Tout était en désordre dans sa maison, dévasté, brisé. Comme elle-même, depuis la mort de son mari.
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| gravure salon de Mme de Necker |
Ces hommes violents, armés comme des révolutionnaires, sont entrés dans leur maison, portés par leur colère. Il aurait fallu leur expliquer que nous n’étions pas si différents d’eux, pensa-t-elle. Pierre Antoine était épris de justice, et même s’il défendait ses privilèges il faisait partie du tiers-état. Certes privilégié, mais prêt à demander plus d'égalité.
Qu’allait-elle devenir maintenant que son mari était mort ? Guillotiné injustement, avec tant d’autres citoyens innocents.
Elle ouvrit un tiroir de sa commode et prit un des mouchoirs de batiste pour s’essuyer les yeux.
Parmi les papiers épars qui jonchaient le salon, elle ramassa des lettres que lui avait envoyées Pierre Antoine.
Quelques mois auparavant, il l'incitait à quitter Lyon. Elle hésita.
Elle regrettera toute sa vie cette fatale erreur de n’avoir pas accepté de s’installer dans la maison qu’il avait achetée à Annonay, l’année dernière en mars 1793. Il pressentait le danger, ils auraient dû fuir Lyon.
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| Annonay, rue de Charmenton _ Wikipédia |
Pierre Antoine lui aurait dit : Va voir nos amis. Demande-leur de t’aider. Je sais que tu peux compter sur eux.
Jeanne Marie avait fait une liste de ceux qu’elle appréciait. Elle fit appel aux magistrats compétents pour récupérer ses biens. Il fallait produire des documents, des certificats, des témoignages, faire des réclamations pour les meubles et objets saisis.
Son contrat de mariage la protégeait, sa dot était importante. Son époux avait prévu de lui donner une rente pour assurer des revenus en cas de veuvage. Elle va devoir rassembler ses forces et sa détermination pour continuer à vivre seule.
Réparations



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