qu’elle avait environ quarante ans.

On peut penser qu’elle était épuisée d’avoir mis au monde tous ses enfants.

 

Qui s’occupa de toute cette fratrie après le décès de leur mère ?

Sa fille aînée avait quatorze ans. Antoine n’avait pas cinq ans. 

 

Saint-Bonnet-le-Froid, 43

Vital naquit en 1690 à Tence, au lieu dit Chaumargeais berceau de sa famille.

Le 13 novembre 1725, en l’église de Saint-Bonnet, il épousa Marie Chabanes. Elle avait 24 ans, soit dix ans de moins que lui.

Après seize ans de vie commune, Vital vécut ensuite 45 ans de veuvage.

 

Quelle nature, cet homme ! Est-ce son prénom qui lui a donné une telle vitalité ? Il sonne bien, ce beau prénom de Vital que les curés écrivent aussi Vidal sur les registres d’état civil.

Mon aïeul (sosa 470) mourut à l’âge vénérable de 96 ans, le 8 février 1786, à Saint-Bonnet-le-Froid.

 



Vital Astic était maître-maréchal et passait pour une personne importante dans le village. C’est la seule profession que le curé mentionne dans les actes, les paysans n’ont pas droit à cette faveur.

Cet artisan possède une forge, son métier est le ferrage des mulets, des chevaux, des bœufs, il pouvait aussi donner les soins de base aux animaux quand ils sont malades. Vital est un  "maître", il formait des apprentis dont il avait besoin pour l'aider.

Saint-Bonnet-Froid se trouve à un carrefour important à 1150 mètres d'altitude entre le Velay et le Vivarais. 

La rue du bourg que l'on voit sur les cartes postales est, en fait, la route du Puy-en-Velay, fort fréquentée depuis des siècles. Un bon maréchal ferrant était indispensable pour s'occuper des chevaux et mulets qui faisaient halte dans ce village accueillant.  



2021-11-10

I_Illisible

 

Voyez cette page du registre BMS de Montpezat-sous-Bauzon, en 1707 :


Archives de l'Ardèche 

Quelques lignes concernent le mariage de mes ancêtres, Pierre Laurent X Louyse Delubac (sosas 366 et 367). Je vous défie de retrouver leurs noms dans ce fouillis …

Voilà un indice : dans la marge, les + marquent les décès et M les mariages.

Vous avez du mal à le situer, moi aussi j’avoue.

Allez, je vous aide :


Ce 14 octobre 1707 Pierre Laurens et Louise

Delubac ont receu la benediction nuptiale c..

publié ....

.... illetres

J’ai beau me pencher attentivement, je ne réussis pas à en extraire davantage de cette écriture illisible.

Heureusement, les familles ont jugé bon d’établir un contrat de mariage. Il a été dressé deux semaines auparavant, le 27 septembre 1707, chez Aimé Bosc, notaire à Thueyts, en Ardèche.



Leurs mères, Marie Chomel et Magdeleine Clément sont présentes, leurs pères étant décédés, ils "procèdent de l’advis de : Joseph Barnasson, l’oncle de l’époux qui a épousé Anne, la sœur de Marie Chomel. Et de Pierre Lourdy, un ayeul de ladite fiancée". Quel ancêtre ? Pas moyen de le placer dans leur arbre !


Ce contrat de trois pages, aux formules qui se répètent, apparait plus lisible, mais il ne nous apporte pas beaucoup d'informations, si ce n'est le nom des parents. Il est essentiellement question d’argent. La fiancée apporte 60 livres à son futur époux, à qui elle donne tous pouvoir d’en faire ce que bon lui semble; cela me fait frémir, j’espère qu’il est fiable ! Son frère Charles promet de lui donner "en un an prochain, six livres comme augment de dot". Il s'agit d'une régularisation de l'héritage, la légitime, due par le frère aîné, comme il est expliqué dans le billet précédent "Hériter ".

Le couple se fait mutuellement don d‘argent ; lui 10 livres et elle 5 livres « payables par les héritiers du premier mourant » ; une sage précaution pour aider en cas de veuvage.

Je n'en sais pas davantage sur ce couple que l'on retrouve avec quelques erreurs recopiées dans d'autres généalogies publiées. Ah si ! Le père de Pierre est cadissier, il fabriquait des étoffes de laine. 

Voilà, une branche à explorer... Retourner à Montpezat sous Bauzon, j'en rêve !

Montpezat-sous-Bauzon en Ardèche 

PS

Les amies de Twitter m’ont aidée. Merci à Girondegenealogie et à Sophie78, pour qui cet acte n’est pas illisible !

Ce 14 octobre 1707 Pierre Laurens et Louise

Delubac ont receu la benediction nuptiale les

bans d'une part publiés en présence de

Jean GUERIN Jean LAPLANCHE Pierre PHILIPOT illetres


2021-11-09

H_Hériter

Il est une coutume en pays d’Auvergne qui donne la préférence au fils aîné. Celui-ci a toutes les faveurs. On fait des sacrifices pour lui, on l’envoie à l’école, on le rachète du service militaire. Il va rester dans la maison, c’est lui qui doit la continuer. Il sera l’héritier universel de l’intégralité des biens fonciers, moyennant le paiement de légitimes.

 


La préférence de transmission au fils aîné s’explique par un souci de ne pas morceler les terres. Il doit travailler, entretenir ceux qui sont mineurs, payer leur part à ses frères et continuer à verser petit à petit la dot de ses sœurs. Il permet à ses parents de vivre "à pot et feu commun" avec sa femme et ses enfants, puisqu'ils habitent dans leur maison. Ses frères cultivent dans une propriété plus petite, ou bien ils partent en ville. Il va peut-être les envier, s’ils ont une vie plus confortable. 



Dans cette famille, c’est d’abord le prénom Jean qui est transmis à l’aîné. Jean Baptiste père et grand-père de Jean Baptiste, puis Jean François, père de Jean Baptiste "Urbain".

Génération 4 : JB : Le père de Jean François Fauriat.

Jean est mort en le 28 juin 1866, il a rédigé son testament le 22 mai. Je ne l’ai pas lu, mais on en connait la teneur. Il laisse l’usufruit de ses biens à son épouse Thérèse Carrot (dont le nom plaisait bien à mes enfants !) (Ce sont mes sosas 56 et 57). Le couple a neuf enfants dont six vivants cette année là.

Thérèse renonce à cet usufruit. En 1886, elle vit chez son fils aîné et ses cinq enfants. A l’occasion de son  mariage, elle lui a donné, comme convenu, la jouissance des propriétés de son père, en échange d’un revenu mensuel.




Jean, l’aîné des six garçons de Thérèse vient après une fille, Mariette. 

Joseph Régis était militaire fusilier. En 1861, il est décédé de fièvre typhoïde à l’hôpital militaire de Saint-Etienne. Il avait 21 ans.

Urbain et François ont été moins favorisés.

Augustin est cultivateur, il est parti vivre et se marier dans la Loire. Sa mère donne son consentement le 10 septembre 1871. Il faudrait lire son contrat de mariage pour en connaitre les détails, (à chercher aux  AD 42).

10 septembre 1871 

La femme dotée se trouve exclue du partage de la succession de son père. Il serait intéressant de voir si cela est expressément mentionné dans les contrats de mariage d’Euphroisie en 1868 et de Jeanne Marie en 1873, elles ont épousé deux frères. La cadette va vivre à Saint-Etienne où elle retrouve peut-être Augustin.  


Ma mère descend de la lignée des fils aînés ; les lointains cousins que j’ai pu retrouver savent bien me dire qu’ils n’ont pas été avantagés comme la branche des aînés. Je peux comprendre leur ressentiment, d’autant plus que mon oncle aurait souhaité continuer la coutume et ne pas partager avec sa sœur.

Les montagnes sur la ligne du partage des eaux entre Vivarais et Velay

Dans d'autres branches de ma forêt du Vivarais - Velay, nous descendons aussi de filles qui ont laissé leurs frères s’occuper des propriétés et parfois des titres et patronymes dont ils ont hérité. Certaines ont donné naissance à des descendances moins riches, moins instruites, voire pauvres et illettrés.


La généalogie nous permet de mieux connaitre les parcours de toutes ces personnes et de nous sentir les héritiers de leurs histoires que nous avons à gérer, entretenir et cultiver. Voilà qui est précieux ! 

Bibliographie

Abel Poitrineau, Institutions et pratiques successorales en Auvergne et en Limousin sous l'Ancien Régime, Études rurales  Année 1988  110-112  pp. 31-43

https://www.persee.fr/doc/rural_0014-2182_1988_num_110_1_4610

Dousset, C. (2009). Femmes et héritage en France au XVIIe siècle. Dix-septième siècle, 244, 477-491. https://doi.org/10.3917/dss.093.0477


2021-11-08

G_Grande Guerre

 

Avant la Grande Guerre

Avant la Grande Guerre, il fait bon vivre à Gambonnet. La famille Fauriat dont le berceau se trouve tout près dans le lieu-dit Fauriat, possède des bois, des terres, des landes et une maison agréablement exposée. Leurs propriétés se situent dans le Velay, à cheval sur l’Ardèche et la Haute-Loire. Les naissances des enfants qui ont lieu dans la même maison sont enregistrées dans l’un ou l’autre des départements.



Jean Fauriat et Christine Vacher ont eu cinq fils, nés après Marie, l’aînée accueillie en 1874 :

Urbain est mon grand-père. J’ai raconté la maladie dont ses poumons ont souffert, à cause des gaz répandus. Il est mort en 1921.

Xavier est décrit ainsi «Un petit homme nerveux, bien brave, toujours avec son chapeau.»

Régis est désigné comme propriétaire agricole à son décès en 1910. Il avait été déclaré bon pour le service. Ensuite, si l’on croit le médecin militaire qui l’a réformé au bout de six mois pour rétinite et amblyopie, il serait devenu aveugle. (lire "Les yeux gris")

Jean et Paul, les deux plus jeunes frères, étaient très liés. Ils avaient douze et quatorze ans lorsque leur père est mort. Alors que les aînés semblent plus raisonnables, ces deux-là s’entendaient pour construire des véhicules improbables, qu’ils testaient sans craindre de se rompre le cou. Sur les pentes raides des prés de Gambonnet, ils lançaient des engins à toute vitesse.

Auguste "Jean"Baptiste avait appris le métier de charron, il a un peu voyagé de Valence à Romans, puis à Lyon, il est rejoindre son frère Paul qui vivait à Paris. "Paul" Auguste Eugène était lui aussi charron, carrossier et, ce qui nous étonne aujourd’hui : menuisier en voitures. Songez comment sont les belles automobiles en 1914!

Je possède des outils avec les initiales de Jean Fauriat gravé dans le bois des rabots. Je conserve avec soin "Les rabots de Jean"

Paul est décédé le 25 juin 1914, ce qui lui a évité de participer à la guerre. Jean est mort pour la France, tué à l’ennemi le 1er avril 1916, à Steinbach. 

Les noms de Jean et d'Urbain sont gravés sur le monument aux morts de Saint-Bonnet.


Après la Grande Guerre

Celui qui est revenu de la guerre, c’est Xavier que ma mère appelle l’oncle de la Chave d’après le lieu où il habite. Il est marié, chef d’une famille de cinq enfants, il s’occupe de ses terres et de ses bois.




La belle maison de Gambonnet n’est plus habitée. Les hommes sont morts, ma grand-mère est veuve, elle n’y vit plus, elle va s’installer à la ville pour que ses fils étudient au collège. Lorsqu’elle y retourne, elle se désespère de sa dégradation, elle la retrouve pillée. Les superbes boiseries sont démontées, c’est une horreur d’imaginer la perte des archives familiales. Je ressens le chagrin de ma mère qui évoque des souvenirs heureux de sa petite enfance dans ce lieu.



Voir aussi :